Ăa fait longtemps que je nâai pas fait de soirĂ©e. S a pu me faire venir dans une oĂč il Ă©tait invitĂ©. Rendez-vous Ă 19h Ă Saint-Eloi pour porter les courses. Le tram nâest pas bloquĂ©. Pourtant il y a eĂ»t une manifestation aujourdâhui. Que je devais couvrir.
Bon, câest le lendemain. Ce qui signifie bilan et mal de crĂąne. Alors il y avait de lâalcool. Pas mal dâalcool. De la vodka, du rhum, du pastis, des biĂšres. En somme, tout ce qui faut pour faire du gonzo.
Jâai suivit un dĂ©bat entre une personne se revendiquant non-binaire et un rĂ©serviste. Chacun est restĂ© sur ses positions. De plus, ils Ă©taient Ă cĂŽtĂ© des enceintes crachant du rap de jeune trĂšs sombre. Bref, peu dâintĂ©rĂȘt. Surtout que la personne non-binaire a fini bourrĂ©e Ă pleurer dans un coin.Â
Les dĂ©bats nâĂ©taient pas le fort des personnes prĂ©sentes. Lâobjectif câĂ©tait la dĂ©fonce. Je me souvient dâun dĂ©bat sur lâutilitĂ© des dĂ©bats. StĂ©rile.Â
Jâai suivit S, mais je sentais bien que vers minuit il sâennuyait. Ce fut dâailleurs Ă cet instant que la soirĂ©e sâest fracturĂ©e. Le voisin a demandĂ© Ă ce que le son soit baissĂ©. Trois groupe se sont crĂ©es. Un dans le garage, avec les enceintes. Un autre dans la cuisine avec le shit et les gnocchis. Et un dernier qui circulait entre les deux.
Jâai filmĂ© un peu, ça rendait les gens nerveux. Il y a tout de mĂȘme de belles images. Mais Ă partir de cette fracture, lâambiance sâest rĂ©duite. Les gens Ă©taient bourrĂ©s, dĂ©foncĂ©s, et le plus souvent les deux en mĂȘme temps. Les dĂ©bats ne gagnĂšrent pas en intĂ©rĂȘt. CâĂ©tait drĂŽle, pas plus.Â
S est partit vers 1h. Jâai attendu de tirer une derniĂšre latte avant de partir moi aussi. A Montpellier, les trams arrĂȘtent de circuler vers minuit ou 1h le week end, et reprennent Ă 6h. JâĂ©tais garĂ© vers la Gare Saint-Roch. La maison Ă©tait vers Paul-ValĂ©ry. Ce qui signifiait que jâĂ©tais Ă lâopposĂ©.
Je me suis trompĂ© trois fois de route. Puis ce fut une ligne droite, facile. Jâavais soif mais je nâavait que du gin et de la vodka dans mon sac. Le souvenir de mon dernier gnocchi câĂ©tait effacĂ©. Je reconnais nĂ©anmoins que câĂ©tait une merveilleuse idĂ©e.
Montpellier, les rues dĂ©sertes câest autre chose. Comme si la ville ne cachait ses imperfections par des excĂ©dants de populations. Rien ne semble rĂ©el, sans ĂȘtre artificiel. De toutes façons, rien ne pouvait ĂȘtre aussi faux que ces soirĂ©es.
Tout le monde finit par ĂȘtre déçu sur lâinstant. Tout en gardant un bon souvenir par la suite. Comment vouloir recommencer aussi rĂ©guliĂšrement? Sâamuse-t-on vraiment en jouant ce personnage de jeune cool? Si le gens restaient eux-mĂȘmes, seraient-ils gĂȘnĂ©s que je les filme?
MĂȘme si cela ressemble Ă son opposĂ©, nous sommes pleinement encrĂ© dans la sociĂ©tĂ©. La norme, ce concept si simple mais inaccessible, si reconnaissable mais inodore, si effacĂ© mais qui pourtant nous domine.