Le mieux était donc de sortir dans la rue, ce petit suicide. Chacun possède ses petits dons, sa méthode pour conquérir le sommeil et bouffer. Il fallait bien que j’arrive à dormir pour retrouver assez de forces pour gagner ma croûte le lendemain. Retrouver de l’entrain, juste ce qu’il fallait pour trouver un boulot demain et franchir tout de suite, en attendant, l’inconnu du sommeil. Faut pas croire que c’est facile de s’endormir une fois qu’on s’est mis à douter de tout, à cause surtout de tant de peurs qu’on vous a faites. Céline, Voyage au bout de la nuit, Éditions Gallimard, 1932















