Zabou Breitman et Elea GobbĂ©-MĂ©vellec adaptent le roman de lâalgĂ©rienne Yasmina Khadra, âLes hirondelles de Kaboulâ et choisissent dâen faire un film dâanimation, bien que le film soit rĂ©ellement jouĂ© par des acteurs. Ce film de femmes, Ă travers une histoire romanesque, traite forcĂ©ment de la condition de la femme en Afghanistan. Le dessin dâElĂ©a GobbĂ©-MĂ©vellec (Ernest et CĂ©lestine) Ă©purĂ©, adoucit ce qui nâest pas montrable, comme la lapidation dâune femme en pleine rue. Mohsen, un jeune professeur, assiste Ă la scĂšne. Il semble partagĂ© entre le malaise et une sorte dâentrain créé par lâeffet de foule. GalvanisĂ©, il finit par commettre lâirrĂ©parable et lance Ă son tour une pierre sur la femme dĂ©jĂ au sol. Il rentre chez lui oĂč lâattend sa merveilleuse Ă©pouse, Zunaira. A son contact, le malaise grandit... Il finira par lui avouer son mĂ©fait. Le jeune couple dâamoureux intellectuels (elle est dessinatrice de son cĂŽtĂ© dans le film mais est avocate dans le livre) se dispute. Zunaira pousse Mohsen qui fait une mauvaise chute et meurt sur le coup. Zunaira est aussitĂŽt arrĂȘtĂ©e et condamnĂ©e Ă la mĂȘme chose que la pauvre femme lapidĂ©e par son mari dans la rue... A part le mĂ©tier de Zunaira, le film reste fidĂšle au livre, en Ă©purant un peu les faits tout autant que les traits, en allant Ă lâessentiel. On pourrait critiquer cette Ă©conomie mais elle ne nuit en rien au propos. Cette esquisse dâhistoire se suffit Ă elle-mĂȘme pour dĂ©noncer lâinjustice et lâinĂ©galitĂ©. On voudrait plus de personnages comme Atiq, encore plus idĂ©alisĂ© dans le film dans le dĂ©sintĂ©ressement quâon lui prĂȘte; comme si sauver la BeautĂ© en soi suffisait pour justifier un acte de bravoure. Â