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@adciceronem

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Le peuple de qui ? De quoi ?
Le peuple français a mille visages.
Mais personne n'arrive Ă mettre le doigt sur l'un d'eux. Le mot "peuple" est toujours l'objet des convoitises.
Les Ă©lus se targuent d'avoir Ă©tĂ© Ă©lus par le peuple, souverain et Ă©clairĂ©. Les plus nantis disent Ă©lever ce peuple vers le haut en faisant circuler les capitaux et en payant des impĂŽts toujours plus Ă©levĂ©s. Les moins bien lotis, frustrĂ©s par leur infortune et leurs fins de mois difficiles rĂ©clament eux des avantages, au nom du peuple bien entendu, vous aurez compris oĂč je voulais en venir..
Le peuple, c'est la couverture qu'on se dispute, c'est l'identitĂ© suprĂȘme de la dĂ©mocratie, le beau mot, le bon juge, le dĂ©but et la fin de toutes les dĂ©cisions prises.
Pas le moral, les mots criĂ©s te fatiguent, ils prennent pas de gants, tes pensĂ©es dansent la gigue comme des algues translucides. T'as moquĂ© la mort, moquĂ© l'amour, tu t'es pris des gifles chaudes et t'as les coudes en sang. On t'as encensĂ©. Mais modeste que tu es, tĂȘtu, tu t'es tu.
Les chiffres ne sont pas bons, ça tourne dans ta tĂȘte, et ton cafĂ© est dĂ©jĂ froid ça tâĂ©cĆure.
Si blanche.
Elle s'est éteinte ce soir.
Belle comme le jour qui se lÚve, les paumes de mains froides comme les hivers d'Oslo. La jeunesse, la vigueur, l'enfance, l'innocence, les yeux bruns qui pétillent, ses sémillantes manies, son menton haut, ses cheveux clairs, son nez d'enfant si menu. Tout s'en est allé.
Moi.. Moi, j'aurais voulu serrer une derniÚre fois ses doigts boudinés frétillants dans ma paume, l'entendre parler de ses doutes d'enfant, me réclamer une friandise, me bouder des fois, tout le temps.
Parler est vain, l'effroi est muet, la nouvelle; gifle, a l'effet d'un couperet, ma gorge se serre et mes mains s'animent, tremblantes... et je tombe.
Un gouffre sans fin, des parois noires comme la suie, impraticables, mes ongles se cassent, mes paumes se griffent et j'apprends le sens du mot "inutile".
Elle est Ă©tendue, teint pĂąle. Elle qui vivait, fragile. Et son dernier mot : un rĂąle. AgitĂ©e et gracile. EntourĂ©e d'un morne chĂąle. ImbibĂ© de grasse bile Sans un mot, moi, muet, dĂ©bile; folie mâagrippe et me fait mal.
PremiĂšre loi newtonienne
Qu'il est bon de ne pas savoir, le non-savoir a du bon. Je peux parler sans croire, je peux parler sans nom. Qu'il est bon d'ĂȘtre sceptique, dubitatif et Ă©tonnĂ©. Qu'il est bon de chercher sans savoir quoi trouver.
Enviez-moi, enviez-moi, moi qui fouille sans cesse, sans certitudes qui ne naissent, auprÚs de bien des bouquins, épais, plein de pages, noircies par ces auteurs sages qui se torturent et partagent leur angoisse et leurs sciences.
Philosophie et pamphlets, poÚmes noirs, théories insensées, je suis bien lancé pour qu'aucune faim n'me tiraille. Me voilà paré jusque nuit s'en aille et que muezzin appelle. Les muscles lourds, des douleurs à la pelle, ah si vous saviez combien.. mon inertie est belle.

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Ego
Donc tu te penses meilleur ? Tu observes tes pairs, rieur, tu penses que le monde tâes dĂ», tu tâinstalles ou tu veux, tu exiges dâĂȘtre reçu et peu importe quâils soient déçus, tu nâes pas lĂ pour ĂȘtre aimĂ©. Tu veux juste exister, vivre bien sans te mouiller. Tu ne parles plus tâĂ©ructes, tu insupportes les fĂ©rus, tu te moques bien de la fĂ©rule. Les virulents ? Tu les emmerdes dĂ»ment, la moral tu la malmĂšnes, tu ne veux pas de leçons, pas de leçons. âet Lâamour ? cessons, cessonsâ  Tu te sens si libre, tu te sens si vivant, tu croquerais bien la terre si tu Ă©tais assez grand. Tu nâas pas dâamis, pas de famille, ce ne sont que des satellites qui parfois tâaident Ă avancer, mais ils ne te sont Ă lâĂ©vidence pas essentiels. Tâas le sourire facile, lâair toujours enjouĂ©, toujours prĂȘt Ă prendre ta part, taper dans le mille et fuir fier comme un Tsar. Tâes un vrai tique, tu suces le sang sans te soucier de quoique ce soit, tu bois Ă ta soif, tant que tu vis loin des soucis, des idiots qui ne veulent pas te servir. Saisissant, saisissant, tu me fascines, tâes tout ce que jâaime pas, un concentrĂ© dâindiffĂ©rence et dâopportunisme malsain, tâes pas stable, tantĂŽt asocial puis trĂšs soucieux, parfois sincĂšre tant que gains suivent. Saisissant, insaisissable, tâes un sac de zinc dans un lac sain, un Midas bien plus maudit, un ratĂ©, une ordure, un capucin,un stupidâ rat de ville, un vil babouin.Â
Toc
Des tĂ©nĂšbres Ă la lumiĂšre, le chemin est long, le chemin est long. Je longe les barriĂšres, marche sur des sillons, je trĂ©buche sur quelques souches, je mâhabitue Ă la pĂ©nombre.Â
Je ne suis pas fou, mais les quelques nyctalopes qui me verront progresser se riront surement de moi, de ma façon bien hĂ©sitante Ă me mouvoir dans le noir, quand je titube ou je mâĂ©corche contre une Ă©corce un peu coupante. Et, quand une lueur vient, quand je pense mon heure venue, quand lâobscuritĂ© sâestompe et que jâentrevois une maison saine, des murs robustes, un beau balcon. Je toque plein dâespoir âayez pitiĂ©â dis-je, Ă manger Ă boire ! â.. Sombre histoire, la porte demeure fermĂ©e, personne ne vient mâouvrir, cette si belle porte devient affreuse.Â
-Cette chose lumineuse lĂ , elle est sublime ! Quâest-ce que câest ? - Lâinstant prĂ©sent.
Adciceronem
Et je surprends dans ses yeux, cette voluptĂ© facĂ©tieuse, ce besoin dâĂ©tonner, dâentonner gaiement, faire de moi lâenfant, bercĂ© et chĂątiĂ©, je deviens le marin errant que les sirĂšnes ont gĂątĂ©.
AdCiceronem

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Lâamour des siens
- Ya Sheikh, j'implore votre conseil éclairé. Depuis longtemps, mes frÚres me font du mal, quand j'ai raison ils me rabaissent, quand j'ai tort ils le soulignent, quand j'essaye ils me moquent, quand j'échoue ils rient fort, quand je viens ils s'en vont, quand je m'en vais ils exultent, quand je me tais ils m'insultent, quand je songe ils agissent, quand j'agis ils m'écartent et à ma mort, sans aucun doute, ils m'oublieront.
- Mais de quels frĂšres parles-tu ?
- Ya Sheikh, ceux qui m'entourent et avec qui je partage mon pain.
- Te considĂšrent-ils comme leur frĂšre ?
-J'en doute ya Sheikh.
-Alors pourquoi cherches-tu Ă t'allier Ă eux ?
- Ya Sheikh, fussent-ils des chiens prĂȘts Ă me mordre, je leur tendrai toujours une main garnie et bienveillante.
- Penses-tu ĂȘtre meilleur qu'eux ?
- Si je ne craignais pas de mâenorgueillir, je vous rĂ©pondrai que oui.
- Alors quel est ton souci ?
- Je vous le répÚte ya Sheikh, mes frÚres me font du mal.
- Mais toi, t'es-tu engagé a faire le bien pour eux ?
- Je m'efforce de le faire.
- Et cela te rend t-il meilleur qu'eux ?
-Sans aucun doute Sheikh.
-Alors, je répÚte... Quel est ton souci ?
Cette phrase est Ă©crite par des mains tremblantes, la gorge nouĂ©e, je nâai jamais Ă©tĂ© assez prĂȘt. La lune me nargue, lâobscuritĂ© mâenveloppe, les Ă©toiles se moquent, je suis nu et je me couche. Jâestime avoir assez perdu de temps Ă y penser, lĂ ou les autres se sont abstenus, je mâĂ©lĂšverai, je serai grand, je serai noble et loyal. Mais pour lâinstant, je suis pitoyable et sale, pauvre grain de sable qui pensait ĂȘtre si important. Je suis dĂ©charnĂ©, mais bien portant, rien dâimportant, je porte le poids des pertes, le poids des mots quâon jette, le sel qui irrite les plaies ouvertes, la porte close, elle se sent chose, mes yeux pleurent, mais je ne suis pas triste. Ils sont perdus, moi je suis Ă©garĂ©, mon chemin est cahoteux et plutĂŽt Ă©troit. Qui dĂ©cide du succĂšs ? Qui le garde ou lâoctroie ? Je ne suis pas dupe mais je crois, que ce âqui â ne mâaime pas. Echec. ECHEC, ECHEC, pas le jeu, le VRAI Ă©chec, celui que tu vomis le jour ou il advient, la minute ou il est prononcĂ©, je ne suis pas triste, pas en colĂšre, je veux juste personnifier lâĂ©chec et le tabasser. Sâil Ă©tait un homme je lui casserai le bras, si lâĂ©chec Ă©tait une femme je ferai semblant de lâaimer et je la briserai. LâĂ©chec Ă ma porte ? Je ne lui ouvre pas. Quâil crĂšve dans le froid, le succĂšs mâattend, il est si beau lui, il mâamĂšne la prospĂ©ritĂ© et tous ses synonymes, je mâanime, je me trĂ©mousse, je fais de mon mieux pour lâaccueillir, succĂšs je tâaime, tu es le bienvenu dans ma destinĂ©e. Entre, vas-y, vas-y entre, je te dis vas-y... et tu tâen vas, tu me snobes, tu ne me regardes pas, tu te dĂ©robes, tu avais ta si belle robe, tu me regardes.. quoi ? Tu me snobes.Â
La fameuse
On rĂȘve tous d'une belle femme, la perle rare des ocĂ©ans environnants, celle qui t'Ă©paulera partout, dans tes moments de doutes, pleine d'assurance, son cĆur bat prĂšs du tien, elle ne connait pas de fatigue quand il s'agit d'aimer les siens.  Ce sera la reine de ton royaume, puissante et si fragile, l'exemple et l'aimante qui ne tarit jamais de concessions. D'un amour inconditionnel, elle surgit dans tes cauchemars, efface l'obscuritĂ©, fait disparaĂźtre le brouillard. Elle a les yeux qui te disent oui et tu trembles quand elle dit ton nom, de ses lĂšvres roses sa voix surgit, et elle t'en jette plein d'frissons. Ses cheveux te gĂȘnent parfois, Ă©bouriffĂ©s comme les cheveux d'un ange, chĂątains clair comme l'Ă©corce d'un arbre centenaire, sa plus belle parure, occultĂ©e par un voile si fin. Et si faim qu'elle a de ta prĂ©sence quand lassĂ©e par ton absence les heures interminables dĂ©filent sous ses yeux comme l'ondĂ©e d'une nuit sans lune. Cette femme qui t'anime, stimule tes bons cĂŽtĂ©s, allume en toi un feu ardent, inextinguible voluptĂ© nourrit par sa sagesse, tendresse indicible qui se vit Ă tout instant. Femme, fille, maman, les synonymes du courage en un corps les contenant.
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Les filles transpirent et font caca
Lésos
Walton : Vous avez déjà vu une mouette engluée dans le sable ?
Sevim : Non, pourquoi ?
Walton: C'est curieux, quand je l'ai vu, j'ai voulu l'aider, la pauvre se débattait en battant des ailes. Quand elle m'a vu arriver, elle eût tellement peur qu'elle paniquùt et agita ses ailes avec tant de force, qu'elle parvint à se délivrer de cette bourbe de sable
Sevim : Et donc ? Quel intĂ©rĂȘt de me dire ça ?
Walton: Je sais pas, je me dis que parfois pour se sortir de la merde il faut anticiper un danger bien pire que celui qu'on vit.. On met plus d'énergie à s'en sortir.

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Si jâĂ©crivais un livre, il commencerait certainement ainsi :
Aujourdâhui jâai dĂ©cidĂ© ne plus aimer personne. Je serai lĂ , perchĂ© sur mon chĂȘne et jâobserverai le monde, je marcherai, le regard las, les Ă©paules voĂ»tĂ©es et je nâaurai plus mĂȘme un regard pour ceux que jâadulais il y a peu.
Je me prĂ©sente Ă vous cher lecteur, vous qui devez tenir cet ouvrage avec lâintention de lire une belle histoire, vous devez vous ĂȘtre installĂ© dans un train, un lit ou un une chaise, les hypothĂšses ne me manquent pas, en revanche, le temps, si.
Oh, je ne vais pas vous conter mon histoire, pourtant je me plairais bien a vous faire comprendre Ă quel point je suis un homme formidable, moi qui regorge de qualitĂ©s, moi qui mâĂ©lĂšve parmi la foule amorphe et anonyme pour jeter sur la scĂšne quelques Ă©crits habiles.  Feront-ils ma gloire ? Jâen doute sincĂšrement,  jetez le plus beau rubis dans lâocĂ©an, il ne fera jamais quâun beau « plouf » avant dâĂ©touffer un pauvre dauphin trop gourmand.
Je vais plutĂŽt vous raconter une descente, une rĂ©cession, le raccourcissement de mon champ de vision Ă vrai dire.  Vous savez, ce moment ou lorsquâun Ă©chec est si amer Ă avaler, quâon sâefforce de le faire passer lentement avec un peu dâoptimisme et beaucoup de mauvaise foi.
Venez. Descendez avec moi, ne vous prenez pas les pieds dans les tapis dâescalier, ne vous laissez pas perdre par lâobscuritĂ© qui advient, gardez vos distances, je serai votre guide, restez confiant, je ne ferai que vous exposer cette structure escarpĂ©e qui se dĂ©voile progressivement et empeste le soufre. Je vous autorise tout de mĂȘme Ă me mĂ©priser, je ne suis pas le meilleur guide.
Le thé
Cet instant sâĂ©tendait. Et moi, tendu, tentant, tĂȘtu, de te tenir prĂšs de moi. Quand tu tâes tue, le temps tuĂ©, instant passĂ©, tu tâes tant tĂątĂ©e, tu tâen vas, ta fuite est telle que je nâentends plus tes boucles tinter, ton teint halĂ©, ta tĂȘte bien faite, ton tempĂ©rament..un tas, un tout qui va me manquer. Le titan jâĂ©tais, hiver et Ă©tĂ©, quand toi ma tiarĂ©e, tu Ă©tais Ă mes cotĂ©s. DĂ©sormais je me hais et avec hĂąte je tape sur mes tempes pour dompter le revers que jâessuie, atterrĂ© je suis, heureux je fus, toi qui fuis, pĂ©nitence je fais, les cheminĂ©es fument, le froid me consume, seul je suis bien que heureux nous fumes.