Mazen, mon chĂ©ri, Oui, je t'aime. Je n'ai plus honte de mes sentiments. J'ai l'impression de m'ĂȘtre libĂ©rĂ©e. Je suis devenue une nouvelle personne. Je n'oublierai jamais le moment oĂč ils ont annoncĂ© la dĂ©mission de Moubarak et oĂč je t'ai pris dans mes bras devant tout le monde. J'ai senti ton corps trembler d'Ă©motion et tes larmes couler sur mes joues. Je n'oublierai pas le spectacle de millions de gens criant et chantant de bonheur dans tous les recoins de l'Ăgypte. Je n'oublierai pas les jeunes garçons et filles qui, le lendemain, balayaient les rues et repeignaient les trottoirs . Est-ce que cela est arrivĂ© dans l'histoire que des gens aient fait la rĂ©volution pour faire tomber le dictateur puis, aprĂšs son dĂ©part, aient nettoyĂ© les rues ?
Alaa El Aswany, J'ai couru vers le Nil, trad. Gilles Gauthier)















