Hyper Reality
Hyper Reality est un court-mĂ©trage de science-fiction, rĂ©alisĂ© par Keiichi Matsuda en 2016. Il montre la vie de Juliana Restrepo, une femme de 42 ans qui vit Ă MedellĂn en Colombie. Il dure 6 minutes et dĂ©peint une rĂ©alitĂ© oĂč la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e a Ă©tĂ© poussĂ©e Ă un extrĂȘme. On peut observer dans le court-mĂ©trage que la vraie rĂ©alitĂ© se retrouve totalement saturĂ©e par lâinterface virtuelle de lâutilisateur. Toutes les informations semblent ĂȘtre visibles et accessibles en mĂȘme temps dans cette interface, ce qui donne cette vision surchargĂ©e dâinformations. Le but de Matsuda Ă©tait dâĂȘtre provocant en montrant cette nouvelle version du futur ; il a voulu fondre la rĂ©alitĂ© dans le monde virtuel afin dâen faire un tout. Ce qui donne une sociĂ©tĂ© constamment bombardĂ©e par des informations, que ce soit au niveau sonore ou visuel. Le court-mĂ©trage prend une tournure dystopique lorsque la protagoniste voit son interface buguer et quâelle essaie de rĂ©gler le souci afin de conserver les points quâelle a accumulĂ©s en effectuant ses tĂąches quotidiennes.
Ce que jâai trouvĂ© intĂ©ressant avec ce projet, câest que lâartiste montrait sa vision du futur en se basant sur son point de vue et la situation du monde en 2016. Aujourdâhui, presque 10 ans se sont Ă©coulĂ©s, et câest intĂ©ressant de voir comment les diffĂ©rentes technologies ont Ă©voluĂ© au fil du temps. Mais Ă©galement comment la sociĂ©tĂ© et son rapport Ă la technologie ont Ă©voluĂ©. Matsuda a poussĂ© ce bombardement dâinformations quâelle vivait en 2016 Ă lâextrĂȘme, mais plus le temps passe, plus jâai lâimpression quâon sâen rapproche. Les humains ont Ă©voluĂ© et se sont attachĂ©s au confort que leur offre la technologie. Aujourdâhui, nous avons beaucoup plus dâoutils quâil y a 8 ans, et nous sommes en train de nous diriger vers une sociĂ©tĂ© complĂštement dĂ©pendante de la technologie. Dans son court-mĂ©trage, le paysage urbain est masquĂ© par des informations offertes par lâinterface virtuelle qui donne : le nom des rues, les informations routiĂšres et mĂȘme lâitinĂ©raire Ă mĂȘme le sol. Et lorsque lâon est sensible au fait quâaujourdâhui de plus en plus de jeunes sont incapables dâaller dâun point A Ă un point B sans utiliser Google Maps, il ne serait pas Ă©tonnant que dans quelques annĂ©es, il soit possible de voir son itinĂ©raire directement au sol.
Des centaines de milliers dâapplications, si ce nâest plus, sont disponibles gratuitement sur des plateformes comme lâApp Store, qui offrent toutes leur lot de notifications et de distractions sonores, au point oĂč lâon a dĂ©veloppĂ© une peur de rater un courriel ou un message. Donc, si dĂšs demain, il Ă©tait possible dâavoir la notification apparaĂźtre sous ses yeux sans bouger le petit doigt, pourquoi refuserait-on ? Matsuda nous a peut-ĂȘtre montrĂ© ce Ă quoi ressemblera notre futur dans encore 20 ans. Ce qui pourrait nous empĂȘcher, en tant quâhumains, de nous dĂ©brouiller sans technologie. Et dans le cas oĂč cela se concrĂ©tise et que nous devenons dĂ©pendants de la technologie, et que cette derniĂšre crash comme dans le court-mĂ©trage, quâest-ce que lâhomme deviendrait ?



















