Le vent sâĂ©tait levĂ© doucement, soulevant des grains de sable comme des souvenirs. Il Ă©tait assis lĂ , jambes Ă©tendues, les bottes marquĂ©es par des kilomĂštres d'aventures. Le paysage autour de lui ne disait rien â ni menace, ni promesse â juste cette Ă©tendue nue, minĂ©rale, oĂč le temps semblait sâĂȘtre retirĂ©.
Puis, sans prĂ©venir, un oiseau sâĂ©tait posĂ©.
Il ne lâavait pas vu venir. Un battement dâailes, un souffle, et voilĂ que la crĂ©ature sâĂ©tait installĂ©e sur le cuir fatiguĂ© de sa botte. Petite, vive, le bec entrouvert comme pour raconter quelque chose. Un chant peut-ĂȘtre, ou une question. Il nâen savait rien. Il nâosait pas bouger.
Ce nâĂ©tait pas un miracle. Juste un instant. Mais dans cet instant, il y avait tout : la route, la fatigue, la beautĂ©, et cette Ă©trange fraternitĂ© entre le vivant et le survivant.
Il baissa les yeux vers lâoiseau. Celui-ci le regardait, sans peur. Et dans ce regard, il crut lire : Tu es encore lĂ . Moi aussi.
Les-portes-du-sud


















