Je dois ĂȘtre quelqu'un de vraiment ignoble pour rĂ©ussir Ă gĂącher quelque chose d'aussi beau.
VoilĂ , j'Ă©cris ce texte comme tu l'avais fait pour ton amie. Je l'Ă©cris ici, sur un nouveau compte que tu ne trouveras jamais, parce que je suis une lĂąche. Ce compte n'a aucun abonnĂ© donc tu ne le lieras jamais, et si un jour je m'excuse directement Ă toi, j'effacerai ce texte. Mais pour l'instant il faut que ça sorte. Tu vois, le truc c'est que j'ai vraiment envie de m'excuser. Mais j'ai pas envie que tu me rejettes comme la derniĂšre fois, oĂč j'avais vraiment envie qu'on se rĂ©concilie. Ce texte tu vois, c'est le premier pas que tu ne feras jamais. Et j'en ai marre Ă chaque fois, que ça soit moi qui dĂ©pende le plus de toi. Parce que oui, je dĂ©pend de toi. C'est idiot n'est-ce pas?
Je suis idiote de ne pas réussir à m'excuser devant toi, directement, mais pour ma défense, 800 km nous séparent. Je suis idiote d'avoir peur de t'appeler aussi, ou essayer de faire un skype, mais je sais que tu rejetteras mes appels. Je suis idiote de refuser de t'envoyer un sms, parce que l'attente est trop longue avant que tu me répondes, parce que chaque mot dans tes réponses s'ancre en moi comme un coup de poing, il résonne en moi jusqu'à ce que j'en ai mal, et si jamais tu refuses mes excuses, je sais que je ne m'en remettrais jamais.
Mais si tu savais Ă quel point je suis dĂ©solĂ©e. DĂ©solĂ©e pour tout. Je suis dĂ©solĂ©e de ne pas rĂ©ussir Ă te consoler, de ne pas trouver les bons mots pour te faire rire, d'ĂȘtre la fille qui a besoin de toi sans pour autant ĂȘtre celle dont tu as besoin pour aller mieux.
Jamais je n'aurais du dire, ou mĂȘme insinuer, la mort de quelqu'un juste parce qu'il a dit quelque chose qui ne me plaisait pas, mĂȘme si c'Ă©tait insultant envers une tierce personne, mĂȘme si c'Ă©tait mal. Je sais en plus que les mots blessent, mĂȘme si on ne les pense pas, que chaque chose que l'on dit peut avoir des rĂ©percussions, que c'est une atteinte morale sur une personne, je devrais le savoir, moi plus que les autres. Je suis dĂ©solĂ©e d'avoir Ă©crit cet indirect de merde. Si tu savais ĂŽ combien je m'en suis voulue. Je crois qu'en ce moment je ne suis plus moi mĂȘme. Et je te remercierai jamais assez de me le rappeler, mĂȘme si c'est en me foutant des baffes, au moins, la rĂ©alitĂ© me gifle en pleine figure et je me rends compte Ă quel point il ne faut pas que j'oublie ce dont en quoi je crois, et qui je veux ĂȘtre malgrĂ© ce que je suis. Je te remercie d'exister, parce que je crois qu'en ce moment c'est tout ce dont j'ai besoin.
Si tu savais Ă quel point je suis triste. Il a fallut 10 mois, 800 km, des dizaines de skypes, des milliers de messages, une rencontre en vrai, pour que tu me deviennes indispensables, et seulement un unique tweet pour que je gĂąche tout. Et puis maintenant, depuis 2 semaines, silence radio. Je n'ose plus te parler de peur que tu m'incendies de nouveau. En dix mois t'as rĂ©ussi Ă m'aimer malgrĂ© tout ce que je suis, et en une soirĂ©e, Ă me dĂ©tester pour tout que je suis Ă prĂ©sent. Je dois ĂȘtre quelqu'un de vraiment ignoble pour rĂ©ussir Ă gĂącher quelque chose d'aussi beau. En dix mois, tu m'Ă©tais devenue indispensable, et en une soirĂ©e, j'ai rĂ©ussi Ă m'auto-dĂ©truire. Chaque matin depuis deux semaines, je regarde mon portable en espĂ©rant voir un message ou un appel manquĂ©, mais Ă©videmment rien. Tous les jours je pense Ă toi, dans le tie and dye rose de cette fille au lycĂ©e, dans l'accent du sud de mon prof de physiques - qui, soi dit en passant, ressemble beaucoup trop Ă Sam dans GoT -, dans chaque dessin que je fais dans la marge des mes cahiers, Ă chaque fois que j'utilise du rose ou du bleu pour colorier quelque chose, Ă chaque fois que je fais une rĂ©fĂ©rence Ă hp ou pj, tu es partout dans ma vie depuis 10 mois, et je crois que je n'en remettrai jamais. Jysa est peut ĂȘtre pas invincible enfin de compte, en tout cas il a eu ma peau.
Depuis deux semaines, je relis tous les pj. Hier soir, je suis arrivĂ©e Ă ce moment fatidique. Dans Le Dernier Olympien Ă la page 321. C'en Ă©tait beaucoup trop pour mon cĆur. A peine le chapitre commencĂ©, j'ai fondu en larme et jetĂ© le livre (blasphĂšme) pour m'endormir en pleurant sur nous. Je te jure que je ne l'ai pas supportĂ©, et rien que d'y repensĂ© j'en ai les larmes aux yeux. AprĂšs tout, toi et moi ça devait se finir comme ça, sinon on aurait fini comme eux. Je t'aurais dĂ©truis pour me dĂ©truire ensuite. Et je ne l'aurais jamais supportĂ©. Si tu savais combien je regrette. Pour toutes ces choses que tu m'as dites. Je pourrais vivre 100 vies que jamais je ne te mĂ©riterai. Pour tous ces textes qu'on s'Ă©crivait. Je n'en peux plus. La culpabilitĂ©, la tristesse et la fatigue me rongent Ă un tel point oĂč je n'en peux tout simplement plus. Mon cĆur se dĂ©chire. Ma tĂȘte va exploser.Â
Et j'espĂšre que si, par le plus grand des miracles tu vois ce texte, tu me pardonneras mon amour. C'en est beaucoup trop pour mon Ăąme, je crois que j'ai replongĂ©. Mais je garde l'espoir que si tu vois ce texte, tu me montreras, par je ne sais quel signe, que tu l'as lu. Et peut ĂȘtre qu'enfin..
"Je vais retrouver Charlie..."
23h30, je t'aime, tu ne pourras jamais estimer Ă quel point je t'aime. Et je regrette du plus profond de mon cĆur. Et j'essaie de me souvenir comment ça faisait quand tu m'a souri en vrai, quand on s'est fait un cĂąlin en vrai, quand je t'ai embrassĂ© en vrai. Et je crois que j'emporterai ce souvenir avec moi, dans ma tombe, oĂč que je sois, Ă l'AsphodĂšle, dans le champs des chĂątiments ou en renaissant dans le corps d'un chihuahua. Je t'aime plus que tout, au delĂ des limites de l'univers, Ă travers le temps et l'espace, dans tous les univers parallĂšles. Jusqu'Ă la fin. Juanitaxin.