Petites boĂźtes, la dĂ©pendance Ă Â lâobjet
TrĂšs chers lecteurs,
je suis ravie de vous retrouver et suis impatiente de vous prĂ©senter le sujet du jour intitulĂ©  » petites boĂźtes « . Aujourdâhui, nous allons aborder les concepts du choix, de lâobjet et de lâoubli.
Chers amis, vous avez trĂšs certainement une boĂźte dans laquelle vous prĂ©servez des effets personnels tels que des cadeaux, colifichets, porte-bonheur, photos, ou autres⊠Nâest-ce pas ?
Une boĂźte peut ĂȘtre soit vide, soit pleine.
Je suis Ă peu prĂšs certaine que la votre renferme des trĂ©sors ; vestiges de la personne que vous avez Ă©tĂ©, que vous ĂȘtes et qui vous souhaiteriez ĂȘtre. Partant de ce principe, nous pouvons alors sâinterroger sur la place que nous attribuons Ă lâobjet et pourquoi est-il si difficile de sâen sĂ©parer?
Mes amis, dĂ©tendez-vous, aucun jugement ne sera portĂ© mais soyons honnĂȘtes⊠vous et moi sommes tous (un peu) matĂ©rialistes. La question que je vous pose est « on jette ou on garde  » ce quâil sây trouve ?
â Ăa dĂ©pend ! me rĂ©pondrez-vous ?
Alors, que gardez-vous et pourquoi ?
Au fils de nos expĂ©riences on accumule toutes sortes dâobjets, mais au fond que reprĂ©sentent tâils ? Est-ce Ă la hauteur de lâinvestissement dâune relation passĂ©e (filiale, amicale, sentimentale, professionnelle) ? Est-ce que je mây rattache car il me rappelle inconsciemment la façon dont jâai Ă©tĂ© aimĂ©(e), Ă©coutĂ©(e) et tĂ©moin de lâattention que lâon me portait jadis ?
Attendez-vous une réponse de ma part ? La seule que je puis vous donner est que vous avez déjà la réponse en vous.
ĂlĂ©ments dĂ©clencheurs & dĂ©cisions âŠ
Pour ma part, le premier dĂ©clencheur a Ă©tĂ© mon dĂ©mĂ©nagement suite Ă une sĂ©paration. Cette derniĂšre a Ă©tĂ© une vraie dĂ©livrance, je lâintitule « mon plan de sauvetage ».
Jâai toute quittĂ© pour mâinstaller Ă lâautre bout du territoire sans en connaĂźtre quoi que ce soit. Jây ai donc amenĂ© toutes les affaires dâune vie (y compris tout ce qui se trouve chez mes aĂŻeux). Avant de sauter le pas, je bĂ©nĂ©ficiais dâun trĂšs bref dĂ©lais pour rĂ©pondre Ă ces 2 problĂ©matiques : les finances & la logistique (espace de stockage).
Je me suis rĂ©solue Ă mettre en vente une partie de mes affaires et contrainte de laisser lâautre partie Ă Chiabrena* (qui nâest autre que mon ex). Faire le tris dans lâurgence est un moment redoutĂ© et il nâest possible de garder uniquement ce dont nous avons besoin ET de ce que lâon aime rĂ©ellement.
Etats des lieux méthodiques
Il est nĂ©cessaire de faire divers Ă©tats des lieus. Le premier Ă©tant « physiques » : quels objets je possĂšde et combien (quantitĂ©) ? Le second se veut « mental » : pourquoi jâai ces objets (raison) ? et le dernier est « émotionnel » : quels sont les personnes et les souvenirs rattachĂ©s Ă ces objets (sentiment) ?
De ça en dĂ©coule une interrogation supplĂ©mentaire : Sur quels critĂšres se base-t âon pour attribuer de la valeur ?  Arbitraire, non ?
Durant cette pĂ©riode de tris prĂ©-dĂ©mĂ©nagement / post-emmĂ©nagement, je sentais une incommensurable pression, comme si le « poids » de ma vie Ă©tait lĂ dans ces cartons. Je flirtais avec ambivalence entre la nostalgie dâun passĂ© douloureux et le soulagement dâaller de lâavant. On accumule des objets au cours de son existence, les piĂšces rĂ©trĂ©cissent, et on finit par se dire que câest plus possible.
Pourquoi âtrierâ nous fait autant suer ?
On repousse cette Ă©tape parce quâau fond nous savons que ça va ĂȘtre une contrainte (temporelle, physique et mĂȘme nettoyer les vitres devient une activitĂ© bien plus distrayante).
A-t âon rĂ©ellement le courage de se faire face ?
Les objets sont notre reflet dans le miroir, ainsi que les stigmates de ce qui nâest plus. Sâils ne sont pas dans une boĂźte, ils sont exposĂ©s aux yeux de tousâŠ
Prenez ce « truc », ça traine lĂ . En vrai, on ne peut plus se le voirâŠ
Reprenons,Â
un objet est un symbole, souvent liĂ© Ă une personne (ou un lieu) et nous ramĂšne Ă elle. Il devient la preuve de ce quâon a vĂ©cu, par consĂ©quent dĂ©tient une valeur sentimentale. TĂ©moin dâune de nos histoires, de notre bonheur insouciant. Se sĂ©parer de lâun dâentre eux peut se rĂ©vĂ©ler dâune violence inouĂŻe. Cela conclu Ă une rupture avec son âancien soiâ, de son ancienne vie.
Au printemps dernier, Dame K. mâinterrogeait sur le sens symbolique de se dĂ©barrasser de mes cailloux*. Elle fait rĂ©fĂ©rence plus prĂ©cisĂ©ment à « mon sac Ă dos remplis de cailloux », soit aux Ă©vĂ©nements douloureux et autres traumatismes vĂ©cus que je porte sur les Ă©paules. Faire un travail sur soi permet dâun un premier temps de retirer une pierre et de la garder dans la main, et dans un second temps de dĂ©poser cette pierre. Lâanalogie est intĂ©ressante, si je dĂ©place la pierre, mon dos (ma conscience) est allĂ©gĂ©(e) mais il mâempĂȘche tant bien que mal Ă me servir de mes mains. On peut choisir de dĂ©poser ce poids pour se dĂ©lester et lĂącher prise, soit on peut faire le choix de bĂątir.
Je pense que tout objet nâest pas âbonâ Ă garder, et ce peu importe la valeur financiĂšre ou sentimentale de ce dernier. Garder peut entretenir un chagrin latent, sâen sĂ©parer reviendrait Ă se dĂ©livrer, Ă reprendre le dessus et transformer les Ă©motions nĂ©gatives en joie.
Ătes-vous tiraillĂ©(e) entre : protĂ©ger les souvenirs qui font partie de vous et faire une croix sur votre passĂ© ?
Que redoute-t-on ? Avons-nous peur que notre trace soit effacĂ©e ? Pourquoi ĂȘtre si triste dâoublier ou dâĂȘtre oubliĂ©(e) ? (Jâaborderai cette thĂ©matique dans une autre chronique). DâoĂč vient ce besoin dâexister au travers de lâobjet ? Secouez-vous ! Cessez dâaccumuler, dĂ©tachez-vous de lâemprise quâa lâobjet sur votre Ă©tat, gardez lâutile et lâagrĂ©able.
Il nây a pas de « oui maisâŠÂ » qui tiennent
Mes chers lecteurs, nây voyez aucune invective contre votre personne, comme je le rappelle, Mon existence relative est un lieu dâĂ©changes bienveillants. Ici, il est question de vous interpeler, de vous questionner sur vos schĂ©mas, dâĂ©veiller votre conscience.
Faire du tris engage de nombreux tumultes, des remises en questions, des dĂ©clics parfois douloureux mais ils sont tous passagers. La sĂ©paration dâun objet nĂ©cessite de faire un choix alors prenez le soin de ne pas vous y attarder, cela pourrait se rĂ©vĂ©ler contre-productif. Le trouble doit ĂȘtre vif et temporaire, retirez le sparadrap dâun coup net et prĂ©cis ! Câest dĂ©jĂ oubliĂ©.
Amicalement vĂŽtre,
Lady B. Van Der Fiak