Je sens un nouvel équilibre entre mon pays d'origine et celui où je vis. Je l'ai senti ce matin dans mon envie de prendre contact avec la famille, avec des amis que je n'avais pas entendu depuis longtemps. Pas par obligation, comme avant, sans aucun poids, juste une envie, libre.
J'ai compris dans cet élan que j'atteins un point d'équilibre entre mes deux pays, entre mes deux identités.
Il y a six mois, quand j'ai commencé à écrire ici, j'étais au plus bas, prise dans les affres d'une relation où je m'épuisais, attendant vainement une retour de ce que je donnais; prise dans des conflits internes de cette vie d'expat dont je ne soupçonnais pas l'existence en moi; prise dans les angoisses professionnelles et financières de la vie d'entrepreneure où tout se joue parfois à un fil; prise par le réveil d'un trauma jamais affronté en 20 ans.
En six mois, seulement six mois, ma vie a pris un autre tournant. Il y a eu un grand nombre de chantiers ouverts en même temps, de luttes. Una gran fatica. D'abord sortir de cette relation exténuante, des voyages permanents, des mensonges et des espoirs déçus. Avancer sur la résolution et l'intégration de ce vieux trauma, longuement évité, grâce à un thérapeute comme je n'en ai pas rencontré auparavant. Mais aussi grâce à cette rencontre.
Ensuite mais aussi en même temps, construire, brique après brique, ma vie sociale ici. Rencontrer les premières personnes, les bonnes, puis d'autres; celles qui apprécient qui je suis et y donnent de la valeur.
Après quelques premières séances de thérapie, cela s'est fait étonnamment rapidement et sans heurt, tout comme la sortie de relation au final, quasiment sans douleur, sans effort. Tout glisse, tout passe.
Stabiliser ma vie ici m'a apporté la paix vis-à -vis de ma vie et mes relations belges. Tout a repris sa juste place, moi avant toute chose.
La partie professionnelle s'est faite d'elle-même. Mon travail, c'est moi. Ma création, ma façon de faire, mes aptitudes, ma passion, ce que j'apporte au monde. Bien que je trouve le concept cliché et souvent dévoyé, je crois qu'on ne pourrait pas trouver meilleur exemple d'ikigai.
Une fois retrouvée qui je suis, nourrie de moi-même, le travail a fonctionné de nouveau, presque seul, avec les rentrées d'argent suffisantes pour retrouver la sérénité.
Six mois. Six mois pour un équilibre. Un équilibre que je sens solide.
Je m'amuse des Italiens qui appellent malessere les exs de relations toxiques.
Pour moi, bien plus que sortir de relation, sortir du mal-être a été trouver la thérapie adéquate. C'est de là que tout est parti. De quelques mots tout d'abord, qui m'ont sauvée d'une immense détresse, puis du travail profond que rien, ni analyse, ni thérapie, ni énergétique, n'était allé toucher avec une telle profondeur. Un toucher qui soigne, un toucher qui guérit.