Le paria du corona ou le 5ieme accord pastĂšque
Il y a un mois et des brouettes je rencontre Claudio. Il est saoul, je suis sûr, il est con, moi vaincu.
Avec une dualitĂ© pareille on devient vite les deux gĂ©meaux du zodiaque, tout le temps fourrĂ© ensemble, Ă lâheure des bisous ou Ă celle des prises de bec.
AprĂšs un weekend Ă se mettre des fleurs dans les cheveux et des pinces sur les tĂ©tons, câest tout naturellement que je lui ai fait ma demande :
âClaudio, veux tu te confiner avec moi ?â
Sa joie est discrĂšte (sans doute avait il dĂ©jĂ flairĂ© la faille) mais câest un oui qui envahit son palais, sa langue et ses lĂšvres.
Au bout de quelques jours à confiner sévÚre, le quotidien et les microbes nous ont rattrapé.
Claudio parle du nez, il grogne, se traine dans lâappart comme un sanglier blessĂ©.
Pour toutes celles et ceux qui croient encore que « le mythe du mec malade » est juste un mythe⊠câest ultra cute⊠mais attendez de voir⊠(#PrĂ©jugĂ©)
Ayant conscience de la rĂ©alitĂ© de ce quâest un mec malade et des dĂ©rives que cela peut avoir, je panique.
Etant dĂ©jĂ faiblotte des mĂ©nisques, je ne veux pas avoir Ă porter un panda roux gĂ©ant au garrot jusquâau lit.
Je tiens Ă ma mobilitĂ©, je crois en lâaprĂšs corona et au cours de zumba qui vont suivre.
Que faire ? Que fait-on lorsquâon habite ensemble, quâon partage capotes et couverts, quâon sait que lâautre a son appart et quâon veut rester en possession de sa santé ?
Le verdict tombe, Claudio prend ses cliques et ses claques pour aller se confiner ailleurs.
Ouf ! Quel soulagement, je mâesclaffe le premier soir ! Je ne serais pas malade, mes genoux vont se porter comme des arbres en fleurs.
Mais dĂšs le lendemain, alors que jâai dessinĂ© des yeux et une bouche Ă ma main et que je lui demande des conseils sur les Ă©pices Ă mettre mans mon dahl, une pensĂ©e rĂ©aliste et dâune tristesse fataliste mâaccable.
Plus de bisous, de blagues dĂ©biles, plus de cĂąlins, plus de drame made in diva and drama queen, plus de dĂ©bats, plus de personne Ă deux pattes a regarder, plus de mains que les miennesâŠ.
Jâavais clairement zappĂ© le cinquiĂšme accord pastĂšque : « Ne vire jamais la personne avec qui tu te confine, tu ne sais pas combien de temps ca va durer »
Quelle quiche ! Quelle tarte !
Le mĂ©decin confirme, câest juste un rhume, jâai vraiment craquĂ© mon slip (on dit ca aussi par chez vous ?!)
Par peur des virus jâai perdu son ⊠(rire ou pas rimeâŠÂ ?!) cĆur
Par peur de la maladie jâai perdu son ⊠(merci la langue francaiseâŠ) parfum
Bref les infos ca peut monter au cerveau mais quand tâas la chance dâavoir un binĂŽme de galĂšre et bien il faut en prendre soin comme si vous Ă©tiez les deux seules personnes survivantes dâune catastrophe nuclĂ©aire. Oui ! Ă ce point !
Parce quâil y a une paire de français et de françaises qui ne sont pas par paire et qui aimeraitâŠ
Si tu lis ce post, ne fait pas comme moiâŠ
Je suis quâune nouille Claudio, reviens ! Au prochain confinement je me rattrape câest sĂ»r !
Ps : cet accord pastĂšque nâest Ă©videmment pas valable si ton binĂŽme est une sous merde qui te rend dingue, qu il a inventĂ© la charge mentale, quâil mange tes croquettes ou toute autre raison qui te parait suffisante pour prĂ©fĂ©rer ĂȘtre seul/e.