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@jacobinisme

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Quâon ne sây trompe pas. Le mouvement de dĂ©rĂ©publicanisation de la France est profondĂ©ment le mĂȘme que celui de sa dĂ©christianisation. Câest ensemble un mĂȘme, un seul mouvement de dĂ©mystication. Câest du mĂȘme mouvement profond, dâun seul mouvement, que ce peuple ne croit plus Ă la RĂ©publique et quâil ne croit plus Ă Dieu. Une mĂȘme stĂ©rilitĂ© dessĂšche la citĂ© politique et la citĂ© chrĂ©tienne. Câest proprement la stĂ©rilitĂ© moderne.
Charles Péguy
Lâantijacobinisme, arme des ignares et des imbĂ©ciles
Ă prĂ©sent que la rĂ©forme territoriale est actĂ©e et que les (derniĂšres) Ă©lections dĂ©partementales approchent, lâantijacobinisme refait surface au travers des candidatures passionnĂ©es des mouvements rĂ©gionalistes, de saillies plus discrĂštes des partis de masse, mais aussi de pseudo-intellectuels qui tentent de se bĂątir une gloriole personnelle en surfant sur ce thĂšme.
Câest devenu rĂ©current ; le jacobinisme serait une plaie dont la moitiĂ© de nos maux actuels proviendraient, une idĂ©ologie aussi perverse que surannĂ©e. Pourtant, pas un des dĂ©magogues libĂ©raux dĂ©bitant ces inepties nâest capable dâexpliquer en quoi le jacobinisme serait nĂ©faste. Pas un nâest dâailleurs en mesure de dire en quoi la rĂ©forme territoriale serait jacobine. Ces politiciens Ă la petite semaine sont dans lâinvocatoire ; celui qui balaie toute possibilitĂ© de dĂ©bat de fond et de rĂ©flexion. Et pour cause ! GĂ©nĂ©ralement, ces personnages ont une culture historique, parfois mĂȘme politique, aussi large quâun dos de cuiller. Ils se fondent sur les Ă©lucubrations quâon a pu leur souffler sur un Robespierre dĂ©capitant Ă tour de bras tout Paris, une centralisation politique et administrative excessive durant son mandat au ComitĂ© de Salut Public, et autant dâĂąneries qui ont pourtant Ă©tĂ© dĂ©construites depuis des lustres.
Les tenants de ces propos, pĂ©tris dâune mauvaise foi incroyable, refuseront toujours dâadmettre que les atrocitĂ©s commises sous la Terreur furent du fait de Danton, Ă la tĂȘte du Tribunal RĂ©volutionnaire, qui rĂ©clamait « une tĂȘte par jour ! », ou que la centralisation Ă©voquĂ©e est un processus entamĂ© depuis Hugues Capet, structurĂ© et accĂ©lĂ©rĂ© sous Richelieu, qui importa en France la conception moderne de lâĂtat, comme avaient pu le thĂ©oriser Machiavel ou Botero. La vĂ©ritĂ© fait mal, voilĂ sans doute pourquoi la plupart prĂ©fĂšrent lâignorer et maintenir les citoyens dans lâignorance la plus crasse qui soit. Le bourrage de crĂąne quâils opĂšrent nâa pour seul but que dâempĂȘcher les gens de rĂ©flĂ©chir par eux-mĂȘmes.
Il est pourtant des contre-arguments simples et historiquement fondĂ©s qui mettraient Ă bas ces assertions fallacieuses si elles Ă©taient rappelĂ©es comme lâexigerait la dĂ©ontologie la plus basique des mĂ©tiers de lâinformation ; mais nous nâen sommes plus lĂ . Nous lâavons rĂ©pĂ©tĂ©, la rĂ©forme territoriale ne peut ĂȘtre jacobine ; elle est mĂȘme antijacobine, et ce, pour des motifs Ă©vidents.
Les jacobins ont créé les dĂ©partements. La rĂ©gion nâexistait pas lors de la RĂ©volution Française. Et le but de ce nouveau dĂ©coupage Ă©tait alors trĂšs simple ; la rĂ©forme territoriale instaurant les dĂ©partements Ă©tait aussi une rĂ©forme sociale. Ils avaient ce double-objectif que de consacrer le peuple, le Quart Ătat, en brisant lâhĂ©gĂ©monie de la richesse immobiliĂšre (la noblesse) tout en coupant lâherbe sous le pied de la richesse mobiliĂšre (celle des capitaux, donc les bourgeois). Et de cela, seuls Robespierre et les jacobins sâen sont souciĂ©s, seuls eux ont instaurĂ© le suffrage universel direct, sans cens, pour consacrer le citoyen, lĂ ou des Condorcet et des SieyĂšs estimaient « Ă voix haute que si tous les Français devaient cesser dâĂȘtre des sujets pour devenir des citoyens, certains citoyens devaient ĂȘtre toutefois plus citoyens que dâautres, lesquels, en fait, ne le seraient plus. », comme le disait Guillemin. DĂšs lors, il est intellectuellement malhonnĂȘte de mettre sur le dos des jacobins une crĂ©ation anachronique (la rĂ©gion) dans le but dâĂ©craser les citoyens. Voici ce qui fait mal aux libĂ©raux en tout genre ; voir que la premiĂšre volontĂ© dĂ©mocratique en France fut instaurĂ©e par la premiĂšre gauche historique, qui mit aussi fin aux dĂ©rives que ces mĂȘmes libĂ©raux causĂšrent en dĂ©mantelant lâhĂ©ritage colbertiste.
Et malgrĂ© cela, la lutte de ces trompeurs publics se poursuit sous lâĆil bienveillant des mĂ©dias, qui nâont que faire de la vĂ©ritĂ© historique ou de lâĂ©thique. Des jacobins du Haut-Rhin et du Bas-Rhin nous ont notamment sollicitĂ©s sur un cas qui rĂ©pond Ă tous ces critĂšres, et va mĂȘme encore plus loin ! Sous couvert de dĂ©fendre le dĂ©partement, en sâappropriant le slogan « Je suis Charlie » comme vulgaire outil promotionnel, voici quâest publiĂ© discrĂštement une espĂšce de pamphlet qui voit en les grandes rĂ©gions un retour au jacobinisme centralisateur ! Le paradoxe a ici atteint sa quintessence ; par la suppression des dĂ©partements, crĂ©ation jacobine, et la recentralisation de certaines prĂ©rogatives vers ces arĂ©opages et les EPCI, il sâagirait dâun jacobinisme rĂ©gional ! Le tout en prĂ©tendant avoir analysĂ© les « origines du dĂ©partement » par-dessus le marchĂ© ! Jamais nous nâaurions pu imaginer pareille manipulation, qui mĂ©prise lâintelligence et fait le lit des candidatures autonomistes, quâelles soient alsaciennes ou autre. Au lieu de dĂ©noncer le parisianisme, voici quâils tentent Ă prĂ©sent de sĂ©parer le dĂ©partement de ses crĂ©ateurs, dans une logique de rejet et dâaveuglement oĂč la frontiĂšre entre lâignorance et la mauvaise foi est plus que poreuse.
Câest en luttant contre ce type de bĂ©otiens que nous restaurerons la justesse de notre idĂ©ologie, mais aussi que nous aiderons nos concitoyens Ă Ă©lever leur esprit, tandis que ces dĂ©magogues de bas Ă©tage continueront Ă se complaire dans leur mĂ©diocritĂ©. Notre mission est de rĂ©informer le peuple, de lui donner les outils nĂ©cessaires Ă son Ă©mancipation, aux antipodes de ce que font ces Ă©gotistes.
à défaut de connaßtre l'histoire de la Révolution Française, Ubisoft a au moins produit ce trÚs bel artwork de Robespierre.
Que serait une réforme jacobine aujourd'hui ?
Cela semble évident pour les juristes et les historiens, mais les citoyens, longtemps assujettis à la désinformation massive des politiciens et des médias ne savent pas que ce sont les Jacobins, par la voix de Robespierre notamment, qui créÚrent le département pour renforcer le poids du citoyen dans les affaires publiques.
En effet, la crĂ©ation des dĂ©partements sâinscrivait dans un double objectif : mettre dâabord fin Ă lâhĂ©gĂ©monie dâune caste (la «richesse immobiliĂšre »), tout en empĂȘchant quâune nouvelle (la «richesse mobiliĂšre ») ne jette sa mainmise sur la jeune RĂ©publique Ă travers ses territoires. Le second objectif des dĂ©partements Ă©tait de se conjuguer avec lâinstauration du suffrage universel direct, afin de renforcer le poids des citoyens dans les affaires dâĂtat. En effet, la constitution jacobine de 1793 consacrait pleinement la dĂ©mocratie participative et, malgrĂ© lâimportant taux dâanalphabĂ©tisation dâalors, Robespierre considĂ©rait que les droits naturels du citoyen plaçaient la souverainetĂ© populaire au-dessus de tout.
DĂšs lors, dire quâaujourdâhui la rĂ©forme est «jacobine » en ce quâelle crĂ©erait des arĂ©opages gigantesques, qui reviendraient Ă diminuer le nombre de collectivitĂ©s, et apporterait plus dâĂ©tatisme, est un sophisme de la pire espĂšce. PremiĂšrement parce que, ainsi que nous venons de le dĂ©montrer, constituer de nouveaux grands ensembles territoriaux dĂ©connectĂ©s des citoyens, accouchant de reprĂ©sentants sans reprĂ©sentativitĂ©, est Ă lâopposĂ© du jacobinisme. Ensuite, supprimer des strates ne revient pas fatalement à «plus dâĂ©tatisme ». Dans son discours au SĂ©nat du 28 Octobre 2014, le Premier Ministre insista fortement sur le transfert de nouvelles compĂ©tences, mais sans transmission pĂ©cuniaire nĂ©cessaire, augmentant encore notre Ă©miettement institutionnel et organique. Ainsi, il nous semble important de remettre les choses Ă leur place, en esquissant ce que serait une rĂ©forme rĂ©ellement jacobine.
Un retour au triptyque « Ătat/DĂ©partement/Commune »
On lâa dit, le dĂ©partement est la crĂ©ation phare des jacobins. Un systĂšme pĂ©renne jusquâĂ nos jours, dans lesquels les citoyens ont pu se reconnaĂźtre, car proche dâeux, et respectueux des identitĂ©s locales. En attestent les rejets des propositions rĂ©fĂ©rendaires en Corse et en Alsace qui prĂ©voyaient la suppression de leurs dĂ©partements. Par le « NON » et lâabstention massive, les citoyens ont refusĂ© de renoncer Ă la proximitĂ©, ayant compris quâelle Ă©tait un gage dâefficacitĂ©.
Et câest justement en cela que le triptyque « Ătat/DĂ©partement/Commune » est une structure puissante et symbolique. La commune, premier Ă©chelon rĂ©publicain, et le bassin de vie le plus petit, et donc celui auquel les citoyens sont le plus attachĂ©s. Pour rĂ©former les territoires rĂ©publicains, il faut dâabord clarifier les compĂ©tences. Le mythe du mille-feuille administratif, qui nous est vendu comme excuse, et la RĂ©gion, sont des cultes avec lesquels il faut en finir. La clarification des compĂ©tences passe dâabord par leur redistribution.
En effet, la dĂ©centralisation est nĂ©faste quand elle transforme les rĂ©gions en baronnies, quand elle accentue les inĂ©galitĂ©s territoriales et quand elle empĂȘche notre Nation de se dĂ©velopper. Mais elle est utile quand elle permet une meilleure action publique. Dans ce cas, les collectivitĂ©s doivent avoir des compĂ©tences claires et les moyens dâaction qui en dĂ©coulent. La suppression de la clause gĂ©nĂ©rale de compĂ©tence est en cela une bonne chose, car elle permettra dâĂ©viter les immixtions dâune collectivitĂ© Ă une autre, et les doublons.
En matiĂšre dâĂ©ducation par exemple, le lycĂ©e ressort de la compĂ©tence de la RĂ©gion, le collĂšge du DĂ©partement, lâĂ©cole primaire et la maternelle de la Commune. Le seul fait de rĂ©nover un Ă©tablissement mixte se rĂ©vĂšle un casse-tĂȘte dans lequel les collectivitĂ©s se perdent dans un jeu de ping-pong inadmissible et coĂ»teux. Il serait de bon ton de transfĂ©rer les compĂ©tences rĂ©gionales au dĂ©partement, et la plupart des compĂ©tences sociales du dĂ©partement Ă la Commune.
NĂ©anmoins, cette derniĂšre ne saurait ĂȘtre le fourre-tout de compĂ©tences ingrates dont personne ne veut. La Commune a un rĂŽle dĂ©mocratique et Ă©conomique fort Ă jouer.
Revenir Ă la puissance publique
Face Ă la crise, et aux enjeux de la mondialisation, la puissance publique demeure le meilleur garant de lâemploi et de sa protection. Les Jacobins ont toujours dĂ©montrĂ© leur rejet du libĂ©ralisme, notamment en nationalisant les arsenaux Ă©quipant les armĂ©es, afin de les prĂ©server des alĂ©as de la spĂ©culation de la richesse mobiliĂšre. Câest en ce sens quâune rĂ©forme territoriale devrait ĂȘtre menĂ©e : renouer avec lâĂtat stratĂšge qui protĂšge sa souverainetĂ© en reprenant possession des pĂŽles ayant un lien direct avec sa puissance rĂ©galienne. Dâabord lâArmĂ©e, mais aussi lâĂnergie, et lâInstruction Publique. La principale mission de la puissance publique est de donner Ă nos concitoyens les moyens de leur avenir et une vie quotidienne sereine et de qualitĂ©. La construction de lâavenir â Ă©ducation, recherche, politique, industrielle, formation â dĂ©pend de lâĂtat et une large part de ce qui fait la vie quotidienne lui est rattachĂ©e.
Mais une autre partie des Ă©lĂ©ments qui pĂšsent sur la vie quotidienne demande une action de proximitĂ©. Lâaction des collectivitĂ©s locales peut sâarticuler utilement Ă celle de lâĂtat au service de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Renforcer le dĂ©partement pour renforcer lâĂ©conomie locale.
Cependant, câest bien au dĂ©partement que demeure la possibilitĂ© de coordonner toute lâĂ©conomie locale le plus efficacement possible, et de maniĂšre plus prĂ©cise que la RĂ©gion. Consolider le dĂ©partement, et lui octroyer des compĂ©tences appartenant aujourdâhui Ă la RĂ©gion. Les circuits-courts sont un gage de dynamisme Ă©conomique, et si un Ă©chelon est bien capable de crĂ©er une synergie grĂące Ă eux, câest bien le dĂ©partement ! En rĂ©gion frontaliĂšre, il peut assurer pleinement la circulation des marchandises, mais aussi la rĂ©guler.
Enfin, beaucoup trop omettent un Ă©lĂ©ment important de notre Ă©conomie : la France est encore un pays rural. Les RĂ©gions qui comportent des tissus industriels et ruraux favorisent les inĂ©galitĂ©s territoriales, dispersent leurs investissements arbitrairement. Le DĂ©partement est plus pertinent en ce que, plus petit, il est plus Ă mĂȘme de rĂ©pondre aux enjeux locaux, dâinvestir dans son tissu Ă©conomique majeur, et nâa pas Ă trouver de compromis qui aboutirait Ă un perdant-perdant. Il ne faut pas oublier que les collectivitĂ©s locales rĂ©alisent 70 % des investissements publics chaque annĂ©e en France. Pour que le dĂ©partement devienne un pĂŽle Ă©conomique digne de ce nom, il doit aussi obtenir des compĂ©tences stratĂ©giques dans les domaines du dĂ©veloppement Ă©conomique, des transports, du logement, de la formation et de la recherche et les concilier Ă solidaritĂ© et au dĂ©veloppement durable. Le DĂ©partement est Ă mĂȘme de soutenir les initiatives personnelles, et dâaccompagner les citoyens dĂ©sireux de bĂątir leur propre entreprise, tout comme il est Ă mĂȘme de soutenir les artisans.
Enfin, il faut lier les Conseils gĂ©nĂ©raux aux Cours des comptes rĂ©gionales. PremiĂšrement pour Ă©viter la gabegie des deniers publics dont font preuves les Ă©lus locaux (lâachat des nouveaux noms de domaines Ă des prix exorbitants, les dĂ©penses en communication au lieu de lâinvestissement en sont les exemples les plus courants). Que le PrĂ©fet puisse Ă nouveau prĂ©sider ces assemblĂ©es renouerait avec la stabilitĂ© et la continuitĂ© de lâaction Ă©tatique, et lâĂ©ventuelle possibilitĂ© pour lui dâexercer un vĂ©ritable contrĂŽle de lĂ©galitĂ© empĂȘcherait les dĂ©rives rĂ©gionalistes, Ă lâimage de celles que lâon voit en Alsace, en Bretagne, ou au pays Basque.
Renforcer la commune pour renforcer lâimplication des citoyens
Dâabord en renforçant ses pouvoirs. Les pouvoirs de police du Maire, pour ne citer que cet exemple, ne couvrent en effet pas tous les champs possibles. Il ne peut agir par exemple sur un terrain privĂ© occupĂ© par un campement sauvage, mais doit aussi solliciter le PrĂ©fet en plus du propriĂ©taire, et la plupart de ses arrĂȘtĂ©s doivent passer par le conseil municipal. Il semblerait alors pertinent dâĂ©largir ses pouvoirs, et dâinstaurer un contrĂŽle a posteriori gĂ©nĂ©ralisĂ© du PrĂ©fet et du Conseil Municipal sur ses actes, pour plus dâefficacitĂ©.
De mĂȘme, le renforcement de la Commune passe par un raffermissement de la vie citoyenne. Le Citoyen doit se sentir impliquĂ© dans les affaires municipales, car il peut en voir les changements tous les jours, et ceux-ci lâaffectent directement. Pour cela, il conviendrait de permettre aux Citoyens de poser des questions lors des sĂ©ances du Conseil Municipal, afin de changer son image de simple caisse enregistreuse. Jean-Pierre ChevĂšnement procĂ©dait notamment ainsi lorsquâil Ă©tait Maire de Belfort, avant lâouverture officielle de la session. Enfin, il conviendrait de banaliser la pratique de rĂ©fĂ©rendum ou de votations populaires Ă lâĂ©chelle communale, aussi bien par une initiative municipale que citoyenne. Câest en voyant que ses choix ont un impact direct et clair sur sa vie quotidienne que le citoyen apprĂ©hendera enfin la responsabilitĂ© quâest la sienne dans les affaires publiques, et comprendra quâil ne tient quâĂ lui de changer ses gouvernants.
Toutefois, cela ne saurait ĂȘtre suffisant. La Commune a aussi une importance Ă©conomique et industrielle, notamment les villes frontaliĂšres, voire trifrontaliĂšres (nous pensons surtout Ă lâAlsace, le Rhin Ă©tant un tissu stratĂ©gique que nous ne pouvons plus ignorer.)
La Commune doit en effet ĂȘtre en capacitĂ© dâoffrir de lâemploi pour ses citoyens, et dâassurer une attractivitĂ© de son territoire. En cela, le rĂŽle des EPCI est crucial, mais tel quâils sont actuellement, ils ne prĂ©sentent aucune pertinence, se contentant dâaspirer les compĂ©tences des communes membres sans agir pour autant. Les EPCI ne sauraient recouvrer un autre rĂŽle que celui de catalyseur Ă©conomique, et non se substituer aux communes.
Ainsi, il paraĂźt opportun de rĂ©server la clause gĂ©nĂ©rale de compĂ©tence Ă la seule commune, sans possibilitĂ© de la transmettre, mais aussi de cesser ces augmentations coercitives de la pĂ©rĂ©quation, qui ponctionnent indirectement le citoyen afin que la Commune demeure en Ă©quilibre budgĂ©taire. Cette baisse lui permettra de se consacrer dâavantage aux dĂ©penses dâinvestissements, qui crĂ©ent de la richesse pour lâavenir. En cela, impliquer les citoyens par les moyens suscitĂ©s permettrait aussi de forcer des Ă©lus passifs qui ne comprennent pas que les politiques publiques et les circuits-courts doivent servir les entreprises locales.
Quid de la Région et des EPCI ?
La RĂ©gion doit retrouver le rĂŽle quâelle avait avant 1982, câest-Ă -dire une entitĂ© chargĂ©e de veillĂ©e Ă la bonne gestion des deniers par la Cour des Comptes RĂ©gionale qui se trouverait subdivisĂ©e en antennes dĂ©partementales, mais la RĂ©gion doit avant tout assumer un rĂŽle plus administratif que les dĂ©partements. En cela, le rĂŽle du PrĂ©fet doit ĂȘtre remis au centre de la RĂ©gion, et son assemblĂ©e, pour ne pas augmenter inutilement le nombre dâĂ©lus, devrait sâinspirer de la rĂ©forme avortĂ©e de 1969, qui prĂ©voyait :
- Aux trois cinquiÚmes, des députés élus dans la région et des conseillers régionaux territoriaux, élus par les conseils généraux (un par département, pour trois ans) et par les conseils municipaux ou leurs délégués (les autres, pour six ans) ;
- Aux deux cinquiÚmes, des conseillers régionaux socio-professionnels, désignés par des organismes représentatifs, pour six ans.
Bien sĂ»r, une telle rĂ©forme devrait sâaccompagner de celle prĂ©vue Ă lâĂ©poque pour le SĂ©nat, qui devait fusionner avec le Conseil Ăconomique et Social afin de coordonner tout ce grand ensemble. De mĂȘme, la composition du nouveau Conseil RĂ©gional composerait plutĂŽt avec des Ă©lus gĂ©nĂ©raux, plutĂŽt que de réélire des conseillers rĂ©gionaux, comme le prĂ©voyait la rĂ©forme de 1969, afin dâĂ©viter les doublons que nous voyons aujourdâhui.
Quant aux EPCI, nous lâavons dit, ils doivent se borner Ă la coordination des circuits-courts entre les communes, permettre de mutualiser leur financement pour certains projets dĂ©cidĂ©s dans lâobjet et dans le temps, afin de mettre fin Ă lâĂ©cart entre villes et villages. Ils ne peuvent plus ĂȘtre ces organismes vampirisant les compĂ©tences des communes, sans contrepartie, et surtout, sans contrĂŽle, prenant des dĂ©cisions dans le clair-obscur dâune assemblĂ©e mĂ©connue des citoyens. Il est inconcevable quâune entitĂ© avant tout technique puisse prendre des dĂ©cisions engageant lâavenir des citoyens sans leur accord plein et entier.
Un retour de la justice et de la sécurité de proximité
Une rĂ©forme territoriale ne revĂȘt pas quâun aspect Ă©conomique, ou dĂ©mocratique. Elle induit aussi une rĂ©forme du rĂŽle de lâĂtat au travers de ses collectivitĂ©s. Or, nous le constatons depuis plusieurs annĂ©es, les gouvernements successifs, empĂȘtrĂ©s dans leurs luttes pour conserver le pouvoir et le surenchĂ©rissement stĂ©rile, ont endommagĂ© lâutilitĂ© de lâĂtat pour les citoyens.
Or, il est impĂ©ratif que lâĂtat assure Ă nouveau sa prĂ©sence auprĂšs dâeux afin de satisfaire lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Dâabord par la Justice ; en mettant fin au dĂ©sastre crĂ©e par la « carte Dati », constituĂ©e par la Garde des Sceaux Ă©ponyme, qui brisa la justice de proximitĂ©. RĂ©tablir les juridictions supprimĂ©es injustement, câest assurer que la justice de la RĂ©publique sâapplique partout, et pour tous de maniĂšre Ă©quitable, mais aussi libĂ©rer les tribunaux des engorgements crĂ©e. Chacun doit avoir droit accĂšs Ă la justice dans des conditions raisonnables, et voir son dossier ĂȘtre traitĂ© avec toute lâattention quâil mĂ©rite, ce qui nâest pas possible dans les conditions juridictionnelles actuelles.
Enfin, le retour de la justice de proximitĂ© devra ĂȘtre accompagnĂ© dâun retour Ă la sĂ©curitĂ© de proximitĂ©. Cela doit se traduire par la fin des dĂ©serts policiers, en donnant aux commissariats les effectifs quâils ont besoin selon les particularitĂ©s locales, mais aussi en reprenant le contrĂŽle de nos frontiĂšres, sujettes Ă maints trafics, par le retour dâune douane vĂ©ritable et efficace. La libre-circulation des biens et des Hommes entraĂźna beaucoup trop dâabus pour que lâon ne puisse pas la remettre en cause. Le dogmatisme nâa pas sa place ici, il en va de lâintĂ©rĂȘt de nos citoyens. RĂ©former les territoires signifie en avoir la maĂźtrise, et y assurer lâordre rĂ©publicain
En clair, câest dâune rĂ©forme jacobine dont les citoyens ont besoin, mais ils ne le savent pas. « La plus grande partie de nos concitoyens est rĂ©duite par lâindigence Ă ce suprĂȘme degrĂ© dâabaissement oĂč lâHomme, uniquement occupĂ© de survivre, est incapable de rĂ©flĂ©chir aux causes de sa misĂšre et aux droits que la nature lui a donné », disait Robespierre en son temps ; câest malheureusement Ă nouveau vrai aujourdâhui.

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" L'idée d'Europe impériale allemande était la négation de l'idée de France. Or, la France a choisi d'appartenir à une structure impériale dominée par l'Allemagne. Elle est en train d'en mourir."
Un prĂȘtre dĂ©froquĂ©, SieyĂšs, et un marquis Ă©clairĂ©, Condorcet, ont, dĂšs Juillet 1789, estimĂ© Ă voix haute que si tous les Français devaient cesser d'ĂȘtre des sujets pour devenir des citoyens, certains citoyens devaient ĂȘtre toutefois plus citoyens que d'autres, lesquels, en fait, ne le seraient plus.
Henri Guillemin in 1789 : Silence aux pauvres
" Les Ă©lus locaux ont alors beau jeu de dĂ©noncer ce prĂ©tendu « jacobinisme », alors quâil nâest nulle part ! Mais qui sont-ils, ces donneurs de leçons, Ă critiquer les instaurateurs du suffrage universel quand eux-mĂȘmes piĂ©tinent sans vergogne le rĂ©fĂ©rendum du 7 Avril 2013 ? "
Henri Guillemin - Robespierre et la révolution Française
La plus grande partie de nos concitoyens est rĂ©duite par l'indigence Ă ce suprĂȘme degrĂ© d'abaissement oĂč l'Homme, uniquement occupĂ© de survivre, est incapable de rĂ©flĂ©chir aux causes de sa misĂšre et aux droits que la nature lui a donnĂ©.
Robespierre, 1788

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Les Jacobins, défenseurs de la liberté.
La rĂ©forme territoriale augure une mutilation de notre territoire rĂ©publicain sans prĂ©cĂ©dent. Alors que la RĂ©volution Française Ă©tait parvenue Ă mettre fin aux rĂšgnes des fiefs en Ă©miettant les provinces de lâAncien RĂ©gime par la crĂ©ation des dĂ©partements, voici que cette entitĂ© taillĂ©e pour ĂȘtre au plus proche des citoyens se voit menacĂ©e. Comble du comble, les premiers dĂ©tracteurs de cette rĂ©forme y voient lâombre du jacobinisme, pourtant crĂ©ateur dâĂ©quilibre entre les territoires par son abolition desdites provinces et leur systĂšme vers lequel nous paraissons retourner.
Parce que oui, lever les prĂ©jugĂ©s les plus tenaces ne sâavĂšre pas difficile dâun point de vue historique ou intellectuel, car ce sont les erreurs les plus grossiĂšres qui constituent le « mythe » antijacobin. Pour ces gens-lĂ , le jacobinisme constitue la lie mĂȘme de notre pays. Ce serait une chimĂšre voulant anĂ©antir les identitĂ©s locales par lâĂ©crasement Ă©tatique, cherchant Ă diluer les identitĂ©s dans un conglomĂ©rat aussi vague quâartificiel. Et gare Ă celui qui ferait le plaidoyer de cette infĂąme idĂ©ologie ! Pourtant, câest ce que cet article tentera de faire : mettre fin au terrorisme intellectuel que subissent les jacobins, premiers dĂ©fenseurs de la libertĂ©.
Commençons par revenir aux sources. Les Jacobins sont un mouvement de pensĂ©e incarnĂ© par des RĂ©volutionnaires qui se rĂ©unirent au Couvent des Jacobins, dâoĂč leur nom. Au dĂ©but des annĂ©es 1790, aprĂšs lâexĂ©cution de Louis XVI, il fallait armer la jeune RĂ©publique dâun arsenal juridique pour la rendre pĂ©renne, mais aussi la rendre forte face aux vellĂ©itĂ©s dâune noblesse archaĂŻque. Câest en ce sens que lâabolition des privilĂšges fut prononcĂ©e, bien quâelle nâait rien de jacobin, mais dĂ©coulait dâun consensus issu de la classe bourgeoise voulant tout bonnement sâaccaparer le pouvoir dĂ©sormais vacant, et dâen chasser les dignitaires consacrĂ©s par la tradition monarchique.
Câest aprĂšs quâarriva le jacobinisme au sens oĂč on lâentend aujourdâhui, et leurs premiĂšres actions parlent pour eux. Les Jacobins se sont toujours inscrits dans lâidĂ©e de souverainetĂ© populaire, telle que celle thĂ©orisĂ©e par Rousseau. Câest-Ă -dire une forme de dĂ©mocratie participative et proche du citoyen. Rien Ă voir avec la lubie que ses dĂ©tracteurs lui prĂȘtent au sujet dâun « étatisme transversal », capricieux, et presque totalitaire Ă en entendre certains ! Nous en voulons pour preuve que ce furent les Jacobins qui Ă©laborĂšrent le projet de redĂ©coupage territorial en dĂ©partements qui fut en vigueur jusquâĂ aujourdâhui. LâidĂ©e dâatteindre un chef-lieu depuis un autre en « une journĂ©e Ă cheval » servait en effet Ă instaurer un Ă©chelon proche du peuple, lui permettant de communiquer rapidement Ă travers toute la France ! Quâest-ce que cela pourrait changer en convertissant cette unitĂ© temporelle en trajet automobile ? Lâon tend trop Ă oublier aujourdâhui que la reprĂ©sentation la plus reprĂ©sentative est la plus proche de soi. Câest en ce sens que les dĂ©partements furent créés : permettre au citoyen dâavoir un bassin de vie dans lequel il peut se reconnaĂźtre tout en permettant au dĂ©partement de reprĂ©senter et respecter correctement les particularitĂ©s locales. Dâun seul coup, voici balayĂ©s les sophismes les plus rĂ©actionnaires des grands dĂ©fenseurs des identitĂ©s locales !
Nonobstant cela, les procureurs du jacobinisme sâen prennent aussi Ă son caractĂšre prĂ©tendument tyrannique, du fait que lâHistoire telle quâon lâenseigne aujourdâhui Ă lâĂcole, reprise massivement par les libĂ©raux et les rĂ©gionalistes, prĂ©sente Robespierre comme cet oppresseur sanguinaire, clef de voĂ»te de la Terreur. Ce point sensible nĂ©cessite de sây attarder avec soin et prĂ©cision.
Cette « lĂ©gende noire » de Robespierre prend son origine parmi les acteurs de la rĂ©action thermidorienne, qui brossĂšrent ce portrait sombre du RĂ©volutionnaire, et liĂšrent le jacobinisme Ă la Terreur, tel quâon lâapprend encore aujourdâhui. Il faut cependant remettre les choses Ă leur place.
Le ComitĂ© de Salut Public, et la Terreur, ne furent pas mis en place par Robespierre, et encore moins par les Jacobins seulement. Câest la Convention montagnarde, montagnards menĂ©s alors par Danton, qui le fit ! AjoutĂ© au fait que ce ne fut pas Robespierre qui fut Ă initiative du Tribunal RĂ©volutionnaire, mais Danton, voilĂ que se fissure dĂ©jĂ le vernis prĂ©sentant ce dernier comme une victime de Robespierre, alors quâil fut avant tout victime de son propre systĂšme dâoppression ! Par ailleurs, câest lors de lâinstauration de la Terreur que les Montagnards se scindĂšrent, Robespierre menant un courant partisan dâune alliance avec le peuple et de mesures sociales.
Câest dâailleurs en ce sens quâil fut Ă lâorigine de la fameuse Constitution de 1793, lors de son discours aux jacobins le 21 Avril 1793 : « Les Hommes de tous les pays sont frĂšres et les diffĂ©rents peuples doivent sâentraider selon leur pouvoir, comme les citoyens dâun mĂȘme Ătat. Celui qui opprime une seule nation se dĂ©clare lâennemi de toutes. Ceux qui font la guerre Ă un peuple pour arrĂȘter le progrĂšs de la libertĂ© et anĂ©antir les droits de lâHomme doivent ĂȘtre poursuivis par tous, non comme des ennemis ordinaires, mais comme des assassins et des brigands rebelles ».
Robespierre reporta cette pensĂ©e humaniste dans la nouvelle DĂ©claration des Droits de lâHomme et du Citoyen, en en faisant le premier texte normatif, en France, consacrant les droits sociaux, les droits du travail, mais aussi le suffrage universel direct et, surtout : « Le Peuple Français est lâami et lâalliĂ© naturel des peuples libres. Il ne sâimmisce pas dans le gouvernement des autres nations ; il ne souffre pas que les autres nations sâimmiscent dans le sien. Il donne asile aux Ă©trangers bannis de leur patrie pour cause de libertĂ©. »
Nous sommes ainsi bien loin des Ă©tranges attaques visant Ă prĂ©senter le jacobinisme comme une pensĂ©e totalitaire. Certes, Robespierre fut le dirigeant de facto le dirigeant du ComitĂ© de Salut Public, mais de facto ne signifie pas de jure. Il ne saurait ĂȘtre tenu pour le responsable de la Terreur, comme si le ComitĂ© Ă©tait une sorte de cabinet unipersonnel qui aurait permis Ă Robespierre de jouer avec la guillotine seul. Son discours « Gouverner la RĂ©publique » quâil prononça le 10 Mai 1793 est trĂšs explicite Ă ce sujet, et embrasse une vĂ©ritĂ© malheureusement encore en vigueur : « Parcourez lâhistoire, vous verrez partout les magistrats opprimer les citoyens, et le gouvernement dĂ©vorer la souveraineté : les tyrans parlent de sĂ©dition, le peuple se plaint de la tyrannie ; quand le peuple ose se plaindre, ce qui arrive lorsque lâexcĂšs de lâoppression lui rend son Ă©nergie et son indĂ©pendance. PlĂ»t Ă Dieu quâil pĂ»t les conserver toujours ! Mais le rĂšgne du peuple est dâun jour, celui des tyrans embrase la durĂ©e des siĂšcles. »
Bien sĂ»r, nous voyons dĂ©jĂ les rĂ©pliques visant Ă dire que Robespierre aurait mieux fait de sâappliquer ses propres principes. Cependant, ces gens savent-ils que sous la premiĂšre RĂ©publique, lâAssemblĂ©e Nationale siĂ©geait en permanence et ne pouvait ĂȘtre dissoute ? Savent-ils que câest prĂ©cisĂ©ment ce rĂšgne du lĂ©gislateur vĂ©nal et cupide, attachĂ© au pouvoir, que Robespierre dĂ©nonce dans son discours ? Que ce fut Danton, initiateur du Tribunal RĂ©volutionnaire et entrĂ© alors en conflit ouvert contre Robespierre, qui affirmait que "le Tribunal RĂ©volutionnaire ne [travaillait] pas assez ! Je demande une tĂȘte par jour !" ? Non, ils se confortent dans la douce vision thermidorienne le dĂ©peignant comme un monstre, seul responsable de la Terreur. Mais pourquoi un tel tyran ferait un discours contre la peine de mort, abolirait lâesclavage, ou consacrerait les premiers droits sociaux dans son projet constitutionnel ? Câest lĂ une question que trop peu se posent, Ă lâinstar de celle sur la crĂ©ation des dĂ©partements. Si les jacobinsĂ©taient des ĂȘtres animĂ©s par lâĂ©crasement Ă©tatique, lâeffacement des cultures locales, pourquoi auraient-ils cassĂ© ces gigantesques baronnies locales au profit de petites circonscriptions ?
La rĂ©ponse effraierait les audacieux antijacobins qui se la poseraient, parce quâils se rendraient compte de la grossiĂšretĂ© de leur erreur. Ils prendraient non seulement conscience que la crĂ©ation de ces « mĂ©ga-rĂ©gions » nâa rien de jacobin, mais quâelles en sont le nĂ©gatif, car elles ont vocation Ă diluer les citoyens dans des arĂ©opages oĂč ils ne se reconnaĂźtraient plus, oĂč ils ne pourraient plus apprĂ©hender les organismes dĂ©cisionnels, bref, oĂč lâon trouverait des reprĂ©sentants sans reprĂ©sentativitĂ©.
Câest pourtant ainsi que fonctionne le terrorisme intellectuel qui cherche Ă nous manipuler, et qui atteint son point dâorgue en Alsace. Cette rĂ©gion, qui a eu la particularitĂ© dâavoir un rĂ©fĂ©rendum lâan dernier qui rejeta la disparition du dĂ©partement, comporte une caste politique qui est parvenue Ă pousser les Alsaciens Ă la manifestation contre leur propre dĂ©cision, et leur propre intĂ©rĂȘt, en attisant les peurs et les vieux dĂ©mons rĂ©gionalistes. VoilĂ le vĂ©ritable ennemi du peuple, celui que Robespierre dĂ©nonçait le 10 Mai 1793, ceux dont Pasolini disait: « Si quelquâun accepte, dans un esprit rĂ©aliste, une transformation qui nâest que rĂ©gression et dĂ©gradation, cela veut dire quâil nâaime pas ceux qui subissent cette rĂ©gression et dĂ©gradation, câest-Ă -dire les hommes en chair et en os qui lâentourent. »
Par Fabrizio Tribuzio-Bugatti.
Résistance alsacienne contre la disparition des départements
Sortie des troupes du Général BarbanÚgre de la Forteresse de Huningue lors de son troisiÚme siÚge, en 1815.
« Huningue (28/07/1815-26/08/1815) : Le GĂ©nĂ©ral Joseph BarbanĂšgre qui commande la garnison de Huningue( 100 canonniers, 30 isolĂ©s, 5 gendarmes, 140 retraitĂ©s et 120 douaniers, en tout 395 hommes) refuse de reconnaĂźtre lâarmistice et il est assiĂ©gĂ© Ă partir du 28 juillet 1815 par les troupes de lâArchiduc Jean (15 000 hommes). Le 14 aoĂ»t, la tranchĂ©e est ouverte et 176 piĂšces mettent le feu Ă la ville sans intimider la garnison. SommĂ© de se rendre au nom de Louis XVIII, BarbanĂšgre arbore le drapeau blanc mais refuse de livrer la place Ă lâĂ©tranger. Finalement, il capitule le 26 aoĂ»t sous la condition que la garnison ira rejoindre lâarmĂ©e de la Loire. Une centaine dâhommes valides, reste de la garnison, dĂ©file fiĂšrement devant lâArchiduc Jean et les Autrichiens stupĂ©faits. »
â Alain Pigeard, Dictionnaire des batailles de NapolĂ©on : 1796-1815
"La République une et indivisible, c'est notre royaume de France"
Charles Péguy in l'Argent
On lâentend plus que jamais, scandĂ© par toute la smala politicienne et repris par toutes leurs cohortes de lobotomisĂ©s : « LâEurope, câest la paix ! ». Sâensuit quelques variantes, histoire de montrer quâon sait utiliser les antonymes : « La nation, câest la guerre ! », ou le coup du manichĂ©isme...

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Lâanalyse de cet Ă©vĂ©nement historique possĂšde une actualité ; elle ouvre Ă©galement des perspectives. Le combat pour lâĂ©galitĂ© reste toujours une urgence au moment oĂč tous les rapports notent lâaccroissement des inĂ©galitĂ©s sociales et territoriales. Pour cela, les thermidoriens dâaujourdâhui, câest-Ă -dire les rĂ©actionnaires et les oligarques de tout poil, sont Ă lâĆuvre. Ils ont, pour parvenir Ă leur dessein, mobilisĂ© la notion dâĂ©quitĂ©.