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ŰłÙ Ű±Űź [Trois visages - 3 Faces] (Jafar Panahi - 2018)
The Dark LOVE BOAT 49 /87 par Pierre GĂ©ly-Fort Via Flickr : La VisioconfĂ©rence : youtu.be/dD84vPK-lOE" The Dark LOVE BOAT" The Slideshow : pierregelyfort.com/the-dark-love-boat The voyage that Pierre GĂ©ly-Fort invites us on has more in common with a nightmare than a pleasurable experience. On this bunker-like cruise liner, the passengers resemble convicts trapped in a fake environment, where boredom and satiety are rife. The travelers greedily give themselves over to selfies, blissfully unaware that the surrounding environment resembles a cardboard stage set, an opulent mirror that serves to reflect social success and material happiness. The ship is so immense that it completely occults the entire field of vision. We see nothing of the outside landscape, barely glimpsing a piece of sky or sea. Like Patrick McGoohan in The Prisoner, the prison island that is this ocean liner, is all that the occupants have the leisure of strolling, contemplating and consuming. For these travellers, dreams of any other kind appear not only as forbidden, but also futile. On this ship, where the sheer scale anesthetizes everything off-screen, the passengers seem to renounce their individuality upon embarking, in order to fit into the mould of a privileged class. The only condition is to be happy! Beyond their apparent innocuousness, Pierre GĂ©ly-Fortâs photographs offer an uncompromising look at a world where everything contributes to reducing human beings to the rank of naĂŻve, servile consumers. At the opposite extreme of a photo-journalistic report, and as if endowed with a scalpel, Pierre painstakingly dissects his very personal vision of an incandescent pallor. Abandoning the colour that characterized his earlier poetic journeys to distant lands, here, he has opted for a radical black and white that is highly contrasted, almost clinical. The aim here is not to magnify or humanize the story, but instead to demystify this cruise experience, enjoyable for some, undoubtedly, but evocative of fish trapped in a bowl. Paulo Jorge Lobo Journalist & Photographer
ŰłÙ Ű±Űź [Trois visages - 3 Faces] (Jafar Panahi - 2018)
«TROIS VISAGES», LE GOĂT DE LA SURPRISE
MalgrĂ© son interdiction de tourner, lâIranien Jafar Panahi signe son quatriĂšme film en huit ans. Aux cĂŽtĂ©s de lâactrice Behnaz Jafari, il joue son propre rĂŽle dans un beau road-trip truffĂ© de plans en hommage Ă Abbas Kiarostami, son mentor disparu.
RĂ©compensĂ© Ă Cannes par un prix du scĂ©nario quâil a reçu Ă lâaĂ©roport de TĂ©hĂ©ran des mains de sa monteuse, Mastaneh Mohajer, restant sous le coup dâune interdiction de quitter le territoire, le cinĂ©aste iranien Jafar Panahi pourrait aussi prĂ©tendre au titre de rĂ©alisateur entravĂ© le plus prolixe au monde.

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TROIS VISAGES - Je suis sortie avant la fin de ces Trois Visages, parmi lesquels dominait trĂšs nettement celui du rĂ©alisateur dĂ©jĂ trĂšs narcissique de Taxi TĂ©hĂ©ran.Â
Lâhistoire trĂšs surfaite du chauffeur sortie en 2015 mâavait dĂ©jĂ laissĂ©e perplexe, et lâovation de la presse mâĂ©tait apparue comme trĂšs politiquement correcte relativement Ă la virtuositĂ© de ce faux-pseudocumenteur. Les Trois Visages vont essentiellement dans la direction dĂ©jĂ prise par ce chauffard qui a dĂ©laissĂ© son Taxi et la ville pour balader son 4X4 dans les paysages montagneux des villages iraniens.Â
Lâintroduction est trĂšs « speed » avec une vidĂ©o cri dâappel dâune jeune villageoise, Marziyeh, qui veut devenir comĂ©dienne mais qui bien que classĂ©e Ă un concours Ă TĂ©hĂ©ran (on se demande dâailleurs comment elle a pu y accĂ©der) est sĂ©questrĂ©e par sa famille qui souhaite Ă tout prix Ă lâempĂȘcher de devenir une saltimbanque.
Elle envoie une vidĂ©o angoissante Ă une comĂ©dienne iranienne fort connue â Behnaz Jafari â qui arrive Ă convaincre Jafar Panahi dâaller la sauver dans un petit village perdu au fin fond des montagnes. Le dĂ©but du film partâ câest le cas de le dire â sur les chapeaux de roue ⊠Mais on sâenlise rapidement dans des plans trĂšs longs qui insistent Ă mettre enn scĂšne le dĂ©calage culturel qui existe entre le star-systĂšme de TĂ©hĂ©ran et la campagne profonde théùtre dâun beau paradoxe. En effet, malgrĂ© sa profession Behnaz Jafari est reconnue par toutes et tous et adulĂ©e...Â
Ăa crie, ça braille comme dâhabitude, dans des lieux sauvages oĂč la modernitĂ© ultra-capitaliste nâa soit disant pas encore frappĂ©. Il faut se confronter Ă lâomerta locale et aux populations rĂ©trogrades qui vivent dans paysages escarpĂ©s oĂč il faut parler tantĂŽt le Turc tantĂŽt le Persan pour tenter de se faire comprendre. Bref, tout est nâimporte quoi, pourvu que le film fasse âgenre exotiqueâ.
Certes on comprendra que ce scĂ©nario vise Ă ĂȘtre une critique, il cherche Ă poser un regard averti sur la culture de ce grand pays avant la rĂ©volution. Il sâagit dâĂ©laborer une ultime remise en question de ce pan de la sociĂ©tĂ© iranienne structurĂ©e par des lois encore trop sectaires sur lâĂ©ducation, le mariage etc⊠Quel Scoop!Â
En dĂ©finitive ce road-movie sâĂ©tire en longueur pour aboutir Ă pas grand-chose, mĂȘme relativement Ă son propos dĂ©jĂ usĂ©. Il justifie tout le pĂ©riple du rĂ©alisateur auto-satisfait qui se filme en gros plan, par des chapitres vaguement intĂ©ressants mais hors-sujet (lâhistoire du taureau Ă©talon mourant ; lâimportance aprĂšs la circoncision de faire enterrer le prĂ©puce par un « parrain » dans un endroit qui dĂ©terminera le futur du jeune impĂ©trant âŠ).Â
NOTE 7/20 - Un film pseudo rĂ©aliste, ennuyant, peu construit, et au final cousu de fil blanc, qui nâapporte vraiment pas grand-chose de neuf. Â
Le prix du meilleur scĂ©nario Ă Cannes sâavĂšre ĂȘtre le prix de la complaisance et du politiquement correct, puisque Jafar Panahi est toujours assignĂ© Ă rĂ©sidence dans son pays.
Les Trois visages, ce sont ceux de trois femmes. Trois gĂ©nĂ©rations de femme. La premiĂšre que lâon dĂ©couvre, la plus jeune, sorte dâallĂ©gorie dâun certain avenir, vit dans les montagnes du nord de lâIran. FilmĂ©e avec son propre smartphone, elle raconte son dĂ©sarroi: reçue au conservatoire de TĂ©hĂ©ran mais dĂ©jĂ fiancĂ©e, elle est confrontĂ©e au refus de ses deux familles de la laisser vivre son rĂȘve de devenir comĂ©dienne. La seule issue pour elle semble ĂȘtre la mort. Une corde au bout dâune branche lâattend et Ă la fin de la vidĂ©o elle se pend. Ainsi dĂ©bute le film de Jafar Panahi (on pense au film Happy end de Michael Haneke qui dĂ©butait aussi avec des scĂšnes prises au smartphone par une jeune fille). Un choc. La cĂ©lĂšbre actrice de sĂ©rie - Behnaz Jafari dans son propre rĂŽle - Ă qui est adressĂ©e la vidĂ©o et qui constitue le deuxiĂšme visage du film (celui finalement du prĂ©sent) ne sâen est pas remis. Dâautant que dans la vidĂ©o, la jeune fille lâaccuse de ne pas lâavoir aidĂ©e, de ne pas avoir rĂ©pondu Ă ses appels. Lâactrice sâen remet Ă son ami, le rĂ©alisateur Jafar Panahi - qui sâauto met en scĂšne - cherchant tous deux des failles dans cette vidĂ©o qui pourrait ĂȘtre un canular sans hĂ©las en trouver. DĂ©marre alors un road movie comme en rĂ©alise Panahi, condamnĂ© Ă filmer en catimini, prisonnier de sa voiture et de son pays dont il nâa pas le droit de sortir. Le film vaut dĂ©jĂ pour cette premiĂšre prouesse technique sous fond de contrainte dont Panahi se sort toujours trĂšs bien. Le film nâest pas exempt de quelques longueurs mais il en ressort Ă la fois un portrait tĂ©moignage de ce pays et un beau plaidoyer fĂ©ministe, qui on le comprend a dĂ» toucher lâengagĂ©e Cate Blanchett, prĂ©sidente cette annĂ©e du jury du festival de Cannes et qui lui a octroyĂ© ex aequo le prix du scĂ©nario. Ce nâest sans doute pas le scĂ©nario le plus bluffant que lâon ait pu voir mais il arrive Ă dire beaucoup avec finalement peu. Le troisiĂšme visage ne sera pas montrĂ©, câest celui du passĂ©, dâune actrice dĂ©chue qui connut la gloire du temps du Shah mais qui est mise Ă prĂ©sent au ban de la sociĂ©tĂ©, Ă lâĂ©cart du village, traitĂ©e de saltimbanque. La camĂ©ra de Panahi filme tout cela. On comprend sans doute quâil ne se sent pas en accord avec ces paysans rĂ©acs mais il ne les traite Ă aucun moment avec condescendance. Il reste simple, humble et respectueux tout en gardant un certain sens de lâhumour. Â
TROIS VISAGES