Me revoilĂ Ă Ă©crire quelques mots. Peut-ĂȘtre parce qu'il est plus facile de poser des mots sur le papier que de les prononcer Ă voix haute.
Aujourd'hui, j'ai vu un médecin. Au-delà du syndrome du cÎlon irritable, qui est souvent le reflet de ce que notre corps n'arrive plus à garder pour lui, il m'a conseillé, avec beaucoup de bienveillance, d'aller voir un psychologue. Pour parler. Pour déposer cette année si compliquée. Pour mettre des mots sur tout ce que j'ai préféré taire.
Pendant des mois, j'ai avalĂ© les coups, serrĂ© les dents, souri, avancé⊠en faisant croire, aux autres comme Ă moi-mĂȘme parfois, que tout allait bien.
Le verdict est tombé : un trouble anxieux bien installé.
Sur le moment, je suis restĂ©e sans voix. Je ne m'attendais pas Ă entendre ces mots. Je crois mĂȘme que je n'Ă©tais pas prĂȘte Ă les accepter. Puis, en y repensant, j'ai compris que mon corps, lui, essayait de me parler depuis longtemps.
Je repense souvent Ă mes annĂ©es en Bourgogne. Ă cette Ă©poque oĂč je pouvais passer des heures plongĂ©e dans un livre, profiter simplement du soleil, partir marcher seule, respirer. Ces petits instants de bonheur me semblent aujourd'hui si loin, comme s'ils appartenaient Ă une autre version de moi.
Alors oui, ce texte est brut. Il est écrit sans détour, sans masque.
J'ai le sentiment d'avoir accumulé tellement de choses que tout remonte aujourd'hui avec une intensité décuplée. Comme une vague que je ne pouvais plus retenir.
Mais peut-ĂȘtre que ce n'est pas seulement le poids de tout ce que j'ai gardĂ© en moi. Peut-ĂȘtre que c'est aussi le dĂ©but de quelque chose. Le moment oĂč, enfin, je cesse de faire semblant. Le moment oĂč j'accepte que je ne peux pas toujours ĂȘtre forte.
Peut-ĂȘtre que, pour la premiĂšre fois depuis longtemps, je m'autorise simplement Ă m'Ă©couter. Et finalement, c'est peut-ĂȘtre lĂ que commence la guĂ©rison.
















