"Câest bien, la sociĂ©tĂ© qui nâa pas de promesses peut maintenant pĂ©rir tout Ă fait puisque si lĂąchement elle y consent et que lâĂąme lâa si complĂštement dĂ©sertĂ©e. Je demande seulement quâil me soit permis de la maudire pour cela et de la renier comme elle a, depuis longtemps, reniĂ© mon Dieu et comme elle a voulu que je le reniasse. Je rĂ©clame, au nom du bon sens le plus rudimentaire, quâil me soit accordĂ© de trouver absurde, contradictoire, scandaleusement imbĂ©cile, la plus adorĂ©e prĂ©tention de tous mes chers amis les jeunes gens. Ils veulent faire de lâart et de la beautĂ© littĂ©raire et cependant demeurer modernes par la pensĂ©e et par les mĆurs, câest-Ă -dire en dehors de toutes les conditions intellectuelles et psychologiques sans lesquelles nulle beautĂ© dans lâinvention nâest humainement, expĂ©rimentalement possible. Ils veulent ĂȘtre sans Dieu et ne pas souffrir. Câest une aussi simple bĂȘtise que cela. Mais, sinistres idiots que vous ĂȘtes ! ne savez-vous donc pas que vous rabĂąchez une platitude Ă faire hausser les Ă©paules chargĂ©es dâiniquitĂ©s des plus mĂ©diocres et des plus aberrants sophistes qui aient jamais dressĂ© leurs tĂȘtes de reptiles contre Dieu ?"
LĂ©on Bloy, Propos dâun entrepreneur de dĂ©molitions, 1884.

















