La patience, douce vertu De ceux qui marchent pieds nus Face à l'absurdité De toute méchanceté.
Patience, that gentle virtue Of those who walk barefoot, When faced with the absurdity Of any malice
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Patience, that gentle virtue Of those who walk barefoot, When faced with the absurdity Of any malice

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"Réaliser la perfection humaine exige un grand effort et un exercice constant. Aux maux contraires il faut appliquer des remèdes contraires. Et ce n’est pas seulement sur les gens du siècle, enflammés par les brandons de l’envie, qu’il faut remporter la victoire, mais, comme dit l’Apôtre, "sur les esprits mauvais répandus dans les airs". Il est des gens qui apparemment réussissent dans le monde et sont riches de biens, et qui pourtant, par une obscure malice, ne cessent d’envier et de déchirer autrui autant qu’ils peuvent, et cela en feignant l’honnêteté. Il est écrit dans les Synonymes : "La malice cachée se pare de douces paroles" ; etc. Et tout cela prend naissance dans le cœur de l’homme sous l’inspiration du diable, auteur de la mort."
Dhuoda, Manuel pour mon fils, trad. Bernard de Vregille et Claude Mondésert, IXe siècle.
"D’Apollonius : l’indépendance et la décision sans équivoque et sans recours au dés ; ne se guider sur rien autre, même pour peu de temps, que sur la raison ; rester toujours le même, dans les vives souffrances, la perte d’un enfant, les longues maladies ; avoir vu clairement, sur un vivant modèle, que le même homme peut être très énergique en même temps que doux ; ne pas s’impatienter au cours de ses explications ; avoir vu un homme qui visiblement estimait comme le moindre de ses mérites, l’expérience et l’habileté à transmettre les principes des sciences ; avoir appris comment il faut recevoir de nos amis ce qui passe pour être des services, sans se laisser diminuer par ces bons offices, sans grossièrement les refuser."
Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, trad. Mario Meunier, IIe siècle.
"S’il arrive vraiment que l’homme juste demeure juste mĂŞme Ă l’égard de celui qui lui fait subir un prĂ©judice (et pas seulement froid, mesurĂ©, Ă©tranger, indiffĂ©rent : ĂŞtre juste, c’est toujours une attitude positive), si la noblesse et la clartĂ©, l’objectivitĂ© aussi profonde qu’indulgente du regard juste, du regard qui juge, reste entière mĂŞme sous le choc de l’insulte personnelle, de la raillerie, du soupçon, - eh bien, c’est lĂ un accomplissement magnifique et la plus haute maĂ®trise sur la terre, quelque chose aussi Ă quoi il est plus prudent de ne pas s’attendre, Ă quoi il ne faut en tout cas pas croire trop facilement. Il est bien certain, et cela est vrai mĂŞme des hommes les plus purs, que la moindre dose d’agression, une petite mĂ©chancetĂ©, une insinuation suffisent en gĂ©nĂ©ral pour faire monter la colère Ă la tĂŞte et en chasser l’équitĂ©." Â
Friedrich Nietzsche, La généalogie de la morale, trad. Isabelle Hildenbrand et Jean Gratien, 1887.
"Personne ne le vit jamais dur, ni soupçonneux, ni emporté, de sorte que jamais on ne put dire de lui :"Il en sue !". Mais toutes ses actions étaient distinctement réfléchies, comme à loisir, sans trouble, avec ordre, vigueur et accord dans leur suite. On pourrait lui appliquer ce qu’on rapporte de Socrate, qu’il était aussi capable de se priver que de jouir de ces biens dont la plupart des hommes ne peuvent être privés sans amoindrissement ni en jouir sans s’y abandonner. Être fort et maître de soi, modéré dans les deux cas, sont d’un homme ayant une âme équilibrée et inébranlable, comme il le montra dans la maladie dont il mourut."
Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, trad. Mario Meunier, IIe siècle.

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Il n'y a en effet point de vertu proprement dite, sans victoire sur nous-mêmes, et tout ce qui ne nous coûte rien, ne vaut rien.
Joseph de Maistre - Les soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence
"Quel homme de bien, ce Qu Boyu ! Sous un bon gouvernement, il déployait ses talents, sous un mauvais gouvernement, il les repliait dans son cœur."
Les entretiens de Confucius, trad. Pierre Ryckmans, Ve siècle av. J.-C.
Une beauté nourrie de vertu
"On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments."
— André Gide
Rien n'est plus faux que cet axiome de Gide. La littérature est remplie de chefs-d’œuvre qui exaltent les bons sentiments. Il suffit de rappeler Sophocle et Corneille, Dante et Dickens, Péguy et Soljenitsyne. Ce chantage à l'immoralisme a prodigieusement réussi. Un terrorisme s'est installé qui déniait toute valeur à un art soucieux d'éthique, à une beauté nourrie de vertu.
Les plus sots se sont piégés comme Gide lui-même en croyant faire de la bonne littérature avec de mauvais sentiments. Ils sont tombés dans le travers qu'ils dénonçaient chez les autres : l'édification à rebours après l'édification niaise.