Lille, Paris-est, Le Mans, Paris-Nord... amplifier et coordonner les luttes locales
Plusieurs mobilisation locales sont actuellement en cours à la SNCF. Il faut dire que ce n'est pas les raisons de se bagarrer qui manquent avec des réorganisations et dégradations des conditions de travail dans de nombreux chantiers et services. Ces luttes pourraient bien donner des idées ailleurs, alors à nous de les faire connaître, de les amplifier et de pousser à leur coordination.
Grève à Paris Est : c'est à nous de décider de l'organisation de notre travail
Depuis fin janvier un mouvement est très suivi dans les postes de Paris Est, en particulier dans les deux postes d'aiguillage situés en gare de l'est, où le mouvement est majoritaire depuis le début.
Les modalités de grève de 59 minutes par service ont permis que le mouvement tienne dans la durée (des modalités similaires avaient déjà été utilisées durant plusieurs mois en 2017 à l'occasion d'un conflit local gagnant), face à une direction qui veut profiter du transfert vers un nouveau poste à grand rayon d'action pour menacer nos emplois et remettre en cause l'organisation de notre travail.
Cette organisation avait été pensée par les salarié.es (roulements avec uniquement des repos triples, services de 6h avec coupeur.euse, etc), gagnée et défendue par la lutte à plusieurs reprises. La direction veut évidemment faire de la "productivité" en supprimant des emplois mais au-delà de cela elle veut prouver que c'est elle qui est capable d'organiser et de décider, et surtout pas celles et ceux qui travaillent.
La direction a recours massivement à des casseurs de grève à travers l'Equipe d'Appui Circulation (équivalent du Pool Fac qui existe à la conduite) mais la détermination des collègues est intacte. Notre tâche n'est pas finie, c'est par la pleine participation de l'ensemble des collègues qu'on se donnera les moyens de gagner cette lutte.
Infrapole Paris Nord, bientĂ´t 60 jours de mobilisation
Les agents des brigades voie de Paris Nord ont entamé un mouvement déterminé depuis bientôt 60 jours, en cessant le travail chaque nuit pendant une heure, afin d'obtenir des revalorisations salariales et des compensations à la hauteur de la pénibilité de leur métier, qui leur impose un travail physique, en extérieur, le plus souvent de nuit et dans les souterrains insalubres du RER...
Les patrons de l'établissement ont tout fait pour casser leur mobilisation en menaçant de licencier un collègue de leur équipe, en leur refusant tout avancement aux "notations", en déclenchant des procédures disciplinaires ou encore en les déprogrammant de leur planning initial pour les sanctionner financièrement et limiter l'effet de leur grève !
C'est d'ailleurs sur cet aspect que le syndicat SUD-Rail vient de faire condamner la direction pour entrave au droit de grève, le tribunal ordonnant de remettre les grévistes dans leur planning initial sous astreinte de 5000€ par jour et par grévistes mal affecté. La mobilisation continue !
Lille-Flandres : grève massive chez les ASCT
La gare de Lille Flandres semblait bien calme pour un lundi, ce 8 mars dernier. Des centaines de circulations ont été supprimées suite à la grève massive des ASCT (Agent Service Commercial Train), près de 150 grévistes sur environ 200, soit plus de 70 % de grévistes !
Une première mobilisation très réussie au cours de laquelle les grévistes ont pu se réunir en Ag pour dicuter de leurs revendications : embauches massives, de meilleures conditions de travail, augmentations de salaire... Des revendications qui parlent à beaucoup de cheminot.e.s, quelques soit les services ! La direction n'a pour le moment rien lâché, prochaine journée de grève le lundi 22 mars.
Le Mans : réorganisation, sous-traitance et fermeture de guichet
Depuis début mars, les agent.e.s de l'escale sont en grève les dimanche et lundi. Le bureau d'accueil SNCF est désormais tenu par un sous-traitant qui gère le service aux Personnes en Situation d'Handicap ainsi que les objets trouvés. Plus de point d'accueil où trouver les agent.e.s SNCF en cas de retards, de rupture de correspondance ou de service Juniors... Les guichets de vente, eux, sont passés de deux à un, et ses horaires sont réduits. Une réorganisation prévoit également de supprimer un service sur les quais le matin ... C'est toute la gare qui se déshumanise, et les conditions de travail des agent.e.s, déjà difficiles, se détériorent encore un peu plus. Une situation connue dans bien des gares et des souffrances partagées par bien des agent.e.s de l'escale. Les collègues du Mans ont bien raison de se défendre et leur lutte mériterait d'en inspirer d'autres ailleurs.
Toutes ces luttes locales portent des revendications qui font écho à une même réalité que les cheminot.e.s subissent aujourd'hui. Gel des salaires, mépris, précarisation, dégradations des conditions de travail et des services, absence de perspectives... Ces revendications ont un potentiel unifiant que nous devons mettre en avant. Faisons connaître ces luttes, parlons-en autour de nous, pour les soutenir, les amplifier, les coordonner.