LâĂ©nergie Ă©lectrique de ton esprit communique distinctement
   Toujours avec ce mĂȘme objectif, nous continuions Ă nous orienter dans cette ville. Bien quâĂ lâordinaire sceptique, je ne trouvais rien Ă redire, jâattendais les rĂ©sultats de cette expĂ©rience et gardait dans mon cĆur, la foi en Tristan. La suite allait lui donner raison. La volontĂ© de Tristan semblait claire, voyager avec des moyens modestes et charitables. « Tout faire pour palier Ă nos besoins en offrant nos services » une de ses volontĂ©s premiĂšres plutĂŽt que de choisir la facilitĂ©. « Restons humble devant ce que lâunivers nous rĂ©serve » me disait-il.
AprĂšs avoir parcouru quelques kilomĂštres dans la ville de Borest, nous trouvĂąmes finalement un lieu trĂšs charmant en zone pĂ©riphĂ©rique. Ce quartier paraissait plus calme. Nous avancions dans ces ruelles en observant tout autour de nous. Puis aprĂšs avoir parcouru plusieurs quartiers, pouvions-nous voir Ă lâapproche dâun ruisseau, ce que nous attendions tant. Elles Ă©taient bien lĂ Ă travailler, une dizaine de femmes, de jeunes lavandiĂšres. Tristan mâavait prĂ©venu : « je te trouve le lieu, Ă toi de faire tes preuves, essaye de les convaincre, je mâoccuperai de te montrer comment les aider. Nous avancions en direction de ces dames. Je mâapprochai et mâadressai Ă elles :
-Bonjour Mesdemoiselles, je mâappelle Pierre, traversant les terres depuis le dĂ©but du mois de mars, je dĂ©couvre aujourdâhui lors de cette Ă©tape votre ville de Borest. Je viens Ă votre rencontre car jâaurais quelques demandes Ă vous formuler et vous faire une proposition.
Une jeune femme lui répondit avec une voix délicieuse :
-Bonjour, nous avons de la visite, quel plaisir ! Je mâappelle Ludivine, que venez-vous faire aussi loin de vos terre, ces quartiers vous intĂ©ressent-ils ?
           Cette derniÚre question faisait rire ces dames.
-Le destin porte ce voyage sur de nouvelles routes chaque jour, et aujourdâhui il sâarrĂȘte « ici ». Je recherche un lieu oĂč dormir cette nuit. Je mâadresse Ă vous car je voudrais ĂȘtre accueilli charitablement. Aussi, suis-je prĂȘt Ă vous accompagner dans votre travail aujourdâhui, en Ă©change de quoi je vous garantis ĂȘtre sage durant ce sĂ©jour. Pensez-vous pouvoir mâaider ? Demandai-je.
Les demoiselles amusĂ©es devant cette proposition, sâimaginaient toutes sortes de situations. Ludivine nous proposa de discuter un peu et ainsi faire connaissance. Tristan avait pris les devants, Ă©tant sĂ»r de lui, il savait faire bonne impression en proposant son hospitalitĂ©. Â
Il me montrait les diffĂ©rentes tĂąches Ă accomplir, afin de nettoyer les draps de la meilleure façon. Ce travail nâĂ©tait, ni le plus noble, ni le plus reposant, mais il avait toutefois une valeur, celui de la puretĂ©, de lâĂ©clat. Tous deux, disposons maintenant de charmantes compagnies. Les jeunes femmes portaient de jolis vĂȘtements en dentelle blanche, qui laissaient apparaĂźtre quelques formes gĂ©nĂ©reuses. Nous avions commencĂ© la conversation, et rapidement lâune dâelle voulu aborder le sujet le plus intĂ©ressant : notre vie amoureuse.
Alors dites-moi, pourrait-on savoir pourquoi aucune femme ne vous-a accompagnĂ© durant ce pĂ©riple ? Personne dâautre nâest partie avec vous ou alors pensez-vous trouver votre autre moitiĂ© sur cette route ?
-Vous savez, je souhaite finir mes Ă©tudes avant de me marier, lui rĂ©pondis-je, actuellement je nâaurai pas beaucoup de temps Ă lui accorderâŠ
-Comment cela « vous nâavez pas beaucoup de temps Ă accorder Ă votre future » ? Mâinterrompit Ludivine. Est-ce vraiment le cas ?
-Eh bien vous ĂȘtes directes Mesdames ! dit Tristan amusĂ©.
-A vrai dire, je ne lâai pas encore trouvĂ©. Les annĂ©es de guerre ont laissĂ© des traces dans nos villes. Il y a beaucoup moins de mariages aujourdâhui quâĂ lâĂ©poque de celui de mes parents. Je pense connaĂźtre plutĂŽt bien les femmes, si lâon peut dire. Mais le choix de mon autre moitiĂ© est encore incertain, le destin en veut diffĂ©remment en ce moment.
-Accepter son destin veut dire, ĂȘtre patient, dit Tristan. Le mariage nâest pas en soi un objectif de vie. Il viendra au moment oĂč nous nous trouverons, et se sera alors magique.
-Et vous ĂȘtes encore cĂ©libataire ? Ne seriez-vous pas alors Ă courir derriĂšre les jupes plutĂŽt que de vous marier ?
-Je ne cours aprĂšs personne, rĂ©torquai-je, cela serait peut-ĂȘtre lâinverse. Et sachez que je suis toutefois un bon amant.
Cette lĂ©gĂšretĂ© avait fait rire les jeunes lavandiĂšres, elles qui avaient rarement la compagnie dâhommes dans leur travail quotidien. En ce jour celles-ci pouvaient profiter de cette rencontre impromptue et discutant avec deux beaux jeunes garçons, tombĂ©s du ciel. Venant de lâautre bout des terres, nous Ă©tions Ă leurs yeux de charmants voyageurs, brillant âiciâ de bonheur, comme le seul rayon de soleil dâune journĂ©e de printemps.
           Nous nâavions pu leur admettre que notre cĂ©libat nous rendait certes plus libres, mais tout aussi mĂ©lancoliques. Ce manque de chaleur humaine, cette affection que nous voulions partager avec une femme attendrait encore un peu. Nous semblions Ă cette Ă©poque, suffisamment dĂ©brouillards pour occuper nos pensĂ©es Ă dâautres amours de la vie. Nous savions que la patience du cĆur nous apporterait fidĂ©litĂ© et harmonie dans notre futur couple. Ainsi nous apprĂ©cions « ici » dâautant plus la compagnie de ces ravissantes femmes, une douce chaleur dans notre regard sâen libĂ©rait.
La journĂ©e sâĂ©tait dĂ©roulĂ©e dans un merveilleux cadre. Avec notre compagnie, une ambiance agrĂ©able sâĂ©tait installĂ©e, divertissant beaucoup la gente fĂ©minine. Leur ayant racontĂ© notre aventure, jâavais abordĂ© ce sujet du retour, en estimant avoir atteint ce premier pas. Jâavais suivi jusquâĂ aujourdâhui un chemin que lâon pourrait qualifier de chanceux, ou plutĂŽt dâheureux, et lâĂ©preuve de la mer marquait maintenant le dĂ©but de la victoire. Nous avions touchĂ© du doigt des choses vraies. Les erreurs de lâun Ă©voquant les solutions de lâautre, nous partagions ensemble cette inspiration, tĂ©moignage de nos personnalitĂ©s complĂ©mentaires.
Une fois de plus, nous allions comprendre ce que le mot « lĂącher prise » pouvait nous apporter : trouver une solution sans mĂȘme sây attendre.
Madressant à ces dames :
-Il est temps maintenant de retrouver Paoris, dis-je. Jâai dĂ©jĂ vu en ce voyage tellement de choses que peu de personnes voient durant leur vie. Et aujourdâhui jâai besoin dâune porte de retour.
-Je le conçois Pierre. Et vous me faites penser à une chose, connaissez-vous le festival du tour des terres ? interrogea Ludivine.
-Oui bien sûr, lui répondis-je, le cirque Goldzonla y présente des spectacles.
-Savez-vous que celui-ci doit passer par Borest durant les premiĂšres Ă©preuves. Des navettes circulent en prĂ©paration de ces Ă©tapes sur ce chemin jusquâĂ Paoris. Je pense quâune personne saura vous trouver une solution pour ce retour.
-Ah oui vraiment, mâĂ©tonnai-je, comment puis-je la rencontrer ?
-Ce soir je peux vous emmener voir mon oncle. Il nous renseignera sur comment finir votre voyage. Je peux aussi vous trouver un lit pour cette nuit.
-Vraiment ! Cela serait vraiment merveilleux !!! Sâexclama Pierre. Ma ville me manque et cette situation sur les routes Ă ne pas savoir oĂč dormir me laisse de drĂŽles dâimpressions. Je sais maintenant y faire face, mais jâai besoin maintenant dâun retour aux sources.
-Comprends-tu Pierre oĂč je voulais en venir ? Prononça Tristan. Nous avons trouvĂ© rĂ©ponse lĂ oĂč nous avons cherchĂ©.
Etait-ce encore le hasard qui nous avait guidĂ©s sur ce chemin ? Nous nâavions ni la rĂ©ponse ni les explications nous permettant dây rĂ©pondre, pourtant nous avions la foi. Le pendule avait peut-ĂȘtre jouĂ© son rĂŽle, nous conduire sur le chemin du retour, aboutissant Ă volontĂ© profonde. Nous pouvions simplement nous Ă©panouir aujourdâhui dâavoir parcouru ce chemin initiatique, trouver nos propres solutions, alors que rien ne sembler nous le garantir Ă lâavance.
Lâunivers qui sâoffrait Ă nous agissait en notre sens. Progressivement, nous avions pris conscience de la capacitĂ© de notre esprit Ă surmonter ces Ă©preuves. Â
Tristan remerciait le ciel des cadeaux que lui offrait tous les jours, mĂšre nature. De lĂ lui venait lâĂ©criture, cette inspiration divine, puisĂ©e dans un ocĂ©an dâimagination et de savoir. Cette crĂ©ativitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e par la gratitude et le vide intĂ©rieur. Avec entrainement, il maitrisait maintenant son mental. Ressentir des sentiments par une pensĂ©e lui servait de priĂšre, telle une formulation de ce quâil attendait.
 « La gratitude nous enseigne une ouverture sur les choses, sur le monde, et sur son prochain. Accepter et remercier le monde pour ce quâil nous donne, pour la crĂ©ativitĂ© quâil nous inspire, et les dĂ©couvertes quâil nous offre. Pouvons-nous alors comprendre que durant ce voyage, lâincertitude fut notre allié ? En contrĂŽlant notre mental, ces doutes Ă©taient venus renforcer notre force dâesprit en lui apportant de lâendurance. Plus rĂ©sistant, et plus rĂ©actif nous pouvons ainsi supporter des Ă©preuves plus importantes et mieux apprĂ©hender les Ă©vĂšnements Ă venir. Afin dâarriver Ă ses fins, il faut savoir ĂȘtre patient et dĂ©cidĂ©. »
De tous ces enseignements, Tristan et moi voyons maintenant au loin, la source de la lumiĂšre, lâĂ©clat de lâhorizon.
 Principe de Vibration :
LâĂ©nergie Ă©lectrique de ton esprit communique distinctement
 Tout dans lâunivers vibre en diffĂ©rentes frĂ©quences,
 Garde le cap, garde confiance.
Continue dans ta voie, le regard droit devant
Un fil conducteur porte le courant, mais lâhomme le conduit.
 #21 Les vibrations sensorielles
#23 Le magicien du Tour 1/2