Le sentiment dâimpuissance de lâhomme face au destin,
les questions, trop dâinconnu, de vide, de formes sans contour,
Pourquoi continuer à chercher des réponses qui ne viendront pas,
et se dĂ©lecter dâindices qui ne tracent aucune voie...
Faire face Ă ce grand rien qui cadence les jours,
regarder si aucun fantÎme ne prend corps à ses cotés ,
si aucun palpitement ne rend notre coeur tangible.
Aucune chance que cela ne se produise,
le nĂ©ant sâest dĂ©jĂ nourri de ma chair,
il est si ancrĂ© dans mon Ăąme que jâen suis le serviteur le plus dĂ©vouĂ©,
avais-je le choix? qui a le choix?
prendre une option sur ses peines,
traßner en vain sa carcasse parmi les aléas de la vie,
ou plutÎt entre ceux qui déambulent en croyant aller quelque part.
Le grand bals des hommes,
une hérésie à vrai dire pour celui qui cherche un ailleurs plus sensible,
la friction de la matiĂšre, les ondulations de lâesprit,
celui lĂ mĂȘme qui trouve sa place au sein des paradigmes du vivant,
dans cette ivresse qui fait que la vie nâest plus un fil mais plutĂŽt une spirale,
celle dâun tout condensĂ©, une force inaltĂ©rable,
une constante gravitationnelle qui relie les cĆurs et les corps.
Une sphĂšre dans laquelle toi et moi ne sommes plus distincts,
une géométrie de la superposition parfaite,
qui admet une vibration Ă la fois si tenue et puissante
quâelle construit et dĂ©construit des mondes sans fin.
celle qui habite mon esprit quand je te cherche dans le vide qui mâentoure
ce long Ă©cho muet qui me revient quand je ne sais plus oĂč tu es,
une angoisse qui me dévore les entrailles comme un vautour affamé,
le chagrin, tel un tourment qui se mĂ©tamorphose dans mes rĂȘves,
pour leur donner la couleur du drapeau des vaincus.
Je ne sais plus rien de toi ni de moi,
jâai pris congĂ© de mon existence et le monde me semble bien vide,
il tourne, il se meut, il fuit un peu aussi,
et je reste lĂ , comme lâĂ©picentre de la misĂšre,
comme lâĂ©pouvantail dressĂ© en figure de proue dâune galĂšre.
Plus aucune envie, si ce nâest celle de ta prĂ©sence,
plus aucune lumiĂšre mĂȘme dans mes rĂȘves, repeints en noir...
Chaque journée est vécue comme la derniÚre balle qui traverse la peau,
un impact, un sursaut puis une détente, lente et coulée,
comme retourner sa barque, la sentir chavirer vers lâintĂ©rieur de soi,
sombrer dans le torrent glacé de son passé brisé,
y trouver quelques fragments de moi, dâelle et de toi,
autant de reflets vaporeux de passions égarées,
les spectres dâune vie qui sâest dĂ©robĂ©e,
là bas, au crépuscule du temps évanoui,
dans les mĂąchoires acĂ©rĂ©es dâun immense fourneau,
le brasier, une fiĂšvre plutĂŽt,
lâenvie dâaller vers toi, vers lâinconnu,
peut ĂȘtre que tout cela nâĂ©tait quâune fiction,
une histoire quâon aime Ă se raconter pour croire en nos destins,
sâinventer un lendemain,
sâinventer un mythe dans lequel les hĂ©ros ne meurent jamais...
Des récits fabuleux dans lesquels les guerriers apprivoisent les amazones.
Une injection dâadrĂ©naline qui stimule lâimaginaire,Â
le fuel de toute une vie, évaporé au soleil des espoirs ardents,
retrouver sa vie Ă lâĂ©tat gazeux.
vouloir se dĂ©barrasser de son destin, de ses rĂȘves, de ses passions, de Soi,
Jâaurais tout fait ce soir lĂ pour la voir une autre fois,
Mais jâĂ©tais bel et bien seul avec moi, et mes larmes ne coulaient pas.