"AprĂšs avoir lu â et relu â votre Homme rĂ©voltĂ© jâai cherchĂ© qui et quelle oeuvre de cet ordre â le plus essentiel â avait pouvoir dâapprocher de vous et dâelle en ce temps ? Personne et aucune oeuvre. Câest avec un enthousiasme rĂ©flĂ©chi que je vous dis cela. Ce nâest certes pas dans le carrĂ© blanc dâune lettre que le volume, les lignes et lâextraordinaire profonde surface de votre livre peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©s et proposĂ©s Ă autrui. Dâabord jâai admirĂ© Ă quelle hauteur familiĂšre (qui ne vous met pas hors dâatteinte, et en vous faisant solidaire, vous expose Ă tous les coups) vous vous ĂȘtes placĂ© pour dĂ©vider votre fil de foudre et de bon sens. Quel gĂ©nĂ©reux courage ! quelle puissante et irrĂ©futable intelligence tout au long ! (Ah ! cher Albert, cette lecture mâa rajeuni, rafraĂźchi, raffermi, Ă©tendu. Merci.) Votre livre marque lâentrĂ©e dans le combat, dans le grand combat intĂ©rieur et externe aussi des vrais, des seuls arguments â actions valables pour le bienfait de lâhomme, de sa conservation en risque et en mouvement. Vous nâĂȘtes jamais naĂŻf, vous pesez avec un scrupule. Cette montagne que vous Ă©levez, Ă©difiez tout Ă coup, refuge et arsenal Ă la fois,support et tremplin dâaction et de pensĂ©e, nous serons nombreux, croyez-le, sans possessif exagĂ©rĂ©, Ă en faire notre montagne. Nous ne dirons plus « Il faut bien vivre puisqueâŠÂ » mais « cela vaut la peine de vivre parce queâŠÂ » Vous avez gagnĂ© la bataille principale, celle que les guerriers ne gagnent jamais. Comme câest magnifique de sâenfoncer dans la vĂ©ritĂ©. Je vous embrasse." (René Char)