Bigoudi Bouclebrunes et les Deux Cours Partie 6 (La route d'Isentorche, partie 3)
RĂ©sumĂ© des Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents : Grandoulf avait trouvĂ© lâAnneau de pouvoir du Seigneur GrosCon et lâavait remis au gentil hobbit Bigoudi Bouclebrunes pour quâil le dĂ©truise dans la Montagne du Destin. Avec lâaide de Laurentgorn Duvernay-Tardif, Broromir, Legrandslack, Kimchi, ainsi que le jardinier hobbit Samsauge et de leurs confrĂšres PĂ©pin et MĂ©ridien, ils Ă©taient devenus la CommunautĂ© de lâAuto, aidant Bigoudi et Grandoulf dans leurs aventures. AprĂšs avoir perdu Grandoulf aux mains dâun France-HĂ©laine Duranceaurog et avoir perdu Broromir tombĂ© devant les hordes dâorcs et goblins des zinternet en protĂ©geant les hobbits PĂ©pin et MĂ©ridien, ces derniers furent hobbitnappĂ©s et la CommunautĂ© de lâAuto fut bel et bien dissoute. Bigoudi et Samsauge prirent la route vers le Nord, prenant en pouce Conspiragollum. Ils venaient de sâarrĂȘter lorsquâils furent pris en otage par les rĂŽdeurs du Gondor et un certain Danslamire, frĂšre de Broromir. Pendant ce temps, Laurentgorn, Kimchi, Legrandslack et Grandoulf avaient retrouver PĂ©pin et MĂ©ridien qui avaient rĂ©ussi Ă tourmenter Nantelroumane et Sogna-Languedeserpent.
Bigoudis Bouclebrunes et les deux cours :
La route dâIsentorche partie 3
« Ah, mais vous savez, chers lecteurs⊠sâil y a des retards dans les dossiers pour des places en garderie, câest de la faute aux immigrants. Sâil nây a plus de logements, câest de la faute aux immigrants. Sâil y a des longueurs dans les salles dâattente dans les hĂŽpitaux? Les immigrants. Le coĂ»t de la vie qui monte, le transport public qui prend une dĂ©barque, les stationnements manquants, la rĂ©duflation, les nids de poule dans lâasphalte? Bin oui, les immigrants. Câest pas notre faute Ă nous, le gouvernement, si on fait rien pour rĂ©gler ces problĂšmes-lĂ , mĂȘme si ça fait maintenant deux mandats quâon sâasseoit sur notre steak⊠la vraie raison de pourquoi ça va mal, là ⊠on va se le dire, câest Ă cause de gens qui viennent dans un pays pour changer de vie, pour avoir une vie meilleure, qui pensent que le QuĂ©bec est une terre dâaccueil et qui nâont gĂ©nĂ©ralement aucune idĂ©e des aides, des façons de faire ou encore de toutes les choses qui peuvent leur ĂȘtre offertes. Oui, oui, peu importe, si on est des lobbyistes, si on a lâair de faire de la collusion, si notre chef a choisi dâidolĂątrer Maurice Duplessis alors que nâimporte qui aurait voulu plus ressembler Ă Jean Lesage, ça nâest que hasard et fortuitĂ©. Non, en effet, le problĂšme, ce sont les Ă©tranges. Parce que tsé⊠âsont Ă©tranges et on les connaĂźt pas. Y viennent avec des costugnes bizarres, lĂ , des tissus exotiques, y parlent en langues⊠faut leur apprendre quâici, câest dâla flanelle pis le françù! Au dible les polyglotte! »
Bigoudi referma le Mordor-Sud Matin. DĂ©cidemment, mĂȘme en ces lieux, il nâavait pas de meilleure lecture que de lire lâexpectorat littĂ©raire de Bernarpaul Saint-Pierre Plamondrainville⊠mĂȘme de la lecture de fond de cage Ă oiseaux Ă©tait mieux que de lire ceci, ce dit-il. Mais encore « ceci » Ă©tait mieux que de voir Conspiragollum sâexciter le seul poil du crĂąne qui lui restait avec Elon Musketaire et la reprise de toutes les Cybercharettes quâil avait promis. En effet, Conspiragollum y allait dâun « MON BITCOIN!!! » par-ci, « POURQUOI NOUS TRAHIR, ELON?!?! » par-lĂ et avec une cadence si effrĂ©nĂ©e que Samsauge avait gardĂ© le kale de ses assiettes et les avaient mis dans ses oreilles en disant « quitte Ă ne pas manger ces choses-lĂ , tâaussi bin sâen servir pour pas entendre lâautre »âŠ
Bigoudi avait Ă©tĂ© un peu plus diplomate et avait tentĂ© de parler Ă Conspiragollum, sans grand succĂšs. Ce dernier tenait mordicus Ă dire que le libre-marchĂ© allait sâautorĂ©gulariser et que de donner tout son argent Ă un dragon reconnu pour garder son or allait finir par faire en sorte que ce mĂȘme dragon allait crĂ©er de lâemploi pour partager son or.
Bigoudi secoua la tĂȘte. Il regarda Ă cĂŽtĂ© de lui. Samsauge avait ses touffes de kale dans les oreilles, mais Ă ses cĂŽtĂ©s se trouvaient des petits plats de fruits avec quelques feuilles de kale sur le cĂŽtĂ©, de la crĂšme anglaise, du fromage cottages, un de la crĂšme du Devonshire, une variĂ©tĂ© de scones dont : des natures, dâautres Ă la framboise et chocolat noir, au citron, Ă la lavande et au chocolat blanc, au chocolat au lait, aux bleuets et airelles, au sureau et caramel ainsi que quelques-uns Ă la fraise de la ComtĂ©. Il y avait des bagels, du fromage Ă la crĂšme, du saumon fumĂ©, des tartinades de crevettes, des saucisses natures, des saucisses au fromage, du bacon, ainsi quâun immense plat avec des Ćufs brouillĂ©s, un bol avec des pommes de terres rissolĂ©es, une marmite remplie de fĂšves au lard et sirop dâĂ©rable, du jambon en tranche au sirop dâĂ©rable⊠il y avait mĂȘme quelques oreilles de christ, des crĂȘpes Ă lâĂ©rable, du pain dorĂ© Ă lâĂ©rable ainsi que des tartelettes au sucre dâĂ©rable nappĂ©es dâune triste crĂšme fouettĂ©e qui Ă©tait tombĂ©e Ă cause de la chaleur. Mais quâĂ cela ne tienne, Bigoudi serait prĂȘt Ă sacrifier ses papilles gustatives pour ne laisser aucune miette dans son assiette. Il y avait aussi un crime de lĂšse-majestĂ© parmi le lot⊠un camembert froid. Bigoudi hochait la tĂȘte, se demandant qui, parmi les rĂŽdeurs du Nord, tentait de les Ă©liminer, Samsauge et lui. Un camembert, voyons⊠ça se mange chaud! Coulant, mĂȘme! Et Conspiragollum sâĂ©tait jetĂ© sur cette moribonderie et lâavait goulument avalĂ©. Bigoudi avait eu envie dâengueuler la triple couille qui leur avait servi une telle atrocitĂ©, mais il nâĂ©tait pas en position pour quelque nĂ©gociation. En effet, Danslamire, frĂšre de Boromir, les avait pris sous son aile et les avait bien nourrit, malgrĂ© de maigres rations⊠« rĂ©solument, » se dit Bigoudi, « ces pauvres rĂŽdeurs nâont que la peau sur les os et ne peuvent nous donner plus. » Et il sâĂ©tait rĂ©signĂ©.
Danslamire entra alors dans la piÚce et déclara « Je me dois de vous poser cette question encore, mes chers visiteurs⊠quelle est votre couleur préférée?
- Vert! Répondit Samsauge.
- BRUN! TADROSS! répondit Conspiragollum.
- Euh, oui! RĂ©pondit Bigoudi qui nâen avait pas la moindre idĂ©e⊠Mauve, mettons?
Danslamire le regarda encore⊠puis dĂ©clara « Et maintenant⊠quelle est votre quĂȘte? »
Samsauge feint nâavoir rien entendu en pointant ses feuilles de kale dans les oreilles.
Conspiragollum cria quâils allaient remercier les convois de camions et Bigoudi rĂ©pondit quâils sâĂ©taient aventurĂ©s dans le Nord pour y cueillir des framboises.
« Je sais que mon frĂšre nâa pas Ă©tĂ© comme le devrait ĂȘtre un hĂ©ritier du GondorâŠÂ » dit alors Danslamire, calmement. « Mais de grĂące, dites-moi pourquoi mon frĂšre aurait rejoint des cueilleurs de framboises⊠nây a-t-il donc rien qui lâait mis sur votre chemin? »
- Nous avons dĂ» nous sĂ©parer de Broromir⊠il convoitait un anneau magique et⊠dit alors Samsauge, mais sâarrĂȘta net en voyant le regard furibond de Bigoudi, lâintimant Ă se taire. « EuhâŠ, reprit-il, On est allĂ© checker les sources pour le 3e lien! »
Le regard de Danslamire sâĂ©claira. Et il comprit immĂ©diatement. Il nâĂ©tait aucunement question quâil touche Ă lâanneau que portait Bigoudi. Il savait aussi que plusieurs groupes dâaventuriers avaient pris la grand route dans le but de dĂ©truire des anneaux fictis, pour dĂ©contenancer les forces obscures du Mordor⊠mais il ne sâessaierait pas avec ces anneaux. MĂȘme fausse, une ogive nuclĂ©aire renfermait une certaine force, une certaine crainte quâil ne voulait pas touchĂ©.
« Vous pouvez finir votre goûter, reprit Danslamire. Puis, nous vous guideront vers les routes du Nord⊠et vous serez libres de poursuivre votre aventure. »
Ceci surpris Bigoudi. Mais il était reconnaissant envers les rÎdeurs du Nord. Ils les avaient bien traité, au final.
Quelques heures plus tard, Bigoudi, Samsauge et Conspiragollum partaient en direction de Dol Guldur, la montagne du sorcier noir, appelĂ© aussi communĂ©ment St-JĂ©rĂŽme. Danslamire avait cependant averti Bigoudi de se mĂ©fier de Conspiragollum. Oui, câĂ©tait louable de lui donner de lâimportance et de lâaider Ă avoir des outils contre les croyances Ă©tranges et pour lâesprit critique, mais que Bigoudi lui-mĂȘme nâĂ©tait pas Ă lâabris des croyances obscures et quâil serait mieux dâĂȘtre sur ses gardes. Bigoudi lâen remercia avant de trottiner vers Samsauge qui se secouait les oreilles, rejetant quelques restants de kale.
Ă Isentorche, Laurentgorn Duvernay-Tardif, Grandoulf, PĂ©pin, MĂ©ridien, Kimchi et Legrandslack regardaient Nantelroumane tenter de sâextirper de sa tour en vocifĂ©rant des inepties.
« Assez de ce monsieur⊠je doute quâil puisse ĂȘtre bien mĂ©chantâŠÂ » dit Grandoulf, regardant autour de la Tour dâIsentorche. En effet, Barbaboisbois, lâĂȘtre-arbre, avait tellement foutu le bordel dans la carriĂšre du sorcier quâil Ă©tait maintenant impossible de distinguer quoique ça soit⊠un peu comme les plans du prĂ©sent gouvernement de la Terre du Milieu. MĂȘme les Ă©ructations de Sogna-Languedeserpent nâarrivait pas Ă faire remonter lâopinion publique du Brohan et son emprise sur les brohirrims avait bel et bien cessĂ©. De telle sorte que le parti de Nantelroumane Ă©tait tombĂ© 3e dans les sondages. Mais un cri strident retenti au loin. Des cavaliers vĂȘtus de noirs sur des montures volantes sâĂ©taient envolĂ©es au Sud dâIsentorche et se dĂ©plaçaient vers le Nord.
Grandoulf reconnu alors le chef de cette bande⊠GeneviĂšve Nazguibeau, montĂ©e sur son coursier volant, avait lâallure de quelquâun qui ne met jamais sa ceinture de sĂ©curitĂ© en automobile⊠un air dĂ©tachĂ©, important, au-dessus de tout. La derniĂšre fois que Nazguibeau Ă©tait sortie de son antre, ça avait Ă©tĂ© pour dĂ©nigrer le transport public⊠câĂ©tait Ă peine sur la SorciĂšre-Reine nâavait pas sorti un « fuck you » de sa sacoche lorsquâon lui avait demandĂ© qui financerait les services publics qui sont sous autoritĂ© provinciale. Cette mĂȘme SorciĂšre-Reine qui avait demandĂ© Ă des parents endeuillĂ©s de payer 100$ leur place pour un cocktail-dinatoire afin de parler aux ministres des forces obscures pour faire en sorte dâavoir de meilleures interventions lors dâaccident oĂč lâalcool Ă©tait en cause.
« Un vent de combat se lĂšve, mes amis⊠ne restons pas ici. Nous devons prĂ©venir les Brohirrims et aller chercher toute lâaide du Gondor pour nous aider Ă faire face Ă ces NazgulsâŠÂ » dit alors Grandoulf.
- Des Nazguls? Dit alors Pépin, confus.
- Oui⊠9 monarques humains, corrompus par le pouvoir des tĂ©nĂšbres. Nous connaissons la SorciĂšre-Reine de Louis-HĂ©bert, Genevieve Nazguilbault⊠mais il y a aussi Simon Naz-Jolin-Barrettul⊠et ils ont accĂšs Ă des France-HĂ©laine Duranceaurogs⊠des crĂ©atures faites de souffre, de feu et de souliers Louboutins, comme celui que jâai vaincu et qui a failli causĂ© ma perte lorsque nous avons traversĂ© les mines de la MalarcticâŠ
Pépin regarda le ciel, effaré.
« Le combat ne fait que commencer, mes chers amis⊠préparez-vous, il nous reste encore deux années complÚtes avec ces créatures viles et corrompues. » dit alors Grandoulf, une flamme révolutionnaire et furieuse dansant dans ces yeux.