Je marche dans la montagne.
Je marche pour aller toujours plus haut.
Je monte, un pas aprĂšs lâautre, avec une forme d'obstination.
Je suis partie de la station de ski de Peyragudes, Ă la frontiĂšre entre Haute-Garonne et Hautes-PyrĂ©nĂ©es. Je monte en suivant les pistes, les chemins et les sentiers qui sâentrecroisent sur le flanc de la montagne. Tous ces tracĂ©s ne correspondent pas exactement Ă ce que montre la carte. Peu importe, mon objectif, pour le moment, c'est juste de monter. Je vise de rejoindre la crĂȘte sur la droite, le plus haut possible.
Je sais que derriĂšre cette crĂȘte, se trouve une vallĂ©e, le val dâAube, qui se referme sur un col, le couret dâEsquierry. Je sais aussi que de cette crĂȘte, sur son autre flanc, partent deux sentiers ; câest le plus haut des deux que je souhaite rejoindre, celui qui va jusquâau col.
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Pour l'instant, je me contente de monter, en suivant les pistes ou, au besoin, en coupant Ă travers les rhododendrons. En cette saison et Ă cette altitude, cela ne prĂ©sente pas de grandes difficultĂ©s. Il me suffit de garder la direction globale de la crĂȘte, tout en faisant des zigzags pour attĂ©nuer la pente.
C'est trĂšs calme, Ă cette pĂ©riode de l'annĂ©e. Je ne croise pas grand monde Ă part quelques promeneurs que je finis par dĂ©passer. Câest la saison creuse, lâĂ©tĂ© est fini, lâhiver est encore loin. Câest parfait, cela me convient de me retrouver seule, sans rien dâautre Ă faire que de poser alternativement mes pieds au sol.
Cette randonnĂ©e aujourd'hui n'Ă©tait pas du tout prĂ©vue. Je nâaurais jamais dĂ» ĂȘtre lĂ , Ă marcher seule, en montagne. Si je mây retrouve, câest parce que mes projets, prĂ©parĂ©s de longue date, ont finalement Ă©tĂ© annulĂ©s. Jâai le cĆur un peu serrĂ© quand je pense Ă ce changement de programme. Câest Ă la derniĂšre minute que lâoccasion sâest prĂ©sentĂ©e de me rendre dans la vallĂ©e du Louron, mon refuge prĂ©fĂ©rĂ©, oĂč jâaime tant me ressourcer. Tout compte fait, cela tombe plutĂŽt bien.
Le temps est parfait. Jâai la journĂ©e devant moi. Je nâai rien de mieux Ă faire que de marcher dans la montagne. Mon envie est Ă la fois vague et prĂ©cise. PrĂ©cise parce que jâai en tĂȘte une randonnĂ©e dont je rĂȘve depuis trĂšs longtemps et que je nâai encore jamais eu l'occasion, lâaudace devrais-je dire, d'entreprendre. Câest une randonnĂ©e qui pourrait ĂȘtre assez difficile par rapport Ă ma pratique habituelle. Jâai examinĂ© son tracĂ© sur la carte IGN Topo 25 : elle monte un peu au-dessus de mon territoire habituel, avec un dĂ©nivelĂ© cumulĂ© qui dĂ©passe les 1 000 mĂštres.
Vague parce que je me dis : « AprĂšs tout, peu importe jusquâoĂč tu vas, l'essentiel c'est de marcher. » Lâenvie qui sâimpose Ă moi comme un leitmotiv, câest de marcher dans la montagne. Je verrai bien jusquâoĂč jâirai. Commençons dĂ©jĂ par rejoindre la crĂȘte. Ensuite, je verrai bien, si je vais un peu plus loin, un peu plus haut. De toute façon, il y a plusieurs chemins dans la vallĂ©e de lâautre cĂŽtĂ© de la crĂȘte. Ă chaque intersection, plusieurs possibilitĂ©s, un choix. Et mĂȘme, Ă tout moment, toujours le choix de rebrousser chemin.
Je finis par rejoindre cette crĂȘte au-dessus du val dâAube, vallĂ©e qui dĂ©bouche plus bas sur la vallĂ©e du Louron et oĂč je suis dĂ©jĂ venue plusieurs fois par le passĂ©. Les autres fois, câĂ©tait gĂ©nĂ©ralement plus bas, Ă lâaltitude qui voit la transition entre la forĂȘt et les estives. Aujourdâhui, je suis nettement plus haut. Jâai bien rejoint le plus haut des deux sentiers, celui que je visais, comme me le confirme la carte de mon application de randonnĂ©e, sur lâĂ©cran de mon tĂ©lĂ©phone.
Ce sentier va me mener jusquâau couret dâEsquierry. Il continue de monter, mais plus doucement, en longeant le flanc de la vallĂ©e, loin au-dessus de la forĂȘt, traversant une immense prairie. Le chemin est bien tracĂ©, il n'y a aucune difficultĂ© Ă le suivre. En marchant, des souvenirs reviennent Ă ma mĂ©moire.
Jâai dĂ©jĂ parcouru une fois ce chemin. C'Ă©tait il y a quatre ans, la premiĂšre Ă©tape dâune randonnĂ©e itinĂ©rante, pour laquelle j'Ă©tais Ă©galement partie de la station de ski de Peyragudes, pour passer par le couret dâEsquierry, avant de redescendre de lâautre cĂŽtĂ©, vers la vallĂ©e de Luchon. Ă cette Ă©poque, jâavais ensuite suivi le GR 86 pendant cinq jours, de Luchon jusquâĂ MontrĂ©jeau, en passant par Saint-Bertrand-de-Comminges.
De beaux souvenirs refont surface de cette premiĂšre Ă©tape. Je me souviens, Ă cet endroit-lĂ , avoir admirĂ© au-dessus de ma tĂȘte un grand vol dâoiseaux. Aujourd'hui, pas le moindre oiseau en vue. Pour trouver une trace de vie, il faut la chercher discrĂšte : les insectes, mouches ou sauterelles, quelques rares papillons.
Je poursuis tranquillement, mais sĂ»rement ma montĂ©e. Un pas aprĂšs l'autre, je finis par atteindre le col. Ă cet endroit-lĂ , je ne suis plus toute seule. Juste avant dâarriver, jâavais dĂ©jĂ repĂ©rĂ©, de loin, la prĂ©sence dâun randonneur qui faisait une pause au col. C'est un monsieur avec un sac Ă dos, bien Ă©quipĂ©, visiblement parti pour une randonnĂ©e itinĂ©rante. Nous engageons la conversation sur nos destinations respectives. Lui suit le GR 10 et prĂ©voit de redescendre vers les granges d'Astau, cĂŽtĂ© Haute-Garonne, vers Luchon.
Et moi, je ne suis partie que pour la journĂ©e, mais je lui avoue que, maintenant que je suis arrivĂ©e Ă ce col, jâaimerais bien monter encore, de lâautre cĂŽtĂ©. Il y a un sentier sur la carte, un fin trait pointillĂ© qui grimpe sur le flanc du pic de Hourgade. En le suivant jusquâau bout de son tracĂ©, il rejoint les lacs de NĂšre. Les « vrais » pyrĂ©nĂ©istes regarderaient plutĂŽt comment atteindre le sommet du Hourgade. Pour moi, atteindre ces lacs reprĂ©senterait dĂ©jĂ une victoire.
Nous regardons ensemble en direction du sommet. Ă cette altitude, le minĂ©ral lâemporte sur le vĂ©gĂ©tal et le relief sâaccentue. Au dĂ©but, il semble bien y avoir un sentier, que lâon devine Ă peu prĂšs, mais un peu plus haut, dans les rochers, ce nâest pas trĂšs clair. Face Ă mon envie de tenter dâaller voir un peu plus haut, il se montre comprĂ©hensif et encourageant.
Nous poursuivons notre conversation sur les plaisirs et les incertitudes inhĂ©rentes Ă la pratique de la randonnĂ©e, quand je suis prise soudain dâune crise dâĂ©ternuements. Mes «âatchoumsâ!â» sâenchaĂźnent, je ne comprends pas trop ce qui mâarrive. Cela me prend par surprise, je ne sais pas comment faire pour me moucher. Cela finit par se calmer, aussi brusquement que câest venu. Bizarre.
AprĂšs encore quelques Ă©changes de politesse, chacun repart de son cĂŽtĂ©. Le fait dâavoir parlĂ© avec ce randonneur de mon envie de suivre ce sentier en direction des lacs de NĂšre rend lâidĂ©e plus concrĂšte, plus rĂ©aliste. Câest donc sans trop dâhĂ©sitation que jâentreprends de poursuivre la montĂ©e, toujours sans savoir si je pourrai aller au bout. Un pas aprĂšs lâautre, je verrai bien !
En tout cas, les conditions sont idĂ©ales. Jâai dĂ©jĂ atteint le col dans les temps pour me permettre dâenvisager de poursuivre. Pour l'instant, pas de difficultĂ© particuliĂšre, tout se prĂ©sente pour le mieux. Le sentier est bien tracĂ©, câest juste quâil monte de plus en plus raide. Peut-ĂȘtre, qui sait, vais-je rĂ©ussir Ă atteindre ces lacs de NĂšre, qui se cachent plus haut, dans le flanc de la montagne. De lĂ oĂč je suis, il est difficile d'imaginer Ă quel endroit ils se trouvent exactement.
Je me concentre sur mes pieds. Je ressens la force qui me porte, me hisse, Ă chaque pas un peu plus haut. Je ressens aussi le soutien de la terre sous mes pieds, comme si la montagne me soutenait, me poussait vers le haut. Puis, le sentier se fait encore plus raide. Pour continuer de progresser, il faut franchir quelques marches vraiment hautes. Mes bĂątons deviennent gĂȘnantsâ; je les replie et les glisse dans la ceinture de mon sac Ă dos. Les mains libĂ©rĂ©es, câest plus commode pour escalader les rochers.
Escalader ? Il faut bien, pour continuer Ă monter. Mes pieds, mes mains sâagrippent aux rochers, câest agrĂ©able, un peu grisant. Ă un moment, je me dis mĂȘme : lĂ , ce nâĂ©tait pas Ă©vident, heureusement que câest Ă la montĂ©e, je nâaimerais pas devoir descendre Ă cet endroit. Jâai en tĂȘte que, sur la carte, il y a un autre sentier et donc, si tout se passe bien, je ne serais pas obligĂ©e de repasser au mĂȘme endroit. Si je parviens jusquâaux lacsâŠ
Je garde encore un doute. Cependant, Ă chaque pas, le doute sâamenuise. Autour de moi, la montagne est rayonnante et merveilleuse. Le paysage se dĂ©ploie dans toute sa splendeur, rien que pour moi. Je savoure la solitude. Le ciel est dâun bleu intense comme il ne peut lâĂȘtre quâen montagne. La lumiĂšre est parfaite. Je grimpe et cela me plait. JâĂ©prouve un plaisir assez animal Ă sentir mon corps grimper. Je sens la confiance me gagner : « ça va le faire » !
Jâatteins un premier palier, un creux dans le flanc de la montagne quâil Ă©tait impossible de dĂ©celer plus bas. Je longe un premier petit lac, entourĂ© dâherbes folles qui poussent dru entre les pierres. Je poursuis ma montĂ©e, je grimpe encore un peu jusquâĂ un lĂ©ger changement dans le relief, un endroit qui permet de deviner que, lĂ derriĂšre, il se pourrait bien qu'il y ait quelque chose de diffĂ©rent. Je me retourne : le petit lac en contrebas est bleu mĂ©tal. Au-delĂ , mon regard est surtout aspirĂ© par lâimmensitĂ©. Câest la beautĂ© des PyrĂ©nĂ©es : embrasser le paysage, trĂšs loin, jusque dans la plaineâŠ
AprĂšs quelques pas supplĂ©mentaires vers le haut, je finis par Ă©merger au bord dâun petit amphithéùtre, au fond duquel se blottit un lac de montagne dâune beautĂ© Ă©poustouflante. Il est comme posĂ© dans un Ă©crin minĂ©ral, entourĂ© de parois verticales, parĂ© de scintillements flottant Ă sa surface. Je n'ai pas les mots pour dĂ©crire lâĂ©merveillement qui me saisit Ă cette vision. Je me sens envahie d'une vague d'Ă©motion face Ă ce qui s'offre Ă moi. Ă ce sentiment de gratitude sâajoute lâimmense satisfaction dâavoir rĂ©ussi Ă monter jusque-lĂ .
Je me penche vers le sol, je le touche avec mes deux mains, je mâincline encore jusquâĂ ce que mon front soit en contact avec la pierre. Je suis Ă©mue aux larmes. Je remercie la Nature de se monter aussi gĂ©nĂ©reuse avec moi. Je trouve un rocher sur lequel mâasseoir et je me plonge dans la contemplation du lac. Les scintillements qui mâavaient accueillie il y a quelques minutes se sont Ă©teints. Tout est calme.
Je me laisse gagner par cette sĂ©rĂ©nitĂ©. PlongĂ©e dans ma contemplation, je laisse mes pensĂ©es sâĂ©vader. Elles ne partent pas trĂšs loin, juste sur le chemin que je viens de parcourir depuis le col, pour mieux goĂ»ter mon plaisir dâavoir rĂ©ussi. Câest Ă ce moment que je me mets de nouveau Ă Ă©ternuer. Justement au moment oĂč mes pensĂ©es revenaient au monsieur rencontrĂ© sur le col. Et soudain, j'ai un dĂ©clic.
Je revois cette silhouette Ă©lancĂ©e, ce visage d'un homme dâun certain Ăąge, les cheveux entiĂšrement blancs, tout comme la barbe, soigneusement taillĂ©e. Je me souviens du regard franc, de lâexpression plutĂŽt rieuse, comme en tĂ©moignent les pattes dâoie aux coins des yeux, plutĂŽt clairs, il me semble⊠Deux images se confondent : celle du randonneur croisĂ© tout Ă lâheure et le portrait de mon grand-pĂšre, le pĂšre de ma mĂšre.
Câest exactement ça, j'ai croisĂ© le sosie de mon grand-pĂšre au couret dâEsquierry. Une nouvelle vague dâĂ©motion mâenvahit. Mes yeux ruissellent. Au bout du lac, du cĂŽtĂ© des parois de pierre, quelques Ă©tincelles sâallument de nouveau. Elles sont lĂ©gĂšrement colorĂ©es, orange, avec un peu de rouge. Elles gagnent en intensitĂ© et se font plus nombreuses. Elles se dĂ©placent Ă la surface du lac et se rapprochent de moi. Ce spectacle me fascine, mâensorcelle. Je laisse les images me traverser. Ă un moment donnĂ©, elles ne sont plus lĂ . Comment sont-elles apparues ? OĂč sont-elles passĂ©es ? Le temps dâun souffle suspendu⊠Les ai-je rĂ©ellement vues ? Je nâai pas le moindre doute.
Je remercie la vie de m'offrir le cadeau de cette vision magique, de ce moment de grĂące. Je me sens parfaitement bien, parfaitement Ă ma place. Je veux graver en moi ce sentiment de confiance. Puisque je suis arrivĂ©e jusque-lĂ , puisque jâai vu ce que jâai vu, je sens mon cĆur rempli de joie, mon Ăąme nourrie de foi. Je vais redescendre, renforcĂ©e par une nouvelle Ă©nergie. Jâimagine ma mĂšre et son pĂšre, quelle que soit la rĂ©alitĂ© dans laquelle ils Ă©voluent dĂ©sormais, Ă©changer ce qui sâapparenterait Ă un clin dâĆil complice⊠Jâai bien reçue leur message.
Je peux repartir confiante. Je vais redescendre maintenant, il le faut bien. Le ciel est toujours magnifiquement bleu, la montagne toujours spectaculairement majestueuse. Le sentier que je suis dĂ©sormais longe un ruisseau, le ruisseau de NĂšre, bien sĂ»r, alimentĂ© par les lacs. Le sentier est discret, mais prĂ©sent ; je nâai Ă aucun moment de doute sur le pas suivant. La prĂ©sence de ce ruisseau a quelque chose de rĂ©confortant, comme un compagnon qui m'escorte dans la descente.
Je lâentends chanter en dĂ©gringolant sur les rochers, parfois doucement, parfois plus fort, quand il se transforme en cascade. Mon objectif est maintenant de rejoindre le fond du val dâAube, plus bas que le col, mais au-dessus de la cabane dâOurtigat. LĂ , je rejoindrai le GR 10, que je ne suivrai pas trĂšs longtemps, juste assez pour atteindre le deuxiĂšme sentier, celui que je nâai pas pris Ă lâaller et qui rejoint la fameuse crĂȘte de ce matin.
Je descends toujours et Ă un moment, je passe juste au-dessus d'une cascade. LĂ , le chemin devient vraiment trĂšs, trĂšs Ă©troit. Me voilĂ encore Ă un passage oĂč mes bĂątons mâencombrent. Je les cale de nouveau dans la ceinture de mon sac Ă dos. Jâai juste un pas Ă faire, un assez grand pas tout de mĂȘme. Jâai peu de prises pour poser mes pieds, avec Ă droite le rocher, Ă gauche et en dessous le vide. Instinctivement, je comprends vite que je nâai pas intĂ©rĂȘt Ă rĂ©flĂ©chir trop longtemps, au risque de voir lâapprĂ©hension me gagner.
Jây vais, je fais le pas, je franchis lâobstacle. Ouf !
Je nâai pas le vertige, mais les activitĂ©s Ă sensations fortes, ce nâest pas du tout mon truc. Pour cette fois, pourtant, jâapprĂ©cie le soutien de lâadrĂ©naline ! Je me sens dâabord intensĂ©ment soulagĂ©e, avec un relĂąchement Ă la hauteur de la pression. Ensuite, monte en moi un sentiment de satisfaction, de fiertĂ©. Jâai dĂ©cidĂ©ment l'impression que rien ne peut m'arrĂȘter aujourd'hui.
Ma descente se poursuit d'un pied encore plus lĂ©ger. J'ai l'impression de voler en suspension au-dessus du sol. Sans plus de pĂ©ripĂ©tie, je rejoins et franchis les embranchements des sentiers avec le GR 10, comme me lâindique la carte de mon application de randonnĂ©e. Puis, me voilĂ en terrain familier, sur le sentier qui rejoint la crĂȘte de ce matin. Il progresse Ă flanc de montagne, Ă peu prĂšs Ă lâhorizontale. Il me semble trĂšs, trĂšs long, mais trĂšs, trĂšs beau en mĂȘme temps.
Au fond, je voudrais qu'il n'ait jamais de fin. Je crois que je pourrais continuer Ă marcher lĂ indĂ©finiment. Pourtant, je sais bien que le jour finira par se terminer, que ce serait mieux quand mĂȘme que je sois en bas avant. Je poursuis donc ma marche et je finis par regagner la station de Peyragudes, remplie d'un bonheur infini.
La personne que je suis, qui reprend pied dans le monde ordinaire, nâest sans doute pas exactement la mĂȘme que celle qui est partie ce matin sans trop savoir jusquâoĂč elle irait.