Les gamins du Canal Saint-Martin, Paris, 1952.
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Les gamins du Canal Saint-Martin, Paris, 1952.

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Une vie entière en 1mn
👶 ... 🧒 ... 👩❤️👨 ...👨 ...🧓
Source: Rart
👋 Bel après-midi
Emporte-moi, oiseau doré, Au loin, au cœur de mon enfance, Là où d'une voix colorée Chante la vie mon innocence.
Là-haut, prends-moi, caresse-moi De tes ailes peintes d'aurore. Avec amour, sur mes dix doigts, Laisse tes plumes et accords.
Survolant tout, en moi tu plantes Le jardin des jeunes années. Je vois déjà, par une fente, Régénérer les fleurs fanées.
De tes graines, poussent alors Des arbres qui vers moi se penchent. Mes mains tirent leurs feuilles d'or, Cueillant les doux fruits de leurs branches.
De ton bec qui s'ouvre, s'écoule De l'ambroisie vers les ramures. Leurs cerises tombent et roulent Sans connaître la pourriture.
Ici siège sur l'herbe fraîche Un jour que rien ne peut ternir. Elle donne à mon âme sèche L'espoir de ne jamais jaunir.
Couronné de rayons d'été, Le ciel règne en maître des roses. Tels des papillons, la clarté Sur leurs pétales se repose.
Le vent, dans son léger envol, S'imprègne de parfums et miel. L'abeille, dans sa course folle, Cherche les ruches éternelles.
Des airs discrets sur les lacs pendent, Ramenant flots vers ceux d'hier. Qui sait vers quelle mer descendent Les pleurs cristallins des rivières?
Les vagues ondoient, se déforment. C'est ainsi: la vie suit son cours. Je voudrais, dans ce bleu énorme, Plonger pour un bain de toujours.
Les nuages flottent sans cesse Au sommet de monts escarpés. J'aimerais, comme une promesse, Les garder pour trouver ma paix.
Mais dès que le savoir j'enfile, Comme un habit l’on me retire. Alors, ces plaisirs volatiles Ne reviennent qu'en souvenir.
Oiseau doré, montre tes ailes Et dis-moi qui les a coupées! Est-ce l'ange au regard cruel, Agitant sa brûlante épée?
Oiseau doré, déploie tes ailes Et dis-moi qui les a brûlées! C'est bien l'ange aux yeux-étincelles, Qui seul garde un jardin scellé.
-Poésie: "Puella aeterna", Marine Mariposa -Image: "Child in Window", Lilla Cabot Perry
Nos folies, c’est cette petite part d’enfance qui survit encore en nous…
V. H. SCORP

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source : @cheminer-poesie-cressant
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Ne perds pas ton matin, mon enfant, ne perds pas ton matin, souffle amorti offert à la nature. Garde son geste et sa ferveur, sa verve et sa mesure, sa main d’ami féconde. Garde-le au fond de ta poche comme ce caillou que tu gardes sans savoir pourquoi. Garde-le comme un refrain, un retour ailé, sans racine.
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Don’t lose your morning, my child, don’t lose your morning, a softened breath offered to nature. Keep its gesture and its fervor, its eloquence and its measure, its fruitful hand of friendship. Keep it deep in your pocket like a pebble you keep without knowing why. Keep it like a refrain, a winged return, rootless.
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Non perdere il tuo mattino, mio bambino, non perdere il tuo mattino, respiro smorzato offerto alla natura. Tienilo il suo gesto e il suo fervore, la sua verve e la sua misura, la sua mano d’amico feconda. Tienilo in fondo alla tua tasca come un ciottolo che tieni senza sapere perché Tienilo come un ritornello, un ritorno alato, senza radici.
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(De disparition fondé, extraits) © Pierre Cressant (mardi 28 novembre 2006 - lundi 4 mai 2026)
« Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se nouent autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes allé à la source très tôt et vous avez tout bu. Quand la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Dès l’aube, vous avez reçu une telle cargaison d’amour que vous en restez encombré pour le restant de vos jours. » Romain Gary, La promesse de l’aube.
@30jourspourecrire - Jour 5
Rêves
J'ai toujours eu des rêves. Ils ont changé de visage au fil des années, mais ils ont toujours été là.
Petite, ils étaient ma façon de m'évader, car quand la réalité était trop lourde, je m'en inventais une autre. Je n'ai pas eu une enfance où les rêves avaient beaucoup de place. J'avais un père alcoolique, parfois violent. J'avais une mère qui subissait autant que ses filles, une maison où l'on survivait davantage qu'on ne vivait.
Je ne crois pas avoir été le rêve de quelqu'un.
Je suis arrivée onze mois après un enfant désiré, "un accident", disait-on de moi. Mon enfance s'est construite autour de ce mot "accident". Il définit tout ce que j'étais aux yeux de tout le monde. Alors j'ai appris très tôt à fabriquer mes propres mondes. Je rêvais de parents qui me prendraient dans leurs bras, qui me diraient qu'ils m'aimaient, qui me diraients qu'ils étaient fiers de moi. J'ai attendu ces mots pendant des années mais devinez quoi? Ils ne sont jamais venus.
Je rêvais aussi d'une grande sœur de quatre ans mon aînée qui me protégerait. Au lieu de cela, j'ai longtemps essayé d'acheter son affection en encaissant les insultes, en faisant le ménage, la vaisselle, en me levant le matin pour aller lui chercher du pain frais, jusqu'au jour où j'ai laissé parler ma colère. J'ai alors compris que l'amour ne se méritait pas et que refuser de continuer avait un prix, celui d'être rejetée.
Alors je me suis réfugiée ailleurs : dans les livres, dans l'écriture, dans les jeux de rôle. J'ai grandi avec Harry Potter. Je crois que, comme lui, j'attendais qu'un jour quelqu'un vienne frapper à ma porte pour me dire que ma vie ne se résumait pas à ce que j'avais connu et qu'il existait un autre monde, un endroit où je pourrais enfin avoir ma place.
Puis un jour, je l'ai rencontré, celui que je croyais être l'amour de ma vie. J'ai quitté Tours pour Lille, et pour la première fois, je n'avais plus seulement des rêves.
J'étais en train de les vivre, ces rêves que j'avais depuis toujours.
Notre vie à deux n'a jamais été parfaite, mais elle était la nôtre. J'ai découvert ce que le mot "famille" voulait dire. J'ai appris à avoir des parents de coeur, une vraie soeur, un vrai petit frère.
Dix-neuf ans de relation, c'est plus de la moitié de ma vie. Neuf ans plus tôt, nous nous étions promis de vieillir ensemble. Et le 9 octobre 2020, notre fils est né. Je crois que ce jour-là, ce rêve que je vivais est devenu plus beau que tout ce que j'avais pu imaginer. Je voulais lui offrir ce que je n'avais jamais eu : une enfance où il se sentirait aimé, une famille dans laquelle il pourrait grandir sans avoir peur, peut-être même une petite sœur, un jour ; une maison pleine de vie ; une famille parfaitement imparfaite mais qui serai la nôtre.
En parallèle, je construisais aussi la femme que je voulais devenir, professionnellement, et personnellement. Une maman, une épouse accomplie. Je croyais avancer dans la bonne direction.
Et puis…
Mes rêves ont commencé à s'effondrer.
D'abord en avril, le 20, puis définitivement en juillet, le 16. Aujourd'hui, je ne sais plus très bien si j'ai encore des rêves. Enfin si, j'en ai un mais il est impossible. Je rêve de remonter le temps, retrouver mon mari, entendre à nouveau ses clés dans la serrure, le voir entrer dans la maison comme si rien de tout cela n'était arrivé.
J'écris ces lignes en pleurant. Ce rêve me rende pathétique.
Je crois que je n'ose plus rêver parce que lorsqu'un rêve s'écroule, il emporte avec lui une partie de celui qui l'avait construit.
J'ai peur de recommencer, peur de croire à nouveau, peur de bâtir quelque chose qui pourrait encore disparaître.
Mais il y a une personne pour qui je continuerai toujours de croire aux rêves. Mon fils. Je veux qu'il en ait mille, des petits, des immenses, des raisonnables, des complètement fous… Et surtout, je veux être celle qui marchera à côté de lui pour les réaliser.
Parce que moi, je n'ai jamais eu personne pour faire ça.
J'ai longtemps cru que son père serait celui qui marcherait à côté de moi jusqu'au bout, celui qui construirait nos rêves avec moi. Aujourd'hui, je sais que ce ne sera pas lui et cette idée me terrifie.
Alors peut-être que mon plus grand rêve, désormais, n'est plus pour moi. Peut-être qu'il est simplement de voir les yeux de mon fils continuer à briller et de faire en sorte que, quoi qu'il arrive dans sa vie, il ne cesse jamais de croire que ses rêves méritent d'être poursuivis.
Parce que personne ne devrait grandir en pensant qu'il n'a pas le droit de rêver.
Parce que personne ne devrait grandir en pensant que personne ne sera là pour l'aider à réaliser ses rêves.