2 - Symétrie
Ce sont deux paires d’yeux bleus livides qui se regardent dans un jardin, sur un lit d’épines de pins, sur un lit d’épines en flammes. Ce sont deux visages en larmes qui se parlent et se répondent enfin. Il a fallu du temps pour se le dire, tout ce que la distance met de poussière sur le lien entre nous : l’absence la peur le vide l’amour.
Il existe une bĂŞte, qui ronge la parole, qui se loge dans les pyramides tortueuses de l’enfance, dans tous les endroits qui nous ont vu fleurir, dans les toiles d’araignĂ©es, dans les chambres des couples, dans les maisons vides, dans le coeur des femmes.Â
Et pour ne pas nous voir pleurer, et pour ne pas nous voir grandir, on met du bleu sur nos paupières, on cache nos corps sous nos mains tremblantes. Comme s’il suffisait de regarder à l’extérieur, de reprocher à cet autre si lointain et si identique, toutes les ruines du monde, mais c’est toujours en dedans.











