« Elle avait 17 ans. Elle avait tant et tant de rĂȘves Ă vivre et si peu lâenvie de rĂȘver, comme ces gens ĂągĂ©s qui tuent le temps quâils nâont plus, assis sur des bancs »
Cette chanson me revient souvent en tĂȘte quand je pense Ă mes annĂ©es dâadolescence, en bascule vers lâĂąge adulte. Des prises de conscience ambivalentes que tout est possible (en thĂ©orie) et que des voies semblent dĂ©jĂ tracĂ©es pour nous. Le dĂ©but de lâautonomie, dĂ©part de la maison familiale, dâune indĂ©pendance mĂȘme relative et lâattachement, malgrĂ© tout, Ă ses parents, racines de tout.
La transition heureuse et douloureuse Ă la fois, du deuil de lâenfance, de lâinsouciance⊠au poids de quelques responsabilitĂ©s, portĂ©e par une sensation de libertĂ© toute nouvelle, infinie.
ExpĂ©riences, rencontres, permis, nuits blanches, partiels, concerts, marches de nuit, bains de minuit, ruptures, jobs dâĂ©tĂ©, ivresse, amitiĂ© pour la vie...
« Face à tant d'appétit vorace, que vouliez-vous que j'y fasse ?
A tant de violente innocence, j'avais pas l'ombre d'une chance »
Je pense aussi Ă ma fille, 17 ans, qui prend doucettement son envol. Elle sâengage dans un mĂ©tier avec tellement plus de certitude et de lĂ©gĂšretĂ© que je nâai jamais eues sur le plan professionnel. Câest puissant et touchant Ă la fois.
« Elle voulait que ses heures dansent au rythme de ses impatiences »
La conviction ancrĂ©e que la jeunesse durera Ă jamais, comme lâĂ©nergie de la vie. 30 ans plus tard, retrouver la source, l'Ă©lan, la fraĂźcheur et plonger dans ce bain de jouvence.