Jâarrivais plus Ă dormir. La chaleur de la nuit caniculaire mâĂ©touffait. Et puis je tournais les choses en boucle dans ma tĂȘte. Jâessayais de me rafraichir, je suis partie mettre de lâeau glacĂ©e sur mon corps puis je me suis assise nue devant mon ventilateur. Sur mon lit. Les gouttelettes dĂ©goulinaient sur les draps. Jâavais presque froid. JâĂ©tais extenuĂ©e de ce trop plein, de ce dĂ©bordement. Je me suis allongĂ©e, puis jâai mis de la musique pour faire taire mes petites voix internes. Pour faire taire la cacophonie. Jâessayais de me replier dans les choses de mon enfance, jâai Ă©coutĂ© Emilie Jolie. Puis les chansons de maman. Puis je les ai chantonnĂ©es pour empĂȘcher mes pensĂ©es de refaire surface.Â
Jâavais une peur incommensurable du vide. Une peur de moi.Â
La peur que lâavenir soit froid et sombre. Que chacun des chemins que jâenvisageais soit une erreur. Je commençais Ă me sentir vraiment faible, presque malade.
Il yâavait eu un long moment dans ma vie oĂč je nâavais pas eu peur de la solitude. Ado, câĂ©tait vraiment lâinverse qui me terrifiait. Puis câest comme si au fil du temps et des relations jâavais finalement eu peur de me retrouver seule avec moi mĂȘme, avec un Ă©norme vide Ă la place du cĆur. Avec un Ă©norme vide Ă mes cĂŽtĂ©s. VoilĂ pourquoi je me voyais pas quitter mon mec. Dans la peur de regretter dâavoir, un jour, Ă©tĂ© aimĂ©e aussi fort. Et jâavais peur de laisser partir totalement mon ex dans la peur de ne plus jamais ĂȘtre autant dĂ©sirĂ©e. Jâaurais voulu avoir les deux, le dĂ©sir et lâamour. Mais je pensais pas que quelquâun puisse me donner les deux. Jâaurais voulu quâune Ă©chappatoire sâoffre Ă moi et quâelle ne me cause, ni souffrance, ni regrets. Jâaurais aussi voulu que lâamour ne soit pas la seule chose qui compte.Â
Jâaurais voulu ĂȘtre capable de partir, de mâĂ©chapper, sans causer ni peine ni souffrance Ă lâhomme que jâaime. Jâaurais voulu que la vie soit plus simple, partir sans un rond, rejoindre ma meilleure amie Ă Londres. Jâaurais voulu ne pas rĂ©flĂ©chir les choses par rapport aux autres, Ă ce quâils penseraient de moi.Â










