Paradoxe encore, paradoxe toujours...
Ah ce brave prêtre dans le très bon film Roma Città Aperta (Roberto Rossellini) qui, pour sauver sa foi, déclare à un moment à une résistante comme lui, qui n’en peut plus de cet interminable régime fasciste/nazi, que si Jésus "n'intervient pas" c´est en guise d'épreuve pour les pêcheurs, dont il fait partie (généreusement)... à moins que le besoin du sentiment d'amour pour le Père et le Fils n'"oblige" à y croire, quitte à s'en faire une drôle d'image... ou bien encore qu'il n’ait peur pour ce qu'il deviendra après cette vie (mais à nouveau l'image de Dieu ?), ou bien peut être tout ça à la fois. D'autres déclinerons leur besoin de foi d'une autre façon, identifiant Jésus au persécuté...
Si cela nous soutient de croire, pour donner un sens à nos épreuves, un sens de punition, c'est compréhensible ; mais essayons tout de même de nous hisser au-dessus de cela, oui nous-même, et n'entretenons pas des idées improbables, car ça pourrait fort bien finir par nous faire penser n'importe comment !
Si l’on ne peut réellement faire sens de l’Histoire, du présent, du « nous » même, il ne reste plus que l’agir ou non, en quoi l’on pourra se dissoudre uniquement (pas trouver le bonheur) : l’éthique au sein d’un non-monde, l’absolu par silence absolu (*), où se joue ma subjectivité malgré tout, et qui n’est pas chose simple à décrire.
(*) Et non pas je-ne-sais-quel bricolage mental « intermédiaire » pseudo-concevable entre deux versions d’une object-ité définitivement bancale, qu’elle soit avec ou sans Dieu. Une absolue assomption d’une intrication incontournable dans le relatif, mais qui interdit de croire vraiment dans la lune, au sens où l’aurait voulu Einstein (qui du reste a eu raison d’exiger une démonstration claire de ses torts). La lune est par contre indissociable, comme moi-même, d’un monde apparent. « Moi-même » est indissociable d’une subjectivité, qu’elle soit avide de représentation, émotion, connaissance, expérience, implication, action…