Nuit du 21 au 22 octobre, 23h47. On entendit un cri dans lâimmense manoir de la duchesse de la Bricherie. Tout le monde sursauta, on attendit quelques minutes puis le calme revint.
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Monsieur LefĂšvre faisait les cent pas dans son bureau, il ne faisait que rĂ©pĂ©ter depuis lâaube :
« Mais câest pas possible, câest pas possible ! » Et pour cause ! On venait de lâappeler car la duchesse de la Bricherie avait Ă©tĂ© retrouvĂ©e morte dans ses appartements. Comment avait-on su ? Eh bien trĂšs simplement : son serviteur Ă©tait allĂ© dans les appartements de cette derniĂšre car il Ă©tait plus de 10 heures, et que dâhabitude, Ă cette heure-lĂ , elle Ă©tait levĂ©e.
Ferdinand (câest le nom du dĂ©tective) avait Ă©videmment pensĂ© Ă quelques suspects : Louis Rure, prĂ©sentement militaire, mais qui avait de sĂ©rieux problĂšmes dâargent. On le suspectait car il aurait pu tuer la Duchesse pour rĂ©gler ses dettes. Il y avait aussi Zang Ling, un chĂŽmeur un peu parano, trĂšs maigre. On voulait lâinterroger car, un jour, alors quâil traĂźnait devant lâentrĂ©e du manoir, en ayant lâair de comploter quelque chose, la duchesse lui avait fait une remarque â et comme il prenait toujours tout trĂšs mal â, il aurait pu vouloir se venger.
En dernier, il y avait Laura Bortolai, une coiffeuse Ă domicile qui venait rĂ©guliĂšrement chez la duchesse. On se demandait si ce nâĂ©tait pas elle car elle avait souvent participĂ© Ă des trafics de drogue et le gang auquel on la soupçonnait dâappartenir avait dĂ©jĂ commis plusieurs tentatives dâassassinat de personnalitĂ©s.
AprĂšs quelques heures de rĂ©flexion, Ferdinand dĂ©cida de se rendre sur le lieu du crime. Il fut surpris par le corps qui Ă©tait allongĂ© au sol avec une Ă©norme lampe chinoise sur la nuque. La victime avait les yeux fermĂ©s, le cou dans un angle anormal, un pied sur lâestrade sur laquelle reposait son lit et un pied contre la marche dâaccĂšs pour monter se coucher.
M. LefĂšvre regarda dâabord si on pouvait voir des empreintes digitales ou autre. Il repĂ©ra des traces de doigts sur la lampe posĂ©e sur le cou de la duchesse, il les releva puis continua Ă enquĂȘter. Il Ă©tait plus de 22 heures quand Ferdinand dĂ©cida de rentrer chez lui avec rien dâautre que les empreintes digitales.
Le lendemain matin, il trouva que les traces de doigts correspondaient aux empreintes de Laura Bortolai. Il partit lâinterroger.
« Bonjour Madame. Je viens enquĂȘter sur le meurtre de Sophia de la Bricherie.
- Dâaccord, mais je vous prĂ©viens, je nâai absolument rien Ă voir avec ça, monsieur LefĂšvre, dit-elle, complĂštement affolĂ©e.
- Pourtant ces empreintes vous correspondent.
- Maiscestpasmoi ! éructa-t-elle trÚs vite.
- Du calme madame, je ne vous accuse pas mais je vous soupçonne, câest diffĂ©rent, expliqua le dĂ©tective.
- Et pourquoi me soupçonnez-vous ?
- Je vous lâai dĂ©jĂ dit, que faisiez-vous mardi soir vers 23h 50 ?
- Euh⊠je je je dormais câest câest Ă©vident, dit-elle en bĂ©gayant de peur.
- Bon, nous verrons plus tard si vous nâavez vraiment rien Ă voir avec cette histoire. Je vous contacterai. Au revoir ! »
Ferdinand avait stoppĂ© lâentretien ici car il voyait trĂšs bien que Laura Ă©tait trĂšs stressĂ©e et quâil nâobtiendrait rien de plus aujourdâhui.
Madame Bortolai resta perplexe, soulagĂ©e mais en mĂȘme temps trĂšs inquiĂšte. Pendant ce temps, M. LefĂšvre partit vers sont suspect n°2 : Louis Rure.
- Bonjour, vous ĂȘtes qui ?
M. LefĂšvre vira au cramoisi :
- MAIS CâEST ĂVIDENT !!! JE SUIS FERDINAND LEFEVRE !! DĂTECTIVE LE PLUS CONNU DU PAYS !!!!! vocifĂ©ra ce dernier.
- Connais pas, répondit Louis.
- Donc je recommence, je viens enquĂȘter sur le crime de Sophia.
- Heu, pardon, Madame de la Bricherie, recommença Ferdinand, confus.
- Dâaccord, rĂ©pondit M. Rure. Posez-moi les questions sur lesquelles vous voulez me questionner.
- Bien commençons, que faisiez-vous mardi soir, vers 23h 50 ?
- JâĂ©tais au restaurant, avec mes amis, en train de me restaurer.
- TrĂšs bien, je note. Enviez-vous madame de la Bricherie ?
- Vous vous transformez en psychologue de psychologie ?
- Répondez à ma question.
- Heu...Non, pas plus que ça, enfin... un peu pour son argent, mais pas plus que ça, non.
- Aviez-vous des liens particuliers avec cette personne ?
- A moitiĂ©, hum, en fait si, elle me donnait rĂ©guliĂšrement de lâargent pour mâaider financiĂšrement, mais en ce moment elle oubliait systĂ©matiquement nos rendez-vous, câest assez Ă©nervant.
- Dâaccord, je vais Ă©tudier votre cas, je repasserai vous voir quand jâaurai pris ma dĂ©cision.
- Au revoir peut-ĂȘtre, nan ? Dâaccord, nan. », soupira Louis Rure.
Et Ferdinand repartit en sifflotant vers son troisiĂšme suspect, Zang Ling.
« Bonjour Monsieur LefÚvre.
- Bonjour Monsieur Ling. »
Ferdinand fut choquĂ© par la maigreur du suspect, il avait rĂ©ellement la peau sur les os, son regard lui aussi sâapparentait Ă son corps, Ă©teint, froid.
« Bien, puis-je vous poser quelques questions surâŠ
- Le meurtre de madame de la Bricherie, je sais, et oui vous pouvez mâinterroger.
- Dâaccord, que faisiez-vous mardi soir, vers 23h 50 ?
- JâĂ©tais chez moi, je regardais un film.
- Bien, comment expliquez-vous votre activité inhabituelle prÚs du manoir de madame de la Bricherie durant la semaine qui a précédé le meurtre ?
- Mon activité inhabituelle ?
- Oui, votre activité inhabituelle.
- Je nâai absolument rien Ă voir avec cette histoire, monsieur.
- Et ces images suffiront-elles Ă vous faire avouer votre terrible crime ?
Ferdinand montra les images de vidĂ©osurveillance de la demeure, on y voyait un homme maigre habillĂ© de noir â tout comme Zang Ling- roder vers lâentrĂ©e du manoir, puis, essayer de sâintroduire dans la propriĂ©tĂ©.
- Non, répondit-il froidement et calmement au détective.
- Bien, si vous continuez à vous montrer aussi peu coopératif, je peux toujours vous emmener au poste.
- Non, répliqua le suspect.
- Si, insista monsieur LefĂšvre.
- Non, je refuse cet honneur.
- Je dĂ©teste quâon se moque de moi ! »
Zang Ling ricana, puis, sauta par la fenĂȘtre qui Ă©tait Ă lâopposĂ© de la porte dâentrĂ©e de la maison.