Man is nothing but dust, that means the importance of the duster.
Alexandre Vialatte
Lâhomme nâest que poussiĂšre, Â câest dire lâimportance du plumeau.Â

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Man is nothing but dust, that means the importance of the duster.
Alexandre Vialatte
Lâhomme nâest que poussiĂšre, Â câest dire lâimportance du plumeau.Â

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« La ponctuation, ce nâest pas de lâorthographe, câest de la pensĂ©e. »
#Alexandre Vialatte
RĂ©sumons-nous : câest le printemps
Câest un mois qui commence par un sac Ă malices, oĂč chacun peut puiser selon son Ăąge et son humeur. Il est Ă©tiquetĂ© « poissons dâavril » en capitales dâimprimerie. LâemployĂ© de bureau y cherche un gros cabillaud en papier bristol, quâil accrochera au veston du directeur. Lequel fera semblant de ne pas avoir remarquĂ© la distinction taquine. Il circulera mĂȘme plus que dâhabitude dans les couloirs et les Ă©tages, oĂč il ne rencontrera quâamusement et euphorie. MĂȘme le trĂ©sorier et la caissiĂšre, dâordinaire si rĂ©servĂ©s, ne pourront rĂ©primer un sourire, quand il aura le dos tournĂ©.Â
Et que fait la presse ? Comme chaque annĂ©e, elle sâingĂ©nie Ă inventer quelque fausse nouvelle. Laquelle doit tout de mĂȘme rester assez vraisemblable pour que lâabonnĂ© crĂ©dule morde Ă lâhameçon. Rien ne servirait dâexagĂ©rer le bobard improbable, qui serait tout de suite pris pour ce quâil est. Câest ainsi quâon Ă©crirait en vain que le gouvernement va supprimer le contrĂŽle fiscal, que telle vedette de lâĂ©cran ne boira plus que de lâeau claire, voire que le pape sâest mariĂ© en grandes pompes. VoilĂ en effet des dĂ©pĂȘches teintĂ©es par trop de vraisemblance contrariĂ©e. (Notons que certains journaux Ă gros tirage nâattendent pas le premier avril pour publier ce genre de bobards.) En revanche, quâon rĂ©dige un entrefilet sur le prix de lâessence qui baissera de vingt centimes, un autre sur le cannabis qui sera bientĂŽt en vente libre ou un troisiĂšme sur la Marseillaise, quâon ne chantera plus en souhaitant « quâun sang impur abreuve nos sillons », et voilĂ le lecteur plongĂ© dans les abysses du doute.Â
Câest sur ces farces et attrapes bon enfant que dĂ©marre le quatriĂšme mois de lâannĂ©e. Le soleil nâarrĂȘte plus de darder. Il flotte dans lâair une odeur de prairie humide, de terre labourĂ©e, de fringale et de pĂ©nitence. Les jardins se parent des taches jaunes dues aux genĂȘts, forsythias, jonquilles et narcisses. BientĂŽt aussi aux mimosas, millepertuis et pissenlits. Dans les branches prĂȘtes Ă la feuillaison, moineaux, mĂ©sanges charbonniĂšres et rouges-gorges se hĂątent de construire leurs nids. RĂ©sumons-nous : on a beau faire, le printemps sonne aux portes. Il est temps de lui ouvrir.Â
Si tous ces phĂ©nomĂšnes arrivent Ă point nommĂ©, il nâen va pas de mĂȘme pour PĂąques, qui est fĂȘte variable. Depuis le Concile de NicĂ©e (325), elle doit tomber le dimanche qui suit la premiĂšre pleine lune du printemps. Mais comme la lune est notoirement fantasque, il peut se passer plus de quatre semaines entre la PĂąques la plus prĂ©coce (le 22 mars) et la plus tardive (le 25 avril). Si bien que le jardinier perplexe se met Ă douter des dictons les mieux Ă©tablis. Car si on est au balcon Ă NoĂ«l (fĂȘte fixe), comment ĂȘtre sĂ»r quâon sera aux tisons à PĂąques (fĂȘte mobile) ? De mĂȘme, comment suivre sans scrupule le conseil « aprĂšs le carĂȘme, bois ton vin sans baptĂȘme », si lâannĂ©e derniĂšre, Ă la mĂȘme date, on nâĂ©tait encore quâĂ Â Laetare ? Et si le dimanche des rameaux tombe tantĂŽt en mars, tantĂŽt en avril, comment en conclure que le vent ne changera pas de sitĂŽt ? MalgrĂ© ces dĂ©calages, lâhomme profitera des rameaux pour faire bĂ©nir sa branche de buis. Il en plantera de petites tiges aux quatre coins de son champ dâorge, qui va de ce fait prospĂ©rer Ă vue dâĆil. Il en accrochera aussi au crucifix de la salle Ă manger et au portrait de lâoncle Jules, tombĂ© au Chemin des Dames en 1917.
Or, avril est aussi vouĂ© au BĂ©lier et au Taureau, deux signes qui favorisent Ă la fois les heureux Ă©vĂ©nements et les catastrophes. Parmi ces derniĂšres, rappelons que câest un 14 avril que le Titanic heurta un iceberg et fut envoyĂ© par le fond emportant quelque mille cinq-cents passagers. Sachons aussi quâAbraham Lincoln fut assassinĂ© un 15 avril. Et quâun 16 avril, dans la fosse 9 dâHersin-Coupigny (Pas- de-Calais) un coup de grisou tua quarante-deux mineurs. Enfin et surtout, que câest depuis le 26 avril 1986 que lâhomme sait situer Tchernobyl sur la mappemonde. Quant aux heureux Ă©vĂ©nements, parmi lesquels en compte souvent les naissances, on fĂȘtera volontiers celle de Mahomet (le 22) ou de François dâAssise (le 29), mais on hĂ©sitera dâen faire autant pour Hitler (le 20) ou pour LĂ©nine (le 22). Comme lâĂvangile le fait dire Ă JĂ©sus parlant de Judas : « Il eĂ»t mieux valu pour lui quâil ne fĂ»t pas nĂ© ! » Encore quâappliquĂ© Ă nos deux Attila modernes, il faudrait nuancer ce propos. Ce nâest pas tant pour eux quâil eĂ»t mieux valu ne pas naĂźtre, mais pour leurs innombrables victimes.
Notons dâailleurs quâil nây a ni honneur ni honte Ă naĂźtre au mois dâavril. Car câest un berceau oĂč on trouve de tout. Et Ă toutes les Ă©poques. Il y a du Marc-AurĂšle et du Charlemagne, du LĂ©onard de Vinci et du Kant, du saint Vincent de Paul et du Landru. Mais le dessus du panier, câest tout de mĂȘme lâinfatigable traceur du profil de lâhomme, jâai nommĂ© Alexandre Vialatte, qui naquit le 22 avril 1901 Ă Magnac-Laval (Haute-Vienne).
Alexandre Vialatte : méthode
Divers extraits :recette dâĂ©criture des plus simples : se jeter dans le vide. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01092653/document Dans « Chronique bien sentencieuse et bien philosophique de lâuniversel Ă©cureuil », Vialatte nous rĂ©vĂšle ce qui pourrait tout aussi bien ĂȘtre son art poĂ©tique que sa mĂ©thode scientifique.Câest sans nul doute la recette infaillible de ses chroniques : ÂŽÂŽ On peutâŠ
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Rien n'arrĂȘte le progrĂšs. Il s'arrĂȘte tout seul.
Alexandre Vialatte

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Câest lâheure
Câest lâheure oĂč on lisait allongĂ©s sur la plage
Ou dans un vieux transat au fond de son jardin
On ouvrait les billets de Vialatte ou Blondin
Et sâendormait heureux au bout de quelques pages
Depuis lors le virus en a fait des ravages
Avec ses taux records de vieux contaminés
Le masque obligatoire et trois mois confinés
Les dĂ©cĂšs dans lâhospice et lâarrĂȘt des voyages
Ils reviennent pourtant les jours de transhumance
OĂč lâon suivra dociles la sente du troupeau
Marchant, mangeant, dormant aux accents des pipeaux
Qui donnent la migraine, le tournis ou la transe
Le revoilà déjà le touriste en goguette
Qui gravit tous les monts et dévale tous les vaux
Ă dos dâĂąne, Ă cheval, en car, en deux-chevaux
En avion, en train, et mĂȘme Ă trottinette
Il veut se venger de la distance et du vide
En faisant les chùteaux, les églises, les musées
Tous ces endroits courus oĂč il veut sâamuser
Ne fût-ce que pour faire la nique au Covid
RevoilĂ donc le temps des loisirs, du bien-ĂȘtre
La saison des fruits et des fruits de saison
Le temps des blés en gerbe, des faisceaux, des moissons
En un mot de lâĂ©tĂ©, participe du verbe ĂȘtre
A lâombre de Vialatte
Le mois de mai sâen est allĂ© avec ses senteurs dâaubĂ©pine et ses effluves de lilas. DĂ©jĂ se fane lâazalĂ©e, dĂ©jĂ sâaffale la glycine sur le toit de la pergola. Câest bien la preuve que la belle saison arrive. Elle remonte Ă une Ă©poque si lointaine quâon la soupçonne dâĂȘtre lĂ depuis le tout dĂ©but, quand Dieu crĂ©a le ciel et la terre. Ă preuve, dĂ©jĂ Trudon le ValĂ©tudinaire, dont lâĆuvre ne date pas dâhier, ne tarit pas dâĂ©loges pour elle. Au point quâil la prĂ©fĂšre de loin Ă celle des pluies, voire Ă la morte saison. MĂȘme Rigobert VI, lâaugure si peu consultĂ©, en dit le plus grand bien dans ses Ćuvres complĂštes parues aux Ăditions sapientielles.
Foi de dico !
Que ferait-on sans dictionnaire ? Ou sans dico ? Dâailleurs, le mot dico est-il dans le dictionnaire ? La rĂ©ponse est oui. Du moins dans le Robert. Et le mot dictionnaire figure aussi dans le dico. Parlant du dictionnaire avec le singulier de lâarticle dĂ©fini, on vise avant tout le dictionnaire de langue, le dico explicatif, oĂč figurent en principe comme entrĂ©es tous les mots de cette langue, avec leur orthographe, leur prononciation, parfois leur fonction grammaticale, plus leur(s) signification(s), voire leurs utilisations possibles dans divers contextes. Il existe nĂ©anmoins bon nombre dâautres dictionnaires, le plus connu du public Ă©tant le dico bilingue ou de traduction. Songeons aussi aux dictionnaires historiques ou Ă©tymologiques, aux thĂ©matiques, Ă ceux de locutions et expressions figĂ©es, Ă ceux de synonymes ou dâhomonymes, de patronymes ou de toponymes, Ă ceux illustrĂ©s ou encyclopĂ©diques, aux dicos inverses ou de rimes, Ă ceux de gallicismes, de germanismes ou de belgicismes, sans oublier ceux dâargot ou de langages spĂ©cialisĂ©s (mĂ©decine, philosophie, musique, etc.).