Meet your food : Ă quoi ressemblent les aliments dans leur habitat naturel ?
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French Startup Grows Fresh Strawberries in Recycled Shipping Containers
âBeans from New Zealand, strawberries from Spain, Tomatoes from Morocco. Fruits and vegetables travel more than you. But unlike you, they donât enjoy it.â This simple and amusing observation is at the heart of the French startup Agricoolâs mission: to bring affordable, healthy, and locally-grown produce to urban centers.
The young co-founders Guillaume Fourdinier and Gonzague Gru are the sons of French farmers. Like the birth of most startups, their idea sprang from frustration with the status quo. âWhen we moved to Paris for school, we couldnât find food that tasted like the food from home,â says Guillaume. âEspecially strawberries.â
Even the strawberries grown in the Brittany region of France, just three hours from Paris, didnât taste right. âEverything grown in France goes through Rungis (the Paris wholesale market), so there is too much time spent in transportation, storage, and packagingâŠall of the compromises are made on taste.â
Using what they learned studying agriculture and business, they searched for a way to produce affordable, tasty, and healthy food right in the city. To maximize efficiency, profitability, and urban space constraints, they focused on plant density and absolute control of the environment. âIf you want affordable strawberries in the city you have to grow denseâas many as possible in a small space,â says Guillaume.
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Une source d'inspiration pour les petites et moyennes villes françaises, de plus en plus désertées au profit des périphéries et de leurs complexes commerciaux.
Fleurs coupées et bonnes pratiques
En Ă©cho Ă lâarticle que jâavais rĂ©digĂ© suite Ă mon expĂ©rience dans une exploitation florale en Australie, jâaimerais en partager un de La ruche qui dit oui ! Il fait Ă©tat de la situation en France, Ă savoir que 72% des importations de fleurs viennent des Pays-Bas, 9% dâEthiopie et 8% du Kenya. Cela soulĂšve le problĂšme de lâempreinte carbone liĂ©e Ă leur transport mais aussi celui de leurs conditions de production (pesticides et main dâĆuvre exploitĂ©e). En outre, il rĂ©vĂšle lâhĂ©gĂ©monie de la Hollande qui contrĂŽle aujourdâhui la majoritĂ© de la production, y compris de bulbes et semences. Il est ainsi trĂšs difficile pour un producteur de fleurs français de sâapprovisionner localement.
Image dâĂ©pinal : un champ de tulipes en Hollande
Quant aux habitudes dâachat des français - si je me rĂ©fĂšre Ă la source donnĂ©e - elles donnent la part belle Ă la grande distribution. Ce segment est en progression et reprĂ©sente en gros un tiers des achats.
Lâarticle recense par ailleurs les labels et certifications, qui existent mais restent peu connus du grand public : Plante Bleue, Fleurs de France, Max Havelaar...
A la lecture de cet Ă©tat des lieux, je constate quâĂ lâinstar de lâAustralie, le marchĂ© français est encore opaque ; peu dâinformations fournies aux consommateurs, une offre âresponsableâ limitĂ©e et accessible sous rĂ©serve de recherches et dâinvestigations sur les certifications existantes, une origine 100% France rare. Par ailleurs, il est intĂ©ressant de noter que les grandes surfaces contrĂŽlent majoritairement la distribution de ce produit non alimentaire, dans un pays oĂč lâartisanat joue un rĂŽle Ă©conomique important (âpremiĂšre entreprise de Franceâ).
Alors que la consommation de fleurs est culturellement bien ancrĂ©e et reprĂ©sente un volume important (45 millions de fleurs coupĂ©es en 2014), il me semble urgent que lâon sâattaque sĂ©rieusement Ă ses enjeux de production et de distribution. Au mĂȘme titre que les dĂ©marches rĂ©centes entreprises dans le domaine de lâalimentation et de lâagriculture pour plus de transparence, dâencadrement rĂ©glementaire et de stimulation Ă©conomique locale, un mouvement similaire au pays des fleurs me semble nĂ©cessaire. Il est temps dâinformer les consommateurs-citoyens sur la rĂ©alitĂ© environnementale et Ă©conomique qui se cache derriĂšre un bouquet ou une gerbe funĂ©raire. Il est temps de leur donner les moyens et les clĂ©s pour choisir, dans ce domaine Ă©galement, les produits qui sont en accord avec ses choix de consommation et ses convictions. Lâexpression consacrĂ©e dit quâaujourdâhui ânous votons avec notre porte-monnaieâ, mais on peut aussi le dire avec des fleurs.
Source : âLe choix Ă©pineux des fleurs coupĂ©esâ sur le blog de La ruche qui dit oui !
VoilĂ un domaine oĂč nous avons tous un rĂŽle Ă jouer. La plus grande partie du gaspillage alimentaire est gĂ©nĂ©rĂ© au niveau individuel. Avec quelques actions et rĂ©flexes simples, il est facile dâinverser la tendance. (source)
Quelques sources pour des informations et conseils pratiques :
ZeroWaste France
ADEME
âDes gaz Ă effet de serre dans mon assietteâ par le rĂ©seau Action Climat-France

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Selamat Makan Bali!
Plus dâun mois que je prends en photo mes repas, les marchĂ©s, les vendeurs de rue, les Ă©tals de fruits. Je commence Ă savoir ce que jâaime (ou pas), le nom des aliments en indonĂ©sien et mĂȘme Ă rĂ©pondre âun peu ouiâ quand on me demande âspicy?â. Pour moi la culture culinaire asiatique est une dĂ©couverte totale. En choisissant lâIndonĂ©sie, jâai ouvert la porte de lâAsie par le sud. Un avant-goĂ»t tropical.
Au delĂ des produits et des saveurs, je dĂ©couvre les vendeurs de rue, les scooters-garde manger-cuisine dâappoint, les arriĂšres boutique qui feraient faire des cauchemars Ă un inspecteur de lâhygiĂšne. AmusĂ©e, les yeux grands ouverts et souvent la bave aux lĂšvres, jâobserve avec rĂ©gal ce petit monde sâagiter.
Warung et street food
Sur lâĂźle on trouve deux types de restauration traditionnels : la warung, petit restaurant basique servant une sĂ©lection de spĂ©cialitĂ©s, et la street food - la plupart du temps un mini kiosque quâon dĂ©place en scooter et quâon arrĂȘte au bord de la route. On y prĂ©pare bakso ayam (soupe aux boulettes de poulet), fried chicken, nasi goreng (riz frit). Entre les deux, on trouve des cabanes, ou petites structures en bambou le long des routes, oĂč les propriĂ©taires apportent nourriture et Ă©quipement tous les jours.
Un âentre-deuxâ Ă Amed.
A lâopposĂ© du rituel Ă la Française (3 repas par jour, Ă table, avec plusieurs plats), les IndonĂ©siens mangent Ă nâimporte quel moment de la journĂ©e. Le snacking fait partie intĂ©grante de la culture culinaire locale. On sâarrĂȘte pour un acheter un petit paquet de cacahouĂštes, de tempeh ou cassava frits ou quelques fruits. Il nây a pas de table dans les maisons, on prend le repas Ă lâextĂ©rieur assis en tailleur sur une grande natte. Lâaliment que lâon prĂ©pare quotidiennement câest le riz. A la fois base de chaque repas mais aussi des offrandes que lâon fait au temple.
Un déjeuner traditionnel composé de lawars, jackfruit et.. riz!
Dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on vit dehors Ă Bali. Merci au climat tropical ! On sâarrĂȘte Ă la warung lokal pour boire un cafĂ©, acheter des nouilles, parler avec les voisins. Dans le compound familial, lâespace commun est dans le jardin. Les femmes y prĂ©parent les offrandes, les enfants jouent, on y mange.
Bali food
Le nasi campur est le classique de la street food. Sur une base de riz on ajoute ce que lâon veut parmi la sĂ©lection de plats proposĂ©s. LĂ©gumes, tofu, tempeh, poulet, poisson.. Le tout est enveloppĂ© dans une feuille de papier pliĂ©e en cĂŽne quâon emporte. Un repas pour 10-15000RP (moins dâun euro).
Nasi Campur vĂ©gĂ©tarien amĂ©liorĂ© Ă Dayuâs Warung. Mon adresse prĂ©fĂ©rĂ©e Ă Ubud.
Je nâai essayĂ© que les spĂ©cialitĂ©s vĂ©gĂ©tariennes donc je ne peux pas mâĂ©tendre sur le babi guling (suckling pig), bebek tutu (canard marinĂ© et fumĂ©) ou les satay (brochettes). Les Balinais, et IndonĂ©siens in extenso, sont de gros consommateurs de viande. Il y en a partout. Mieux vaut spĂ©cifier âvegetarianâ lorsquâon commande un plat sinon on se retrouve facilement avec des lĂ©gumes parsemĂ©s de miettes de viande de porc (lâexpĂ©rience parle).
Outre le nasi goreng (riz frit avec des lĂ©gumes) ou mie goreng (la mĂȘme chose avec des nouilles), un plat que jâaime tout particuliĂšrement câest le gado gado : des lĂ©gumes sautĂ©s dans une sauce Ă la cacahouĂšte un peu sucrĂ©e.
Lâembarras du choix Ă 9 Warung. On se sert parmi les plats exclusivement vĂ©gĂ©tariens et vegan. A 3000RP la cuillĂšre, on peut diner pour moins de 2euros. Le systĂšme du restaurant est basĂ© sur la confiance, Ă chacun de payer sa note en laissant la monnaie sur la table, puis de laver soi-mĂȘme son assiette.
A Padang Bai, jâai essayĂ© le martabak. Une sorte de crĂȘpe remplie au choix dâomelette aux lĂ©gumes ou dâoptions viandardes. Pardonnez-moi cet horrible montage photo mais jâai capturĂ© chaque Ă©tape et je voulais condenser le tout en petit format. Le rĂ©sultat nâest pas trĂšs qualitatif mais je nâavais pas plus de temps Ă y consacrer :)
Bonheur, la plupart des warungs proposent des jus de fruit frais pour presque rien. On en trouve un peu partout dans les villages ou sur les marchés également. Papaye, pastÚque, mangue, banane..
Les fruits sont dâailleurs incroyables Ă Bali. Je nâai jamais vu autant de sortes diffĂ©rentes de mangues ou bananes. Il y aussi le corossol (soursop) au lĂ©ger goĂ»t de yaourt dĂ» Ă la fermentation, le jackfruit dĂ©couvert en Australie mais que lâon mange aussi ici en plat. Le fruit se cueille avant maturitĂ© pour ĂȘtre bouilli dans de lâeau. On lâintĂšgre ensuite Ă un plat en sauce. Le rĂ©sultat est vraiment surprenant car la texture ferme et filandreuse Ă©voque... la viande. Câest donc une super alternative vĂ©gĂ©tarienne. Jâimagine facilement un sautĂ© de jackfruit aux olives ou un jacfruit bourguignon. Jusquâau bout de la fusion food.
Il y a aussi les chokos que jâai vu prĂ©parĂ©s en soupe avec du lait de coco. Les aubergines japonaises (longues) sont Ă©galement dĂ©licieuses.
Jâaurais beaucoup plus Ă dire sur la cuisine Balinaise mais je vous laisse le plaisir de la dĂ©couvrir lors dâun voyage (et puis le dĂźner approche :p). Je laisse place aux images.
Poisson grillé sur la plage de Padang Bai
DĂ©jeuner 100% champignons chez Shintaâs mushroom warung. Pad thai oyster mushrooms et satay champignon-coco. Le jamu est une boisson locale Ă base de tamarin et curcuma. Shinta vient de Java. Elle produit les champignons dans sa ferme biologique Ă cĂŽtĂ© dâUbud oĂč elle apprend aux femmes du village comment les produire elles-mĂȘmes pour quâelles puissent dĂ©velopper une source de revenus.
The delicate art of making coconut oil đŽ Step 6: Skimming the first batch #bali #travel #coco #homemade (at Desa Taman , Abiansemal , Badung)
Wenâs permaculture garden in Ubud
During an open permaculture day, everyone helped building the nurseryâs bamboo structure. Except for a bit of rope and plastic in the ground, itâs all made from natural material and sweat :) The other advantage is itâs a non permanent structure so itâs easy to uninstall if you ever need to do so. I like the idea of temporary human construction. No definitive scar on the land.
The banana circle : a productive fruit ring around a hole capturing rain water and filled with green mulch materials that will break into compost.
Itâs an important design of tropical permaculture. It has various interesting functions especially the use of grey water or run-off water combined to the use of organic waste. The bananas are hungry and thirsty plants so theyâll feed from the green compost while benefiting from the moisture of the soil.
The concept is to plant out thickly around the circle to maximise food production and make sure all the nutrients are used.
In addition to papayas and bananas, thereâs cassava which support drier conditions, tropical grasses (lemongrass, comfrey, citronella) that offer some pest control and can be chopped and thrown on the pile, baya merah (red amaranth) that provides ground cover, sunflowers...
More info
Wen planted numerous kinds of plants in his garden: sunflowers, comfrey, lemongrass and citronella, Sauropus Androgynous (tropical asparagus, sweet leaf), QLD arrowroot, pumpkin, watermelon, kale, spinach... Refering to the Wallace line which divides Australian and South-East Asian fauna (and flora) and goes between Bali and Lombok.
Wen facebook page
Introducing the "mud socks" BALI dry season 2015 Ecofriendly collection Permaculture designed 100% biodegradable đ± Get yours now for FREE!! đ± #bali #sustainablefashion #permaculture #farmlife
Laissez moi manger en paix. Ou pourquoi ĂȘtre un consommateur Ă©clairĂ© ruine parfois le plus important : le plaisir.
Je nâavais jamais entendu parlĂ© de cet ingrĂ©dient mystĂšre. Le carragenan est un additif naturel utilisĂ© par lâindustrie alimentaire, y compris certifiĂ©e âbioâ.
Or cet additif est suspecté de favoriser certains troubles digestifs et serait également mis en cause dans des cas de cancer du cÎlon. Lire le rapport de Cornupia à ce sujet.
Ma premiĂšre rĂ©action en lisant un article sur le sujet : si on doit se mĂ©fier de tout, y compris des aliments pourtant certifiĂ©s bio, Ă qui faire confiance ? Ătre un consommateur conscient et informĂ© demande de plus en plus dâattention, de recherches, de lectures. En bref, de temps et dâĂ©nergie. Câest presque un travail Ă temps plein. DĂ©crypter les Ă©tiquettes, les listes dâingrĂ©dients, lâorigine des matiĂšres premiĂšres, leurs conditions de production, les certifications et labels, se mĂ©fier des tendances, ĂȘtre Ă lâĂ©coute des polĂ©miques sans succomber Ă la paranoĂŻa...
On en oublierait presque que manger est aussi un plaisir, une source de joie, une dĂ©claration dâamour, partagĂ©e ou en solitaire, Ă notre planĂšte et ses trĂ©sors. Jâai un rĂȘve, tout simple. Celui de pouvoir me rĂ©galer sans culpabilitĂ©, dĂ©barrassĂ©e des dictats de lâindustrie florissante du bien-ĂȘtre (non je nâai pas vĂ©rifiĂ© la charge alcaline ou les micro-nutriments de mon dĂ©jeuner). De pouvoir choisir mes aliments sans me poser de questions, parce que je peux faire confiance Ă la source. Et de ne plus vivre une alimentation saine comme un combat permanent. Combat contre lâindustrie agro-alimentaire et ses lobbies qui placent la santĂ© du consommateur et lâenvironnement derriĂšre le profit, combat contre lâappel du marketing qui tente de nous sĂ©duire dĂšs le plus jeune Ăąge, contre les gurus du bien-ĂȘtre et cette industrie qui nous vend chaque jour un nouveau produit miracle, une nouvelle formule soit-disant ancestrale ou un super-aliment rare et cher sensĂ© ĂȘtre essentiel pour notre santĂ©.
Jâaimerais juste manger en paix, avec ma conscience, avec mon corps et avec lâenvironnement.

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Selamat pagi! Kopi Bali Selahkan âïž #haveagoodday #bali #balifood
Lâenvers du bouquet : une agro-industrie qui ne sent pas la rose
Vous vous ĂȘtes dĂ©jĂ sĂ©rieusement demandĂ©s dâoĂč venait le bouquet de tulipes ou de renoncules que vous achetez chez le fleuriste Ă chaque fĂȘte des mĂšres ? Et les fleurs en pots bon marchĂ© quâon trouve parfois prĂšs des caisses dans les supermarchĂ©s ou en bout de parcours chez Ikea ?
Moi non plus. Autant jâattache dĂ©sormais la plus grande attention Ă la provenance de mes aliments et jâessaie dâavoir une consommation aussi responsable que possible, autant les fleurs ne sont jamais rentrĂ©es dans le champ de mes considĂ©rations. En tous cas en en leur qualitĂ© de produit de consommation quotidienne produit par lâindustrie agricole.
Et puis, jâai brutalement reçu la rĂ©alitĂ© dans la face â tel une volĂ©e de bois vert si vous me permettez le jeu de mots â quand jâai commencĂ© Ă travailler dans une exploitation florale en Australie.
Jâai contactĂ© la ferme suite Ă une petite annonce postĂ©e sur gumtree (sorte de leboncoin anglophone). AprĂšs un bref coup de tĂ©lĂ©phone, le deal Ă©tait passé : jâallais les rejoindre trois jours plus tard pour travailler en tant que âpickerâ, payĂ© 21$/h. Une aubaine !
Je dĂ©barque donc un lundi matin dâaoĂ»t (lâhiver en Australie) Ă Wyee, minuscule bourgade Ă 1h au nord de Sydney. TrĂšs vite ma gorge commence Ă me gratter, jâai lâimpression que ce que je viens dâavaler ne passe pas. Â
En discutant avec dâautres je soulĂšve la question de la paie. En rĂ©alitĂ©, nous sommes payĂ©s au « bucket », câest Ă dire au nombre de seau que lâon remplit par heure. Pour atteindre son score, il faut remplir 18 seaux par heure, soit 108 bouquets, soit presque deux bouquets par minute.
Je me couche dépitée, mes espoirs de fortune facile réduit en cendres et toujours cette amande qui ne passe pas.
Le passage entre les lits de fleurs parfois difficile. Un pied devant lâautre, en Ă©quilibre sur un tuyau, les jambes et bras souvent Ă©gratignĂ©s par un bout de fil de fer qui dĂ©passe.
Le lendemain je vĂ©cu sans doute la journĂ©e la plus intense de mon sĂ©jour. RĂ©veil Ă 6h le nez complĂštement bouchĂ©, la gorge qui fait mal, les membres engourdis : je suis malade. Pas le temps de rĂ©flĂ©chir, on part en direction des serres. Jâai pris avec moi le strict minimum, de lâeau, un encas et le matĂ©riel quâon vient de me donner: un sac-banane en cuir rempli Ă ras bord dâĂ©lastiques et un couteau.
Au bout de 3 heures, la moiteur et la chaleur ont atteint leur paroxysme dans la serre.  Et moi je suis en plein accĂšs de fiĂšvre, malade pour de bon. Je bataille contre mon envie de tout arrĂȘter et de me laisser fondre sur le sol en pestant et me lamentant trĂšs fort (câest gĂ©nĂ©ralement ce que je fais). Le tout en essayant maladroitement de me dĂ©barrasser du liquide qui coule sans cesse de mon nez, sans utiliser mes mains trop occupĂ©es Ă couper des fleurs Ă la chaĂźne. Â
Le mensonge originel du « flat rate »
On mâavait avertie quâil fallait deux bonnes semaines pour atteindre son score et donc ne pas perdre dâargent. Perdre de lâargent, oui. Car le systĂšme de dĂ©compte est des plus frustrants et cruels. A la fin de chaque journĂ©e, on remplit sa feuille dâheures. Passe ensuite un des trucker boys - ceux qui ont la lourde tĂąche de rĂ©colter tous les bouquets, les compter puis les acheminer Ă lâatelier oĂč ils seront emballĂ©s ou stocker dans les immenses chambres froides ; et ce une bonne dizaine de fois par jour. Le trucker boy note combien de bouquets chacun a prĂ©parĂ© et son Ă©quivalent en heure. En gros, tu peux avoir travaillĂ© 8 heures et avoir seulement ramassĂ© lâĂ©quivalent de 6h.  Il notera donc -2 et tu vois virtuellement 2 heures de travail (et de paie) sâenvoler devant tes yeux.
Ăa se passe comme ça peu prĂšs dans toutes les fermes, en tous cas lorsquâil sâagit de picking. La paie se mesure au nombre de « buckets », de « bins », de « trays » ramassĂ©s. Ce nâest pas spĂ©cialement injuste, il faut bien que les employĂ©s aient la motivation dâaller vite et dâĂȘtre productifs. Mais lĂ oĂč le systĂšme est pipĂ©, câest que si tu ramasses plus que ton « score », tu ne gagnes pas dâargent en plus. Câest en quelque sorte une paie Ă la performance, mais avec plafond.
Un feu qui tourne mal. La direction du vent a été mésestimée. Les flammes gagnent dangereusement les serres. Il sera vite éteint. Apparemment ce genre de feux ont lieu réguliÚrement, pour brûler les déchets.
La ferme qui voulait faire pousser des fleurs en plastique
Le paradoxe de la fleur parfaite rĂ©sume celui de lâagriculture conventionnelle. A rechercher une plante sans dĂ©fauts, normĂ©e et strictement identique, on crĂ©er un monstre qui nâexiste pas vraiment dans la nature. Un monstre en papier mĂąchĂ©, fragile et vulnĂ©rable, pour lequel il faut redoubler dâattention, de traitements chimiques et de stĂ©rilisation pour sâassurer quâil arrive Ă son terme.
Pour commencer, il faut prĂ©parer la terre dans chaque serre. Retirer les bulbes de la prĂ©cĂ©dente rĂ©colte, apporter de la terre fraĂźche, et la stĂ©riliser. On rend la terre vierge. Une hĂ©rĂ©sie. Le processus implique de recouvrir le lit dâune large bĂąche sous laquelle on injecte de la vapeur Ă ultra haute tempĂ©rature pendant 6h. Le mĂ©canisme est motorisĂ©, lâeau est propulsĂ©e depuis une citerne.
[petit rappel sur les caractéristiques du sol]
Une serre de gerberas. Ces fleurs doivent ĂȘtre coupĂ©es Ă la main et sans gants. Provoquant douleurs lombaires intenses et multiples ampoules aux mains
On ajoute Ă la terre toutes sortes de minĂ©raux et dâengrais loin dâĂȘtre naturels, pour la « doper ». Je ne vois pas dâautres mois, puisquâil sâagit de dĂ©cupler artificiellement ses performances.
Les planteurs sâoccupent ensuite de planter les bulbes dans la terre, plusieurs dizaines de milliers par serre. Un travail extrĂȘmement fatiguant qui se fait Ă genoux ou accroupi et payĂ© au « tray ».
Tout au long de la pousse des fleurs il faudra surveiller leur Ă©tat et les asperger de dĂ©sherbant et autres pesticides. LâĂ©quipe de maintenance entre alors en scĂšne et sâoccupe du spray. VĂȘtus dâun uniforme protecteur orange fluo et de masques, ils rĂ©pandent le produit.  AprĂšs cette opĂ©ration, la serre est infrĂ©quentable pendant deux jours. On mâa rapportĂ© que certains employĂ©s restent malades plusieurs jours aprĂšs avoir passĂ© le spray. Tout va bien.
Une des grandes serres. On aperçoit un ventilateur et la structure de lâarrosage automatique. Dans ces serres poussent les Orientales, des fleurs relativement fragiles qui reçoivent plus de pesticides.
Jâai voulu prendre des photos des produits mais je nâai pas Ă©tĂ© assez tenace. Jâaurais pu utiliser un ou deux dimanches pour me balader dans la ferme Ă la recherche de preuves mais la plupart du temps jâĂ©tais juste Ă©puisĂ©e de ma semaine et jâavais envie de tout sauf de me replonger dans le dĂ©cor des autres jours. Jâai nĂ©anmoins remarquĂ© un large bidon de Roundup qui traĂźnait nĂ©gligemment prĂšs de la cuisine. ; disparu avant que jâai pu prendre une photo.
De toute façon, la ferme ne sâen cache pas. Ils utilisent beaucoup de produits chimiques et il y a mĂȘme deux « hazard » points oĂč lâon nous recommande de ne pas trop aller. De mĂȘme, on nous avertis de ne pas utiliser lâeau du robinet car elle contaminĂ©e.
En arriĂšre-plan, la deuxiĂšme mare, oĂč se dĂ©verse lâeau usĂ©e de la premiĂšre. Sur la droite, lâun des hazard point oĂč se trouvent des produits chimiques. Sur la gauche, les chambres rudimentaires en prĂ©fabriquĂ©.
Ah lâeau. VoilĂ quelque chose quâon recycle enfin Ă la ferme ! On nâen perd pas une goutte mĂȘme. Elle se dĂ©place en circuit fermĂ©. Il y a trois Ă©tendues dâeau sur le site. En gros, lâeau usagĂ©e est rejetĂ©e dans une des mares puis se dĂ©verse dans la mare voisine avant de repartir ensuite dans le systĂšme.  Je crois quâune des mares est spĂ©cifiquement destinĂ©e aux rejets toxiques.  Il faut bien de temps en temps nettoyer les tuyaux donc on y verse un produit anti-rouille super agressif qui ressort apparemment sous forme de pĂąte sombre et visqueuse. Les robinets sur le site fournissent quant Ă eux de lâeau dĂ©jĂ chargĂ©e en produits chimiques (si jâai bien compris). VoilĂ donc pourquoi il faut Ă©viter de boire ou cuisiner avec lâeau du robinet.  On prend bien des douches avec mais la peau fait sĂ»rement barriĂšreâŠ
Ăvidemment mon premier jour, arrivant seule dans la cuisine et assoiffĂ©e, jâai rempli ma gourde dâeau du robinet. Je me trompe peut-ĂȘtre mais jâassocie ça et lâair viciĂ© par les produits chimiques et la poussiĂšre au fait que je sois tombĂ©e malade lors de mon arrivĂ©e.  Jâai continuĂ© Ă avoir le nez qui coule pendant un mois. Et une fois arrivĂ©e Ă Melbourne, jâĂ©tais en pleine forme. CâĂ©tait aussi la premiĂšre fois que je tombais malade en 9 mois en Australie.
Un autre mystĂšre est celui des paniers en plastiques dans lesquels sont transportĂ©s les bulbes en terre. Je dĂ©couvre deux ou trois piles comme celle-ci sur lâexploitation. Des tonnes de plastique laissĂ©es Ă lâabandon. Que vont-ils en faire ?
Outre la catastrophe environnementale que reprĂ©sente le traitement de lâeau et des produits chimiques (tout simplement « évacuĂ©s » dans la nature), la consommation Ă©nergĂ©tique de la ferme est dramatique.  Les fleurs sont sensibles aux changements de tempĂ©ratures et pendant la germination la tempĂ©rature doit ĂȘtre Ă©levĂ©e pour favoriser la pousse. Les serres sont donc chauffĂ©es la nuit et parfois la journĂ©e pour certains types de fleurs. Le chauffage est au charbon. Pour alimenter en chaleur les dizaines et dizaines de serres, on remplit les « boilers » de charbon plusieurs fois dans la journĂ©e. Les fours doivent ĂȘtre nettoyĂ©es rĂ©guliĂšrement. Une tĂąche ingrate, salissante et sĂ»rement trĂšs nĂ©faste pour les poumons Ă laquelle se prĂȘtent les employĂ©s de maintenance et les planteurs. A chaque fois, câest littĂ©ralement comme aller Ă la mine. Â
Le « tractor boy » est celui qui est  en charge dâapporter en tracteur le charbon jusquâaux boilers. Il fait des allers retours toute la journĂ©e.
Tout ça pour quoi ? Pour produire de belles fleurs, sans tĂąches, sans feuilles rongĂ©es par les escargots ou autres « pestes » comme on les appelle. En gros reproduire artificiellement et Ă grande Ă©chelle un processus naturel, complĂštement dĂ©connectĂ© de son Ă©cosystĂšme. Je nâai pas dâinformations sur la nature des semences et bulbes mais il y a fort Ă parier quâil sâagisse Ă©galement dâhybrides gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©es. Le rĂ©sultat câest donc de vraies fleurs en plastique, quâon conserve dans de lâeau traitĂ©e au chlore et quâon stocke dans des frigos pour ralentir leur vieillissement.
La principale boiler de la ferme
Le goulag fleuri
Dans les fermes conventionnelles ou fermes-usines oĂč la (mono)culture est intensive, quelle place accorde-t-on Ă lâemployé ? Jâutilise ma propre expĂ©rience pour illustrer mon propos mais la situation est Ă peu prĂšs similaire, et parfois pire, partout en Australie. Les nombreux tĂ©moignages et anecdotes quâon mâa rapportĂ©s en attestent.
Les employĂ©s, principalement des backpackers, jeunes et en bonne santĂ©, sont traitĂ©s comme une commoditĂ©. En gros ils effectuent les gestes quâon ne peut confier Ă une machine ou un produit chimique. Mais on leur accorde la plupart du temps moins de valeur quâĂ ces derniers. Rendement, profit, productivitĂ©. Pas de syndicalisme et encore moins de sentimentalisme. Si tu nâes pas content, tu nâas quâĂ partir et si tu ne peux pas travailler, tu as intĂ©rĂȘt Ă avoir une sacrĂ©e bonne raison. La ferme est rĂ©gie par les humeurs du patron qui passe dans les serres plusieurs fois dans la journĂ©e. Ordres contradictoires, aboiements sâil est mal lunĂ©, licenciement si ce nâest pas son jour. Jâai vu un de mes camarades se faire virer sur le champ parce que ses bouquets nâĂ©taient pas au niveau. Ăa a de quoi vous donner la pĂȘche Ă 8h du matin. Pas de contestation envisageable, sinon câest la porte. Les anecdotes des expulsions passĂ©es quâon me raconte Ă mon arrivĂ©e donnent le ton et me dissuadent aussi sec dâobjecter quoi que ce soit. Une fille sâest fait virĂ©e pour avoir Ă©changĂ© le matelas de sa chambre (qui lui faisait atrocement mal au dos) avec un autre inutilisĂ©. AprĂšs mon dĂ©part, jâapprendrai quâun des planteurs lĂ depuis plusieurs mois sâest fait virer pour une vague embrouille au sujet du nettoyage dâune boiler.
En tant que bon français qui a la contestation sociale et le syndicalisme pour patrimoine, câest presque un choc culturel. Jour de repos supprimé ? Bah quoi, tu veux gagner de lâargent non ? Une demie heure de pause sur une journĂ©e de 11h sans compter les 10 minutes de trajet aller et retour entre la serre et lĂ cuisine : tu veux pas des tickets restaurant non plus ? Et puis te plains pas du matelas, le logement est offert.
A ce titre, la ferme Ă©tait plutĂŽt rĂ©glo. Tant que tu travailles, on te met un toit sur la tĂȘte. Dans la plupart des fermes, lâemployĂ© doit sâacquitter dâun loyer pour avoir la chance dâĂȘtre logĂ© sur lâexploitation. Un loyer Ă©levĂ© (entre 150 et 200 dollars dâaprĂšs quelques tĂ©moignages) dont il faut sâacquitter toutes les semaines, mĂȘme celles oĂč tu nâas presque pas travaillĂ© pour cause dâintempĂ©ries ou de rĂ©colte insuffisante. A titre dâexemple, le loyer hebdomadaire Ă Melbourne est de 200 dollars en moyenne.
Vue matinale sur le nuage noir qui émane de la boiler
Les fermiers Australiens sont Ă©galement tristement rĂ©putĂ©s pour leur racisme. Il prend diffĂ©rentes formes et se manifeste Ă travers les ethnies privilĂ©giĂ©es lors du recrutement. Dans ma ferme, une majoritĂ© dâAllemands (la nationalitĂ© prĂ©fĂ©rĂ©e du patron), de Français et Chiliens. Certains fermiers vont en prioritĂ© recruter des Asiatiques car ils sont « discrets, efficaces et ne parlent pas Anglais».  Dâautres refusent les Français car ils sont « bavards et fainĂ©ants ». Il y a aussi lâhistoire de cette fermiĂšre qui recrute ses employĂ©s en fonction de la sonoritĂ© de leur prĂ©nom.
Je ne veux surtout pas gĂ©nĂ©raliser Ă lâensemble des fermiers. Jâai moi-mĂȘme eu la chance de rencontrer une famille incroyable, gĂ©nĂ©reuse et ouverte lorsque jâĂ©tais en wwoofing dans une ferme biologique. Les gens bien existent partout, et heureusement ! Mais force est de constater que le racisme ordinaire (ou la discrimination si vous prĂ©fĂ©rez) est bien prĂ©sent en Australie, et tout particuliĂšrement chez ces fermiers qui tiennent plus du business man que de lâhomme de la terre.
Et aprÚs ?
Ce que je rapporte est la rĂ©alitĂ© de lâagro-industrie en Australie. Câest la mĂȘme en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays en dĂ©veloppement. MĂȘme si la situation est plus complexe pour ces derniers - je dĂ©velopperai davantage Ă travers mon expĂ©rience Balinaise. Je ne vais pas reprendre le couplet quâon connaĂźt tous sur les consĂ©quences de la rĂ©volution verte et de cette agriculture intensive qui transforme la nature et lâhumain en produits de consommation et de labeur, sans Ă©thique ni valeurs.  Toutefois il faut toujours garder cette rĂ©alitĂ© en tĂȘte, et prendre conscience que chacun de nos gestes de consommateur-citoyens sâinscrit dans un long processus qui nâa rien dâimmuable. Nous ne sommes pas des victimes en bout de chaĂźne, le bec ouvert, prĂȘts Ă passivement recevoir les miettes quâon veut bien nous donner. Nos modes de vie et dĂ©cisions quotidiennes sont tout autant responsables de cette situation que le puissant lobby agro-alimentaire et la course au profit.
Ouvrons nos horizons et essayons dâĂȘtre responsables. Renseignons-nous sur ce que nous consommons (et pas seulement la nourriture),  rĂ©voltons-nous et agissons. Facile Ă dire ? Facile Ă faire aussi. Lâimportant câest de faire un pas, dâentrer en transition. La plupart du temps on fixe lâidĂ©al et il nous semble inatteignable. Qui a dit que le changement devait ĂȘtre radical et immĂ©diat ? Chaque pas  nous rapproche de notre idĂ©al, celui dâune existence oĂč lâon vit en accord avec nos convictions, en faisant le moins de compromis possibles avec notre Ă©thique. Pour ma part, je travaillerai peut-ĂȘtre Ă nouveau dans une ferme conventionnelle lâannĂ©e prochaine, afin de pouvoir ensuite mâinvestir gracieusement sur des projets auxquels je crois.  Mais je nâachĂšterai plus ces plantes uniformes Ă bas prix quâon trouve dans les magasins. DĂ©solĂ©e maman, mais tu nâauras pas de bouquet Ă la prochaine fĂȘte des mĂšres.
When a seed you planted weeks ago ends up growing into something beautiful đ RAINBOW CHARD... from the veggie patch to my salad! đ #organic #farm #veggies #sustainablefarming #byronbay #chard #rainbow (at Lighthouse Organics)
Sunday houmos is now a tradition! Following the delicious Israeli recipe brought here by Carmel đ #wwoofing #farmlunch #houmos #raw #veggies #healthymeal #beteavon (at Lighthouse Organics)
Manger la ville
"Edible Cityâ est un joli documentaire mettant en avant diffĂ©rentes initiatives locales liĂ©es au Good Food movement aux Etats-Unis. Il montre le travail des personnes qui font vivre ces associations et projets communautaires. Quâil sâagisse de fermes urbaines, magasin de proximitĂ© coopĂ©ratif, potagers âsauvagesâ... Leur histoire est inspirante Ă plusieurs titres et offre des pistes dâactions Ă rĂ©pliquer.
Voici un lien pour regarder (gratuitement et légalement) le documentaire
En le visionnant jâai notamment pensĂ© aux jardins communautaires qui se trouvent dans le parc de Tempelhof Ă Berlin. Lors de ma derniĂšre visite jâavais Ă©tĂ© impressionnĂ©e par ce petit havre de paix et de verdure au coeur de la ville. Outre les plants de fruits, lĂ©gumes et fleurs, les habitants y ont ajoutĂ© leur touche personnelle en dĂ©corant et amĂ©nageant lâespace de façon Ă crĂ©er des Ăźlots de sĂ©rĂ©nitĂ© : cabanes en bois, bancs et chaises Ă usage public. Les passants viennent sây reposer et profiter des rayons du soleil en respectant lâespace qui leur est offert. Â
Je me suis demandĂ©e Ă lâĂ©poque si un tel projet serait viable Ă Paris. Les visiteurs respecteraient-ils autant le mobilier et le travail des volontaires ? Un tel espace resterait-il investi par les familles ou deviendrait-il la proie dâautres occupants moins frĂ©quentables ? Je n'ai pu mâempĂȘcher de penser que ce genre dâinitiative sâintĂ©grant trĂšs bien Ă la mentalitĂ© Allemande serait plus difficile Ă recrĂ©er chez nous.
DĂ©sormais je suis convaincue que ces initiatives ont leur place dans nâimporte quelle ville, et ont vocation Ă devenir la norme. A la condition quâelles restent dans les mains des locaux et les intĂšgrent dĂšs la phase de conception. Lorsque je vois des exemples similaires Ă©mergeant au sein de quartiers jugĂ©s difficiles aux Etats-Unis ou au BrĂ©sil (on parle plus de fusillades entre gangs que de trafic de cigarettes), rien ne me semble insurmontable !
Je sais que de nombreux projets locaux existent dĂ©jĂ et que dâautres poussent un peu partout. Câest le signe que quelque chose se passe, que les citoyens aspirent Ă la transition urbaine. Et comme beaucoup, jây vois plein dâespoir et dâopportunitĂ©s.
On peut mĂȘme danser avec les moutons Ă la Ferme du Bonheur Ă Nanterre pendant que la soupe cuit dans le chaudron :-)

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Les deux derniÚres semaines furent intéressantes. Principalement axées sur un élément : le fertilisant naturel. Je me demandais comment celui ci était produit. Il doit bien y avoir quelqu'un s'adonnant a la tùche ingrate de ramasser les déjections animales pour en faire quelque chose. Eh bien oui ! C'est en substance, ce que nous avons fait. Ramasser des bouses (plus ou moins) sÚches, trainer nos sacs de crottes jusqu'à la brouette, réduire celles ci en miettes a l'aide de pelles puis répandre le tout sur le potager. Nous avons aussi répandu a la mano du fertilisant sec sur tous les enclos, ce qui a pris environ deux jours, afin de booster la pousse du seigle. Ces activités ont évidemment donné lieu a un déferlement de blagues et jeux de mots, je vous passe les détails. Bref, des missions de merde ;-) J'ai opté pour une photo non descriptive (de rien) mais qui illustre l'état d'esprit général. Quelques douches et machines à laver plus tard : Fun Times with the poo!
New addition to the farm family! Guinea fowls and geese đ Little Guinea trying to tell us he is thirsty and needs water vs. big Goose taking herself for a snake :-) #farm #gettingcuckoo #byronbay #wwoofing