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Apparition d'Iris
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Apparition d'Iris

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source : @cheminer-poesie-cressant
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on voit avec sa sensation ; si elle nâest pas lĂ on ne voit que lâapparence des choses ; la profondeur, elle, ne se donne quâĂ lâĂąme persĂ©vĂ©rante
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we see through our senses; if they are not there, we perceive only the surface of things; depth, however, reveals itself only to the persevering soul
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si vede con la propria sensibilitĂ ; se essa non Ăš presente, si coglie solo lâapparenza delle cose; la profonditĂ , invece, si rivela soltanto allâanima perseverante
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© Pierre Cressant
(samedi 30 novembre 2024)
Les Profondeurs de la collégiale St Martin, Angers, Maine-et-Loire, France, décembre 2024
« Quiconque aura assez longtemps observĂ© la nature humaine pourra dĂ©gager trois principaux types d'ĂȘtres, auxquels correspondent trois attitudes face Ă ce qui Ă©lĂšve, et que par une heureuse image oxymoronique, nous appelons profondeur. âšL'homme mĂ©diocre, essentiellement prĂ©occupĂ©s par la satisfaction de ses besoins et l'Ă©panchement de ses bas instincts, est totalement Ă©tranger Ă cette profondeur. Sa vie passera comme un Ă©clair sans mĂȘme qu'il en ait pressenti l'existence, ce qui fait de lui, peut-ĂȘtre pas le fossoyeur de la civilisation, mais un obstacle certain Ă l'Ă©volution spirituelle de l'espĂšce. Comptons sur lui pour rĂ©pandre ses lignĂ©es innombrables sur la planĂšte; il est le nombre, et fait le nombre. CroĂźtre dans la matiĂšre et ignorer l'esprit, c'est lĂ sa gloire et notre punition, sa vanitĂ© et notre malĂ©diction.âšL'homme moyen, lui, bien qu'il ait conscience de la possibilitĂ© dâune vie plus riche, fuit la profondeur les rares fois oĂč il la sent poindre en lui; les abysses l'effraient car elles lui imposent un silence que sa vulgaritĂ© confond avec la mort. Sa vulgaritĂ©, c'est sa mauvaise vue, d'esprit j'entends, son incapacitĂ© Ă voir quelles fleurs sublimes peuvent Ă©clore sur le sol pur d'une Ăąme abreuvĂ©e de discipline. Sub umbra floreo, formule sacrĂ©e du dernier type de notre hiĂ©rarchie, est prĂ©cisĂ©ment tout ce qu'il Ă©choue Ă rĂ©pĂ©ter dans le rĂ©el. âšCar pour l'homme supĂ©rieur, fleurir Ă l'ombre n'est pas une nĂ©buleuse expression poĂ©tique, vaguement mystique, mais bien une expĂ©rience de chaque jour, sans cesse renouvelĂ©e afin que s'accomplissent en lui les promesses de son Ăąme. Il vivra Ă la marge, zone franche qui, Ă lâĂšre des masses, semble ĂȘtre le seul terrain stable oĂč lâon puisse bĂątir sa tour dâivoire.âšAinsi arrive toujours une pĂ©riode de sa vie, plus ou moins prĂ©cocement, oĂč il ne peut faire autrement que vivre dans cette profondeur; c'est lĂ le milieu naturel de son Ăąme, nĂ©cessaire, indispensable, paradisiaque mĂȘme, quand il rĂ©ussit Ă tirer de cette profondeur une philosophie oĂč la vie, bien que toujours problĂ©matique, est pleinement acceptĂ©e, pardonnĂ©e de son absurditĂ© par la beautĂ© de son mystĂšre. »
Ariya S.
Dans les profondeurs
Aujourdâhui tu me proposes ta main, Ă des kilomĂštres de distance, une main par tĂ©lĂ©phone, qui se propose de me tenir Ă mesure que je descends dans le noir. Je prends mon courage Ă deux mains, et la tienne avec. Jâai peur. Jâai beau vieillir et repousser un Ă un les obstacles pour prendre soin de moi, jâai toujours peur de louper la marche.
Affronter le silence des premiers pas, retrouver la morsure familiĂšre des froids aprĂšs-midi de la maison familiale. La solitude enfantine qui criait dâennui et de coupables souffrances, câest elle qui brĂ»le, et qui crisse, cette solitude quâon a choisi de ne plus ensevelir sous des litres dâalcool, sous la nourriture, les projets chronophages et les fausses passions. Cet ennui dâun autre temps, sous un autre jour, qui sâĂ©tirait dĂ©jĂ depuis les premiers temps et tire la couverture Ă lui jusquâĂ aujourdâhui. Lâennui des bras manquĂ©s, lâennui des rires, perdu dans la terreur sournoises des colĂšres imprĂ©visibles, des combats quâon auraient pas dĂ» mener, du silence Ă©ternel, du dĂ©pouillement mortifĂšre de tout ce qui aurait pu un jour compter. Mort, sous le poids du drame. Lâennui dâune joie manquĂ©e, dâune innocence jamais caressĂ©e, qui fait quâun enfant voudrait mourir, en inventant des jeux et des sensations pour lâoublier. Il fallait bien Ă©crire. Il fallait bien Ă©crire pour quâune voix habite cette insupportable piĂšce. Il fallait bien Ă©crire pour combattre lâhostilitĂ© qui envahissait tous ses recoins. Quitte Ă lâadresser Ă quelquâun qui nâest quâĂ venir.
Le corps se souvient toujours de la piĂšce oĂč il fait noir. Il se souvient dâavoir Ă©tĂ© crochetĂ© au centre sans personne pour venir le voir. Il se souvient, le corps, de la griffe de ce soir-lĂ . Il se souvient des couleurs, de la lumiĂšre et des murs. Il se souvient des voix, il se souvient quâil avait envoyĂ© baladĂ© lâesprit. Il se souvient de lâodeur de la cigarette, tandis quâil pleure au mĂȘme rythme que les gouttes dâeau sous la douche. Il se souvient de lâeau noire. De la porte qui se referme. Il se souvient le corps, du parquet froid et des liserĂ©s bleu. Il fait plus noir que tout, et soudain, je peux sentir la main de mon ami. Je peux sentir lâenfance abolie, lâinnocence congĂ©diĂ©e. La piĂšce noire est un neurone agitĂ©, qui fait clignoter le souvenir, et le fait revenir, cyclique, comme une planĂšte sur son axe. Il faut retourner Ă la vie Ă prĂ©sent. Il faut continuer Ă avaler son courage, comme autant de petits bouts de charbon noirs. Il faut continuer de guĂ©rir. La douleur passe ; Ă trois mains, on referme la porte.

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Les Abysses
âPoisson lumiĂšre et autres crĂ©atures subliminales Les Abysses vous ouvrent leurs portesâ
                                 Date : 2011
Taille : 196x113cm
Farine Five Roses x Canada Maltage
Canal Lachine, Montréal, 28 février 2021
Photographie que jâai prise lors de ma prise de vue 2