Je m’en viens vous parler de ma fête favorite, celle que j’aime passer du temps à préparer chaque année et durant laquelle je fais des choses qui me semblent importantes.
Samhain se célèbre le 31 octobre, comme le fameux Halloween américain. Elle fait partie des huit sabbats de l’année mais également des quatre grands festivals celtiques. Pour certain(e)s il s’agit de la fête la plus importante et respectée de l’année.
  C’est la fin de la saison des moissons, l’arrêt de la croissance des plantes. On recueille les graines qu’on plantera au printemps, après ces temps froids et sombres. Autrefois il s’agissait également d’un temps de sacrifices, la période d’abattage des bêtes. Aujourd’hui, on ne pratique plus de rites sacrificiels, cependant l’habitude de se préparer à passer l’hiver, elle, perdure.
D’après ce qu’a pu nous enseigner la mythologie grecque, on sait que c’est la période durant laquelle Perséphone reste dans le monde souterrain pour l’hiver. Ce qui explique le repos et la gestation de la terre jusqu’au prochain printemps.
  Jusqu’au début du XXème siècle a persisté une croyance bretonne selon laquelle les âmes des mort(e)s revenaient la nuit de la veille de la Toussaint, errer autour des vivant(e)s. Les breton(nne)s avaient pour tradition de leur laisser de la nourriture sur la table ainsi qu’une bûche allumée dans la cheminée, de sorte à ce qu’ielles puissent se sustenter et se réchauffer. Certain(e)s  laissaient également la porte de leur maison ouverte et des lanternes pour guider leurs âmes.
La nuit de Samhain, les celtes laissaient elleux aussi une portion généreuse de nourriture sur l’autel, en signe de respect aux esprits. De cette manière ielles s’assuraient protection pour la saison rude à venir.
Les générations primitives voyaient la mort comme un simple changement d’état. Elles pensaient que les morts poursuivaient une existence souterraine et mystérieuse.
La tradition de Samhain n’a pas complètement disparu ni avec la romanisation de la Gaule ni avec le développement du catholicisme. C’est sans doute par référence à cette fête celte que le pape Grégoire IV décida en 840 de faire du 1er novembre le jour de tou(te)s les saint(e)s. La référence à Samhain devint encore plus claire lorsque trois siècles plus tard, à la fête des saint(e)s et martyr(e)s on ajouta la fête de tou(te)s les mort(e)s.
  Samhain est avant tout un moment spirituel de communion avec la nature et avec les mort(e)s. Cette nuit festive n’appartient ni à l’année qui se termine ni à celle qui s’apprête à commencer. C’est une nuit en dehors du temps, qui permet aux vivant-e-s de rencontrer les défunt(e)s et à l’inverse, aux défunt-e-s de passer dans le monde des vivants pour y retrouver les lieux et êtres aimés. Il s’agit d’une manifestation d’espoir, de joie et de recueillement auprès de celleux qui quelque part nous accompagneront toujours.
Pour celleux qui ont perdu un être cher dans l’année, célébrer Samhain permet d’avancer émotionnellement dans le processus de deuil.
  Il s’agit d’une nuit très spéciale, durant laquelle les énergies sont au summum de leur puissance. C’est le moment idéal pour pratiquer la magie. C’est l’heure appropriée pour les rituels de bannissement, de rupture, et surtout pour pratiquer les arts divinatoires.
On considère que durant la nuit de Samhain, la frontière entre le monde des mort(e)s et celui des vivant(e)s est plus fine qu’à n’importe quel autre moment de l’année, le contact avec le monde de l’invisible est donc favorisé. C’est le moment de demander à nos mort(e)s de nous accorder force et protection pour continuer à avancer.
  Samhain est un temps pour réfléchir, revenir sur l’année qui vient de s’écouler, accepter le phénomène de la mort, qui échappe à notre contrôle, et également pour porter une lueur d’espoir, car le cycle continue. Ce Sabbat  est un rituel de célébration, car nous savons que tout ce qui meurt revient à la vie, que rien ne se perd, tout se transforme.
C’est la journée idéale pour :
   S’occuper de ses dettes et régler ses conflits.
   Prendre des résolutions et se débarrasser de ses mauvaises        habitudes (pour se faire : munissez-vous d’une pomme, coupez-la en deux en vous concentrant sur votre souhait. Rassemblez les deux parties et enterrez-la comme une offrande et union à la terre).
   Aller porter des offrandes et des fleurs aux défunt(e)s.
   Fabriquer votre matériel de divination et un balais.
   Faire un rituel de feu de joie (préparer son feu, écrire sur une feuille les choses dont on veut se débarrasser, comme ses mauvaises habitudes. Jeter les inscriptions dans les flammes).
   Pratiquer son art divinatoire favori.
   Créer un autel pour nos disparu(e)s.
   Partager un repas avec vos défunt(e)s et laisser une bougie allumée à votre fenêtre.
   Traditionnellement on placera sur l’autel des pommes et grenades, des bougies orange et noires, des fleurs. Autour on pourra délimiter un cercle avec des herbes, des feuilles, des fleurs et du sel.
   En ce jour, il est de mise de cuisiner des gâteaux aux pommes et marrons. Préparer des purées de courges et de pomme de terre, des confits d’oignons. Boire du cidre chaud.
Voici les correspondances de Samhain :
Couleurs : orange, noir, pourpre
Encens : pomme, cyprès, sauge, menthe, héliotrope, noix de muscade, bois de cèdre
Arbres : Cyprès, pommier, châtaigner, marronnier, if, chêne, cèdre
Fleurs : Mari Gold, chrysanthèmes, soucis, giroflées,
Plantes : gui, citrouille, armoise, poivre, piment de Jamaïque, belladone, sauge, clou de girofle, myrrhe
Pierres : Obsidienne, onyx, jais, agate, cornaline
Influence : métamorphose, méditation, divination
Au fait, j’ai appris (merci wiki) que la bière Lancelot (délicieuse bière bretonne – attention l’abus d’alcool blablabla) n’était brassée qu’une seule nuit dans l’année, la nuit du 31 octobre bien évidemment, en hommage à cette fête
Bref, je vous souhaite de passer un merveilleux Samhain !