Or, les guerres de conquête, funestes aux vainqueurs comme aux vaincus, ont constamment pour cause l'ambition d'un chef insatiable de pouvoir et de richesses.
(Lamennais, Le livre du peuple)
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 Or, les guerres de conquête, funestes aux vainqueurs comme aux vaincus, ont constamment pour cause l'ambition d'un chef insatiable de pouvoir et de richesses.
(Lamennais, Le livre du peuple)

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Robert Doisneau - Amour et barbelés (1944)
Ne vous laissez pas tromper par de vaines paroles. Plusieurs chercheront à vous persuader que vous êtes vraiment libres, parce qu’ils auront écrit sur une feuille de papier le mot de liberté, et l’auront affiché à tous les carrefours. La liberté n’est pas un placard qu’on lit au coin de la rue. Elle est une puissance vivante qu’on sent en soi, et autour de soi ; le génie protecteur du foyer domestique, la garantie des droits sociaux, et le premier de ces droits. L’oppresseur qui se couvre de son nom est le pire des oppresseurs. Il joint le mensonge à la tyrannie, et à l’injustice la profanation ; car le nom de la Liberté est saint. Gardez-vous donc de ceux qui disent : Liberté, Liberté ! et qui la détruisent par leurs œuvres. Est-ce vous qui choisissez ceux qui vous gouvernent, qui vous commandent de faire ceci et de ne pas faire cela, qui imposent vos biens, votre industrie, votre travail ? Et si ce n’est pas vous, comment êtes-vous libres ? Pouvez-vous exercer votre culte sans gène, adorer Dieu et le servir publiquement selon votre conscience ? Et si vous ne le pouvez pas, comment êtes-vous libres ? Pouvez-vous disposer de vos enfants comme vous l’entendez, confier à qui vous plait le soin de les instruire et de former leurs mœurs ? Et si vous ne le pouvez pas, comment êtes-vous libres ? Les oiseaux du ciel et les insectes même s’assemblent pour faire en commun ce qu’aucun d’eux ne pourrait faire seul. Pouvez-vous vous assembler pour traiter ensemble de vos intérêts, pour défendre vos droits, pour obtenir quelque soulagement à vos maux ? Et si vous ne le pouvez pas, comment êtes-vous libres ? Pouvez-vous aller d’un lieu à un autre si on ne vous le permet, user des fruits de la terre et des productions de votre travail, tremper votre doigt dans l’eau de mer et en laisser tomber une goutte dans le pauvre vase de terre où cuisent vos aliments, sans vous exposer à payer l’amende et à être traînés en prison ? Et si vous ne le pouvez pas, comment êtes-vous libres ? Pouvez-vous, en vous couchant le soir, vous répondre qu’on ne viendra point, durant votre sommeil, fouiller les lieux les plus secrets de votre maison, vous arracher du sein de votre famille et vous jeter au fond d’un cachot, parce que le pouvoir, dans sa peur, se sera défié de vous ? Et si vous ne le pouvez pas, comment êtes-vous libres ? La liberté luira sur vous, quand, à force de courage et de persévérance, vous vous serez affranchis de toutes ces servitudes. La liberté luira sur vous, quand vous aurez dit au fond de votre âme : Nous voulons être libres ; quand, pour le devenir, vous serez prêts à sacrifier tout, et à tout souffrir.
Lamennais. Paroles d'un croyant, chapitre XX
“En général le despotisme se trompe étrangement sur la puissance qu’il est enclin à attribuer aux peines. Les législations atroces créent des mœurs atroces, et voilà tout. Si elles intimident les foibles, elles irritent et provoquent les âmes énergiques ; car le péril aussi a je ne sais quoi qui tente. Elles font surtout qu’on ne s’arrête plus aux pensées modérées, et qu’on se porte d’abord aux résolutions extrêmes. La grande facilité des communications qui multiplie tous les rapports et par là même rend impossible de les surveiller, permettroit aux mécontents de s’entendre rapidement d’un bout du pays à l’autre.”
Félicité de Lamennais, « Préface à De la Servitude Volontaire », 1835.
HISTOIRE/ACTUALITÉ | Mythe républicain de la liberté : ferment de l’esclavage moderne ➽ http://bit.ly/Mythe-Liberte Dans son « De l’esclavage moderne » publié en décembre 1839, le père Hugues-Félicité de Lamennais, précurseur du catholicisme social, explique comment les individus constituant la majeure partie du peuple de France sont assujettis à l’inégalitaire capitalisme les tenant par la faim, à l’inique justice rappelant la lutte allégorique du pot de fer contre le pot de terre, et au joug fiscal les privant à leur décès de transmettre à leur famille le modique pécule acquis à la sueur de leur front...
Shall we, losing all hope, shut our eyes and plunge into the voiceless depths of a universal scepticism ? Shall we doubt that we think, that we feel, that we are ? Nature does not allow it; she forces us to believe even when our reason is not convinced. Absolute certainty and absolute doubt are both alike forbidden to us. We hover in a vague mean between these two extremes, as between being and nothingness; for complete scepticism would be the extinction of the intelligence and the total death of man. But it is not given to man to annihilate himself; there is in him something which invincibly resists destruction, I know not what vital faith, indomitable even by his will. Whether he likes it or not, he must believe, because he must act, because he must preserve himself. His reason, if he listened only to that, teaching him to doubt everything, itself included, would reduce him to a state of absolute inaction; he would perish before even he had been able to prove to himself that he existed.
Hugues FelicitĂ© Robert de Lamennais, as quoted by Miguel de Unamuno (1864-1936) in “The Tragic Sense of Life”, translated from the Spanish by J.E. Crawford FlitchÂ

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Vignettes et lettrines de Carlos Schwabe pour "Paroles d'un Croyant" de Félicité de Lamennais (1906-08) à l'exposition "La Porte des Rêves. Un Regard Symboliste" à la Propriété Caillebotte, Yerres, Île-de-France, juillet 2018.
“But what! Shall we, losing all hope, shut our eyes and plunge into the voiceless depths of a universal scepticism? Shall we doubt that we think, that we feel, that we are? Nature does not allow it; she forces us to believe even when our reason is not convinced. Absolute certainty and absolute doubt are both alike forbidden to us. We hover in a vague mean between these two extremes, as between being and nothingness; for complete scepticism would be the extinction of the intelligence and the total death of man. But it is not given to man to annihilate himself; there is in him something which invincibly resists destruction, I know not what vital faith, indomitable even by his will. Whether he likes it or not, he must believe, because he must act, because he must preserve himself. His reason, if he listened only to that, teaching him to doubt everything, itself included, would reduce him to a state of absolute inaction; he would perish before even he had been able to prove to himself that he existed.” — Hugues Felicité Robert de Lamennais, Essai sur l’indiffèrence en matière de religion, 1817
“Les tyrans efféminent les hommes, et tâchent d’étourdir la multitude et de l’énerver par des spectacles, des jeux, des fêtes propres à amollir les mœurs, sans parler de la protection qu’ils accordent à leur dépravation directe. Les nations, au contraire, exemptes du joug d’un maître, se reconnoissent au mâle caractère de leurs divertissements publics, destinés eux aussi à former les citoyens, à leur faire aimer la patrie, à les exercer à la défendre. Le théâtre et les chants populaires indiquent autant que les lois, et quelquefois mieux, sous quel genre de gouvernement vit un pays, s’il est libre, ou s’il est esclave.”
Félicité de Lamennais, « Préface à De la Servitude Volontaire », 1835.