¿Acaso no sentís celos viendo al pueblo sencillo,
un mediodía estival, sentado bajo parras
de un ventorrillo alegre cerrado entre trigales?
Yo, ante tales amantes que andan en cuchicheos,
sin que lo estorbe el padre —con los cinco sentidos
en el conejo asado que brinda el figonero—,
ante tal compañía que a mantel come, alegre,
y los que al chito juegan sin más que la camisa,
—corazones contentos que el domingo se beben—
lamento cada día vestir de paño negro.
Ustedes se reirán. Mas siempre me conmueven
los pares de guripas que se meten al campo,
mano a mano comiendo los panes, a pellizcos,
que han comprado en el soto de un buchinche cercano.
Al gobernador veo presidiendo la mesa,
al palurdo que saca la mala papeleta,
la cinta en el sombrero, sobre el hombro el petate,
y los adioses cándidos junto al sauzal de noche
de quien jura y promete no olvidarlo jamás
secándose las lágrimas con pico del mandil.
N’êtes-vous pas jaloux en voyant attablés
Dans un gai cabaret entre deux champs de blé,
Les soirs d’été, des gens du peuple sous la treille ?
Moi, devant ces amants se parlant à l’oreille
Et que ne gêne pas le père, tout entier
A l’offre d’un lapin que fait le gargotier,
Devant tous ces dîneurs, gais de la nappe mise,
Ces joueurs de bouchon en manche de chemise,
Cœurs satisfaits pour qui les dimanches sont courts,
J’ai regret de porter du drap noir tous les jours.
Vous en rirez. Mais j’ai toujours trouvé touchants
Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs,
Côte à côte, épluchant l’écorce de baguettes
Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes.
Je vois le sous-préfet présidant le bureau,
Le paysan qui tire un mauvais numéro,
Les rubans au chapeau, le sac sur les épaules,
Et les adieux naïfs, le soir, auprès des saules,
A celle qui promet de ne pas oublier
En s’essuyant les yeux avec son tablier.