Ma définition de mon moi.
La dĂ©finition d’un individu est l’ensemble de ses traits, de ses hĂ©ritages (culturel, gĂ©nĂ©tique, etc.) et de son expĂ©rience de vie. En ce qui me concerne je suis une outsider: Comment ? Voici un mĂ©lange non exhaustif de qui je suis, attention, tout est balancĂ© et mĂ©langĂ©: J’aime le champagne, mais c’est bien trop cher. J’adore la bière, mais elle est beaucoup trop calorifique. Le vin ? oui, mais blanc ou rosĂ©e. Pas d’alcool fort, je suis une autochtone, cela risquerait de rĂ©veiller en moi de vieux dĂ©mons (Je plaisante). J’aime aussi le chocolat (mĂŞme problème que la bière), porter de jolies robes, avoir des tonnes de paires de chaussures et de sacs. J’aime ĂŞtre une princesse, porter de jolis vĂŞtements, mais en mĂŞme temps, j’adore courir dans la boue, performer sous la pluie. Je ne me plaint jamais lorsque je me fait mal, je dĂ©teste ma bague de mariage, j’aime les autos allemandes, j’adore Ă©couter de la trance Goa ou bien de la psytrance, a l’opposĂ©, je dĂ©teste le rap et ses textes sexiste, j’ai peur en moto, je ne roule presque jamais en VTT, je n’aime pas la betterave, je ne prend jamais de lait, je suis allergiques aux condescendants, etc ... contradiction, quand tu nous tiens !Â
Cela aussi est contradictoire : mon père est un autochtone de la nation mohawk, il a fui la rĂ©serve car il considĂ©rait qu’il valait mieux que cela, que d’être parquĂ© dans une rĂ©serve comme un animal avec une Ă©tiquette sur la face. Il a rencontrĂ© une jolie juive, ma mère, une vraie anglophone de MontrĂ©al; Pas vraiment juive car mon grand-père est un cosaque d’Ukraine, c’est ma grand-mère qui Ă©tait juive, une juive de CrimĂ©e, une longue histoire pour tout dĂ©mĂŞler n’est-ce pas ? J’ai la couleur de peau de mon père, les yeux de mon grand-père, les lèvres et les cheveux de ma mère, je suis une mĂ©tisse, nĂ©e entre trois continents. Au moment de leur rencontre les deux ne connaissaient pas un mot de français Ă ce moment-lĂ . Speak english miss ? Yes Ken. Par la suite, grâce a mon père qui voulait apprendre la langue de LĂ©vesque, ma mère finira aussi par la maĂ®triser, mais elle garde toujours un aussi fort accent anglais (je t’aime).Â
Je suis la petite dernière de quatre enfants, la plus jolie aussi (je plaisante encore), l’enfant de l’amour comme ils aiment a le rĂ©pĂ©ter, car ils m’ont eu sur le tard. Ils nous ont appris Ă vivre libre et Ă respecter nos valeurs. Les leurs : Travail, force, volontĂ©, libertĂ©, santĂ©, respect, politesse. Chez nous, il n’y avait pas d’ordi, ni de cell, ni de TV, uniquement des livres, des tonnes de livres, comme si la bibliothèque du coin Ă©tait chez nous. les fin de semaines se passaient en famille: jeux de sociĂ©tĂ©s, rami, poker (et oui), lecture a voie haute en français et en anglais, dĂ©bats politique. Avec eux, j’ai appris que chaque idĂ©e est bonne a entendre, que la censure est la rĂ©ponse des faibles et des idiots qui ne savent rien a l’éloquence et a l’élocution. Je passais des nuits entières a observer le ciel et a rĂŞver au prince charmant.Â
Pas d’ennuis chez nous donc, et pas seulement a cause des livres et des jeux, il y avait des masses d’activités sportive autour de notre éducation, entre un père marathonien et un oncle ex-militaire, pas de soucis de santé ! Beaucoup de voyages aussi: France, Italie, Japon, Maroc, Turquie, Inde ... pas de tout inclus a Cuba avec mes parents, que du tourisme sur place, une carte, des auberges de jeunesses, bref, voir l’identité des femmes et des hommes de tout ces lieux. Quelles découvertes !
Mais surtout ils nous ont donnĂ© le gout des Ă©tudes, nous avons tous Ă©tĂ©s a l’universitĂ©s, tous diplĂ´mĂ©s de second cycle, minimum, mais dans des domaines de leur choix. Je voulais histoire, mes parents ont refusĂ©s. Peu de dĂ©bouchĂ©s disaient-ils. Oh, rien de mĂ©chant, aucune pression, si j’avais voulu faire histoire, ils ne m’auraient tout simplement pas aidĂ©s (logement, frais d’étude, etc). Finalement j’ai optĂ© pour la comptabilitĂ©. Une fiertĂ© pour eux ! Important aussi leur dĂ©sire de nous apprendre le français, nous sommes parfaitement bilingues maintenant. Bon, il m’arrive encore de faire de nombreuses fautes Ă l’écriture, mais je me dĂ©brouille plutĂ´t bien.Â
C’est grâce a eu que je n’ai jamais fait attention au regard des autres, ni garder pour moi une remarque. J’avance dans la vie a vitesse grand V. MariĂ©e a 21 ans après 3 ans de vie commune avec un homme qui pourrais ĂŞtre mon père (j’exagère, il n’est pas si vieux). Jeune maman d’une adorable petite fille. Jeune employĂ© d’un grand cabinet. Sportive accomplie. Moralement je suis lĂ©gèrement Ă l’opposĂ© de mes parents : Je suis politiquement conservatrice, je me suis convertie au christianisme. Je suis autant Ă l’aise en talons haut, qu’avec des bottes de randonnĂ©. Je prends soin de mon physique, jolie cadeau de Dieu, mais il est souvent rempli de griffure et d’ecchymoses Ă cause de mes nombreuses chutes lors de mes runs Ă pied dans les beaux chemins de terre des Laurentides.Â
Ma conversion au christianisme ? Un choix mĂ»rement rĂ©flĂ©chie. Sans doute une recherche d’explication sur qui je suis. Je vais a l’église, mais je suis en total opposition avec sa vison de l’homophobie et de la misogynie. Je suis un esprit libre après tout !Â
Bref, un être a part. Qui je suis ? Au final, une banlieusarde de 26 ans, marié avec un adorable vieux (pardon chéri), maman d’une jolie princesse, conduisant une belle auto allemande, vivant dans un beau bungalow, travaillant 10 heures par jour pour imposer ma marque dans un univers très masculin (j’adore mes collègues et mon boss). Mes racines ? Elles sont multiples: Juive, autochtone, ukrainienne, québécoise, canadienne. Car ce que je retiens, c’est que je suis cela avant tout, une québécoise, fière de sa province, de ses acquis, de sa beauté, de son étendu. Fière canadienne aussi, pas ce genre de canadienne qui ont fantasmée sur M. Trudeau, non. Celle qui aiment simplement vivre et ne pas être prise pour un clown (c’est méchant, désolé). C’est tout cela ma définition. Elle est différente pour chacun d’entre nous. Vive la diversité.