"Le recours aux forêts s’identifie à un certain travail sur soi : travail consistant à rentrer en soi-même, pour s’affermir aussi bien mentalement que moralement. On renoue ainsi avec sa propre substance innée, en ce qu’elle a à la fois d’intemporel et d’impérissable. C’est une démarche d’ordre spirituel, à vrai dire religieuse. Les deux sens, propre et métaphorique, du recours aux forêts sont bien sûr inséparables. L’un ne va pas sans l’autre. Pour avoir recours aux forêts (au sens propre), il faut au préalable s’être préparé à le faire : matériellement mais aussi mentalement. C’est le sens métaphorique. Il y a donc un ordre de succession dans le recours aux forêts. D’abord le sens métaphorique (le travail sur soi), puis le sens propre (la marche en forêt)."
Éric Werner, Prendre le maquis avec Ernst Jünger. La liberté à l’ère de l’État total, 2023.












