Run In Marseille, 20 mars 2016
Départ 08h
Marseille !
42.195 km Frais et couvert
Il fallait bien en faire un un jour. 42.195 km de course Ă pied. Et j'insiste sur les 195 m ! J'insistais avant de les avoir fait. Et j'insiste encore plus maintenant que je sais.
Le marathon c'est un peu l'Ă©preuve reine de la course Ă pied d'endurance. Bien sĂ»r, pour les sprinteurs, c'est plutĂŽt le 100m. Mais lĂ , c'est pas la mĂȘme.
Quand je me suis dĂ©cidĂ© Ă faire ce marathon, j'Ă©tais pas forcĂ©ment prĂȘt. Mais je savais que si j'attendais d'ĂȘtre prĂȘt pour m'inscrire ... Je sais que depuis 2 ans, 2 ans et demi, quand on me demandait si je comptais faire un marathon un jour, je rĂ©pondais (un truc comme ça)
Oui, c'est un objectif. Mais je sais pas encore quand ça sera. Peut-ĂȘtre 2016, ou 2017. Mais en 2017 max je pense
C'est vrai que j'avais pas vraiment de date en tĂȘte. Je privilĂ©giais les semi et les 10 km Ă l'Ă©poque. Et je commençais Ă faire de bons temps sur ces distances. DĂ©but 2015, j'ai commencĂ© Ă y penser sĂ©rieusement. J'en discutais de plus en plus avec des coureurs et des amis. Et j'avais envie de connaitre ça. Connaitre une Ă©preuve dâendurance rĂ©elle. Une Ă©preuve qui est Ă©prouvante physiquement mais surtout psychologiquement. Il en faut dans sa tĂȘte pour tenir une course pendant 4h ou plus. Alors que je prĂ©parais mon semi de Run In Marseille 2015, je me suis dĂ©cidĂ©. L'annĂ©e suivante, ça serait le Marathon. Faut dire que le dĂ©part des Goudes et la balade le long de la Corniche, parcourir les rues de Marseille Ă©taient quand mĂȘme trĂšs tentants pour un marseillais comme moi.
A partir de lĂ , j'ai beaucoup attendu l'ouverture des inscriptions pour Run In Marseille 2016. Comme preuve quelques tweets.
J'ai donc la date de mon premier marathon ! https://t.co/B7HufcQG8I
â Renaud (@FadaDelOM) 15 juillet 2015
BIEN SĂR QUE JE SAIS QUOI FAIRE ! Mon premier marathon https://t.co/B7HufcQG8I
â Renaud (@FadaDelOM) 14 septembre 2015
Inscrit pour mon premier marathon ! https://t.co/smC7yELkJp
â Renaud (@FadaDelOM) 29 septembre 2015
AprÚs l'inscription, il a fallu s'entrainer. Fin 2015, j'ai fais mon challenge 7/6, qui m'a bien épuisé physiquement. Mais mentalement, j'étais chaud bouillant. J'avais envie d'enchainer et j'ai continué sur ma lancée pour me préparer pour le marathon. Et comme préparation, 40 sorties et courses en 4 mois et demi, c'est plutÎt du lourd. Malheureusement, à cause de l'emploi du temps et de la fatigue cumulé de l'année 2015, j'ai pas réussi à faire le programme que j'avais prévu. Attention, rien de trÚs précis. Mais l'idée était de faire 2 sorties en semaines de 10/12 km et une de 20+ le weekend. Je n'ai pu faire que deux sorties fin décembre et le 1er janvier de respectivement 22 et 27 km. Si pour la premiÚre ça s'est bien passé, hormis le chrono pas satisfaisant. Le 27, qui était ma plus grosse distance à l'époque m'a tué complÚtement. J'étais fracassis pendant et aprÚs cet entrainement.
En plus de mon entrainement personnel, je m'occupais de celui de ma boite. Via l'asso sportive, on avait prĂ©vu de participer aux 10 km de Run In Marseille. Je me suis proposĂ© pour organiser les sessions d'entrainements. Elles n'ont pas eu le succĂšs que j'aurais voulu. Mais c'Ă©tait quand mĂȘme agrĂ©able de se retrouver Ă 3 ou 4 pour des sorties de 40/50 minutes. Ăa m'a permis de rencontrer et dĂ©couvrir de nouvelles personnes de la boite.
Par contre, avec le recul, pour ma prépa perso c'était vraiment pas le top. On courait trop doucement et pas assez longtemps. Mais c'était tellement un plaisir de partager cette passion pour la course que je m'en foutais complet.
Je me suis occupĂ© aussi des inscriptions de tout le monde. Et ça, c'Ă©tait vraiment compliquĂ©. DĂ©jĂ , c'Ă©tait pendant mes horaires de boulot, mais ça faisait pas partie de mon boulot. Je devais donc faire les deux. Alors certes, ça prend quelques minutes par-ci, par-lĂ . Mais pour inscrire une vingtaine de personnes, rĂ©cupĂ©rer les certificats, piĂšces dâidentitĂ©s et chĂšques c'Ă©tait un peu la misĂšre. Heureusement, j'Ă©tais pas tout seul. Sinon, ça aurait Ă©tĂ© compliquĂ©.
Le jour de la course approchait. J'étais de plus en plus impatient. C'était pas facile de pas aller courir pour se préserver. Mais il le fallait. Je commençais à avoir un peu la pression.
Est-ce que j'allais le finir ?
Est-ce que ça va pas ĂȘtre trop dur ?
Est-ce que je vais kiffer cette course ?
Est-ce que j'allais y arriver sans trop galérer ?
Est-ce que j'allais réussir à faire 3h30 comme prévu ?
Ou au moins, moins de 4h hein ?
Est-ce que j'allais marcher ?
Au moins une question a trouvé une réponse grùce au mental.
-- Est-ce que j'allais le finir ? -- Bien sûr que j'allais finir !!
Je savais que j'allais souffrir mentalement mais heureusement ma coach mentale était là pour m'aider.
La veille, je me suis occupé de récupérer tous les dossards des collÚgues. C'est moi qui avait gérer l'organisation, je comptais la faire jusqu'au bout !
23 t-shirts, 23 dossards et 23 sacs de goodies sur cette photo
C'Ă©tait quand mĂȘme la misĂšre d'avoir les 23 dossiers, de rĂ©cupĂ©rer les 23 dossards puis les 23 sacs de cadeaux/pubs/merdes. Heureusement les bĂ©nĂ©voles ont Ă©tĂ© AU TOP.
Ătape 1, la validation des certificats. Ce fut long de passer en revue tous les certificats. Mais avec un peu de patience on a fini. Mention spĂ©ciale Ă SGAS qui avait un certif pas valide et qui a dĂ» venir tout seul le chercher.
Ătape 2, pour les dossards, j'ai juste posĂ© les convocations sur la table, ils ont tous gĂ©rĂ©s Ă 3 ou 4. Trop facile.
Ătape 3, pour les sacs de cadeaux, ils se sont mis Ă deux. J'ai tuĂ© le stock. Mais on y est arrivĂ©.
Ătape 4, pour les t-shirts ce fut plus compliquĂ©s. Fallait vĂ©rifier le sexe et la taille. Et mon sac cabas que j'avais pris n'Ă©tait pas assez grand. Du coup, j'ai grattĂ© un carton pour tout foutre dedans.
Ătape bonus, tout rentrer dans la voiture. Ce fut un peu la misĂšre. Le carton Ă©tait gros et lourd et j'avais une main prise par le sac. Mais au final, j'ai rĂ©ussi et j'ai pu donner ça Ă ANIC qui m'a relayĂ© pour la distribution des dossards le matin, vu que j'Ă©tais sur le marathon et elle sur le 10 avec les autres.
"Bienvenue au bout du monde"
Pour le marathon, le dĂ©part se trouvait au bout du monde. Et la route pour aller aux Goudes Ă©tait bloquĂ© Ă la circulation. C'est normal. DĂ©jĂ y'a qu'une route pour y aller, juste une 2 fois 1 voie. Mais surtout la-bas y'a pas la place pour garer les voitures des 1000 participants. Et puis imagine le bordel. Si tu connais les Goudes un peu, ben tu vois ce que ça aurait pu ĂȘtre. Comme l'Ă©tĂ©, mais en pire ! Du coup, on a eu le droit Ă des navettes spĂ©cialement pour nous. Rendez-vous sur le Vieux-Port pour faire le trajet. Au dĂ©part des cars on a eu le droit Ă des genre de sac poubelle amĂ©liorĂ© pour se tenir au chaud. J'ai pas eu besoin du mien, j'ai fait un peu mon cacou. Mais c'est moche leur truc en fait. Avec la merde que c'Ă©tait et le peu d'espace pour les cars pour faire la manĆuvre on est arrivĂ© tout juste pour pouvoir donner nos sacs aux consignes. ObligĂ© de se dĂ©pĂȘcher pour finir de se prĂ©parer et donner le sac Ă la consigne. Ben ouai, elles devaient partir avant nous pour arriver avant nous. Sinon les camions auraient Ă©tĂ© bloquĂ© par les coureurs.
Dans le car, j'ai géré les derniers préparatifs pour les courses des 10 km des autres. Mathieu ne pouvant venir, il était malade peuchÚre. J'ai donc passé le message pour que son dossard soit récupéré si possible.
Le matin de la course, un photographe payé par l'asso est venu nous photographier. Comme j'étais le seul à faire le marathon et que la course commençait 3h avant le 10 km. Il était venu rien que pour moi avant d'aller rejoindre les autres sur le départ du 10.
C'Ă©tait Ă la fois intĂ©ressant et gĂȘnant. Je me sentais observĂ© mais je devais aussi me concentrer pour la course. On a fait quelques photos en mode "Je pose". Mais j'Ă©tais tellement pas Ă l'aise .... pas mon truc.
Pendant l'attente, j'ai discuté Fivefingers avec un autre coureur intrigué.
Lui: Tu vas pas avoir mal aux pieds Ă la fin du marathon
Moi: J'en sais rien, c'est mon premier marathon. On verra. Mais je pense pas. Je suis habitué maintenant.
J'étais dans la vague 3h30 ! Oui, 3h30, c'est mon objectif ! J'esperais fortement y arriver. Fallait juste se caler à une allure de 5:00 min/km, soit 12 km/h tout le long !
AprÚs, j'ai repris à me concentrer. ... On dirait je fais un truc hyper intense quand je dis ça. Mais en fait, je mets mes écouteurs, je me soulÚve sur la pointe des pieds pour chauffer les mollets un peu, je respire ... et j'attends le départ.
Ah, le départ de mon premier marathon, tellement d'émotions ... ou pas. C'est comme une course classique. Sauf que tu vas courir pendant 4h. Mais sinon c'est comme d'hab.
Je suis parti quasiment à mon rythme en suivant le groupe. C'était une longue course, hors de question de faire le fanfaron d'entrée et d'aller plus vite que ça.
Juste aprÚs le départ, encore tout frais
Pendant une dizaine de minutes j'ai tenu ce rythme sans soucis. Trop sans soucis justement. J'ai vite changé d'allure pour passer à 4:45 min/km. Et j'étais bien. Je suivais le rythme du peloton devant moi en fait. Je me suis volontairement laissé entrainer.
Sur cette premiĂšre partie de la course, c'Ă©tait tellement parfait. Faut dire que le paysage et le cadre ... MAGNIFIQUE quoi. T'es en train de courir sur la route des Goudes sans ĂȘtre gĂȘnĂ© par les voitures avec la mer sur ta gauche et la colline sur ta droite. Et comme la vitesse Ă©tait pas trop Ă©levĂ© et le sol sans trop de risque d'obstacle, tu peux regarder un peu le paysage. Bon, en fivefingers, je regarde toujours oĂč je fous les pieds, mais j'avais aussi envie d'admirer la vue.
Photo prise Ă la sortie du bus, pas pendant la course. J'suis pas un touriste non plus.
Malheureusement, ça n'a durĂ© que 2 km, mĂȘme pas. Ensuite on est rentrĂ© en ville. Enfin, t'es quand mĂȘme loin du centre ville. J'adore tellement courir sur des routes que j'ai l'habitude de faire en voiture. Ou en dĂ©couvrir d'autres et comprendre que telle rue donne sur celle-lĂ . C'est un peu la mise Ă jour de mon GPS (anciennement appelĂ© GrosGrosPS).
En avançant, tu regardes les kilomĂštres dĂ©filer. Mais quand tu vois les panneaux 3, 4, 5 km ... t'es tellement loin de la fin, que mĂȘme pas t'y penses en fait. J'ai vraiment profitĂ© Ă fond de ce dĂ©but de marathon. J'Ă©tais vraiment bien. Les sensations Ă©taient trĂšs bonnes. Le coeur allait bien, moyenne de 160 bpm sur les 5 premiers kilomĂštres. Ăa allait. Je kiffais !
AprÚs les Goudes, on est passé par la Pointe Rouge, autre lieu hyper connu à Marseille et tarpin fréquenté l'été.
Juste aprÚs la Pointe Rouge, on a fait un aller-retour gratuit. Tu sens que c'est pour gratter des kilomÚtres. Mais à la fois c'est sympa de croiser les autres coueurs. A l'aller, tu croises des coureurs plus rapide, que tu aimerais rattraper. Au retour, tu vois ceux qui ne doivent pas te rattraper ! Et puis, tu vois des coureurs avec un chapeau de la St Patrick (c'était la veille ou l'avant veille), d'autres déguisés ou avec des accessoires délires. Alors que toi, t'es en mode sérieux, équipé totalement pour la perf ! Bon, pas trop non plus, y'en a qui sont pires avec le camelbag, les gels énergétiques et leurs barres.
Bref, ensuite on est passĂ© le long de l'esplanade Borely. Je te raconte ça comme ça, mais on a fait que 7 km lĂ . Soit le 1/6 de la course ! Oui, je compte comme ça quand je cours. Ăa m'aide Ă relativiser la distance. Puis je compare avec 1/6 d'un semi ou d'un 10 ... et lĂ , je galĂšre trop en calcul mentale, donc j'abandonne. Et j'te jure que je tente vraiment de calculer tout ça.
Moi pendant une course tentant de calculer la part de kilomĂštre restant par rapport aux autres distances
Ensuite, on a tracĂ© direction le Pouce de CĂ©sar (ou de Marine, selon l'Ă©poque). Et la rebelote, demi-tour. Et rebelote, tu regardes les autres coureurs que tu croises. En essayant cette fois de voir lâĂ©volution entre les deux ou de reconnaitre des coureurs.
Juste aprĂšs l'aller-retour, on est quasi Ă 10 km ! Un petit quart de marathon. 10 km, la distance que je fais d'habitude en entrainement, en forçant ou pas selon. LĂ , j'Ă©tais Ă 48:21, soit 1:20 min d'avance sur mon objectif. C'Ă©tait trĂšs rapide dĂ©jĂ ! Mais je me sentais vraiment bien et rien semblait pouvoir m'arrĂȘter (ça fait phrase de film lĂ ).
On a continuĂ© vers St Anne pour tomber finalement ... DEVANT LE STADE VĂLODROME ! J'Ă©tais trop content de le voir et passer devant. Je m'y attendais pas trop. Ouai, parce que je regarde pas forcĂ©ment le parcours en dĂ©tail avant une course. Je sais qu'on passe plus ou moins par-lĂ , mais c'est tout. Et puis mĂȘme si j'avais su. J'aurais Ă©tĂ© content quand mĂȘme.
Comme la circulation était fermée que dans un sens, on est passé à cÎté de voiture. Et là , un groupe de jeunes (genre 25 ans) m'a parlé pour me dire
Eux: Gagne la course hein !
Moi: Euh, compliqué ça mec
Eux: On s'en fout des blacks devant. C'est des mecs comme toi et moi.
Moi: Ils cavalent Ă 20 km/h quand mĂȘme.
Eux: Tu peux le faire mec, on le sait. On crois en toi
Moi: Merci :)
C'est Ă peu prĂšs ce qu'on s'est dit. Difficile de tenir une conversation en courant et aprĂšs 12 km de courses.
Et mĂȘme si il se foutait clairement de ma gueule, c'Ă©tait sympa cette interaction.
Quelques mÚtres plus loin on a tourné à gauche au rond point du Prado pour prendre l'avenue du Prado 2. Plusieurs choses à ce moment là .
On passait pas loin du dĂ©part du 10 km. DĂ©part qui avait lieu rond point Castellane, genre un km de lĂ environ. Du coup, on voyait dĂ©jĂ des gens s'Ă©chauffer et jâespĂ©rais apercevoir des tĂȘtes connus. Pas beaucoup d'espoir Ă cette heure-ci sachant que le rendez-vous Ă©tait bien plus tard.
On a aussi été rejoint par le semi-marathon, enfin les tous derniers. Eux étaient partis à 08h15, soit 15 minutes aprÚs nous seulement et étaient à leur 7Úme km à cet endroit là . Donc en 45 minutes, pour faire 7 km, faut courir doucement. Un peu plus de 9 km/h. Du coup, c'était nous qui les rattrapions C'était assez spécial de doubler des gens encore à ce niveau là de la course. Du coup, mon petit jeu c'était de deviner les coureurs du semi de ceux qui faisaient le semi ou le marathon. Pour vérifier, suffisait de voir la couleur du dossard. Enfin, plus facile à dire qu'à faire. Parce que ceux qui ont le dossard sur le ventre devant, faut se retourner carrément pour le voir. Et courir en regardant derriÚre c'est pas trop conseillé.
Comme la plupart des courses dans Marseille, on est entrĂ© dans le parc Borely. Tour classique que je connais quasi par coeur. MĂȘme si lĂ , y'a encore 2 bonnes heures de courses ensuite. On arrivait Ă 14 bornes dĂ©jĂ , soit ... le quart seulement de la course ! LE QUART !!
La sac de noeuds du Parc Borely
On a fait le tour du Parc avant de sortir avenue du Prado 2. C'est là , juste devant les couilles à David qu'un gars m'a branché sur mes chaussures. On a tapé la discuté genre 1 minute ensuite j'ai remis mes écouteurs et j'ai continué ma course.
En fait, entre le km 13 et le 19, c'est le mĂȘme parcours que les 10 km de la Provence. Tu te manges encore un croisement entre l'hippodrome et la place des surfeurs. Avec toujours le regard pour voir oĂč en sont les concurrents de devant puis de derriĂšre.
Ensuite, on a eu le droit Ă la Corniche ! La plus belle avenue du monde avec une vue sur la mer tellement kiffante. Et ce qui est bien Ă la vitesse d'un marathon, c'est que tu peux un peu plus admirer la vue. Bien sĂ»r, y'a la montĂ©e de la Corniche qui fait un peu peur. Bon, elle m'a fait un peu mal. Mais jâĂ©tais prĂ©venue, je savais qu'elle arrivait et je commençais Ă la connaitre. C'Ă©tait notre 3° fois elle et moi aprĂšs les deux semis des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Je l'ai donc entamĂ©e sans pression. J'ai un peu ralenti pour Ă©viter de me cramer en voulant faire le mec. ArrivĂ© en haut, j'ai repris mon souffle puis je suis reparti Ă mon rythme.
C'est sur la Corniche qu'on a atteint les 21 km. On avait enfin fait la moitiĂ© du parcours. Mais bon, fallait encore revenir au mĂȘme endroit dans une quinzaine de kilomĂštre. je me rappelle essayer de calculer. A la moitiĂ© du parcours (Ă cent mĂštres prĂšs), j'Ă©tais Ă 1h41:15 de course. Donc 4 minutes d'avance sur mon objectif. J'avais encore gagnĂ© 2 minutes par rapport au passage du 10Ăšme kilomĂštre. Pas mal. Mais ça voulait aussi dire que j'allais trop vite. Mais bon, je me sentais tellement bien que je pouvais pas ralentir.
J'ai donc continuĂ© Ă kiffer mon allure et le paysage. J'ai profitĂ© du ravito de la Corniche pour boire un peu. Bon, j'ai bu avant, mais je me souviens plus oĂč Ă©tait les ravito pour le raconter.
Au 24 Úme kilomÚtre on était au Pharo avant de longer le Vieux Port, cÎté Bonne MÚre.
Là , bien sûr, y'avait plus de public et de gens pour nous encourager. Et c'est là que tu kiffes avoir ton prénom sur ton dossard pour entendre les "Aller Renaud !" de gens que tu connais absolument pas. Mais ça fait carrément du bien. Surtout quand il reste encore 17 km à parcourir. Et plus y'a de gens, plus tu cherches à reconnaitre des visages. Bon, j'en ai pas reconnu.
On a bifurquĂ© vers la CanebiĂšre pendant que les coureurs du semi foncez faire l'arrivĂ© devant l'HĂŽtel de Ville. A ce moment lĂ , j'ai reconnu les tĂȘtes des SysAdmins du boulot SGAS et AFOU. Ils Ă©taient tellement perdus que j'ai dĂ» leur rappeler le lieu et l'heure du rendez-vous. Les gars, j'avais 25 km dans les jambes, et plus de 2h de course et je vous aide quoi.
Les pauvres, ils étaient comme "Confused Travolta"
Ensuite, je me suis mis Ă chercher encore plus les maillots rouges du boulot. En plus, plus on avançait sur la rue de Rome, plus on approchait du dĂ©part du 10 km. Et donc, plus il Ă©tait probable de voir les collĂšgues. JâespĂ©rais voir les gens que j'avais inscris, entraĂźnĂ© ou cĂŽtoyĂ© pendant l'organisation de cette course.
Quand je suis arrivĂ© sur le rond point Castellane, y'avait pleins de coureurs et spectateurs venus pour le 10 km. Le dĂ©part du 10 n'Ă©tait pas avant 50 minutes quand je suis passĂ©. Mais y'avait dĂ©jĂ la foule. Et malheureusement pour moi ... dĂ©gun. Dans ma tĂȘte, en passant lĂ , j'allais ĂȘtre encouragĂ© Ă mort par la team OHC. Et ça m'aurait tellement motivĂ© que j'aurais fini le marathon en moins de 3h. Chose impossible, car 50 min pour faire 15 km, c'est chaud quand mĂȘme. Mais dans ma tĂȘte, ça m'aurait donnĂ© des ailes et reboostĂ© pour la fin.
Au lieu de ça, je me suis pris le mur des 30 km en pleine face quelques kilomĂštres plus loin. La dĂ©ception plus le fait de refaire la mĂȘme boucle dans Borely et refaire la Corniche. Ăa m'a tuĂ©. Et quand on parle du mur des 30 km, c'est pas un mythe. Je pensais ĂȘtre prĂȘt physiquement et physiologiquement pour le voir arriver et le passer sans trop de problĂšme. Au pire, j'aurais ralenti 4/5 km avant de reprendre. Mais lĂ non. Le mur m'a frappĂ© en plein fouet
Pour dire, mon allure est passé de 4:46 min/km à 5:19. En vitesse (pour ceux qui on la flÚme de cliquer sur le lien), ça fait un passage de 12.59 à 11.29 km/h ! Un perte de plus de 30 secondes par kilomÚtre. Et ça, juste dans le parc Borely.
Quand on est entrĂ©e dans Borely, je pensais que ça durerait que le tour. Que c'Ă©tait vraiment le fait de refaire cette boucle oĂč tu vas dans un sens, puis dans l'autre, puis encore dans un autre. Puis tu sors du parc pour y revenir, puis faire l'aller-retour entre David et le rond point de l'Esplanade.
Le pire, c'est quand en sortant du parc, cĂŽtĂ© sud, j'ai entendu comme un gros bruit de pas derriĂšre moi. Et pourtant j'avais la musique. Le temps de me retourner et de deviner j'ai vu le porte-drapeau pour faire le parcours en 3h30. J'avais tellement ralenti, que j'avais perdu toute mon avance sur l'objectif des 3h30. Alors que j'avais 4 minutes d'avance thĂ©orique Ă la moitiĂ© du parcours. 11 km plus loin, j'avais perdu cette avance ! Sur le coup, j'ai essayĂ© de reprendre pour les suivre. Mais j'avais plus les jambes. Enfin, ma tĂȘte ne voulait plus, donc les jambes non plus.
Et là encore, j'ai ralenti. Alors que j'avais été régulier sur les 30 premiers kilomÚtres, je perdais tout. Pourtant la régularité c'est un de mes points forts. Mais là , impossible de tenir. Je craquais complÚtement physiologiquement. J'étais maintenant à 5:55 min/km, soit à peine plus de 10 km/h. J'étais vraiment pas bien. Me faire doubler par le peloton qui allait faire le temps que je m'étais fixé, ça m'avait achevé.
Le seul truc qui me restait c'était de finir la course ! J'avais perdu espoir de finir en 3h30. Mais je ne voulais pas finir en moins de 4h, il en était pas question PUTAIN DE MERDE !!
Alors que j'en pouvais plus, je me suis fait doubler par un mec ... pieds nus ! Je l'avais doublé vers 13 km. Il parlait avec un gars en fivefingers. Mais j'avais pas pu leurs faire signe. Là , j'ai pu féliciter le gars. Je lui ai demandé comment ça allait ses pieds. Il m'a répondu qu'au bout de 35 km, ça commençair à piquer un peu en dessous. Tu m'étonnes mec. T'es pieds nus sur du goudron depuis 35 bornes !!
Je me suis accrochĂ© Ă mon nouvel objectif comme j'ai pu pour faire l'aller-retour devant hippodrome et ensuite faire la Corniche. Mais mes mollets commençaient Ă avoir du mal. Plus que 36 kilomĂštre sur l'avant donc avec les mollets qui travaillent et font leurs jobs. Mais pendant plus que d'habitude. Beaucoup plus que d'habitude. Je craignais une grosse crampe. Mais je pouvais pas m'arrĂȘter. Pas si prĂšs ... ou si loin, selon.
Cette fois, la montée de la Corniche, qui tout à l'heure paraissait accessible, me semblait dur.
Grosse perte de vitesse en début, puis retour en force
En rĂ©alitĂ© c'est le dĂ©but de la montĂ©e qui a Ă©tĂ© dur. Plus que les jambes c'est encore la tĂȘte qui a eu du mal. Mais si on regarde la courbe, j'ai repris du poil de la bĂȘte pour la suite de la montĂ©e. Ăa je le dois Ă une participante qui m'a encouragĂ© Ă ne pas ralentir ! Et ça m'a bien aidĂ©. J'ai pu finir la montĂ©e et continuer sur la lancĂ©e. Mais les prĂ©-crampes Ă©taient lĂ . Elles ne partaient pas.
Les crampes: COUCOU ! ON EST LĂ !
Moi: LĂąchez moi ! Je finirais la course.
Les crampes: ON EST TOUJOURS LĂ !
(en Ă©crivant, je les imagine avec une voix bien grave et rocailleuse, un peu du genre le mĂ©chant dans Scary Movie quand il appelle, tu vois, ce passage, ben lĂ mĂȘme voix. Sinon, un petit lien pour t'aider https://www.youtube.com/watch?v=AFBCW6YjON0)
Bref, sur la Corniche, j'essayais d'éviter la crampe fatale tout en continuant de courir. C'était pas facile de forcer mais pas trop. D'avancer, mais pas trop vite. Mon mollet droit criait de plus en plus.
Et quand je m'attendais Ă avoir cette crampe au mollet droit, BAMM, c'est le gauche qui craque !! Impossible de continuer. ArrĂȘt sur place.
J'avais mal. Vraiment mal. J'ai essayĂ© de m'Ă©tirer le mollet sur le troitoir. Puis, j'ai continuĂ©. MĂȘme en marchant je finirai cette course !! MĂȘme en rampant si il le fallait. mais je finirai ! Je me suis revu un peu comme lors de la montĂ©e du Ventoux oĂč sur la fin j'avais des crampes aux mollets et aux cuisses.
A quelques mÚtres de là , y'avait un ravito. C'était une chance dans mon malheur. J'ai marché jusqu'à là . Tout en marchant, j'ai pris un verre et je l'ai bu. Puis un second, puis un troisiÚme. J'arrivais à la fin du ravito. J'allais continuer comme ça. Et là , le bénévol m'a dit
Allez! Courage! C'est presque fini !
Eh ben alors que je pensais vraiment finir la course en marchant je me suis remis Ă courir. Enfin, "courir", trottiner. Mais Ă ce niveau de souffrance et de galĂšre, c'Ă©tait dĂ©jĂ une bonne chose. J'Ă©tais mĂȘme pas Ă 9 km/h ! Bordel, c'Ă©tait la misĂšre !
Il me restait 4 km, mĂȘme pas.
C'est quoi 4 km ?! Hein, quand t'en a fait 38, 4 c'est rien bordel ! C'est 10% de la course !! C'est 20 minutes à un rythme correct de course normal. C'est à peine la distance que je faisais déjà y'a 6/7 ans alors que j'avais pas le niveau pour en faire plus ! C'est 4 petits putain de kilomÚtres !
J'ai eu du mal. mais on approchait du Fort St Jean, y'avait de la montée. Elle fût dure. Mais je me suis battu. Y'avait un peu plus de spectateurs. Moins que l'année derriÚre, mais y'en avait. Les encouragements se faisaient plus nombreux et la fin approchait. Du coup, j'ai petit à petit trouvé la force d'augmenter ma vitesse et finir par un pseudo-sprint à presque 11 km/h ! En tant normal, c'est une vitesse faible. D'ailleurs c'est moins rapide que la vitesse moyenne que j'avais prévu pour cette course qui était à 12. Mais quand t'as galéré comme j'ai pu galérer sur la fin de cette course. C'est juste énorme !
A l'arrivĂ©e, je cherchais ma sĆur qui devait venir me voir finir ce marathon. Et quand je l'ai aperçu, j'ai vu ma mĂšre aussi. Je crois que rien ne me fera jamais autant plaisir que voir ma mĂšre Ă l'arrivĂ©e d'une course. Surtout une comme celle-lĂ . C'est une vraie fiertĂ© de rĂ©aliser cet exploit devant elle !
Quand j'ai franchi la ligne d'arrivĂ©e, c'Ă©tait un truc de fou. Je venais de faire 42.195 km de course Ă pied ! PUTAIN DE BORDEL DE MERDE SA MĂRE !!! J'y croyais presque pas. J'avais rĂ©ussi !
C'Ă©tait la folie dans ma tĂȘte. J'avais envie de pleurer, de crier, pas de sauter, j'avais pas les jambes. L'Ă©motion Ă©tait Ă©norme. Une fois la ligne d'arrivĂ©e franchie, j'ai commencĂ© Ă rĂ©aliser ce que j'avais fait. J'avais couru pendant presque 4h. Pendant 42.195 km ! Jâavais fait un MA-RA-THON.
J'étais mort de fatigue. Mais j'avais envie de sauter de joie. Mais j'avais tellement les jambes lourdes que j'avais presque du mal à marcher. Vraiment, je titubais tellement mes jambes n'en pouvaient plus.
Je me suis jeté sur les bouteilles d'eau et sur le buffet de fin. Bananes, oranges, chocolats, fruits secs. Tout ce que j'aimais, j'ai pris, j'ai mangé. Y'avait des bonbons, à cause d'un sponsor. Pas top pour les sportifs ça, mais bon.
J'essayais de repĂ©rer ma mĂšre et ma sĆur. Mais aussi les autres coureurs de la boite. Logiquement, j'Ă©tais arrivĂ© avant eux. Mais je voulais pas rater leurs arrivĂ©es. J'ai donc fait demi-tour pour m'approcher de la ligne d'arrivĂ©e. Les collĂšgues ont commencĂ© Ă dĂ©filer. Un gros bravo et un message de fĂ©licitation pour tous ceux que j'ai vu arriver.
On a discutĂ© un moment aprĂšs la course. DĂ©jĂ pour attendre les autres, mais aussi pour donner nos impressions de nos exploits respectifs. C'Ă©tait super agrĂ©able de se regrouper avec nos tshirts rouge. La directrice comm de la boite, avec qui j'avais fait quelques entraĂźnements, est restĂ© un moment avec nous. Le grand patron lui nous a juste fait un signe puis est parti. J'ai trouvĂ© ça dommage qu'il ne s'arrĂȘte pas 5 petites minutes pour saluer ses employĂ©s qui avaient fait une course de 10 km avec les couleurs de sa boite. J'ai vraiment Ă©tĂ© déçu par ça.
Quelques collĂšgues. Les autres sont partis avant le retour du photographe
Les derniers coureurs nous ont rejoints. Pendant ce temps là , ma mÚre et ma soeur nous ont rejoints. j'ai pu avoir ma livraison de cookie, promis par ma soeur pour mon marathon. J'ai partagé la boite avec les autres. On s'est régalé. Et heureusement il m'en est resté pas mal pour moi tout seul.
AprÚs tout ça, je suis rentré chez moi. Bonne sieste aprÚs quelques makis et sushis.
Le chiffre de cette course, ça reste 42.195. La distance officielle de cette course. De mon premier marathon ! Je l'ai bouclĂ© en 3h44m44s. C'est un excellent temps pour une premiĂšre. MĂȘme si ça reste 15 minutes de plus que mon objectif initial. Ăa fait une moyenne de 11.27 km/h, soit 5:19 min/km de moyenne. Soit 20 secondes par kilomĂštre de moins que prĂ©vu. Mais ça reste hallucinant quand mĂȘme pour ces chiffres.
Par rapport aux autres coureurs, je fini 321 sur 994, donc juste dans le premier tiers du général. Dans ma catégorie, je fini 125 / 286, soit dans la premiÚre moitié ! Voilà , là , ça me réconcilie avec ma perf malgré la déception de ne pas avoir atteint l'objectif.
Un autre chiffre, qui parle moins, mais dont je suis trÚs content, c'est ma cadence moyenne. 179 ppm (pas par minutes) ! Le chiffre de 180 ppm est souvent cité comme la cadence idéale. Je suis pile dessus et sur un marathon en plus !
Maintenant, quelques chiffres pour montrer la baisse de régime à partir de 30 km. Jusqu'au mur des 30, j'étais en moyenne à 4:46 min/km. AprÚs, sur les 12 derniers, j'étais à 6:11 min/km. Soit 1m30 de plus à chaque kilomÚtre ! UNE MINUTE TRENTE DE PLUS !! C'est juste énorme cette perte de vitesse.
Il m'a fallu 2h25 pour faire les 30 bornes quand j'ai mis 1h20 pour les 12 derniers. A la moitié du parcours, le chrono était à 1h41 ! J'ai mis 2h pour faire ce que j'avais fait en 1h40 !
La courbe de toute la course. On voit bien la dégringolade.
Et sinon, pour ceux que ça intéresse, ma montre m'indique que j'ai brûlé 2 500 calories.
JE L'AI FAIT !! J'ai fait un marathon putain ! C'est tellement énorme comme performance. Si on m'avait dit y'a 4 ans "Tu vas faire un marathon !" J'aurais rigolé pendant 5 jours je pense.
Aujourd'hui, à peine le premier terminé que déjà j'imaginais en faire un autre dans l'année.
Sinon, l'autre performance, ça a été l'organisation de la course pour OHC et l'accompagnement de cette équipe de coureurs des 10 km ! Merci à tous ceux qui sont venus partager ça ensemble. Merci à ceux qui sont venus aux entraßnements. C'était un vrai plaisir, sincÚrement.