"Tout confort se paie. La condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie."
Ernst Jünger, Traité du rebelle, trad. Henri Plard, 1951.
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"Tout confort se paie. La condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie."
Ernst Jünger, Traité du rebelle, trad. Henri Plard, 1951.

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"La vie nous a domptés. Lui et moi nous sentons perdus dans la société actuelle, décadente et minable. Si différente de celle qui a fait notre gloire. Nous avons perdu nos repères et nos amis. Nous préférons la solitude enrichissante à la foule dégradante. Nous sommes l'un pour l'autre les seuls survivants d'un naufrage, nous nous sommes reconnus et aimés d'amitié profonde. "
Brigitte Bardot
“La vie ne m’apporte plus grand-chose. J’ai tout connu, tout vu. Mais surtout, je hais cette époque, je la vomis.
Il y a ces êtres que je hais. Tout est faux, tout est faussé. Il n’y a plus de respect, plus de parole donnée. Il n’y a que l’argent qui compte. On entend parler de crimes à longueur de journée. Je sais que je quitterai ce monde sans regrets.”
Alain Delon
Êtes-vous nostalgique d'une certaine façon de vivre?
Brigitte Bardot: Oh oui alors! Aujourd'hui, on ne vit plus, on végète dans un marasme dégradant, décadent, minable, vulgaire, ordinaire, grossier. L'horreur! Où sont passés l'élégance, l'esprit, la beauté, la finesse, l'humour, le talent, l'érudition, la bienséance, la puissance, la liberté, la joie de vivre, la sécurité qui faisaient de la France le pays le plus lumineux au monde? Aujourd'hui, j'ai honte de mon pays.
"Dix ans encore de ce régime et je défie qu’on découvre en France un seul être innocent et noble, un seul cœur humain, une unique palpitation généreuse pour quoi que ce soit, fût-ce pour la couillonnade politique par laquelle notre société fut engendrée !"
Léon Bloy, Belluaires et Porchers, 1905.

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La psyop covid aura eu le mérite de rappeler jusqu’à la nausée que les médecins de plateau-télé sont à la médecine ce que CanardWC est à l’omornithologie.
"Dans l’immense majorité des cas, toutefois, le pervers narcissique a été un enfant surprotégé, chouchouté qui profite du manque de lucidité de ses parents sur sa véritable nature et à qui personne n’a appris à résister à ses pulsions, à accepter la frustration et à acquérir l’altérité. Personne n’a fait barrage à sa jouissance. La fonction paternelle, ce qu’on appelle la loi du père, ne lui a pas été signifiée. Il n’a aucun interdit."
Dominique Barbier, La fabrique de l’homme pervers, 2013.
"En effet, pour que deux êtres puissent n’en faire qu’un, il faut que l’un se comporte comme patient et l’autre comme agent : pour que l’œil puisse percevoir les images qui sont sur ce mur, ou tout autre objet, il doit n’avoir en lui aucune autre image. N’eût-il même qu’une image d’une couleur quelconque, jamais il ne pourrait en percevoir d’autre, de même l’oreille qui est pleine d’un bruit ne peut en percevoir un autre. Ainsi donc tout ce qui doit recevoir, doit être pur, net et vide. C’est pourquoi saint Augustin nous dit :"Vide-toi pour que tu puisses être rempli ; sors afin de pouvoir entrer" ; et ailleurs :"O toi, âme noble, noble créature, pourquoi cherches-tu en dehors de toi ce qui est en toi, tout entier de la façon la plus vraie et la plus manifeste ? et puisque tu participes à la nature divine, que t’importent les créatures et qu’as-tu donc à faire avec elles ?" Si l’homme préparait ainsi la place, le fond, Dieu, sans aucun doute, serait obligé de le remplir et, certes, complètement ; sinon le ciel romprait plutôt pour remplir le vide, ce serait contraire à sa nature, à sa justice. C’est pourquoi tu dois te taire : alors le Verbe de cette naissance pourra être prononcé en toi et tu pourras l’entendre ; mais sois bien sûr que si tu veux parler, lui doit se taire. On ne peut mieux servir le Verbe qu’en se taisant et en écoutant. Si donc tu sors complètement de toi-même, Dieu entrera tout entier ; autant tu sors, autant il entre, ni plus ni moins."
Jean Tauler, Sermons, trad. E. Hugueny, G. Théry, M.A.L. Corin, XIVe siècle.
"Il faudrait, pour atteindre ce but, une tout autre espèce d’esprit que ceux qu’il est possible de rencontrer à notre époque : des esprits fortifiés par des guerres et des victoires, pour qui la conquête, l’aventure, le danger, la douleur sont allés jusqu’à devenir un besoin ; il faudrait pour cela l’habitude de l’air vif des hauteurs, des marches en hiver, de la glace et des montagnes, dans tous les sens de ces mots, il faudrait même une espèce de sublime méchanceté, cette suprême malignité de la connaissance, consciente d’elle-même, qui fait partie de la grande santé, il faudrait en un mot, et c’est bien ennuyeux, il faudrait précisément cette grande santé !..."
Friedrich Nietzsche, La généalogie de la morale, trad. Isabelle Hildenbrand et Jean Gratien, 1887.
"Cette passion de l’enrichissement qui à aucun moment ne laisse pas le loisir de se soucier d’autres choses que de ses biens personnels, auxquels l’âme de tout citoyen est tout entière suspendue au point qu’elle ne saurait se préoccuper d’aucun autre soin que du gain quotidien. Et tout objet d’étude et toute pratique qui permet d’atteindre ce but, chacun en privé est tout prêt à l’apprendre et à s’y adonner, alors qu’il se moque du reste."
Platon, Les Lois, trad. Luc Brisson et Jean-François Pradeau, IVe siècle av. J.-C.

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"Hérode qui poursuivait l’enfant et voulait le tuer, c’est le monde qui, sans aucun doute, tue l’enfant, le monde qu’il faut nécessairement fuir et qu’on a le devoir de fuir, si toutefois on veut sauver l’enfant. Mais une fois qu’on a fui extérieurement le monde dans des ermitages ou dans des cloîtres, Archelaüs se lève et règne. Il y a encore tout un monde en toi, un monde dont tu ne triompheras pas sans beaucoup d’application et le secours de Dieu, car ce sont trois ennemis nombreux, forts et acharnés que tu as à vaincre en toi et c’est à peine si jamais on en triomphe. Le monde t’attaque par l’orgueil de l’esprit : tu veux être vu, considéré, écouté ; tu veux plaire par tes vêtements, ta conduite, tes entretiens élevés, tes manières, ta sagesse, tes relations, ta famille, ton bien, ton honneur ou par quelque autre chose de ce genre. Le second ennemi : c’est ta propre chair qui t’assaille par l’impureté corporelle et spirituelle. Et tous ceux-là sont dans le péché, qui placent leur jouissance dans la sensibilité de quelque manière que ce soit. Que chacun observe donc avec soin par où ce péché l’atteint, dans tous ses sens ou dans les choses sensibles qui le souillent. Qu’il se garde aussi de l’amour de n’importe quelle créature, qu’il porte volontairement jour et nuit dans son cœur ; car de même que la nature corporelle entraîne la matière du corps dans son impureté, aussi l’impureté intérieure entraîne en vérité l’esprit, et autant l’esprit est plus noble que la chair, autant son impureté est plus dommageable que celle du corps. Le troisième ennemi est l’Ennemi qui t’attaque en t’inspirant la méchanceté, des pensées amères, des soupçons, des jugements malveillants, de la haine et des désirs de vengeance. "Voici ce qu’on m’a fait, ce qu’on m’a dit", et tu prends alors un visage sévère, des manières rudes, un langage dur ; tu veux payer de retour en paroles et en actes celui qui t’a offensé. Tout cela, c’est la semence de l’Ennemi et son œuvre, sans aucun doute."
Jean Tauler, Sermons, trad. E. Hugueny, G. Théry, M.A.L. Corin, XIVe siècle.
"L’Elite n’est-ce pas c’est Exemple ou alors c’est rien du tout. L’exemple c’est de manger comme tout le monde, pas moins bien sûr, mais pas plus. L’idéal du parfait gueuleton, du dîner d’état-major, sauvera pas la France. Je vois pas beaucoup d’autre idéal dans l’élite actuelle. Manger finement, à volonté, le tout arrosé dive bouteille, à température, et nectar, rots appréciatifs et Vermot. La tripe déesse des bourgeoisies."
Louis-Ferdinand Céline, Les beaux draps, 1941.
"La techno-science-économie met fin aux savoirs sauvages, elle abolit les mythes, elle promeut la gestion. Elle accomplit l’incroyable, la grande idée de la Raison rationnelle et omnipotente."
Pierre Legendre, Dominium Mundi. L’Empire du management, 2007.
"La méditation a perdu toute sa dignité extérieure ; on a tourné en ridicule le cérémonial et l’attitude solennelle de celui qui réfléchit ; on ne pourrait plus supporter un sage de la vieille école. Nous pensons trop vite, et en chemin, en pleine marche, au milieu d’affaires de toutes sortes, même quand c’est aux choses les plus graves ; nous n’avons besoin que de peu de préparation, et même de peu de silence : tout se passe comme si nous avions dans la tête une machine qui tournât incessamment et qui poursuivît son travail jusque dans les pires circonstances. Autrefois, quand quelqu’un voulait se mettre à penser – c’était une chose exceptionnelle ! – on s’en apercevait tout de suite ; on remarquait qu’il voulait devenir plus sage et se préparait à une idée : son visage se composait comme il le fait dans la prière ; l’homme s’arrêtait dans sa marche ; il demeurait même immobile pendant des heures dans la rue, sur une jambe ou sur les deux, quand l’idée "venait". La chose "valait" alors "cette peine"."
Friedrich Nietzsche, Le gai savoir, trad. Alexandre Vialatte, 1882.
"Ainsi, Seigneur, cet âge que je ne me rappelle pas avoir vécu, auquel je ne crois que sur le témoignage d’autrui, que j’ai conjecturé en voyant d’autres petits enfants, conjecture d’ailleurs certaine, j’hésite à le compter dans la vie que je mène en ce siècle. Il est pour moi plongé dans un aussi noir oubli que le temps que j’ai passé dans le ventre de ma mère."
Saint Augustin, Les Confessions, trad. Joseph Trabucco, 397.

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"Il s’agit de ce "souffle guerrier" qui émanait de De Giorgio, de cette intense atmosphère martiale vécue "absolument", au-delà de tout relâchement émotionnel, et qui attira si fortement Evola. Ce fut cela qui le poussa à aller voir par deux fois l’ascète dans son lointain ermitage piémontais, et ce fut cette tendance à l’"action pure", dénuée de tout intérêt personnel, qui le fascina […] Evola admira donc chez l’auteur de La Tradizione romana l’esprit détaché et viril de l’homme prêt à l’acte héroïque à n’importe quel moment de sa vie, qui juge de haut ses passions et celles des autres, et qui sait les pacifier et les soumettre à un principe supérieur. Les trois vertus qui qualifient le vrai guerrier – noblesse, honneur et héroïsme – étaient bien connues de De Giorgio et Evola sut percevoir dans les paroles de celui-ci une invitation à tendre vers elles, à les actualiser par la pensée et le comportement."
G.M., « Guénon, De Giorgio et la "réorientation" de Julius Evola », 1987.
"Dans la mesure, en effet, où les sciences humaines ont tendance à considérer les hommes comme un matériau purement passif, privé d’expression, et modelé par des forces impersonnelles, obéissant à des lois statistiques ou causales, elles sont amenées à laisser de côté, ou tout au moins à sous-estimer, un facteur d’une importance capitale. Car ce qui définit l’être humain, c’est précisément le fait qu’il a une vie intérieure, qu’il poursuit des buts en s’inspirant d’un idéal, et qu’il se fait une certaine image, ou une conception, aussi vague ou implicite qu’elle puisse être, de ce qu’il est, de ses origines, et de ce qu’il fait sur terre. C’est même cette vie intérieure qui, justement, le distingue des animaux et des objets."
Roger Hausheer, introduction à Isaiah Berlin, A contre-courant. Essais sur l’histoire des idées, trad. André Berelowitch, 1979.