Il faut ĂȘtre fier de ses diffĂ©rences et accepter une certaine forme de solitude plutĂŽt que se trahirâŠ
V. H. SCORP

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Il faut ĂȘtre fier de ses diffĂ©rences et accepter une certaine forme de solitude plutĂŽt que se trahirâŠ
V. H. SCORP

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Il faut de la sérénité pour accepter les choses qu'on ne peut pas changer, du courage pour changer les choses qu'on peut changer, et de la sagesse pour distinguer l'un de l'autre.
â Marc AurĂšle
Si câĂ©tait simpleâŠ
Cela semble si simple, nous voulons la paix, alors, il sâagit simplement de cesser les guerres, dâĂ©viter les diffĂ©rends et de tout miser sur lâamour. Et pourtant, lâhistoire de notre humanitĂ© rapporte Ă toutes les Ă©poques des appels pour la paix et lâamour. Encore aujourdâhui, les guerres continuent. La peur a toujours divisĂ© les humains, et la peur de la mort justifiĂ©e les actesâŠ
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Pourquoi đ ?!.
S évader... Changer d air....

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(Re)Construire
Ce matin, sans doute, je nâavais aucune idĂ©e de ce que jâallais faire. On est au mois dâaoĂ»t. Je nâai rien de prĂ©vu. Je suis en transition entre deux destinations. Je savoure ce temps, seule. Ce temps oĂč mon espace est Ă moi, mon temps est Ă moi. Jâai rendez-vous dans un Paris oĂč il fait 37 degrĂ©s, mais un vent frais souffle sur ma vie : jâavance. Je vais acheter mon appartement, mon appartement. Mon espace personnel. Ma rage, ma coquille. A moi. Un espace oĂč je vais pouvoir respirer Ă ma guise, sans justification, sans dette. Un droit dâexister sans pourquoi. Juste ça.
Une transition donc, une envie dâĂ©crire. Jâavais toujours peur du temps libre. Jâavais peur de ce temps de solitude oĂč les pensĂ©es affluaient. Jâavais peur de me sentir seule, jâavais peur que les autres voient ma solitude, que les autres voient Ă quel point je suis une fraude, une handicapĂ©e des Ă©motions, une incapable, une escroc. Comme si les autres allaient voir vraiment, et trouver ça laid, petit, mĂ©diocre. MĂ©diocre, câest le mot que jâaurais collĂ© sur mon front, Ă lâĂ©poque, quand jâavais dix-sept ans. Depuis que jâai quinze ans, je vis cachĂ©e, persuadĂ©e que si on me voyait vraiment, on ne pourrait pas mâaimer. CâĂ©tait impossible.
Parce que je renfermais en moi nâavait jamais Ă©tĂ© acceptĂ©, respectĂ©, aimĂ©, je croyais, comme je le crois toujours, quâil me fallait Ă tout prix le dĂ©truire, lâamenuiser, le faire disparaĂźtre au maximum. Il serait toujours lĂ , et ma culpabilitĂ© avec, il fallait donc faire semblant. Inventer un masque, des masques, faire plaisir, correspondre Ă ce que lâautre, forcĂ©ment mieux, forcĂ©ment dans le vrai, voulait voir de moi. Ătre acceptĂ©, quâimporte le coĂ»t. Bien entendu jâai perdu de vue qui jâĂ©tais, Ă tel point que je ne sais pas oĂč chercher, ni quand remonter. Jâen suis venue Ă me percevoir morcelĂ©e, dissĂ©minĂ©e. A lâarrivĂ©e, au moment oĂč lâon me criait de mâaccepter, de mâaccueillir, de savoir ce que je veux, de mâaimer, jâĂ©tais dâaccord, de toute mon Ăąme. Mais je rĂ©pĂ©tais sans comprendre, comme on chante une chanson en yaourt pour rester connectĂ©s aux autres qui eux la connaissent. Comment peut-on aimer de la poussiĂšre ?
Je suis nĂ©e quelquâun. Ăa jâen suis sĂ»re. Je suis nĂ©e heureuse. Je suis nĂ©e pleine dâune Ă©nergie sans bornes, avec des rĂȘves, une imagination fulgurante qui me dĂ©passait, et qui dĂ©passait tout le monde. Puis jâai dĂ» ranger les jouets, jâai eu honte des ces rĂȘves, tu seras jamais chanteuse, tu seras jamais fermiĂšre, ce nâĂ©tait pas comme ça quâil fallait ĂȘtre, du moins si je voulais quâon me garde et jâai commencĂ© Ă Ă©pouser les contours. JâĂ©tais lĂ pour satisfaire les attentes des autres, parce que je ne correspondais pas, malgrĂ© tous mes efforts, ma bonne volontĂ©, mon caractĂšre docile, mon besoin que tout le monde aille bien, que ça gueule pas, malgrĂ© tout, je ne correspondais pas. Quand jâĂ©tais enfant, je pensais que les grandes personnes voulaient me tuer.
Je ne correspondais pas, et moi-mĂȘme jâĂ©tais la premiĂšre Ă me dĂ©tester. JâĂ©tais une Ă©trangĂšre dans un corps soumis Ă lâautoritĂ©. Une autoritĂ© qui sâauto-gĂ©nĂ©rait dâailleurs : jâavais tellement Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ©e de culpabilitĂ©, de peur, de rejet, que je nâavais plus besoin de personne pour me limiter en tout, dans mes choix, mes paroles, mĂȘmes mes mouvements. Tout ce que jâĂ©tais Ă©tait contenu dans une petite piĂšce de dix mĂštres carrĂ© dont je nâavais mĂȘme pas la propriĂ©tĂ©. Il fallait baisser le son, ne pas faire de bruit, ne pas faire de vague, ne pas laisser de trace dans les piĂšces communes.
Aujourdâhui, on est le 11 aoĂ»t. Jâapprends chaque jour mes besoins, mes limites. Je nâen avais jamais entendu parler. Jâapprends Ă tĂątons Ă me respecter. Jâemporte les compliments, les mots doux, les encouragements comme autant de piĂšces du puzzle de mon essence. Je vais oĂč la peur me mĂšne. Je retire le âmaisâ de mes phrases, et tous ces mots qui mettent des barriĂšres dans les dĂ©sirs. Jâattrape au vol et dissĂšque toutes mes croyances. Je relis, je connecte, jâĂ©claire, je questionne. Jâavance Ă prĂ©sent vers la vie que je veux mâoffrir. Je retrouve peu Ă peu la petite aux grands rĂȘves. Je vais lui offrir une chambre avec vue, une chambre Ă elle.
Mes mots