TĂȘte en lâair, mes rĂȘves se rhabillent, la Lune se maquille et les lumiĂšres de la ville au loin vacillent.
DĂ©sordonnĂ©, je cours dans des couloirs sans trĂȘve, sans savoir oĂč je vais, je dĂ©cide de faire grĂšve le temps dâune pensĂ©e.
Je rĂȘve de partir loin, de quitter ce chalutier, sĂ»r que jâĂ©chouerai sur le port des mĂ©lancolies, tout ankylosĂ©, jâai le cĆur qui brame, au rythme des malheurs de la scĂšne, des malheurs de la vie, des malheurs qui nâexistent pas mais rĂ©sonnent en moi comme un grand vacarme, prĂȘt a chavirer, mes humeurs jouent Ă âchat perchĂ©â, jâai gagnĂ© mais je reste triste et jâai quand mĂȘme pleurĂ©.
Jâai serrĂ© trop fort lâidĂ©e dâun avenir heureux, je veux saisir lâinsaisissable et je regrette le temps oĂč tout mon monde Ă©tait adolescent, obsĂ©dĂ© par la rĂ©fection des mots pour donner du sens Ă tout ça, du sens Ă nous deux, du sens Ă ce film Ă©trange qui dĂ©file sous mes yeux, juste sous mes yeux, qui dĂ©file sur ma peau, qui dĂ©fie toute logique, impossible de lâimaginer sans une fin tragique.
Capitaine pas passager, jâĂ©cris lâhistoire de ma vie sans aucun aveux.
Je veux voyager, repousser la douleur de me voir ĂągĂ©, et tel un naufragĂ© je cri Ă lâaide au milieu dâun ocĂ©an de doutes, je veux retrouver lâespoir dans les rires vrais de mes proches et ça, peu importe combien ça coĂ»te.
TĂȘte en lâair, mon parcours Ă dĂ©rivĂ©, jâai vidĂ© mes valises et mes poches en gardant celles que jâavais sous les yeux. Juste sous les yeux. Comme les plaisirs simples qui nous rendent heureux et le souvenir Ă©mu des gens qui mâont tout donnĂ©.Â