Je suis fait de multitude d’autres, vivants et morts, présents et revenants, réels et imaginaires, qui continuent à penser et parler à travers moi : réminiscences d’idées et de textes, mémoire de la langue, accueil de souvenirs, lectures qui se perpétuent et se prolongent en chacun de nous. Il y a de la pensée avant moi qui la pense. Ce qu’on prend parfois pour une trouvaille et qui n’est que retrouvailles de la langue, – ce qu’elle sait avant nous, mieux que nous, que nous ne faisons que lui emprunter avant de le lui rendre. De qui, cette phrase ?
Évelyne Grossman, L'Angoisse de penser, 2008.












