François Durif, “Siamo fantasmi che vogliono agire”, Roma, 25.09.22
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François Durif, “Siamo fantasmi che vogliono agire”, Roma, 25.09.22

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Demain, paraît que c’est le printemps
Ah bon ? L’Allemagne me tend les bras ? Pour quoi au juste ? Pour me réconforter de n’avoir jamais été aimée ? Pour m’accueillir, me loger, me nourrir de sourires ? Pour quoi, dites, pour gentiment m’étreindre et mieux me repousser ? J’y crois pas bien fort aux bras tendus qui promettent que des douceurs. Moi, personne me tend jamais les bras. Nulle part. Ni à Paris, ni à Berlin, ni à Rome, ni à Lisbonne. Ni nulle part, parce que, moi, j’suis pas bonne, moi je pue. On me fuit, on m’empêche, on m’abandonne, on m’exile. Avec la bouche, avec les gestes avec les yeux. Mais moi, même que j’ai mon duvet, pour protéger ma peine de votre indifférence, et la couverture toute déchirée de la môme Germaine qu’est morte hier, mais qui est belle quand même, je parle de la couverture mais aussi de la môme Germaine.
Demain, paraît que c’est le printemps. Mais moi je bouge pas d’ici. Tant pis, je ne verrai pas les fleurs roses et blanches et jaunes et rouges qui décorent les jardins et les balcons, tant pis je vous dis. Y a pas de printemps pour ceux qui ont toujours froid. Tant pis, laissez-moi, moi, je préfère rester pour toujours dans l’hiver chaud de ma solitude.
// Dédé ANYOH //
François Durif, Rue du Pont-aux-Biches, Paris, 20.01.22
En premier lieu, pour ce qui est de son sens général, «vivre au dehors» signifie vivre sans garantie, c’est-à-dire sans promesse ni récompense, vivre sans appui, sans soutien extérieur mais aussi sans force propre, quand l’on comprend que toutes nos forces censément propres viennent en vérité de l’extérieur. Vivre dans l’indistinction complète de la grandeur et de la bassesse, puisque grandeur et bassesse n’ont de sens qu’à être rapportées à des intériorités morales ; vivre sans direction ou sans sens, puisque toute direction ne peut se penser qu’entre deux intériorités localisables ; vivre sans justification, qui suppose encore des intériorités justiciables ; et pourtant vivre, là est le point, vivre même intensément, c’est-à-dire se conserver de toutes ses forces et muter de toutes ses forces, perdurer dans son être complètement et se transformer complètement.
Pierre Zaoui, La Traversée des catastrophes, Seuil, 2010
François Durif, Pas seul, Paris, 2011

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François Durif, Sculpture sans-abri, boulevard Saint-Michel, Paris, 09.01.18
François Durif, Sans-abri, boulevard Saint-Germain, Paris, 09.01.18
Street Nurses, une entreprise de construction, aide les personnes vulnérables à retrouver un logement décent grâce aux tiny-houses, et fait aussi changer le PLU de la ville de Bruxelles ! ...