Iâm still not entirely used to my tablet, but this is my oc Cyrus. Heâs the match to @finnyboi0âs oc, Raiden.Â
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A doodle of my character Thea trying to cool off. This was the result of an afternoon doodle session, which I normally donât share them. Though this one I thought was too cute not to.
Whats funny is that where Thea canonically lives probably never gets this hot. But whatever, doodle sessions are doodle sessions :P
Zae got a bunch of people to draw this character in his latest stream, and I decided to give it a shot as well.
This character is part of an open world-building exercise of Zaeâs. You can find out more about the world at http://projectcyden.boards.net/
Thea © Zae Art © Me
Back together. (Aiden & Cyrius)
AprÚs avoir appris que Cyrius était enfin sorti du coma, Aiden n'a qu'une seule idée, le retrouver, et pouvoir enfin de nouveau lui parler. AprÚs des retrouvailles plutÎt mouvementées, Cyrius annonce la vérité à l'acteur. Vérité qui n'est ni bonne à dire, ni bonne à entendre.
AprĂšs quelques jours de rĂ©tablissement forcĂ©, Aiden fut de nouveau capable de tenir sur ses jambes. GrĂące Ă lâaide dâIsabelle et du personnel mĂ©dical, il avait rapidement reprit des forces.
Tout le monde le traitait avec sympathie, visiblement heureux quâil sâen soit sorti Ă peu prĂšs correctement. A part la vilaine cicatrice quâil garderait Ă vie Ă lâĂ©paule, et la rééducation nĂ©cessaire pour ne pas risquer de sĂ©quelles, rien nâindiquait quâil avait survĂ©cu Ă une fusillade, ni quâil sortait tout juste du coma.
Oui, Aiden paraissait fort. Il souriait beaucoup, discutait avec tout le monde avec gentillesse, et ne montrait aucun signe de dĂ©tresse Ă©motionnelle, mĂȘme avec la psychologue venue Ă©valuer son Ă©tat.
Pourtant, en son for intĂ©rieur, il ne rĂȘvait que dâune choser. Hurler sa douleur. Hurler contre les images qui lâassaillaient une fois les yeux clos. Hurler contre tout ceux venus lui exprimer leur joie de le revoir parmi eux, alors quâil ne les connaissait presque pas.
La seule personne quâil avait rĂ©ellement besoin de voir nâĂ©tait pas en Ă©tat de quitter sa chambre. A peine sorti du coma, comme lui, Cyrius Ă©tait forcĂ© de garder le lit, et malgrĂ© ses nombreuses demandes, Aiden nâavait pas obtenu lâautorisation de se rendre Ă son chevet.
Au bout du vingtiĂšme Ă©lĂšve de son cours de dramaturgie venu lui offrir des fleurs - sa chambre ressemblait maintenant Ă une tombe quâon aurait ornĂ©e de gerbes florales - reçu avec le sourire, Aiden dĂ©cida quâil Ă©tait temps de sortir, et dâaller rendre visite Ă son petit-ami, avec ou sans lâaccord de lâĂ©quipe mĂ©dical.
ArmĂ© de sa perfusion sur roulettes, et de ses jambes un peu tremblotantes, le californien sortit dans le couloir, Ă©vitant soigneusement les infirmiĂšres. Enfin, les infirmiĂšres Ă©vitĂšrent soigneusement de croiser le chemin dâAiden. Lent comme il Ă©tait, il nâaurait pu Ă©viter personne.
Parvenant enfin devant la chambre de Cyrius, lâacteur sâapprĂȘta Ă frapper, lorsquâil dĂ©cida quâune entrĂ©e fracassante serait plus amusante. Il ouvrit la porte Ă la volĂ©e, prĂȘt Ă voir la rĂ©action du blond⊠lorsquâil le trouva profondĂ©ment endormi.
- Pour lâentrĂ©e fracassante, on repassera, marmonna Aiden.
Il songea un instant Ă sâen aller, revenant lorsque Cyrius serait rĂ©veillĂ©, mais la chaise posĂ©e au chevet du blond semblait absolument confortable, et il nâavait aucune envie de retourner dans sa chambre tombale recevoir la visite dâun Ă©niĂšme camarade de classe dont il nâavait strictement rien Ă faire.
Alors, il partir sâinstaller sur cette chaise situĂ©e prĂšs du visage de Cyrius. Aiden avait beau savoir quâil Ă©tait sorti du coma, et quâil dormait simplement, le coeur du californien se serra dâinquiĂ©tude. Son petit ami avait fait le con, et il voulait savoir pourquoi.
Cyrius Ă©tait vraiment beau lorsquâil dormait. Encore plus que lorsquâil Ă©tait rĂ©veillĂ©. Sans son regard gris si expressif, il semblait⊠paisible. Doucement, le troisiĂšme annĂ©e passa le revers de sa main sur le visage de son amoureux, avant de lui dĂ©poser un doux baiser sur les lĂšvres.
Aucune réaction.
- SympaâŠ, dit Aiden, amusĂ© de voir combien le sommeil de Cyrius Ă©tait profond.
Il prit la main du blond dans la sienne, et se mit Ă attendre, perdant petit Ă petit le fil du temps. Ce genre de perte de la rĂ©alitĂ© lui arrivait de temps en temps. Il pouvait alors rester une heure dans la mĂȘme position et agir comme si une simple minute venait de sâĂ©couler.
LâĂ©tudiant ne se rendit compte quâil sâĂ©tait endormi quâau moment oĂč la main de Cyrius passa dans ses cheveux, le rĂ©veillant par la mĂȘme occasion.
Il ouvrit les yeux, et vit que le blond lâobservait en souriant, et le brun fit de mĂȘme, se rendant compte que pour la premiĂšre fois depuis son retour dans le monde des vivants, il avait dormi sans subir de cauchemars.
- HeyâŠÂ dit-il simplement.
Depuis son rĂ©veil, Cyrius se demandait parfois sâil pouvait ouvrir les yeux sans voir quelquâun Ă ses cĂŽtĂ©s. La nuit, il se rĂ©veillait des fois en sursaut, quand son sommeil le plus lourd ne lâengourdissait pas. Il y avait alors toujours une infirmiĂšre pour passer alors sa tĂȘte dans lâentrebĂąillement de la porte. La journĂ©e, il piquait du nez frĂ©quemment. Quand il ouvrait les yeux, câĂ©tait toujours pour voir lâune de ses soeurs Ă ses cĂŽtĂ©s (jamais  Cyann pourtant) ou une connaissance de la NYADA.Â
Ce jour lĂ , Cyrius Ă©tait allĂ© faire un tour dans le service de pĂ©diatrie. Le contact des enfants - de ses petits patients comme il les appelait - lui faisait un bien fou. Il ne pouvait le nier. CâĂ©tait mĂȘme visible Ă la lecture de ses expressions. Petit Ă petit, le blond se remettait Ă sourire plus franchement. Ses yeux Ă©taient moins cernĂ©s, sa peau moins pĂąle. MĂȘme les doses de calmants en tout genre et de somnifĂšre quâil prenait diminuait progressivement.Â
Les premiers jours, Cyrius avait eu lâinterdiction formelle de recevoir des visites, ou de sortir de sa chambre. Sâil nâavait pas bravĂ© cet ordre en allant voir le Dr Sanchez, il savait quâil moisirait toujours dans le fond de son lit. Maintenant, il pouvait aller et venir Ă sa guise en pĂ©diatrie, et mĂȘme dans le service qui prenait soin de lui. Les infirmiĂšres commençaient Ă ĂȘtre habituĂ©es Ă le voir arriver tout sourire dans leur salle de repos. Il sâasseyait alors Ă leur cĂŽtĂ©, bavardant joyeusement Ă certains moments, se contentant dâĂ©couter presque paisiblement Ă dâautres.Â
Ce jour lĂ , donc, Cyrius avait passĂ© une petite heure de la matinĂ©e avec ses petits patients, essayant de leur apprendre - non sans mal - une chanson de Britney Spears. Le choix sâĂ©tait rĂ©vĂ©lĂ© dĂ©sastreux, et le vacarme assourdissant.Â
AprĂšs le repas, pris dans sa chambre, Cyrius nâavait pas pu empĂȘcher ses yeux de se clore sous le coup de la fatigue.Â
Il nâeut pas Ă lutter bien longtemps avant de sâendormir.Â
Une nouvelle fois, quand il ouvrit les yeux,  Cyrius se rendit compte quâil nâĂ©tait pas seul. La tĂȘte de cheveux bruns appuyĂ©s sur son lit le firent dans un premier temps se figer. Puis, il comprit qui venait lui rendre visite.Â
Aiden.Â
Un sourire un peu flottant passa sur ses lĂšvres tandis quâil lâobserva dormir. Il entendait presque un lĂ©ger ronflement sâĂ©chapper des lĂšvres de son petit ami.Â
Bien entendu, Crystal avait mit Cyrius au courant du rĂ©veil dâAiden. Un soulagement indescriptible lâavait saisit Ă cette nouvelle. Mais rapidement, la culpabilitĂ© de ne pas avoir Ă©tĂ© lĂ , dâavoir faillit Ă son propre courage en se droguant, et aussi le fait dâavoir trompĂ© le jeune homme avec Lily, avait saisit Cyrius Ă la gorge. Et il nâavait rien fait pour accĂ©lĂ©rer le moment de leurs retrouvailles. A croire quâil Ă©tait vraiment un lĂąche.Â
Mais son absence le rongeait de plus en plus. Comme de lâacide dans son ventre.Â
Avec plus de douceur quâil ne lâaurait souhaitĂ©, la main de Cyrius effleura la joue du dormeur, remontant prĂ©cautionneusement le long de sa tempe. Puis elle se perdit dans les cheveux dâAiden.Â
Le contact réveilla le comédien. Cyrius se figea une nouvelle fois, avant de sourire en croisant le regard sombre.
Ses yeux..Â
Il enleva sa main, sans pour autant cesser un seul instant de le regarder. Pupilles grises contre brunes.Â
-Â Salut Lending.Â
Il y eut un silence entre eux deux. Un simple salut, puis un silence.Â
Que Cyrius finit par briser, son sourire moqueur revenant Ă la charge. Ses yeux fixĂšrent pendant quelques secondes les lĂšvres du brun.
Ses lĂšvresâŠ
- Câest cool que tâais arrĂȘtĂ© de te la jouer Belle aux Bois Dormant. Pire interprĂ©tation de toute ta vie.
Enfin, il pouvait parler.. Lui mĂȘme avait dĂ©cidĂ© de se couper de la rĂ©alitĂ© pendant quelques heures - quelques jours ?.Â
- Au moins tâes pas devenu amnĂ©sique. ParaĂźt quâil y a une Ă©lĂšve du professeur Adler qui lâest depuis.. Depuis.. VoilĂ .Â
Retour sur les lĂšvres dâAiden. Cyrius sentit quelque chose se briser en lui.
-Â Redresse toi. lui ordonna le blond.Â
DĂšs quâAiden se rapprocha involontairement de lui dans lâamorce de son geste, le rĂ©alisateur se pencha vers lui, saisissant son menton, et colla ses lĂšvres presque violemment sur les siennes.Â
Retrouver le regard de Cyrius. Plonger Ă nouveau dans ces prunelles grises. Aiden accueillait ces retrouvailles avec un soulagement palpable. Il se laissa submerger par le regard orageux du blond, souriant, silencieusement.
Cyrius le salua, et Aiden ne rĂ©pondit pas, battant simplement des cils. Le silence qui sâinstalla nâavait rien de gĂȘnĂ©. Les deux Ă©tudiants nâavaient tout simplement pas besoin de parler.Â
Cependant, Aiden ne put sâempĂȘcher de se pince la lĂšvre infĂ©rieure. Il ressentait Ă lâencontre de Cyrius une pulsion quâil nâavait pas vraiment eu le temps de ressentir pendant la fusillade.
Il avait envie de Cyrius. Ici, et maintenant. Et pour se rendre désirable, Aiden comptait bien séduire le beau blond.
Sans quitter le regard du rĂ©alisateur, il passa sa main sur son avant-bras, laissant ses doigts glisser doucement. Le frisson quâil sentit traverser Cyrius le fit sourire doucement.
Autant que le coup dâoeil bien voyant quâil jeta aux lĂšvres du brun.
Aiden rit doucement face Ă la remarque moqueuse de son petit-ami. Il ne rĂ©pondit pas tout de suite, continuant son manĂšge comme si de rien nâĂ©tait. LâĂ©tudiant se sentait brĂ»lant de fiĂšvre et de dĂ©sir, et il espĂ©rait quâil communiquerait cette flamme Ă Cyrius.
- Faudrait que tu te rases. Tu fais négligé là , répondit-il finalement, un sourire en coin sur le visage. Oh mon Prince, ajouta-t-il, haussant les sourcils.
Lâacteur nâavait pas oubliĂ© la raison de sa venue. Demander des comptes au blond. Lui demander pourquoi il avait fait le con. Lui faire promettre quâil ne recommencerait plus.Â
Mais Cyrius Ă©tait tellement sĂ©duisant, dans sa fine tenue hospitaliĂšreâŠ
- En mĂȘme temps⊠comment oublier ça? demanda-t-il, embrassant doucement la main du blond. Il ajouta dans un souffle. PlutĂŽt mourir que de tâoublierâŠÂ
Il se racla la gorge, sans savoir sâil avait envie ou non que Cyrius lâait entendu. Il nâeut pas le temps dây penser longtemps que le blond lui ordonna de se lever.Â
Surpris par lâintensitĂ© de la demande, Aiden se releva aussitĂŽt, et sentit les lĂšvres de Cyrius se coller contre les siennes. Le brun nâen demanda pas plus, et rĂ©pondit aussitĂŽt au baiser.Â
Le baiser Ă©tait intense, presque violent. Le souvenir dâune chambre de lâinternat renforça un peu plus le dĂ©sir qui brĂ»lait en lui. Ses lĂšvres toujours rivĂ©es sur celle du troisiĂšme annĂ©e, Aiden prit place sur le lit, ses jambes disposĂ©es de part et autre du corps de Cyrius.
De sa main droite, il attrapa la tignasse blonde du rĂ©alisateur, tandis que la gauche explorait le torse musclĂ© de son amoureux. Quittant les lĂšvres de Cyrius, Aiden sâattaqua Ă son cou, nâĂ©pargnant aucun centimĂštre carrĂ© de ses baisers fiĂ©vreux.Â
- Tu mâas manquĂ©âŠÂ souffla-t-il entre deux baisers
Une brĂ»lure. VoilĂ ce que ressentait Cyrius Ă cet instant. Une immense brĂ»lure qui sâinsinuait en lui, et le consumait. Elle partie du bas de son ventre, ahurissante de fougue, envenimant ses veines, son coeur, avant dâatteindre son cerveau.Â
Du dĂ©sir.Â
Mais un dĂ©sir rĂ©veillĂ© par les doux soins dâAiden. Qui apparu avec la caresse de ses doigts sur son avant bras, se propagea en lui Ă la lecture de la flamme dans ses yeux sombres, explosa sous ses baisers.
Il nâavait jamais ressenti ça. Jamais aussi fort. Jamais aussi violemment.Â
Il le voulait. Maintenant.Â
Tant pis pour le lieu, tant pis pour ce quâil avait fait, tant pis pour les circonstances, tant pis pour tout. Ce qui le rongeait Ă©tait beaucoup trop puissant.Â
Aiden sâattaqua Ă son cou. Instinctivement, Cyrius rejeta la tĂȘte en arriĂšre, sâaccrochant aux Ă©paules de son petit ami.Â
Des flash dâune rencontre au dĂ©tour dâun couloir, de baisers Ă©changĂ©s Ă Las Vegas ou mĂȘme du Lending souriant de premiĂšre annĂ©e marquaient ses pupilles.Â
Un rire rauque Ă©chappa Ă Cyrius en entendant la voix dâAiden.Â
Tu mâas manquĂ©. Oh.. Il nâen doutait pas.Â
- Jâvois ça. ⊠Mais..Â
Sans prĂ©venir, Cyrius le repoussa, joueur. Il cherchait ses lĂšvres sans vraiment lâembrasser, avançant de plus en plus en se redressant. JusquâĂ ce quâAiden se retrouve sous lui, la tĂȘte Ă lâopposĂ© de lâoreiller.Â
- Si tu continues comme ça..
CâĂ©tait maintenant au tour de Cyrius de jouer. Ses mains se firent un plaisir de glisser sans retenue sous la fine couche de sa tenue dâhĂŽpital sans pourtant la lui ĂŽter. Encore et encore. De plus en plus bas.
Son regard Ă©tait dĂ©jĂ fiĂ©vreux.Â
- .. Je ne réponds plus de rien.
Cyrius apprĂ©ciait visiblement le moment. Il rejeta la tĂȘte en arriĂšre, offrant lâintĂ©gralitĂ© de son cou en pĂąture aux baisers enfiĂ©vrĂ©s dâAiden. Qui sâen donnait Ă coeur joie, remontant parfois le long du visage pour embrasser le blond Ă pleine bouche.
Le blond se laissa faire jusquâau moment oĂč Aiden prit la parole. Le rapport de force sâinversa aussitĂŽt. Les deux mains qui sâagrippaient auparavant Ă ses Ă©paules le repoussĂšrent, et lâacteur se retrouva en peu de temps assis sur les genoux de CyriusâŠ
Avant de se retrouver sur le dos, le visage de son petit-ami au-dessus du sien. Aiden ne put sâempĂȘcher de sourire, et releva la tĂȘte pour voler un long baiser Ă Cyrius, avant de se mordre les lĂšvres alors que le blond parlait.Â
Il sâapprĂȘtait Ă rĂ©pondre lorsquâil sentit deux mains brĂ»lantes se glisser sous sa tenue. Il ne put sâempĂȘcher de frissonner, et de laisser Ă©chapper un lĂ©ger gĂ©missement. Il avait toujours Ă©tĂ© Ă fleur de peau, et sentir ces deux mains glisser sur son corps en Ă©tait trop pour lui.
Les doigts de Cyrius glissĂšrent de plus en plus bas, et Aiden releva les yeux vers le blond, qui le regardait, brĂ»lant de dĂ©sir.Â
Je ne réponds plus de rien.
- Tu  mâen diras tantâŠÂ Cyrius continua sa descente, et Aiden se mordit la lĂšvre, prĂȘt Ă montrer son intimitĂ© la plus totale au rĂ©alisateur lorsquâun Ă©clair de luciditĂ© traversa son esprit. Cy⊠Ahh, Cyrius, attend une seconde.
Surpris par la rĂ©action brutale du brun, Cyrius libĂ©ra Aiden, qui lâembrassa vivement avant de se lever hors du lit. Il se dirigea Ă toute vitesse vers la porte, et enclencha le verrou. Quâils ne revivent pas la mĂ©saventure de la derniĂšre fois.
- Cette fois⊠On sera plus tranquille, dit-il en souriant, se retournant vers Cyrius. Maintenant⊠à lâattaque.
Joignant le geste Ă la parole, Aiden se dĂ©barrassa de son haut, quâil abandonna au sol. Il retrouva Cyrius sur le lit et prit de nouveau les commandes. Il fit enlever le haut de Cyrius et commença Ă sâamuser avec le torse parfait de son petit-ami.Â
Aiden Ă©tait parti pour aller jusquâau bout des choses mais il sentit rapidement que quelque chose clochait. Cyrius ne rĂ©pondait plus Ă ses baisers, comme sâil Ă©tait prĂ©occupĂ© par quelque chose dâautre. Ce qui se rĂ©vĂ©lait ĂȘtre lĂ©gĂšrement vexant.Â
Bien dĂ©cidĂ© Ă passer Ă lâacte avec un Cyrius totalement avec lui ou pas du tout, Aiden sâassit sur les cuisses du blond et croisa les bras.
- Bon, quâest-ce quâil se passe? Et pas la peine de me dire que ce nâest rien. Personne nâest aussi indiffĂ©rent quand je lâembrasse. Et jâembrasse trĂšs bien! prĂ©vint Aiden, souriant, ne sâattendant pas Ă ce qui suivrait quelques instants aprĂšs.
Cyrius perdait complĂštement la tĂȘte, collĂ© Ă Aiden. Ses baisers ne lui suffisaient clairement plus, et ses mains se faisaient de plus en plus insistantes.Â
Il aurait peut-ĂȘtre pu se refrĂ©ner sâil ne sentait pas son petit ami aussi rĂ©ceptif. Sâil nâavait pas la sensation quâil voulait ça autant que lui.Â
Comme si.. Comme si chaque seconde comptait encore plus que la prĂ©cĂ©dente.Â
Avec un sourire, il lui laissa se dĂ©tacher, et aller fermer la porte avec empressement. Cyrius ĂŽta de lui mĂȘme le haut de sa tenue, restant ainsi torse nu.Â
Câest lĂ quâil aperçu, encore lĂ©gĂšrement visible, le bleu presque disparu dans le creux de son cou.Â
Douche froide.Â
Il Ă©tait allongĂ© sur un lit dĂ©fait depuis plusieurs heures, encore chaud de leurs instants prĂ©cĂ©dents. Les cheveux de Lily lui caressaient le visage, pendant quâelle mettait toute sa sensualitĂ© dans cet ultime baiser. Son corps nu, collait au sien.Â
- Jamais.. Jamais Cyrius. Â
Il entendait de nouveau son rire trop rauque. Trop douloureux.Â
- Jamais quoi ?Â
- Je suis Ă toi. A jamais.Â
La sensation dans lâaiguille dans son bras lui arracha alors un frisson de plaisir anticipĂ©.Â
Aiden nâĂ©tait pas un prince. Pas un de ceux des contes. Ses baisers nâarrivaient pas Ă enlever le goĂ»t de sang et dâamertume qui se rĂ©pandait dans la bouche de Cyrius.Â
Il essaya pourtant, de ressentir une nouvelle fois le dĂ©sir. Il serra Aiden dans ses bras, mais il mourait de nouveau.Â
Ses souvenirs revenaient. Comment.. Comment avait-il pu faire ça ?
Aiden finit par percevoir le manque de vivacitĂ© de Cyrius. Il sâassit sur ses cuisses, lui souriant toujours avec la mĂȘme douceur. Le coeur du blond lui faisait mal.Â
Il ne pouvait tout simplement pas faire ça. Le laisser sâoffrir Ă lui.Â
Avec de la douceur, mais aussi beaucoup de douleur, Cyrius repoussa Aiden. Ne pouvant atteindre le sol, il prit son propre haut pour en revĂȘtir le torse nu de son petit ami. A son regard perdu, il comprit quâil allait vraiment, vraiment, tout gĂącher.
- On peut pas faire ça.Â
Cyrius laissa un temps sâĂ©couler. La douleur sâattĂ©nuait petit Ă petit. Pour laisser une rage immense se dĂ©verser Ă lâintĂ©rieur de lui. Une rage contre lui mĂȘme.Â
- Je peux pas te faire ça.Â
Et il balança la vĂ©ritĂ©, comme une bombe, comme un tabou rĂ©vĂ©lĂ©, entre eux deux, sur le lit de lâhĂŽpital :Â
- Jâtâai trompĂ©.Â
Cyrius se crĂ» mĂȘme obligĂ© de prĂ©ciser :
- Avec Lily, mon ex. Elle.. Elle me piquait avec ses seringues dâhĂ©roĂŻne. Et.. Et on faisait lâamour quand on Ă©tait dĂ©chirĂ©s. Entre deux prises. .. Je sais mĂȘme plus combien de fois.. On.. Jâai.. Jâai dĂ©crochĂ© au bout dâun moment.. Je.. Aid..Â
Il se prit la tĂȘte entre les mains, incapable de regarder plus longtemps les grands yeux sombres de son petit ami.Â
-Â Je suis quâun connard.Â
Lâambiance se refroidit immĂ©diatement. Aiden aurait presque pu palper le changement dâatmosphĂšre. NĂ©anmoins, il ne pensa pas une seule seconde Ă ce qui allait arriver. Il perdit malgrĂ© tout son sourire lorsque Cyrius le rhabilla. Il ne comprenait pas du tout ce quâil Ă©tait en train de se passer sous ses yeux. Mais une chose Ă©tait sĂ»r, cela ne lui plaisait pas du tout.
On ne peut pas faire ça.
Aiden se sentit encore plus perdu. Pourquoi ne pouvaient-ils pas faire ça. Pour ne pas perdre la face, le brun prit le parti de sourire et de se moquer de Cyrius.
- Quoi, tu as peur? demanda-t-il, un sourire en coin. Ne tâen fais pas, ça va trĂšs bien se passerâŠÂ ajouta-t-il, se dirigeant Ă nouveau vers le cou si appĂ©tissant de son petit ami.
Lâacteur nâeut pas lâoccasion dâavancer son visage que Cyrius lâattrapait Ă nouveau par les Ă©paules. Sans brusquerie mais assez fermement pour quâil comprenne quâil Ă©tait inutile de tenter de reprendre lĂ oĂč ils en Ă©taient.Â
Je ne peux pas te faire ça.
LâinquiĂ©tude sâinscrivit sur le visage dâAiden. Il Ă©tait vraiment perdu. Et il commençait Ă se poser des questions. Cyrius voulait-il rompre avec lui? Avait-il finalement compris quâil ne voulait pas de lui dans sa vie?Â
Le coeur du californien se serra. Lui qui avait tant redouté ce moment⊠Il ne pouvait pas se laisser faire sans combattre. Sans tenter au moins de retenir le blond.
- Quâest-ce que tu racontes? Je comprends rien. Me faire quoi? Je⊠jâai fait quelque chose de mal?
Cyrius rĂ©pondit finalement, donnant la vĂ©ritable raison dâun seul coup, sans quâAiden nây soit prĂ©parĂ©.Â
Jâtâai trompĂ©.
Aiden faillit perdre lâĂ©quilibre sous le choc de lâannonce. Il avait mal compris. Il avait forcĂ©ment mal compris. Aiden sâapprĂȘta Ă le lui demander lorsque Cyrius lui donna des explications complĂ©mentaires.
Plusieurs Ă©motions sâemparĂšrent dâAiden. La colĂšre, pour commencer. Quâil ne put contenir en lui, sifflant entre ses dents
- Cette salope⊠Si je lâattrapeâŠÂ Il vit que Cyrius ouvrait la bouche pour parler, mais il lâen empĂȘcha. Tais toi. Il leva une main vers lui, lâintimant au silence par le geste Ă©galement. Sâil te plaĂźt. Câest Ă cause dâelle que tâes dans cet Ă©tat. Putain, comment tâas puâŠÂ
Il ne termina pas sa phrase, se rendant compte quâil Ă©tait toujours sur les cuisses de son⊠de son quoi? Pouvait-il dire de son amoureux au vu des Ă©vĂ©nements actuels?Â
Le dĂ©goĂ»t sâĂ©tait lui aussi insinuĂ© en Aiden. Il se dĂ©gagea lentement du lit, se remettant debout, refusant pour la premiĂšre fois depuis longtemps de croiser le regard de Cyrius. Il se sentait trahi, sali par la personne quâil aimait. Il se dĂ©barrassa du haut du blond pour remettre le sien qui traĂźnait sur le sol.Â
- Je⊠je croyais que tu mâaimais. Jây ai cru. Vraiment. Je⊠je me suis jetĂ© dans tes bras. Plus rapidement que je lâai jamais fait. Et tu mâannonces⊠ça.Â
Il se retourna, prenant de longues inspirations pour refouler les larmes involontaires qui menaçaient de couler le long de ses joues. Il ne voulait pas se montrer faible devant Cyrius. Lui montrer quâil Ă©tait anĂ©anti par ce quâil venait dâentendre.Â
- Je suis revenu pour toi putainâŠÂ marmonna-t-il, assez fort pour que Cyrius entende quâil parle sans comprendre le sens de ses mots.
Peine perdue. Les larmes commencÚrent à tomber toutes seules, énervant un peu plus le troisiÚme année.
- Comment jâai pu ĂȘtre assez con pour croire que tu mâaimais? AprĂšs tout, ça tombe sous le sens, non? Tâas fait ça pour mâhumilier un peu plus aprĂšs ces deux ans? Pour changer un peu? Aiden mima des applaudissements, son coeur sâĂ©miettant un peu plus Ă chaque frappe de ses mains. Bravo⊠Tu fais un acteur extraordinaire. Je te reconnais au moins ça.
Il se mordit lâintĂ©rieur de la joue pour ne rien ajouter quâil pourrait regretter plus tard. Il sentit le regard du blond peser sur lui mais il refusa toujours de le regarder. Aiden ne voulait pas prendre le risque de se perdre dans les prunelles orageuses de Cyrius. De se perdre dans les yeux de celui qui lui avait menti.
Qui lâavait trompĂ©. Et qui en plus, avait le culot de lui avouer avoir arrĂȘtĂ© de compter le nombre de fois oĂč lui et cette⊠cette salope lâavaient fait.
- Oh merci de prĂ©ciser. JâespĂšre que tâas prit ton pied? Jâavais tort de mâinquiĂ©ter pour toi⊠Apparemment tu tâamuses bien avec elle. Continue. Je tâen prie.
Je suis un connard.
- Je confirme, dit Aiden, mĂȘme sâil ne le pensait quâĂ moitiĂ©, une partie de lui toujours accrochĂ©e aux quelques moments quâil avait passĂ© avec Cyrius. Dans cette salle de classe plus particuliĂšrement, avant quâil ne se prenne une balle dans lâĂ©paule.Â
Il se dirigea vers la porte et mit la main sur la poignĂ©e. Mais il ne put se rĂ©soudre Ă partir tout de suite. Il avait encore trop de questions Ă lui poser. Cependant, une seule sortit de sa bouche.Â
- Pourquoi?Â
Il sâapprĂȘta Ă ouvrir la porte, certain que Cyrius ne rĂ©pondrait pas, lorsque la voix du blond sâĂ©leva derriĂšre lui.
Cyrius savait quâil allait faire de la peine Ă Aiden, en lui avouant tout. Il savait quâil allait devoir faire face Ă sa douleur. A sa rage. Il sây Ă©tait prĂ©parĂ©. Mais pourtant, rien ne lui fit plus mal que de voir tout ce quâil avait prĂ©dit se peindre sur son visage.Â
Il ne se sentait pas mal de lui avoir gĂącher ses espĂ©rances. Non. Il se dĂ©testait.Â
Chaque geste dâAiden lui faisait mal. Chaque regard blessĂ©, oĂč les larmes Ă©taient prĂ©sentes sans pourtant couler, lui fendait lâĂąme. Il aurait bien anticipĂ© un geste pour le retenir. Mais le blond nây arrivait pas. Ses mains tremblaient trop.
Alors il les serra en deux poings.
Et il se prit comme une Ă©norme gifle ce quâil ne pensait jamais plus entendre. Aiden pensait quâil le dĂ©testait. Quâil avait jouĂ© avec lui.Â
Se doutait-il une seule seconde que si Lily et lui, ça sâĂ©tait terminĂ©, câĂ©tait sous les cendres mĂȘme de son nom ? Se doutait-il une seule seconde de tout ce que Cyrius avait endurĂ© pour lui ? De la mauvaise maniĂšre, certes, mais sans jamais remettre en cause ce quâil ressentait ?Â
Visiblement non. Visiblement Aiden ne sâenfermait que dans sa propre douleur. Incapable de voir tous les remords dans les yeux gris.Â
La rage contre lui mĂȘme se mua alors en une nouvelle rage contre celui quâil avait pourtant fini par ne plus dĂ©tester.Â
- ⊠Lily nâest pas une salope. Elle a crĂ» bien faire.
Cyrius sâobligea Ă souffler. Une fois. Deux fois.Â
Puis il enfonça, encore, encore, le couteau dans la plaie. Au moins se sentait-il vivant. Encore un peu. MĂȘme sâil regrettait dĂ©jĂ tout ça.Â
- Jâai embrassĂ© Lee. Aussi. Ton pote. ComplĂštement dĂ©chirĂ©. Il paraĂźt. Pas de souvenir. Gossip est venu fouiner son nez dans ce qui la regardait pas.Â
La douleur dâAiden. Y faire face, encore et encore. Utiliser lâironie ?
- Mais bien sĂ»r Lending.. Jâai pris mon pied Ă te faire croire que jâavais des possibles sentiments pour toi. Tâas sautĂ© droit dans le panneau. TâĂ©tais tellement en manque dâamour ?  Ou de sexe ? Dis-moi tu tâes branlĂ© combien de fois en pensant quâon Ă©tait ensemble ?
Cyrius se sentait dĂ©bile. ComplĂštement idiot. Mais il faisait tout pour garder encore un peu, un tout petit peu, sa prestance. MĂȘme si ses mains tremblaient avec violence.Â
Il sâĂ©tait dĂ©cidĂ© Ă le laisser partir. Peut-ĂȘtre que câĂ©tait ça, cette douleur Ă©norme, dans sa poitrine. CâĂ©tait ça la sensation de se faire plaquer, dâavoir perdu quelquâun, de souffrir. Ce quâil nâavait jamais ressenti avec Lily.
Mais le âpourquoi ?â raisonna dans la piĂšce.Â
Cyrius nây rĂ©pondit pas. Pas dans un premier temps. Le temps que la question monte Ă son cerveau, quâil lâanalyse, et que la rĂ©ponse vienne le plus naturellement Ă ses lĂšvres.Â
En attĂ©nuant la douleur et la rage contre Aiden.Â
- Parce que je te hais Lending. Je ne tâai jamais autant haĂŻs que maintenant. CâĂ©tait moi qui devait me prendre cette balle. Pas toi. Tu nâavais pas le droitâŠÂ
Et enfin, le regard clair rencontra de nouveau les yeux sombres. La voix se termina dans un seul souffle.
- Il sâest Ă©croulĂ©. Paf. Une balle dans sa cage thoracique, juste aprĂšs toi. Câest moi qui ai tirĂ© cette fois-ci. Câest moi qui lâai tuĂ©. .. Je peux pas vivre avec ça. Je peux pas vivre en sachant que je lâai tuĂ©. Et que jâai faillit pas te louper non plus. Je peux pas Aiden ! Je peux pas. .. Alors oui, je suis allĂ© voir ailleurs, mais câĂ©tait pas volontaire. Jâarrivais pas.. Jâarrivais pas Ă entrer dans ta chambre. Pour voir quoi ? Toi inconscient ? Jâen ai rien Ă faire de toi inconscient ! Je te veux toi en entier, toi en un seul morceau, toi vivant ! Ton sourire, ton rire, tes yeux. Tout. Je veux tout de toi. Tout, toi en entier. Je veux tâavoir pour moi seul. Vivant. Pas mort, pas raide, pas dĂ©jĂ froid ! Je pouvais pas ! Je peux pas⊠Lily je lâai croisĂ©e par hasard. Je lâai suivi par hasard. Je lâai baisĂ© par hasard. Mais je ressentais rien, tellement rien. MĂȘme avec la drogue. Mais câĂ©tait tellement plus facile Aiden. Tâexistais plus. Jâexistais plus. Et il y avait plus de mec mort, plus de toi inconscient, plus de moi pathĂ©tique, plus de ma putain de maladie, plus de tout ça. Plus de nous. Plus rien.Â
Cyrius savait que son discours Ă©tait anarchique. Sans vraiment de sens. Ses yeux se perdaient dans le vide. Il se prit de nouveau la tĂȘte dans les mains, tremblant des pieds Ă la pointe de ses cheveux dĂ©faits.Â
- TâĂ©tais mort, jâĂ©tais mort. Point.
Il était bon à interner, il le savait.
Cyrius enfonça le couteau dans la plaie, remuant bien la lame, Ă©largissant la blessure qui faisait saigner son coeur depuis que Cyrius lui avait dit lâavoir trompĂ© avec Lily.
- Bien, sĂ»r, rĂ©pondit-il en hochant la tĂȘte. Quelle personne admirable, Lily. Fais-moi penser Ă aller la remercier comme il faut. Il se frappa le front du plat de la main, avant de reprendre. Câest vrai je suis vraiment con. Jâavais oubliĂ©. La prochaine fois que je croise une ex un peu triste, je lâemmĂšne avec moi, je la saute je sais pas trop combien de fois, et je la pique. Il offrit un grand sourire Ă Cyrius. Et je dirai que je pensais bien faire.Â
Son sourire sâeffaça, et un air colĂ©rique prit place sur le visage du brun. Il fronça les sourcils, et son ton se fit dur, cherchant Ă enfoncer Cyrius dans la culpabilitĂ© quâil semblait afficher.
- Non. Lily reste et restera une salope irresponsable. Qui a failli te tuer. Et tu es un connard irresponsable. Dâavoir fait ça.Â
CâĂ©tait dit. Les mots quâil retenait depuis que Crystal lui avait annoncĂ© lâoverdose de Cyrius. Il avait tenu bon devant la petite soeur du blond mais il avait du pour cela user de toute son jeu dâacteur, car tout en lui bouillait.Â
- Je me rĂ©veille, et jâapprends quoi? continua Aiden devant lâair offensĂ© du rĂ©alisateur, jâapprends que tâas failli te foutre en lâair Ă cause de lâhĂ©ro. Tu mâas fait peur, espĂšce dâenfoirĂ©!
La derniĂšre phrase aurait du ĂȘtre violente, mais lâeffet ne fut pas au rendez-vous, la voix du troisiĂšme annĂ©e se brisant dâun seul coup. Il se reprit rapidement, refusant de donner lâimpression Ă Cyrius quâil craquerait devant lui. Il se jeta sur lâaveu suivant du blond, commençant Ă rire.
- Pauvre Lee, ça a du le surprendre. Il sâinterrompit, hĂ©sitant sur la rĂ©action Ă avoir face Ă ce baiser. AprĂšs tout, il avait bien embrassĂ© Cyrius alors quâil Ă©tait en couple avec Pearl⊠Aiden choisit dâĂȘtre honnĂȘte. Tu sais quoi? A la limite, ce baiser, je mâen fous. TâĂ©tais dĂ©chirĂ©, tu tâen souviens pas, et jâai fait pire. Et je sais que Lee ne tâintĂ©resse pas. Et surtout, tu ne lâintĂ©resses pas. Non, ce que je ne supporte pas, câestâŠ
Il ne termina pas ses explications, conscient quâelles Ă©taient inutiles. Cyrius savait pertinemment pourquoi Aiden Ă©tait blessĂ© et en colĂšre. Pourtant, il enfonça le clou, se moquant cruellement de ce quâAiden pensait de son comportement.Â
Une flamme de rage passa dans le regard auburn de lâacteur. Il serra les poings, les dents, mais offrit un sourire immense au blond avant de dĂ©clarer, acerbe.
- Excuse, moi, je nâai pas vraiment eu lâoccasion de me branler ces derniers temps⊠Tu comprends, une balle dans lâĂ©paule, un coma prolongĂ©, tout ça tout çaâŠÂ
Aiden sut tout de suite quâil avait frappĂ© fort. Trop fort. Une partie de lui sâen voulut immĂ©diatement, car il ne voulait pas rendre Cyrius responsable de ce quâil sâĂ©tait passĂ©. Une autre Ă©tait ravie de la souffrance quâil lui infligeait. Un combat intĂ©rieur sâengagea entre ces deux parties, et câest finalement la culpabilitĂ© qui lâemporta.
- DĂ©solĂ©, câest pas ce que je voulais direâŠ
La main sur la poignĂ©e, Aiden Ă©couta Cyrius dĂ©clarer quâil le dĂ©testait. Il le dĂ©testait parce quâil sâĂ©tait pris cette balle Ă la place du blond. Aiden se tourna lentement, avant de simplement dire.
- Je ne regrette rienâŠ
Il accepta enfin de croiser le regard du blond. De nouveau leurs prunelles se mĂ©langĂšrent, et seuls ces deux yeux gris existaient pour Aiden.Â
Et cette voix. Qui lui expliquait tant bien que mal ce quâil avait ressenti. Ce quâil ressentait. Quâil avait tuĂ© celui qui lâavait presque tuĂ©. Quâil nâavait pas pu venir le voir dans son Ă©tat. Que Lily nâĂ©tait pas un acte volontaire. Que la drogue ne lâĂ©tait pas non plus. Aiden Ă©couta Cyrius dire quâil avait choisi la solution de facilitĂ© pour ne plus penser Ă rien.Â
Aiden vit sa vision se troubler et il comprit que des larmes de douleur sâapprĂȘtaient Ă couler. Il prenait une partie du poids de la douleur du blond sur ses Ă©paules et se sentait Ă©crasĂ©. La partie raisonnable de sa personne comprenait pourquoi Cyrius avait craquĂ©. Mais lâautre Ă©tait trop blessĂ©e pour le pardonner.
Il Ă©tait perdu. Devait-il sâen aller, et rĂ©flĂ©chir de son cĂŽtĂ© Ă ce que Cyrius venait de dire, ou rester, et sâexprimer Ă son tour. La dĂ©cision fut vite prise.Â
Il mit de nouveau la main sur la poignĂ©e, prĂȘt Ă rentrer dans sa chambre, lorsque Cyrius ajouta quelque chose qui fit hoqueter Aiden.
TâĂ©tais mort. JâĂ©tais mort. Point.
Cyrius Ă©tait-il sĂ©rieux? Ressentait-il rĂ©ellement ce quâil venait de dire? Son amour pour Aiden Ă©tait-il aussi fort. Il se retourna doucement vers le lit pour voir que le blond avait enfoui son visage dans ses mains.Â
Dire quâil Ă©tait surpris nâĂ©tait pas suffisant. Aiden Ă©tait estomaquĂ© parce quâil venait dâentendre. Mais aussi touchĂ©, et profondĂ©ment Ă©mu. Jamais il ne se serait attendu Ă cela de la part de celui quâil avait haĂŻ si longtemps.Â
Doucement, il reprit sa place sur le lit du blond, et attendit que Cyrius ne se calme, ce qui lui laissa le temps de penser Ă ses prochaines paroles. Finalement, son petit-ami releva la tĂȘte, et offrit un visage surpris Ă Aiden. Visiblement, il ne sâĂ©tait pas attendu Ă ce que le brun ne reste.
- Cyrius⊠Tu⊠te rends compte de ce que tu viens de dire? Parce que⊠Parce queâŠ
Parce que ça change tout, voulut dire Aiden, sans y parvenir cependant.Â
A la place, il soupira profondĂ©ment, et attrapa machinalement une des mains de Cyrius.Â
- Quâest-ce quâon va faire?
La question Ă©tait sincĂšre, et Aiden espĂ©rait vraiment que Cyrius lui apporterait une rĂ©ponse. Parce que de son cĂŽtĂ©, câĂ©tait le flou total.
Il y avait cette impression. Trop prĂ©sente, trop marquante, trop pesante. Cette impression dâĂȘtre de nouveau dans la moiteur Ă©touffante du stress dâun vendredi Ă©touffĂ© dans ses souvenirs. Une arme Ă la main. Le corps dâAiden. Cette sensation dâĂȘtre de nouveau plus de quatre ans avant, dans une salle de ce mĂȘme hĂŽpital. Perfusion dans le bras. Diagnostic affolant devant lui. Cette monstruositĂ© dâun dĂ©jĂ vu dâabandon. Comme dix ans auparavant. Quand il Ă©tait revenu Ă la vie aprĂšs ĂȘtre passĂ© sous une voiture. Ou quand il avait appris que lâautre Millers nâavait, elle, pas survĂ©cu Ă ce qui le rongeait.
Tourbillon de vie encore en lui.
Mais pour combien de temps ?
Cyrius avait cette impression, impensable. IndĂ©chiffrable. Celle dâavoir tout perdu.
Et ça faisait mal.Â
Aiden murmura des choses quâil nâentendit pas. Il tremblait trop peut-ĂȘtre. Cyann avait raison. Il Ă©tait Ă©goĂŻste. Il nây avait plus quâune seule chose qui lui importait : sa propre douleur.Â
Le reste ? Rien Ă foutre.Â
Alors, quand Cyrius releva lentement la tĂȘte, il fĂ»t plus que surpris. Aiden Ă©tait revenu sâasseoir, le regardait presque avec douceur, avait saisi sa main dans la sienne. Sa question resta en suspend, entre eux, pendant de longues minutes.Â
Cyrius se sentait comme un enfant. Il nâavait plus que des sensations Ă fleurs de peau. Comme Ă chaque fois quâil se trouvait en prĂ©sence de son ancien ennemi.Â
Inconsciemment, le blond entremĂȘla ses doigts aux siens. Serrant fort. Il lâaimait plus que tout.
Il ne voulait pas le supplier. Mais il le fit quand mĂȘme, dâune certaine maniĂšre.Â
-Â Jâen sais rien. Mais me laisse pas Aiden. Jâpeux pas.
Et puis, une nouvelle fois, sans rĂ©flĂ©chir et avec impulsivitĂ©, Cyrius le saisit dans ses bras forts, le ramenant contre lui. Il ne lâembrassa pas, ne laissa pas glisser ses mains sur son torse, comme il lâavait fait auparavant. Il se contenta de le tenir contre lui, son souffle se perdant dans le creux de son cou.
- .. Je veux vivre.
Aiden avait arrĂȘtĂ© de penser Ă autre chose quâĂ cette question. Quâallaient-ils devenir. Cyrius. Lui. Leur couple. Il se posait vraiment la question. Peut-ĂȘtre que leur couple nâĂ©tait pas fait pour exister. Aiden nâavait-il pas avouĂ© Ă Cyrius quâil lâaimait juste avant de mourir? Lâavait-il dit simplement pour partir plus lĂ©ger?
La rĂ©ponse lui apparut rapidement. Non. Il Ă©tait rĂ©ellement amoureux de Cyrius. Il le sentait, tout au fond de lui. Jamais il ne sâĂ©tait senti aussi malheureux, ou nâavait eu envie de faire quelque chose pour amĂ©liorer les choses.
Il y avait bien eu Pearl, mais Aiden se rendait compte quâĂ cĂŽtĂ© de ce quâil ressentait pour le blond, les sentiments quâil avait Ă©prouvĂ© pour la jeune femme nâavait jamais Ă©tĂ© amoureux.
Pouvait-il pour autant pardonner Ă Cyrius dâun seul coup, au nom de ses sentiments? Non, bien entendu. Non seulement lâorgueil et les sentiments dâAiden avaient Ă©tĂ© meurtris, mais Cyrius sâĂ©tait droguĂ©. Et avait failli en mourir. Et Aiden avait Ă©normĂ©ment de mal avec la drogue, et avec ses habituĂ©s.
Oui, le brun en voulait au blond. Si jamais il dĂ©cidait de pardonner ses actes Ă Cyrius, il Ă©tait certain quâil ne les oublierait pas de sitĂŽt. Et que le rĂ©alisateur allait devoir faire ses preuves.
Mais ils nâen Ă©taient pas lĂ . A lâheure actuelle, les cartes Ă©taient dans les mains de Cyrius, et Aiden attendait de voir ce que le rĂ©alisateur allait rĂ©pondre Ă sa question. Voir si leur couple valait vraiment la peine de se battre pour lui aussi.
Le silence sâinstalla. Longuement. Aiden ne fit aucune mouvement, ni en faveur, ni contre Cyrius. Il nâĂ©tait pas fĂąchĂ© de cette lenteur, au contraire. Plus Cyrius rĂ©flĂ©chirait, plus il serait convaincu de sa rĂ©ponse, et Aiden nâaurait pas Ă lui tirer les vers du nez.Â
Il ne put toutefois sâempĂȘcher de rĂ©pondre Ă la pression des doigts de Cyrius lorsquâil entremĂȘla leurs doigts. MĂȘme blessĂ©, mĂȘme en colĂšre, ce simple contact faisait battre son coeur un peu plus fort.
Cette faiblesse lâexaspĂ©rait. Sâil nâĂ©tait pas capable de rĂ©sister Ă la simple liaison de leurs mains, comment pouvait-il rĂ©sister Ă Cyrius tout entier?Â
Il Ă©couta attentivement la supplique Ă peine voilĂ©e du blond, un peu surpris. Visiblement, Cyrius ne plaisantait pas tout Ă lâheure. Aiden se mordit la lĂšvre, se retenant de sourire de plaisir, en mĂȘme temps quâun plan germait dans son esprit.Â
Il nâen Ă©tait pas trĂšs fier, de ce plan. Mettre en pratique le pouvoir quâil semblait dĂ©tenir sur Cyrius. Mais cela lui permettrait de vĂ©rifier si les actes de Cyrius Ă©taient au niveau de ses paroles.Â
NĂ©anmoins, les jeux nâĂ©taient pas encore fait. Aiden ne savait toujours pas si Cyrius mĂ©ritait sa seconde chance. Et mĂȘme si ses derniers gestes emplirent lâacteur de sentiments amoureux, son cerveau lui ordonnait de faire marche arriĂšre. Câest pourquoi il se dĂ©tacha du blond, et prit la parole.
- Tu veux vivre⊠Mais est-ce que tu veux vivre avec moi? Je veux dire, est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous? Qui me dit que la prochaine fois, tu ne vas pas recommencer?Â
Il sâinterrompit, et plongea son regard dans celui de Cyrius. Au contraire des autres fois, il ne sây noya pas, et resta en retrait, sondant les prunelles grises. Il posa une ultime question, peut-ĂȘtre la plus importante Ă ses yeux.
- Pourquoi jâaurai de nouveau confiance en toi?
Aiden restait sans bouger dans les bras de Cyrius. Et ses nouvelles questions restaient en suspend entre eux deux, une nouvelle fois. Le blond ne les comprenait pas vraiment.Â
Mais est-ce que tu veux vivre avec moi ? Est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous ? Tu ne vas pas recommencer ?Â
Et la plus douloureuse :
Pourquoi jâaurai de nouveau confiance en toi ?Â
Le regard gris rencontra le regard brun. Longuement, pendant un temps interminable.Â
Et Cyrius ne rĂ©pondit rien. Parce quâil ne savait pas.
Il lĂącha Aiden, doucement, glissant cette fois-ci ses mains le long de ses bras, de ses avant-bras, jusquâĂ que ses doigts viennent une nouvelle fois sâentremĂȘler aux siens. Lentement, trĂšs lentement, il se pencha vers lui, toujours silencieux, incapable en rĂ©alitĂ© dâĂ©mettre le moindre son.
Il ne pouvait pas le rassurer. Pas tout de suite. Pas comme ça. Pas maintenant. Il nâĂ©tait pas prĂšs Ă de telles promesses.
Avec lenteur, il embrassa Aiden dans le cou, profitant de sa surprise pour y tracer un sillon de baisers. Et puis, il lâembrassa Ă pleine bouche pour Ă©touffer les paroles qui naissaient sur ses lĂšvres. Avec la mĂȘme douceur, et presque la mĂȘme douleur, que celle utilisĂ©e quelques semaines auparavant. Au casino de Las Vegas.Â
- Â CYRIUS MILLERS.Â
Le blond se redressa un peu brusquement, se tournant vers le Dr Sanchez qui venait de faire son apparition dans la petite chambre de lâhĂŽpital. Ses yeux sombres brillaient dâune lueur nouvelle, entre mĂ©contentement face Ă son patient, et un amusement presque maternel.Â
- Combien de fois vais-je devoir vous dire que les relations sexuelles sont interdites dans mon service ?Â
Elle regarda Aiden et leva les yeux au ciel. Cyrius ne protesta mĂȘme pas, profitant de cette distraction pour se relever et se positionner Ă bonne distance de son petit ami.
- Je sais que vous ĂȘtes certainement trĂšs heureux de retrouver votre.. Votre compagnon, mais âŠ
-Â Je sais, jâarrive. Câest bon, je suis prĂȘt.Â
-Â Les enfants vous attendent Cyrius. Et sâil vous plait, sâil vous plait, pas de chanson de Britney Spears cette fois-ci. Ils sont en Ăąge dâapprendre des comptines..
Le mĂ©decin reparti aussi rapidement quâelle Ă©tait venu, non sans avoir adressĂ© un sourire confiant Ă Aiden. Cyrius, lui, ne le regardait dĂ©jĂ plus.Â
-Â Tu devrais partir.
Aucun rĂ©ponse pour ses questions prĂ©cĂ©dentes. Aiden ne bougea pas. Le blond haussa les Ă©paules, et ne se gĂȘna pas le moins du monde pour se dĂ©shabiller entiĂšrement et enfiler des vĂȘtements propres juste sous son nez.Â
Un silence un peu Ă©trange sâinstalla entre eux. Cyrius finit par le briser.Â
-Â Je ne sais pas. Si tu peux me faire encore confiance.
Et câest lui qui quitta la piĂšce, sans un regard.
Les deux Ă©tudiants se regardĂšrent. Longtemps. Regard clair contre regard sombre. Une question en attente dâune rĂ©ponse. Qui ne vint jamais. Aiden eut beau attendre de Cyrius quâil ouvre la bouche, quâil essaie de faire un effort pour rĂ©pondre, rien ne vint.
Aiden fut infiniment déçu. Lui qui pensait sincĂšrement que Cyrius se battrait pour eux, il se rendait compte que ce ne serait probablement jamais le cas. Et que si le blond prenait enfin conscience quâil fallait quâil rĂ©agisse, il serait peut-ĂȘtre trop tard, et lâacteur ne savait pas sâil serait capable dâouvrir Ă nouveau la porte.
Le californien perdit tout intĂ©rĂȘt pour le prĂ©sent, et laissa ses yeux voguer dans le vide, prĂ©fĂ©rant arrĂȘter de penser Ă ce quâil vivait. Mettre sa douleur et sa dĂ©ception sur pause Ă©tait pour le moment prĂ©fĂ©rable Ă les laisser lâenvahir. Il ne voulait pas provoquer de rĂ©action quâil regretterait par la suite.
Comme mettre son poing dans la figure de Cyrius par exemple. Pour lui faire comprendre physiquement le mal-ĂȘtre quâil venait de lui faire ressentir Ă©motionnellement.
Mais il ne fit rien de tout cela, et laissa Cyrius glisser ses doigts le long de ses bras, jusquâĂ entremĂȘler leurs deux mains. A lâheure actuelle, il ne ressentait plus rien. Les doigts de Cyrius auraient trĂšs bien pu ĂȘtre ceux dâun inconnu quâil aurait eu la mĂȘme rĂ©action.
Aiden ne sâaperçut pas que le rĂ©alisateur sâapprochait de lui. Tout en lui sâĂ©tait arrĂȘtĂ© un instant, et il avait perdu conscience de la rĂ©alitĂ©. RĂ©action post traumatique disaient les mĂ©decins. Son corps et son cerveau prĂ©fĂ©raient le dĂ©connecter un instant du monde, lui Ă©vitant ainsi de sombrer dans la folie ou dans des crises dâhumeur excessives.
Il sentit Ă peine les lĂšvres de Cyrius se poser sur son cou, comme un simple frĂŽlement sur sa peau. Lorsque le blond lâembrassa directement, lâacteur rĂ©pondit machinalement au baiser, sans pour autant y mettre de passion, ni mĂȘme aucune Ă©motion.
Pour lâheure, il Ă©tait devenu une machine, incapable dâĂ©prouver la moindre Ă©motion. Et câĂ©tait peut-ĂȘtre pour le mieux, vu la situation.
Le brun nâĂ©couta pas ce quâil se passa ensuite. Il se rendit simplement compte que plus rien nâentravait sa respiration par la bouche, et quâil Ă©tait maintenant tranquille de ce cĂŽtĂ©-lĂ . Il entendit vaguement une discussion Ă cĂŽtĂ©, mais nây prĂȘta aucune espĂšce dâattention.
La voix de Cyrius lui apparut cependant trĂšs clairement lorsquâil annonça quâil ne savait pas sâil pouvait encore lui faire confiance. Sans sâen rendre compte, Aiden fronça les sourcils et serra les poings, tandis quâune larme solitaire coula le long de sa joue.
Un temps indĂ©terminĂ© plus tard, il sortit de la chambre occupĂ©e par Cyrius, et se rendit de nouveau de sa chambre, refusant de voir quiconque tant quâil ne serait pas capable de faire semblant que tout allait bien pour lui.
Alors que rien nâĂ©tait plus faux.Â

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Back together. (Aiden & Cyrius)
AprÚs quelques jours de rétablissement forcé, Aiden fut de nouveau capable de tenir sur ses jambes. Grùce à l'aide d'Isabelle et du personnel médical, il avait rapidement reprit des forces.
Tout le monde le traitait avec sympathie, visiblement heureux qu'il s'en soit sorti à peu prÚs correctement. A part la vilaine cicatrice qu'il garderait à vie à l'épaule, et la rééducation nécessaire pour ne pas risquer de séquelles, rien n'indiquait qu'il avait survécu à une fusillade, ni qu'il sortait tout juste du coma.
Oui, Aiden paraissait fort. Il souriait beaucoup, discutait avec tout le monde avec gentillesse, et ne montrait aucun signe de dĂ©tresse Ă©motionnelle, mĂȘme avec la psychologue venue Ă©valuer son Ă©tat.
Pourtant, en son for intĂ©rieur, il ne rĂȘvait que d'une choser. Hurler sa douleur. Hurler contre les images qui l'assaillaient une fois les yeux clos. Hurler contre tout ceux venus lui exprimer leur joie de le revoir parmi eux, alors qu'il ne les connaissait presque pas.
La seule personne qu'il avait réellement besoin de voir n'était pas en état de quitter sa chambre. A peine sorti du coma, comme lui, Cyrius était forcé de garder le lit, et malgré ses nombreuses demandes, Aiden n'avait pas obtenu l'autorisation de se rendre à son chevet.
Au bout du vingtiÚme élÚve de son cours de dramaturgie venu lui offrir des fleurs - sa chambre ressemblait maintenant à une tombe qu'on aurait ornée de gerbes florales - reçu avec le sourire, Aiden décida qu'il était temps de sortir, et d'aller rendre visite à son petit-ami, avec ou sans l'accord de l'équipe médical.
Armé de sa perfusion sur roulettes, et de ses jambes un peu tremblotantes, le californien sortit dans le couloir, évitant soigneusement les infirmiÚres. Enfin, les infirmiÚres évitÚrent soigneusement de croiser le chemin d'Aiden. Lent comme il était, il n'aurait pu éviter personne.
Parvenant enfin devant la chambre de Cyrius, l'acteur s'apprĂȘta Ă frapper, lorsqu'il dĂ©cida qu'une entrĂ©e fracassante serait plus amusante. Il ouvrit la porte Ă la volĂ©e, prĂȘt Ă voir la rĂ©action du blond... lorsqu'il le trouva profondĂ©ment endormi.
- Pour l'entrée fracassante, on repassera, marmonna Aiden.
Il songea un instant à s'en aller, revenant lorsque Cyrius serait réveillé, mais la chaise posée au chevet du blond semblait absolument confortable, et il n'avait aucune envie de retourner dans sa chambre tombale recevoir la visite d'un éniÚme camarade de classe dont il n'avait strictement rien à faire.
Alors, il partir s'installer sur cette chaise située prÚs du visage de Cyrius. Aiden avait beau savoir qu'il était sorti du coma, et qu'il dormait simplement, le coeur du californien se serra d'inquiétude. Son petit ami avait fait le con, et il voulait savoir pourquoi.
Cyrius était vraiment beau lorsqu'il dormait. Encore plus que lorsqu'il était réveillé. Sans son regard gris si expressif, il semblait... paisible. Doucement, le troisiÚme année passa le revers de sa main sur le visage de son amoureux, avant de lui déposer un doux baiser sur les lÚvres.
Aucune réaction.
- Sympa..., dit Aiden, amusé de voir combien le sommeil de Cyrius était profond.
Il prit la main du blond dans la sienne, et se mit Ă attendre, perdant petit Ă petit le fil du temps. Ce genre de perte de la rĂ©alitĂ© lui arrivait de temps en temps. Il pouvait alors rester une heure dans la mĂȘme position et agir comme si une simple minute venait de s'Ă©couler.
L'Ă©tudiant ne se rendit compte qu'il s'Ă©tait endormi qu'au moment oĂč la main de Cyrius passa dans ses cheveux, le rĂ©veillant par la mĂȘme occasion.
Il ouvrit les yeux, et vit que le blond l'observait en souriant, et le brun fit de mĂȘme, se rendant compte que pour la premiĂšre fois depuis son retour dans le monde des vivants, il avait dormi sans subir de cauchemars.
- Hey... dit-il simplement.
Until the end. (Aiden & Cyrius) (Complete)
Aiden, en salle de drama, attend avec angoisse l'arrivée de Cyrius. Qui finit par entrer dans la salle, sain et sauf, au grand soulagement du brun. C'est aussi l'heure pour Aiden d'ouvrir son coeur au blond. Mais un bonheur n'arrive jamais sans sa dose de malheur, surtout dans ce genre de contexte...
Le temps semblait sâĂȘtre arrĂȘtĂ©. Cyrius Ă©tait incapable de dire depuis combien de temps lâalerte noire avait Ă©tĂ© lancĂ©e. Les minutes Ă©taient devenues des heures et les heures des dĂ©cennies.Â
La menace Ă©tait lĂ , constante, perturbante. Le blond Ă©tait sur ses gardes, avançant prudemment dans les couloirs dĂ©serts, sur la pointe des pieds. A chaque bruit suspect, il sâarrĂȘtait, en Ă©quilibre, tĂ©tanisĂ©.
Cyrius nâavait pas peur pourtant. Dâautres choses dans sa vie lui glaçaient le sang dans les veines. Comme les rĂ©sultats toujours plus mauvais de ses examens sanguins ou cardiaques. Savoir que des hommes armĂ©s se baladaient armes au poing dans lâĂ©cole ne lâinquiĂ©tait pas plus que ça. A ses yeux, le pire quâil pouvait lui arriver, câĂ©tait de mourir. Il en Ă©tait dĂ©solĂ© pour sa famille et ses amis. Mais ça ne lâeffrayait pas. Ăa serait certainement moins douloureux que ce quâil lâattendait.
Non. Si Cyrius sâinquiĂ©tait ce nâĂ©tait pas pour lui, câĂ©tait pour les autres. Pour ses amis, ou ses camarades, piĂ©gĂ©s dans lâĂ©cole. Parce que eux, sâil leur arrivait quelque chose, ça serait vraiment dramatique.
Ce fĂ»t le sang qui lâalerta dâabord. Une flaque, rouge, Ă ses pieds. Une flaque, suivit dâune autre, et dâencore une autre. Et ce quâil y avait au bout.. Cyrius nâaurait jamais voulu lâavoir vu. Ce regard vide et Ă©teint.
Surpris, presque choquĂ©, il ne fĂ»t capable que dâune seule rĂ©action : contourner le corps, et se mettre Ă courir. Vite, encore plus vite.Â
Plus question dâĂȘtre discret, ou silencieux. Et tant pis si il vidait ses poumons trop vite, sâasphyxiant, et sentant son coeur Ă©mettre des ratĂ©s de plus en plus douloureux.
Aiden. PitiĂ© quâAiden soit en vie.Â
Cyrius termina sa course folle en un temps record. Il eut peut-ĂȘtre de la chance, mais ne croisa personne dâautre. Juste du sang, parfois. Sans yeux vides au bout du chemin.Â
Quand il arriva devant la salle dâacting du premier, il ouvrit la porte dâun coup sec et la referma derriĂšre lui. Dâabord il ne vit personne. Il ne sâen soucia pas non plus, se retournant pour rendre son dernier repas contre le mur.Â
Rectification, lui non plus ne voulait pas mourir. Pas de cette façon là .
Aiden avait Ă©tĂ© tentĂ© de sortir. De partir Ă la recherche de Cyrius. De le retrouver et de le frapper pour nâavoir pas rĂ©pondu Ă son dernier message. Parce quâAiden sâĂ©tait rendu compte dâune chose lorsquâil nâavait reçu aucune rĂ©ponse.
Il avait peur.
Peur pour lui Ă©videmment. Il nâavait pas envie de mourir. Pas maintenant, alors quâil nâavait pu dire au revoir Ă personne. Mais ce nâĂ©tait pas le pire. Il avait peur pour les autres aussi. Pour Pearl, qui nâaurait en plus jamais se trouver dans lâĂ©cole. Pour Lee, qui sâoccupait dâune dĂ©nommĂ©e Elyn. MĂȘme pour tous les autres quâil avait plus ou moins cĂŽtoyĂ©. Gab, Jessie, Kenny, LeĂŻlaâŠ
Mais plus que tout, il Ă©tait mort de trouille pour Cyrius. Cyrius qui essayait de faire le brave en le rejoignant alors quâil nâaurait jamais du bouger. Une autre raison de le frapper tiens.
Il aurait du ĂȘtre celui sâaventurant dans les couloirs pour le rejoindre. Il aurait du mettre sa vie en danger, plutĂŽt que dâaccepter que ce soit le blond qui joue avec la sienne. Il lâaurait fait dâailleurs, si Cyrius lui avait laissĂ© le choix.
DĂ©cidĂ©ment, Aiden ferait mieux de prĂ©parer ses poings pour accueillir celui qui lâinquiĂ©tait tellement.
Câest dâailleurs Ă cause de Cyrius quâil Ă©tait restĂ© planquĂ© dans la salle de drama. Parce que câĂ©tait le dernier endroit quâil avait communiquĂ© Ă Cyrius. Et que sâil se dĂ©plaçait, il perdait la moindre chance de le retrouver.
Et mĂȘme sâil nâosait pas se lâavouer, il ne le supporterait pas.
Il se mit alors Ă faire les cent pas, sentant la colĂšre et lâanxiĂ©tĂ© monter dâun cran Ă chaque minute. Les rares mots quâil prononçait Ă voix basse Ă©taient tour Ă tour des insultes Ă lâĂ©gard de Cyrius et des priĂšres quâil soit sain et sauf. Aiden se surprit mĂȘme Ă prier Dieu, le mĂȘme Dieu auquel il avait cessĂ© de croire des annĂ©es auparavant.
Marrant, comme les situations désespérées entraßnent des réactions étranges.
Soudain, Aiden vit la porte de la salle sâouvrir en grand. Une boule gonfla dans son estomac et il sentit ses muscles se tendre, prĂȘt Ă sauter sur son agresseur par surprise.Â
Mais il nâeut pas besoin de le faire lorsquâil reconnut lâintrus. AussitĂŽt la boule dans son estomac dĂ©gonfla un peu. Il Ă©tait en vie, et rien nâindiquait quâil nâait Ă©tĂ© blessĂ©.Â
Toute la colĂšre quâil avait ressenti quelques instants plus tĂŽt sâenvola, laissant place Ă un soulagement intense. Des larmes perlĂšrent au coin de ses yeux tandis que Cyrius rendait son dĂ©jeuner contre un mur.Â
Aiden sécha ses quelques larmes et se jeta au cou du blond, dans un élan désespéré.
- Putain, Cyri. Je te dĂ©teste tellement. Jâai jamais eu aussi peur de ma vie. Comment tâas pu⊠oh Cyri. Tu es vivant. Merci. Ne refais jamais ça. EspĂšce dâenfoirĂ© tuâŠ
Il aurait continuĂ© sa tirade si Cyrius ne lâavait pas interrompu. Le blond lui rendit son Ă©treinte, quâAiden nâavait de toute maniĂšre pas lâintention de cesser pour lâinstant.
La premiĂšre chose qui sâimposa Ă lâesprit de Cyrius quand il sentit deux bras forts lâentourer Ă©tait :Â
" Putain, je dois puer la gerbe."Â
Il ne sâinquiĂ©ta pas de savoir qui venait de se jeter sur lui sans mĂ©nagement. Parce quâil savait que câĂ©tait Aiden. Alors il se retourna et le serra dans ses bras, Ă lâen Ă©touffer.Â
Les yeux vides du couloir le hantait toujours. Cyrius nâarrivait pas Ă les chasser de ses rĂ©tines.
Il aurait aimer apaiser le jeune homme, mais rien ne lui vint Ă lâesprit. Rien de rassurant, ou de cohĂ©rent. Lui mĂȘme avait envie de pleurer. De soulagement, parce quâil nâavait rien, et de peur, vu la situation dâangoisse extrĂȘme quâils vivaient.Â
- DĂ©-dĂ©solĂ©.Â
Le blond nâarriva Ă rien articuler de plus, enfouissant son visage dans les cheveux noirs de son ancien ennemi. Il respira longuement, jouant avec les courts cheveux qui lui passaient sous les doigts. Il laissa ainsi quelques secondes flotter, pour aussi permettre Ă son cĆur de calmer ses battements affolĂ©s.Â
Et puis, il se dĂ©tacha dâAiden, le forçant Ă le regarder pour vĂ©rifier quâil allait bien. Tout en Ă©vitant soigneusement de croiser son regard sombre - par peur sâen doute, de le voir sâĂ©teindre.Â
Il rĂ©ussit Ă croasser :Â
- Tu vas bien ? Dis-moi que tu vas bien ?
Cyrius ne parvint quâĂ bĂ©gayer un mot. Qui demandait Ă Aiden de lâexcuser. Le brun sentit son coeur se serrer. Jamais il nâavait connue Cyrius comme ça. Jamais il ne lâavait vu dans un tel Ă©tat de nerfs. Jamais il ne lâavait senti aussi vulnĂ©rable.
Câest pourquoi Aiden sentit que câĂ©tait son tour dâĂȘtre fort. De montrer Ă Cyrius que ça allait. Quâil nâavait pas peur. MĂȘme si câĂ©tait faux, mĂȘme sâil avait Ă©chappĂ© de peu aux terroristes - comme il lâavait appris par Isabelle - plusieurs fois, il devait rassurer le blond.Â
- Chut⊠Chut câest rien. Tu es lĂ , câest lâessentiel. Tu nâas rien.Â
Il poursuivit son Ă©treinte avec le blond, tentant de lui insuffler toute la chaleur dont il Ă©tait capable. Aiden sentit le visage de Cyrius dans ses cheveux, et la sensation des doigts du blond dans ses cheveux lui procurĂšrent un peu plus de courage encore.Â
Finalement, Aiden sentit Cyrius se dĂ©tacher de lui, et il sentit les yeux gris se poser sur lui, comme un radar Ă rayons X vĂ©rifiant chaque partie de son corps. Mais Cyrius semblait fuir son regard, comme sâil avait peur de quelque chose. Le californien ne comprenait pas, et Ă©tait un peu perdu de la rĂ©action du blond. Eux qui dâhabitude ne se quittaient jamais des yeux, voilĂ que Cyrius refusait de le regarder.
- Oui, oui ça va. Calme toi. Jâai rien. Regarde-moi. Regarde-moi Cyri. Le blond leva enfin les yeux vers lui. Le regard gris croisa le regard sombre. Je vais bien. Dâaccord?
Ce nâĂ©tait pas tout Ă fait vrai. Il avait manquĂ© de se faire attraper plusieurs fois. Il avait entendu des coups de feu, des cris. Il avait peur. Mais Cyrius Ă©tait lĂ , et rien que pour ça, les battements de son coeur sâĂ©taient faits un peu plus rĂ©gulier.
- Et toi? Quâest-ce qui sâest passĂ©? Et je tâinterdis de me mentir. Dis-moi tout.Â
Il lui attrapa la main, et lâamena au fond de la salle. Le contact ne lui sembla pas une seconde dĂ©placĂ© ou Ă©trange. Au contraire, prendre la main du blond lui sembla parfaitement naturel.
Doucement, il le fit sâasseoir avant de se sâasseoir sur ses genoux Ă son tour en face de lui.. Il ne quitta pas Cyrius des yeux et vit bien que le rĂ©alisateur avait vu quelque chose de traumatisant. Alors Aiden reprit sa main et la serra, comme pour ramener Cyrius Ă la rĂ©alitĂ©. A leur rĂ©alitĂ©.
- Cyri⊠Je suis lĂ , okay? Je bouge pas. Je vais bien. Je te lĂąche pas. Mais sâil te plaĂźt. Parle-moi. Que je puisse essayer de tâaider. Sâil te plaĂźt.
Aiden trouva le moyen de forcer Cyrius, avec douceur, Ă sâasseoir dans le fond de la salle. Le blond sâĂ©croula dâailleurs plus qui ne sâassit, cachant Ă la vue de son ancien ennemi ses mains qui commençaient Ă trembler violemment.
Le contre-coup de cette journĂ©e dâenfer.Â
Le regarder dans les yeux avait Ă©tĂ© une Ă©preuve, et Cyrius sâen voulait. Mais il avait tellement peur.. Peur de voir le vide dans le regard sombre.
Une fois assis, Aiden lui prit la main, ce qui gĂȘna Cyrius. Et lui fit du bien en mĂȘme temps. Il hĂ©sita une seconde, avant dâenlacer ses doigts aux siens. Il aurait pu choisir la voie de la gĂȘne et de la peur, il prĂ©fĂ©ra emprunter celle du rĂ©confort.Â
Mais il hocha nĂ©gativement la tĂȘte, tenta de sourire.
-Â Je vais bien Lending, je vais bien.Â
Cyrius nâavait pas envie de parler de ce quâil venait de vivre. Entre son aventure avec le Chevalier Liam et leurs Ă©pĂ©es, et la rencontre avec Pearl * dans le couloir. Mais câĂ©taient surtout les yeux vides qui le hantaient toujours, de plus en plus prĂ©sents.Â
Les mots sâenfuirent tout seuls de sa bouche :Â
- Il y avait du sang en arrivant ici. Beaucoup de sang. Et.. Je.. Je sa-savais pas qui sâĂ©tait.. Mais, jâai eu peur de te retrouver dans.. dans le mĂȘme Ă©tat.Â
Et Cyrius explosa en sanglots nerveux, lĂąchant la main dâAiden pour se cacher le visage.Â
Dans un premier temps, Cyrius annonça que tout allait bien. Que lui allait bien. Aiden savait pertinemment que câĂ©tait un mensonge. Les deux Ă©tudiants avaient beau sâĂȘtre dĂ©testĂ©s pendant deux ans, se frappant Ă la moindre occasion, le brun avait apprit Ă connaĂźtre toutes les rĂ©actions du blond.Â
Et lĂ , il mentait. TrĂšs mal, mais il mentait.
Pourtant, Aiden ne chercha pas Ă lui faire avouer la vĂ©ritĂ©. Parce que cela nâaurait servi Ă rien. Cyrius persisterait dans son mensonge, persuadĂ© quâAiden irait mieux en entendant ces mots. CâĂ©tait le mĂȘme principe que le trajet de Cyrius jusquâĂ la salle de drama. Il Ă©tait persuadĂ© dâagir pour le mieux en faisant nâimporte quoi.
Dans un sens, cela ne le rendait que plus touchant.Â
Finalement, Cyrius avoua. Et Aiden sentit lâair sâenfuir de ses poumons alors que le blond racontait. Il sentit aussi son coeur se serrer, horrifiĂ© dâentendre ce que le rĂ©alisateur avait du subir.Â
Il se sentit coupable aussi, dâavoir obligĂ© Cyrius Ă traversĂ© ça pour lui. Il aurait du refuser quâil bouge. Il aurait du y aller lui, et vivre ça, Ă la place du blond.Â
Sans sâen rendre compte, Aiden se mordit la lĂšvre infĂ©rieure tandis les sanglots secouaient le corps du blond. Il ne prit conscience de son geste quâen sentant le goĂ»t mĂ©tallique du sang se poser sur sa langue.Â
Il Ă©tait perdu. Il ne savait pas quoi faire pour consoler Cyrius. Il savait quâaucun rĂ©confort traditionnel ne marcherait, parce que toute tentative de rĂ©confort ne serait quâun mensonge de plus.Â
Alors Aiden fit ce qui lui semblait naturel. Et tant pis si câĂ©tait totalement inappropriĂ©. Il ne pouvait pas continuer Ă voir Cyrius pleurer comme ça. CâĂ©tait trop dĂ©chirant.
Il se rapprocha de Cyrius, et se mit Ă califourchon sur ses genoux. LĂ , il lâenlaça, sans rien dire, laissant le blond pleurer sur son Ă©paule. Il lui laisserait le temps quâil faudrait, sans bouger, sans parler, le temps quâil parvienne Ă se calmer.
De son cĂŽtĂ©, Aiden sentit les battements de son coeur sâaccĂ©lĂ©rer. Et pour la premiĂšre fois depuis longtemps, il se sentit Ă sa place dans les bras de Cyrius.
La chemise dâAiden fut rapidement trempĂ©e, mais il nâen avait rien Ă faire. Car il sentait que le rĂ©alisateur commençait Ă se calmer. Il renforça son Ă©treinte, jusquâĂ ce que Cyrius ne pleure plus. Alors il posa son front sur celui du blond, et essuya la derniĂšre larme qui perlait au coin de son oeil gauche.Â
- Cyri. Je vais pas te mentir. Parce que ça servira Ă rien. Ce que tu as vu, câest absolument horrible. Et je⊠je suis dĂ©solĂ© de tâavoir forcĂ© Ă vivre ça. SincĂšrement. Câest⊠câest moi qui aurait du venir jusquâĂ toi. Pas toi. Oh Cyri⊠Je suis tellement dĂ©solĂ©.Â
Il ferma les yeux, et une unique larme dâexcuse tomba de son visage. Puis il se reprit, ouvrit les yeux et lui sourit.Â
- On est tout les deux. On va sâen sortir, dâaccord. Ensemble. On va sâen sortirâŠ
Ces mots, il se les rĂ©pĂ©tait autant pour lui-mĂȘme que pour Cyrius. Parce que si lui arrĂȘtait dây croire, jamais celui qui lâaimait nây croirait. Il fallait ĂȘtre fort pour lui, et Aiden le serait.
Jusquâau bout.
Aiden eut exactement la rĂ©action quâil fallait. Il vint se positionner sur les genoux de Cyrius, lâentourant de ses bras, et le laissant pleurer Ă sa guise sur son Ă©paule. Les paroles quâil lui chuchota Ă lâoreille rĂ©confortaient le jeune homme.Â
Si la chemise dâAiden se retrouva rapidement trempĂ©e, le blond reprit petit Ă petit son calme. Il nâarrivait pas Ă se sentir bien, juste Ă sa place, lĂ , en tenant Aiden contre lui, ce qui Ă©tait dĂ©jĂ beaucoup.
Les yeux vides commençaient Ă sâestomper de son esprit.Â
Cyrius releva la tĂȘte et posa son front contre celui dâAiden, en fermant les yeux.Â
- Non. Heureusement que tu nâas rien vu. CâĂ©tait mon rĂŽle de venir te rejoindre. .. On va sâen sortir. Ensemble.
Reprendre les mots dâAiden lui fit un peu de bien. Il tenta un sourire, un peu tremblant mais dĂ©jĂ plus assurĂ©, avant dâembrasser sa joue.
Quand Aiden fit un mouvement pour descendre de ses genoux, Cyrius entoura sa taille de ses bras et le ramena contre lui. CâĂ©tait stupide peut-ĂȘtre, mais il avait besoin de le sentir contre lui.
Et de parler.
- .. Je suis dĂ©solĂ© pour tout ce que je tâai fait subir Aiden. Tellement dĂ©solĂ©.Â
Maintenant, et avant aussi.
Il frotta son nez Ă celui du brun, essayant de reprendre contenance en souriant et en lui tĂ©moignant de la tendresse.Â
- Pearl va bien. Je lâai croisĂ©e en venant par ici.Â
Aiden Ă©couta les paroles de Cyrius avec attention. MĂȘme sâil nâĂ©tait pas convaincu. Il savait que Cyrius se serait dĂ©testĂ© de le laisser porter le fardeau de la culpabilitĂ© sur les Ă©paules, comme lui se dĂ©testait dâavoir du faire subir ces horreurs Ă Cyrius.
Il laissa son front posĂ© contre celui du blond quelques instants encore. Il aurait aimĂ© pouvoir se noyer dans le regard gris de Cyrius, mais il sentit que ce nâĂ©tait pas le moment. Trop dâimages devaient passer dans sa tĂȘte. Des images quâAiden ne serait pas capable dâeffacer de sitĂŽt, Ă son grand malheur.Â
Cyrius tenta un sourire un peu faible, mais qui ressemblait plus au Cyrius quâil Ă©tait dâhabitude. Et Aiden ne put sâempĂȘcher de sentir son coeur battre un peu plus fort.
Toute monstrueuse quâĂ©tait la situation actuelle, elle permettait Ă Aiden de se rendre compte petit Ă petit de lâimportance quâil accordait Ă Cyrius. De la peur quâil avait ressenti. Du soulagement quand Cyrius Ă©tait arrivĂ© sain et sauf. Du dĂ©sespoir quand Cyrius avait lĂąchĂ© prise.Â
Oui, Cyrius occupait vraiment une place prĂ©pondĂ©rante dans son coeur. CâĂ©tait clair Ă prĂ©sent. Le baiser sur la joue qui lui donna Cyrius lui confirma ce fait, car durant ce court instant, il sâĂ©tait senti heureux.Â
Ne voulant pas dĂ©ranger Cyrius trop longtemps en restant sur ses genoux, Aiden fit un geste pour repartir Ă sa place initiale. CâĂ©tait sans compter sur le blond qui lâenserra par la taille pour le ramener contre lui.Â
Aiden se laissa faire, car ce contact lui plaisait. Pourvoir ressentir un contact humain aussi proche lui fit du bien, et il apprĂ©cia de pouvoir poser sa tĂȘte contre lâĂ©paule du blond.
Avant de la relever lorsquâil sâexcusa. Il secoua la tĂȘte avant de rĂ©pondre.
- Non, Cyri, non. ArrĂȘte, tâas pas Ă ĂȘtre dĂ©solĂ©. Câest moi qui tâait jetĂ©, mĂȘme si câĂ©tait pas mon intention. Jâaurai du tout te dire depuis le dĂ©butâŠ
Il frotta son nez Ă celui de Cyrius, mais cette fois-ci, câest lui qui ferma les yeux, sentant le poids de la honte alourdir ses Ă©paules.Â
Puis Cyrius lui donna des nouvelles de Pearl, et une partie de la boule qui enserrait lâestomac dâAiden sâenvola, en mĂȘme temps quâune vague de reconnaissance envahissait le brun.
- Merci. Je suis tellement soulagé⊠MerciâŠ
Et sans crier gare, Aiden embrassa Cyrius. Parce que câĂ©tait peut-ĂȘtre la derniĂšre fois quâil pouvait le faire, et que Cyrius le mĂ©ritait. Mais surtout parce quâil en avait envie.Â
Il entoura Cyrius de ses bras et poursuivit le baiser, fermant les yeux, laissant quelques larmes clandestines couler le long de ses joues. Il revint finalement à la réalité, et vit que Cyrius était heureux de ce baiser, mais aussi surprit. Aiden se sentit rougir.
- DĂ©âŠdĂ©solĂ©. Je sais pas ce qui mâa prit.Â
GĂȘnĂ©, il se tortilla sur les genoux de Cyrius, mais nâen descendit pas. Il comptait bien rester lĂ un bon moment.
Cyrius hocha nĂ©gativement la tĂȘte aux paroles dâAiden. Il comprenait toute la culpabilitĂ© quâil pouvait ressentir, mais il nâavait pas agit seul dans cette histoire. Leur haine sâĂ©tait construite Ă deux.Â
- .. Jâaurai pas dĂ» me braquer comme ça. Jâaurai dĂ» comprendre. Maintenant je comprends. MĂȘme si câest un peu tard.Â
Il Ă©tait bien en cet instant, et dans la mesure du possible. Aiden se serrait contre lui, et ça le rassurait. Il Ă©tait vivant. Ils Ă©taient vivants. Et avec un peu de chance, ils sâen sortiraient indemnes, sans se faire repĂ©rer par les Hommes CagoulĂ©s.Â
Donner des nouvelles de Pearl eut un effet inattendu sur Aiden. Il paru un temps soulagĂ©.. Avant de le remercier et de lâembrasser avec chaleur.
Embrasser Aiden avait toujours le mĂȘme effet sur Cyrius. Mais Ă chaque fois, il avait lâimpression que câĂ©tait une sensation nouvelle. Son coeur se mit Ă battre de nouveau trop rapidement - cette fois-ci pour de bonnes raisons.Â
Un court instant, Cyrius en oublia lâalerte noire et tous les derniers Ă©vĂ©nements. Une douce chaleur balaya tout ce soucis.
Quand Aiden se dĂ©tacha, il sâexcusa en rougissant, ce que le blond accueillit avec un nouveau sourire. Il glissa une main sur sa joue, caressant lâune de ses pommettes du pouce.
- Tâexcuses pas. Ăa mâa plutĂŽt beaucoup plu comme Ă©lan spontanĂ©. Recommence quand tu veux.
Le fait que Cyrius partage un peu de ses remords fit chaud au coeur dâAiden, et le soulagea un peu de la culpabilitĂ© quâil ressentait au fond de lui. Au fur et Ă mesure quâil se sentait mieux, Aiden comprit Ă quel point il sâen voulait depuis tout ce temps, mĂȘme sâil avait enfoui ces remords sous une couche de haine.
AprĂšs lâavoir embrassĂ©, il sentit la main de Cyrius sur sa joue, et ferma les yeux en sentant la caresse sur se pommette. Il posa sa main sur celle du blond, apprĂ©ciant peut-ĂȘtre un peu plus que de raison le contact physique.Â
Les yeux fermĂ©s, il repensa Ă ce quâavait dit Cyrius. Quâil comprenait. Aiden Ă©tait tentĂ© de le croire, mais Ă©tait-ce vraiment le cas? Aiden Ă©tait quelquâun de compliquĂ©, on le lui avait toujours dit. Se pourrait-il que Cyrius lâait cernĂ© aussi facilement?Â
Aiden se dit que ce serait beau si câĂ©tait le cas. Que cela renforcerait un peu plus lâidĂ©e quâAiden se faisait du beau blond qui lui caressait la joue. Mais il nây avait quâun moyen dâen avoir le coeur net. Alors il rouvrit les yeux, et prit la parole, gardant la main de Cyrius sur sa joue.
- Je sais que câest pas vraiment le bon moment pour ça mais⊠Jâaimerai mâexpliquer sur ce qui sâest passĂ©. Tu veux bien? Câest⊠Câest vraiment important pour moi.
Il avait dit ça sur un ton presque suppliant, certain que Cyrius balaierait sa demande dâun revers de main, voire dâune blague. Pourtant, Cyrius lâencouragea dâun signe de main. Ou plutĂŽt dâune caresse sur la joue.
- Ce quâil sâest passĂ©, câest que⊠à la base, je me lie pas facilement aux gens. Je leur parle difficilement, je crĂ©e pas de contacts avant quâune longue durĂ©e se soit passĂ©e. Il nây a que trois fois oĂč je me suis senti bien immĂ©diatement. La premiĂšre et la seconde, ce sont avec mes deux meilleurs amis. Lester et Anita, dont je tâavais parlĂ©. Et que je veux que tu rencontres quand on sortira dâici.Â
Il sâinterrompit, laissant planer cette phrase au-dessus dâeux, le temps que Cyrius assimile ceci comme une promesse.
- La troisiĂšme fois, reprit-il, câest avec toi. DĂšs la rentrĂ©e Ă la NYADA, je tâai rencontrĂ©, et on a discutĂ©. JâĂ©tais un peu stressĂ©, je connaissais pas New-York et jâavais personne pour me guider. Jâaurai du ĂȘtre encore plus rĂ©fractaire au contact. Mais pas avec toi. Tout de suite je me suis senti⊠à lâaise. Jâavais envie de te revoir, quâon passe du temps ensemble⊠Et jâĂ©tais content de revivre ça une troisiĂšme fois. Jâavais vraiment trouvĂ© un ami.
Il fit une nouvelle pause, plus pour lui que pour Cyrius cette fois-ci. Il se revit, la premiĂšre semaine Ă lâinternat ou dans les couloirs, avec Cyrius Ă ses cĂŽtĂ©s, plaisantant, riant⊠Oui, ils avaient vraiment passĂ© des bons moments.
- Et puis⊠je sais pas ce quâil sâest passĂ©. Jâai commencĂ© Ă me poser des questions. Câest con je saisâŠÂ il raffermit sa position auprĂšs de Cyrius, cherchant la sĂ©curitĂ© dans les bras du blond, mais jâai toujours Ă©tĂ© comme ça. A me poser des questions sur tout. Et lĂ câĂ©tait sur toi. Sur nous. Je me demandais si câĂ©tait normal dâĂȘtre aussi proche de quelquâun quâon a jamais vraiment connu⊠Je me disais quâĂ six ans, ou mĂȘme douze ans, câest comprĂ©hensible, on est plus jeune⊠Mais Ă dix-huit, je savais pas. Et puis je ressentais autre chose, sans savoir quoi.
Aiden soupira, il avait vraiment Ă©tĂ© con. Il sâen voulait tellement aujourdâhuiâŠ
- Je savais pas si jâĂ©tais amoureux de toi ou non. CâĂ©tait le problĂšme. Si jamais câĂ©tait le cas et que tu lâĂ©tais pas, je risquais de te perdre. Mais je voulais pas non plus me faire trop de mal en espĂ©rant des choses. Alors jâai voulu rĂ©flĂ©chir. Prendre du temps seul. Voir si oui ou non je tâaimais. Sauf que jâai mal agi. Et je tâai perdu. Pendant deux ans. Et je mâen veux tellement.
Tout Ă coup la rĂ©alitĂ© sauta aux yeux dâAiden, et il se mit Ă trembler. Il se maudit pour son manque de contrĂŽle, mais parvint tout de mĂȘme Ă balbutier, avant de fermer les yeux pour se calmer.
- Et⊠et lĂ , je me dis que câest peut-ĂȘtre la derniĂšre fois quâon se parle et⊠et je me dĂ©teste pour avoir gĂąchĂ© ces deux ans.Â
Il souffla trois fois, retrouvant peu Ă peu son calme grĂące Ă la main de Cyrius qui caressait toujours sa joue.Â
Avant, câĂ©tait les coups qui les liaient lâun Ă lâautre. Cyrius se souvenait que trop bien des plus violents de leurs Ă©changes, quand sa haine destructrice prenait le dessus et le poussait Ă frapper de plus en plus Aiden.Â
Finalement, le blond se demanda si ce nâĂ©tait pas tout simplement le contact physique quâil recherchait lorsquâil Ă©tait avec Aiden. Avec sa main sur sa joue, caressant lĂ©gĂšrement la peau mal rasĂ©e, Cyrius savait oĂč Ă©tait sa place. Ici. Contre lui.
Ses doigts Ă©taient doux, apaisant Aiden au fil de ses paroles, lâincitant Ă poursuivre, le remerciant de ses aveux.
Cyrius avait enfin son explication. Celle quâil avait attendu pendant deux longues annĂ©es. Quelque part, il se sentait soulagĂ©. Mais la vĂ©ritĂ© lui semblait dâune telle Ă©vidence, que câest avec un sourire quâil rĂ©pondit dans un souffle :Â
-Â Je sais Aiden, je sais.Â
Oui il savait ce que le brun venait de lui avouer. Il sentait que câĂ©tait la vĂ©ritĂ© tout au fond de lui. Et que cette vĂ©ritĂ©, il la connaissait depuis longtemps, sans avoir voulu se lâavouer. Il ne chercha pas Ă se souvenir quand tout ça Ă©tait devenu une telle Ă©vidence, mais si une date devait ĂȘtre apposĂ©e, elle serait certainement notĂ©e sur la date dâune soirĂ©e Ă Las Vegas plutĂŽt mouvementĂ©e.Â
Le rĂ©alisateur se pencha vers le brun et lâembrassa. Une maniĂšre de lui faire comprendre quâil Ă©tait lĂ , et quâil ne comptait pas partir de si tĂŽt.Â
Quand il se dĂ©tacha de lui, Cyrius murmura Ă Aiden dans un souffle :Â
-Â Je serai heureux de rencontrer tes amis une fois sorti dâici. Ensemble, intacts et surtout vivants.Â
Le blond posa sa tĂȘte contre le mur derriĂšre lui, et glissa ses mains sur les avant-bras de son ancien ennemi.Â
- Parce quâon va sâen sortir Aiden. Ce nâest ni la derniĂšre fois quâon se parle, ni la fin de deux annĂ©es de gĂąchĂ©es. Quand on va sortir dâici, ça sera le dĂ©but de quelque chose de nouveau. .. Et entre nous aussi. On pourrait ĂȘtre ensemble. .. Hm .. Enfin.. Si tu veux.Â
Cyrius nâaurait pas pu formuler une meilleure rĂ©ponse Ă la longue explication dâAiden. Quelques mots, un prĂ©nom, un sourire. Câest tout ce dont Aiden avait besoin pour se sentir bien.Â
A son tour il sourit, et comprit que Cyrius et lui, ça durait depuis longtemps. MĂȘme pendant leurs affrontements, mĂȘme pendant leurs Ă©changes verbaux musclĂ©s. Il y avait toujours eu quelque chose de plus que la haine qui les aveuglait. Des sentiments sousjacents quâils nâavaient jamais pris le temps dâĂ©valuer.
Mais qui maintenant ne demandaient quâĂ sâexprimer.
Le blond se pencha vers Aiden et lâembrassa Ă nouveau. Etrangement, ce baiser eut une toute autre signification pour le californien. Maintenant quâil sâĂ©tait expliquĂ©, quâil avait vraiment livrĂ© cette partie de lui quâil renfermait depuis plus de deux ans, il pouvait embrasser Cyrius lâesprit tranquille.
Enfin lâesprit aussi tranquille quâil est possible lorsque des terroristes tuent des gens Ă quelques mĂštres de vous.
Une fois le baiser rompu, au grand dam dâAiden qui aurait bien continuĂ© un peu plus longtemps, Cyrius annonça quâil serait ravi de rencontrer Lester et Anita. Une fois quâils seraient sortis sains et saufs de cet enfer.Â
Aiden sourit faiblement, et rĂ©pondit, mĂȘme si sa voix Ă©tait un peu plus Ă©raillĂ©e quâĂ son habitude.
- Tu verras, ils sont formidables. La preuve, ils ont rĂ©ussi Ă me supporter tout ce temps. Et je te parle pas de ma soeurâŠ
Il eut un petit rire nerveux, et se laissa bercer par les paroles remplies de promesses de Cyrius. Il acquiesça avec plus de conviction au fur et Ă mesure des mots rassurants du blond. JusquâĂ la proposition, qui le surprit et lâenchanta en mĂȘme temps.
- Dâaccord. Oui, on va sâen sortir. Ils vont pas nous trouver. On va y arriver. Et on construira quelque chose. Tous les deux. Et⊠Oui, jâai bien rĂ©flĂ©chi Ă tout ça, et jâai vraiment envie dâĂȘtre avec toi. Comme un⊠Un couple.
Il sourit timidement Ă cette idĂ©e. Cyrius Millers et Aiden Lending. En couple. LâidĂ©e avait de quoi en faire sourire plus dâun. Mais le brun se dit que câĂ©tait dans lâordre des choses aprĂšs tout.
A son tour il embrassa Cyrius dans un souffle, lui communiquant la joie quâil ressentait Ă prĂ©sent. Et il eut envie de dire quelque chose de plus.Â
-  JeâŠ
Il nâeut pas le temps dâaller au bout de sa phrase car la porte de la salle sâouvrit toute grande, livrant le passage Ă un homme cagoulĂ©.
Oh putain de merde.
- Tiens tiens, mais on dirait que jâai gagnĂ© le gros lot. Deux tapettes, rien que pour moi. On va bien sâamuser mes princesses. Allez, on se lĂšve les tafioles, et que ça saute. Vous vous enculerez plus tard.Â
Aiden ne put sâempĂȘcher de lever les yeux au ciel. Grosse erreur.
- Quâest-ce quâelle a la naine? Ăa lui plait pas ce que je dis? Elle est vexĂ©e?Â
Aiden ne rĂ©pondit pas, rĂ©flĂ©chissant Ă la meilleure maniĂšre de protĂ©ger Cyrius du danger qui les menaçait.Â
A vrai dire, aucun plan nâĂ©tait rĂ©ellement envisageable Ă lâheure actuelle.
- Alors, qui fait la meuf entre vous? Toi, la Naine, ou toi, la Grande Blonde?
Une nouvelle fois, Aiden ne répondit pas, mais Cyrius ne se priva pas lui.
Enfin, ils y Ă©taient. Au point du non retour. La haine Ă©tait dĂ©finitivement derriĂšre eux, et sâouvrait alors une Ăšre de paix, doublĂ©e de lâexpression de leurs rĂ©els sentiments.Â
MĂȘme si ce nâĂ©tait ni le lieu, ni le moment, une partie de Cyrius se sentit presque euphorique de lâacquiescement dâAiden, et de la tournure que prenait les choses. Parce que dans un dernier baiser, il se sentit plus fort, et il se sentait capable de tout surmonter. A la fois cette situation dâenfer au sein mĂȘme de lâĂ©cole quâil vĂ©nĂ©rait comme une force mystique capable de lâenvoyer au sommet, et aussi face Ă sa propre maladie qui le rongeait de seconde en seconde, depuis trop longtemps.
Aiden devenait timide sur ses genoux. Cyrius, lui, le trouvait de plus en plus adorable.
Il avait presque hĂąte de construire quelque chose avec lui. Puisque le brun avait acceptĂ©. Un couple. IdĂ©e un peu ridicule quand on les connaissait, et surtout en sachant leur passif, mais aussi remplie dâun sens nouveau. Â
Les yeux gris de Cyrius se firent plus attentif quand Aiden commença la phrase quâil ne termina pas. Elle aurait pu, pourtant, venir conclure leur promesse et faire un peu plus scintiller lâorage lumineux du regard de Cyrius.
Mais la rĂ©alitĂ© nâest jamais bien loin. Celle amĂšre, grave, qui brise tous les rĂȘves et tous les plans. Appelez-ça comme vous  le voulez, destin ou acharnement, peut-ĂȘtre mĂȘme sadisme de ceux qui manipulent les cartes de nos vies, elle sâamuse toujours Ă nos dĂ©pends. Et apporte la preuve que quand la haine apparaĂźt, elle ne disparaĂźt jamais complĂštement. Elle se manifeste juste sous dâautres formes.Â
La porte sâouvrit. Coupant Aiden dans sa phrase, faisant Ă©clater la bulle de joie prĂ©caire qui venait de naĂźtre autour des deux tout nouveaux amoureux.Â
Un des Hommes CagoulĂ©s.Â
Cyrius ne fit pas attention Ă ses premiĂšres paroles. Ses mains accentuĂšrent leur prise, par rĂ©flexe, autour des bras dâAiden, retenant un supposĂ© geste pour se relever qui ne vient pas. Tout ce que voyait le blond, lui, câĂ©tait lâarme de lâhomme. Dans sa main droite.Â
Ils allaient mourir.
Aiden allait mourir. Et devenir un ĂȘtre avec le regard vide.Â
Cyrius ne pouvait pas le supporter. Â
Il se força à croiser le regard sombre de son petit ami.
Ce nâest alors que la portĂ©e des paroles de lâhomme le fit relever la tĂȘte. Aiden ne rĂ©agit pas. Mais le sang de Cyrius ne fit quâun tour. Un rappel de la question de Liam, dans la rĂ©serve, face Ă dâautres fous armĂ©s ? Non, dans celui-ci vibrait une haine que le blond ne tolĂ©rait pas.Â
- La Grande Blonde tâemmerde connard. A part si tâes intĂ©ressĂ© par un plan Ă trois que tu nâauras jamais, tu peux aller te toucher la prostate seul avec ta question de merde.Â
Ce nâĂ©tait certainement pas le meilleur moyen de faire profil bas pour essayer de passer entre les mailles du filet et ne pas mourir. Cyrius le savait. Il sâen voulut immĂ©diatement.Â
Il venait de les sacrifier.
Puis, tout sâenchaĂźna. Le blond força Aiden Ă se relever, le suivant de peu, avant de se positionner devant lui, faisant ainsi barrage de son corps entre lâhomme armĂ© et son petit ami. Avant de se tourner vers le canon de lâarme, il vola un baiser au brun, rencontrant son regard sombre. Une simple caresse et un sourire confiant. Si ça signifiait sa fin, il refusait que ça soit aussi celle dâAiden.
Cyrius croyait en la bontĂ© de lâĂȘtre humain. Il pensait fermement que les valeurs chevaleresques oĂč il avait Ă©tĂ© baignĂ© toute son enfance, existaient aussi chez les autres.Â
Dâun calme olympien, et malgrĂ© les protestations dâAiden, il resta devant le brun. Etablissant un dialogue muet avec lâhomme armĂ©. Par le regard. Il le suppliait.
- Tuez moi. Et partez. Vous pouvez toujours dire Ă vos collĂšgues quâil nây avait que moi ici, que jâai Ă©tĂ© insolent, mais que je suis mort. Le mĂ©nage a Ă©tĂ© fait, vous avez gagnĂ©. Mais il nây avait que moi ici..
Un instant de battement. Et le canon de lâarme se pointa automatiquement vers le front de Cyrius.
- Attends une seconde, sâil te plaĂźt, dit Aiden Ă lâhomme cagoulĂ©, qui acquiesça. Mais ça va pas de sortir des conneries pareilles? Ce gars a un flingue. Tu veux pas rĂ©flĂ©chir avant de dire ce genre de trucs?!Aiden frappa lâĂ©paule de Cyrius. Câest bon, tu peux reprendre ton air menaçant, ajouta-t-il, Ă lâannonce dudit gars avec le flingue.
VoilĂ comment Aiden aurait aimĂ© rĂ©agir Ă la provocation de Cyrius. Si tout ceci nâavait pas Ă©tĂ© aussi sĂ©rieux. Aussi grave. Et surtout aussi mortel.
Si son cÎté raisonnable avait envie de hurler des insanités contre la folie du blond, le cÎté moins réfléchi de sa personnalité avait envie de valider la réplique cinglante de Cyrius. Evidemment, le canon pointé sur leurs personnes rendait le cÎté raisonnable plus fort.
La suite sâenchaĂźna assez vite. Une fois tous les deux relevĂ©s, Cyrius se plaça face Ă Aiden, le protĂ©geant de lâarme. Trop Ă©bahi pour rĂ©aliser lâacte de Cyrius, le californien nâesquissa aucun mouvement, jusquâĂ ce que Cyrius se retourne pour lâembrasser, lâancrant Ă nouveau dans la rĂ©alitĂ©.
- Mais quâest-ce queâŠÂ Cyrius lui intima lâordre de se taire, mais Aiden nâĂ©tais pas prĂȘt Ă obĂ©ir. T'as cru quoi Millers, que j'Ă©tais ta princesse Ă sauver? ArrĂȘte tes conneries et bouge de lĂ . N'espĂšre mĂȘme pas te sacrifierâŠ
Aiden eut beau protester, le blond resta insensible Ă ses rĂ©clamations, faisant la sourde oreille, tournĂ© vers lâhomme qui braquait son pistolet sur eux. Puis Cyrius prit la parole, et Aiden dĂ©glutit en entendant sa demande.
Il avait vraiment prĂ©vu de se sacrifier. Sauf que ça, Aiden Ă©tait tout sauf prĂȘt Ă lâaccepter. Il ne venait pas de retrouver Cyrius, dâavoir enfin compris ce quâil ressentait pour lui, pour le perdre Ă nouveau, et dĂ©finitivement, cette fois-ci.
Une diversion, Aiden, trouve une putain de diversion!
Les mains le long du corps, Aiden sentit son tĂ©lĂ©phone dans sa poche. Doucement, pendant que Cyrius continuait de parler, il le sortit et le mit dans sa main. Aiden attendit que ce soit le bon moment. le timing allait ĂȘtre serrĂ©, et il nâavait pas intĂ©rĂȘt Ă se planter.
Il souffla trois fois, et attendit que Cyrius ait fini de parler. AussitĂŽt quâil vit le pistolet pointer vers Cyrius, il passa Ă lâaction.
De sa main gauche, il jeta son tĂ©lĂ©phone contre le mur, produisant un âcracâ de lâappareil. Dans le mĂȘme temps, de sa main droite, il poussa violemment Cyrius sur le cĂŽtĂ© droit.Â
Il entendit le coup de feu partir, mais aucune consĂ©quence ne se fit sentir, ni chez Cyrius, ni chez lui. Aiden bĂ©nit le ciel de leur avoir envoyĂ© un tireur aussi mauvais.Â
La suite, Aiden ne la vit pas passer, tout se dĂ©roulant trop vite pour lui. La seule chose quâil vit, câĂ©tait Cyrius se jetant sur le tueur pour lui prendre son arme. Rien dâautre, si ce nâest lâhomme Ă terre, immobile.Â
Ils avaient gagnĂ©. Ils sâen Ă©taient sortis. Vivants. Et indemnes. Aiden nâosait pas y croire. Il offrit pourtant son plus beau sourire au blond qui venait de leur sauver la vie.
- On⊠Tâas rĂ©ussi Ă lâavoir! Il faut quâon bouge maintenant. Allez viens!
Il remarqua que Cyrius ne souriait pas lui. Et cela lâinquiĂ©ta. Etait-il touchĂ©? Lâhomme avait-il rĂ©ussi Ă lâatteindre sans quâAiden ne sâen soit aperçu?
Le californien esquissa un pas en direction de Cyrius lorsquâun voile noir passa devant ses yeux, et quâil perdit lâĂ©quilibre, sâĂ©croulant au sol. Il mit les mains en avant pour se rattraper, et ne put sâempĂȘcher dâĂ©mettre un cri de douleur lorsquâelles touchĂšrent le sol, le choc se rĂ©percutant dans son Ă©paule droite.
Il ferma les yeux, attendant que la douleur passe, puis rouvrit les yeux, et vit avec stupeur que des gouttes de sang tombaient au sol. Ses yeux suivirent instinctivement la direction des gouttes de sang et il comprit quâelles provenaient de son propre corps. De son Ă©paule plus prĂ©cisĂ©ment.
La balle avait bel et bien atteint une cible.Â
Prenant conscience de sa blessure, et de lâimmense tĂąche de sang qui sâĂ©largissait encore sur sa chemise, Aiden frissonna de peur. Il allait mourir. CâĂ©tait obligatoire. Les secours ne seraient jamais lĂ Ă temps, et on ne pouvait pas stopper lâhĂ©morragie.
Il allait mourir. Lui, Aiden Lending, allait mourir.
Des larmes commencĂšrent Ă couler sur ses joues. Il ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Et pas tout seul. Une seconde. Il nâĂ©tait pas seul. Cyrius Ă©tait lĂ . Dâailleurs, il Ă©tait agenouillĂ© Ă cĂŽtĂ© de lui, et il le tenait dans ses bras.
Cyrius Ă©tait lĂ , et il Ă©tait vivant. Aiden releva la tĂȘte vers lui et lâexamina. Non, il nâĂ©tait pas blessĂ©. Il allait bien. Au moins lâun dâentre eux allait sâen sortir. Aiden ne put sâempĂȘcher de sourire faiblement. CâĂ©tait dĂ©jà ça de prit.
Etrange, comme le cerveau rĂ©agit vite, une fois que lâinformation lui a bien Ă©tĂ© transmise. Aiden eut brusquement trĂšs chaud, puis trĂšs froid, puis de nouveau trĂšs froid. La sueur qui perlait sur son front nâarrivait pas Ă rĂ©guler correctement la tempĂ©rature corporelle de lâĂ©tudiant.
Aiden voulut parler, mais plusieurs fois sa voix lui fit dĂ©faut, et il dut sâaccrocher au bras de Cyrius pour trouver la force de prendre la parole.
- Promets moi⊠promets moi que tu vas tâen sortir. Que tu vas sortir de ce merdier. Il sentit des gouttes tomber sur son visage. Cyrius pleurait. Aiden se mordit la lĂšvre pour ne pas pleurer Ă son tour. Il ne devait pas. Pas maintenant. Cyri⊠arrĂȘte. Câest pas graveâŠÂ Il grimaça de douleur lorsquâun frisson le parcourut. CâĂ©tait mon destin.Â
Il commençait Ă sentir le sang sâĂ©chapper de son corps maintenant. Formidable.
- Juste. Prend soin dâIsabelle ok? Dis-lui⊠dis lui que je suis dĂ©solĂ©, queâŠÂ Un voile noir prenait petit Ă petit place devant les yeux dâAiden, et il ne distinguait plus Cyrius que de maniĂšre floue, je lâaime. Et Cyri⊠Je. Nouveau frisson. Nouvelle grimace. AccompagnĂ©s dâun gĂ©missement de douleur. Je suis dĂ©solĂ© de tâabandonner une nouvelle fois. Il ne le sentit pas, mais des larmes roulĂšrent sur ses joues. Pardon. Pour tout.
Il avait de nouveau trĂšs froid, et il savait que cette sensation ne le quitterait plus.Â
Dommage, lui qui dĂ©testait avoir froid.Â
Il sentit les bras forts de Cyrius le serrer contre lui, mais il ne se sentait plus la force de rĂ©pondre Ă cette supplique muette. Peut-ĂȘtre que cette supplique nâĂ©tait pas muette, dâailleurs, mais il nâentendait plus rien dâautre que les battements de son coeur. Et ce froid. De plus en plus intense.Â
Cependant, Aiden ne pouvait pas partir comme ça. Il avait une derniĂšre chose Ă dire. La mĂȘme chose que ce quâil voulait dire avant dâĂȘtre interrompu par lâhomme qui venait de le tuer.Â
Au prix dâun immense effort qui lui ĂŽta le peu dâouĂŻe et de vue qui lui restait, Aiden ouvrit la bouche, et tenta de dire les deux mots quâil avait en tĂȘte. Le dernier mot fut prononcĂ© dans un souffle.
- Je tâaime.
Noir.
Son acte de bravoure nâen Ă©tait pas un finalement. Cyrius ne le comprit pas tout de suite, mais ce quâil avait prĂ©vu de faire sonna comme une autre condamnation que la sienne.
Il nâeut pas le temps de comprendre ce qui se passait.
Des protestations. Un silence. Lâaccord muet dâun regard. Le canon pointĂ© vers son front.
A cet instant, il aurait dĂ» mourir. Mais ce ne fut pas le cas.
Aiden rĂ©agit. Il eut un bruit contre le mur - un objet lancé ? -, et lui qui perdait lâĂ©quilibre, violemment poussĂ© Ă lâopposĂ©.Â
PAM.
La balle Ă©tait partie. Il nâavait pas Ă©tĂ© touchĂ©.Â
Non. Cyrius profita de ce moment de diversion, du fait dâĂȘtre intact, pour foncer tĂȘte baissĂ©e. Il ne rĂ©flĂ©chissait pas. Il agissait Ă lâinstinct.Â
Le blond sauta sur lâhomme armĂ©. Le coup parti. Son poing sur sa mĂąchoire, son genou dans son entre-jambe. Et les coups rendus au centuple. Pire que nâimporte quelle Ă©change musclĂ© avec Lending. Dans un espace temps dâune dizaine de secondes.
Cyrius perdait du terrain. Il sâenfonçait. Lâautre Ă©tait trop fort. Trop expĂ©rimentĂ©. PlaquĂ© contre le sol, le canon Ă©tait froid sur sa tempe.Â
JusquâĂ ce quâil se retrouve avec lâarme dans les mains. Comment ? Pourquoi ? Cyrius ne savait pas.
Tout ce quâil se rendit compte, câest du bruit que fit le pistolet entre ses mains.
PAM.
DeuxiÚme coup résonnant trop fort à ses oreilles. Le poids inerte à dégager de lui.
Lâhomme armĂ© nâavait plus dâarme. Mais une tĂąche Ă©carlate qui sâagrandissait de seconde en seconde au niveau du coeur. Et deux grands yeux vides qui fixaient sans le voir celui qui venait dâappuyer sur la gĂąchette.
Cyrius se releva, tremblant, lĂąchant lâarme, regardant ses mains couvertes du sang qui nâĂ©tait pas le sien. Et il tourna la tĂȘte vers Aiden.
Rouge. Le sang Ă©tait rouge. Sur ses mains, sur le corps sans vie Ă ses pieds et sur celui quâil aimait. La balle quâil nâavait pas reçu, Ă©tait devenue la mise Ă mort dâAiden.
Et Cyrius, pour le voir ainsi, cru quâil allait Ă son tour mourir. Il le regarda sâĂ©crouler au sol, incapable du moindre geste. Ses mains tremblaient de nervositĂ©.Â
Il finit par tomber Ă genoux Ă son tour, pour le serrer dans ses bras, lui murmurer des paroles rĂ©confortantes quâAiden nâentendait pas. Le supplier de rester. Le supplier de vivre. Le supplier. Encore. Encore.Â
Le sang coulait. Les secondes sâĂ©ternisaient.Â
Les larmes se mĂȘlaient au rouge.Â
Cyrius ne promis rien. Il se contentait de caresser le visage de celui qui lâaimait, le voyant se vider de ses couleurs. JusquâĂ quâil ferme les yeux. JusquâĂ la derniĂšre seconde. Et quâil murmure dans un souffle, un dernier souffle :Â
-Â Je tâaime.Â
Le rĂ©alisateur resta un instant interdit. Mais il ne sentait plus son souffle sur ses doigts quand il effleura sa joue, plus son pouls quand il tĂąta son poignet.Â
Etait-ce fini ?
Le vide de la piÚce lui répondit.
Et il hurla. Pas de panique, pas de rage, pas dâincomprĂ©hension.
Il hurlait sa douleur.
-Â .. Non.. NONÂ ! AIDENÂ ! NONÂ !Â
Let's talk, for once (Aiden & Cyrius) (Complete)
Aiden, au début bien décidé à sauver son couple avec Pearl, décide d'aller parler à Cyrius pour mettre les choses au point entre eux deux. Il était loin de se douter de la tournure qu'allaient prendre les événements...
Aiden Ă©tait rentrĂ© la veille au soir. AprĂšs une longue discussion avec Isabelle, il avait convenu de passer la nuit dans lâappartement de sa soeur, histoire de se remettre du dĂ©calage horaire et dâĂȘtre en forme avant dâaffronter Pearl, qui bien entendu, Ă©tait en colĂšre.Â
Et comment lâen blĂąmer?
Aiden sâen Ă©tait voulu de sâĂȘtre emportĂ© contre la jeune femme par messages. Elle lui en voulait, et sâĂ©tait servie de nâimporte quel prĂ©texte pour lui faire comprendre le fond de sa pensĂ©e. Aurait-il Ă©tĂ© malin, Aiden nâaurait pas rĂ©agit comme il lâavait fait.Â
Sauf quâAiden Ă©tait en colĂšre lui aussi. En colĂšre contre lui-mĂȘme, Ă©videmment, au vu de ses agissements et de son extrĂȘme lĂąchetĂ©, mais pas que. Il Ă©tait en colĂšre contre Cyrius, qui avait foutu un sacrĂ© merdier ce soir-lĂ . En colĂšre contre cette garce de Gossip N aussi, qui sâĂ©tait fait un malin plaisir de tout rĂ©vĂ©ler - oh bien sĂ»r, son histoire nâĂ©tait pas la seule Ă avoir fait les gros titres, mais la vie des autres, en ce moment, Aiden sâen fichait plutĂŽt pas mal-Â
Si jamais il parvenait Ă mettre la main sur cette salopeâŠÂ Aiden avait dĂ©jĂ imaginĂ© quelques plans assez tordus pour se venger.Â
Toute cette colĂšre, le troisiĂšme annĂ©e pensait lâavoir canalisĂ©e en lui, repensant sans cesse Ă la maniĂšre dont il aurait pu tout Ă©viter. Ne pas boire pour commencer. Ne pas croisier Cyrius, pour continuer. Et pour finir, ne pas accepter quâil fourre sa langue dans sa bouche. A chaque nouveau scĂ©nario qui germait dans son esprit, Aiden se maudissait un peu plus de sa stupiditĂ©.
Câest pourquoi il avait cru ĂȘtre capable de rĂ©pondre Ă Pearl, et dâessayer de lui faire comprendre Ă quel point il sâen voulait. Ce qui Ă©tait le cas. Peine perdue. Il avait suffit que sa petite amie - lâĂ©tait-elle encore, rien nâĂ©tait moins sĂ»r - fasse une remarque sur sa soeur pour quâil perde son calme.Â
SĂ»r que ça lui avait fait gagner des pointsâŠ
Du coup, il avait coupĂ© court Ă la discussion et ne lâavait mĂȘme pas prĂ©venue de son arrivĂ©e Ă New-York. Il Ă©tait parti se coucher sous la pression dâIsabelle qui tenait Ă ce quâil performe devant le recruteur le lendemain. Ce quâil avait fait, dâune certaine maniĂšre.Â
En sortant de lâentretien avec McGomery, Aiden aurait pu contacter Pearl, lui donner rendez-vous pour quâils aillent enfin discuter de tout ce quâil sâĂ©tait passĂ©. Sauf quâil ne lâavait pas fait, et nâen avait compris la raison que quelques heures plus tard.
Avant de parler Ă Pearl, il devait parler Ă Cyrius. Aiden devait avoir toutes les cartes en mains pour ĂȘtre en mesure de sâexpliquer auprĂšs dâelle, et de se racheter. Car il voulait se racheter. SincĂšrement.
Ainsi, aprĂšs avoir subi de nombreuses remarques acerbes et moqueuses de la part dâautre Ă©tudiants auxquelles il prit grand soin de feindre lâindiffĂ©rence, le californien apprit que Cyrius avait Ă©tĂ© retenu Ă lâhĂŽpital depuis son retour de Vegas. Il ne sut rien de plus car toutes les informations quâon lui donna se contredisaient.
DĂ©terminĂ© Ă avoir enfin une discussion sĂ©rieuse avec celui quâil considĂ©rait comme son meilleur ennemi encore quelques semaines auparavant, Aiden se prĂ©senta Ă lâaccueil de lâhĂŽpital armĂ© de son plus beau sourire.
- Bonjour madame, annonça-t-il lorsque son tour arriva enfin, je viens pour une visite.
- Oui, Ă quel nom?
- Cyrius Millers.
- Attendez un instant, dĂ©clara la secrĂ©taire dâune voix nasillarde et insupportable. Enfin, aprĂšs trois appels et une discussion entre filles plus tard, Aiden obtint enfin sa rĂ©ponse. Il faut voir directement au service nĂ©phrologie. TroisiĂšme Ă©tage.
- Merci. Bonne fin de journĂ©e.Â
Se prĂ©parant Ă subir Ă nouveau une attente interminable au troisiĂšme Ă©tage, Aiden se recomposa un visage aimable Ă lâintention des secrĂ©taires. A sa grande surprise, il Ă©tait le seul Ă demander des renseignements. Et lâinfirmiĂšre de garde beaucoup plus aimable.
- Bonjour, je viens pour rendre visite Ă Cyrius Millers. On mâa informĂ© quâil Ă©tait dans votre service.
- Ah Cyrius! Oui on le connaĂźt bien par ici. Vous ĂȘtes un ami? Il ne reçoit pas beaucoup de visites en dehors de sa familleâŠ
- Que je vous explique rapidement. Cyrius, câest simplement le gars qui mâa embrassĂ© Ă Las Vegas et qui a probablement ruinĂ© mon couple,rĂ©pondit Aiden avant dâĂ©clater de rire. Non je plaisante. Câest un camarade de classe.
- Je vois, dit la femme, partagĂ©e entre lâamusement et la surprise. Vous mâavez lâair dâĂȘtre un spĂ©cimen vous aussi. Bien. Les visites sont autorisĂ©es jusquâĂ 19h. Il est 16h45, je pense que vous avez largement le temps.Â
Aiden acquiesça en souriant, avant dâinterrompre de nouveau lâinfirmiĂšre dĂ©jĂ replongĂ©e dans ses dossiers.
- Excusez moi⊠mais je le trouve dans quelle chambre?
- Pardon, jâai complĂštement oubliĂ©. Chambre 325. Au fond du couloir, sur votre droite.Â
- TrÚs bien, merci beaucoup. Bonne fin de journée.
- De mĂȘme.
Lâapprenti acteur ramassa son sac quâil avait posĂ© au sol et avança le long du couloir. Au fur et Ă mesure quâil sâapprocha de la bonne chambre, ses pas se firent plus lents, ses mouvements moins dĂ©cidĂ©s.
322⊠De toute façon, câest lui avant Pearl.Â
323⊠Et tu veux te racheter auprÚs de Pearl.
324⊠Plus quâune chambre. Sors tes couilles, Aiden, et avance.
325⊠Mais quâest-ce que je fous lĂ âŠ
Aiden observa les alentours, prenant quelques secondes pour rassembler ses forces. Il souffla trois fois, et frappa Ă la porte.Â
Sans attendre dâinvitation, il entra, et referma la porte aussi sec devant un Cyrius mi surpris, mi blasĂ©. AprĂšs ĂȘtre restĂ© un peu trop longtemps face Ă la porte, Aiden dĂ©clara avec beaucoup plus dâassurance quâil nâen ressentait rĂ©ellement.
- Salut. Bon, je tâexplique le topo. A cause de toi, mon couple est sĂ»rement mort et enterrĂ©. Alors jâattends des explications. Câest clair?
Concis, efficace. Ne manquait plus que la rĂ©ponse du blond. Qui normalement devrait Ă©clairer sa lanterneâŠ
Cyrius se sentait mieux. La fiĂšvre qui lâavait saisie, Ă la suite de sa rĂ©action au nouveau traitement proposĂ© par les mĂ©decins, Ă©tait retombĂ©e. Une semaine dans les limbes Ă©touffantes de son propre enfer. Ne restaient plus quâune perfusion plantĂ©e dans les veines de son bras droit, et le bip incessant dâune machine mesurant son rythme cardiaque en bruit de fond.Â
Pourtant, on pouvait lire toute la fatigue dans ses yeux orage cernĂ©s dâune couleur bleuĂątre. Ses joues Ă©taient amaigries et, de temps Ă autre, ses longues mains fines tremblaient sans raison apparente.Â
Assis dans le fauteuil inconfortable Ă cĂŽtĂ© de son lit, Cyrius Ă©tait en pleine discussion avec Cyndelle, la seconde de ses aĂźnĂ©es. Cette derniĂšre, vĂȘtue dâune robe de soie rose clair, avait pris place en tailleur sur le lit quâil occupait quelques minutes auparavant. Entre eux, sur une table un peu bancale, une myriade de feuilles de croquis sâĂ©talaient. Tous avait Ă©tĂ© tracĂ© dâune main ferme et experte. Des robes de mariĂ©e.Â
La conversation entre le frĂšre et la soeur Ă©tait assez animĂ©e, ponctuĂ©e de rires frĂ©quents et de sourires constants. Sâils avaient dĂ©cidĂ©s de participer activement aux prĂ©paratifs du mariage de Cyann et de Glenn, ils le faisaient Ă leur maniĂšre. Cyndelle dessinait la future robe de sa soeur, Cyrius la guidait en donnant son avis.
Cyrius se sentait bien. Bien mieux que depuis longtemps. Sa famille lui apportait toujours le rĂ©confort dont il avait besoin.Â
Il saisit lâun des croquis, laissant son regard gris courir sur le tracĂ© voluptueux de la robe sây trouvant.Â
- Jâaime beaucoup celui lĂ Barbie. Je vois bien The Lawyer dedans, avec le drapĂ© qui..
La porte sâĂ©tait ouverte pour laisser passer la derniĂšre personne que  Cyrius sâattendait Ă voir ici. Et, soyons honnĂȘte, la derniĂšre personne quâil avait envie de voir Ă cet instant.Â
Aiden Lending.Â
Dans la suite incessante des battements de son coeur rĂ©pĂ©tĂ©s par la machine derriĂšre lui, il manqua un bip. Mais le visage du blond ne transmettait aucune Ă©motion, encore moins en entendant ses paroles.Â
Au contraire. Sa voix nâĂ©tait pas sĂšche, juste indiffĂ©rente.
- Tiens, Lending⊠Tu permets, je finis ma conversation avec ma soeur. Câest un plus important que tes histoires..
DĂ©viant de nouveau son attention sur Cyndelle, qui fixait Aiden avec un mĂ©lange dâironie et dâamusement dans son regard aussi orageux qui celui de son frĂšre, il lui adressa un sourire.Â
-Â Je disais donc avant quâon nous interrompe.. Jâaime cette robe. Mais..Â
Il fouilla dans la tonne de croquis et en sortit certains.
- Il faudrait rajouter cette ceinture sous la poitrine de celle-ci.. Et les fleurs brodĂ©es dans le dos de celle-lĂ .. Tu ne crois pas ?Â
Le regard gris de Cyndelle se dĂ©tacha enfin dâAiden et se posa sur son frĂšre.Â
- Câest une bonne idĂ©e Millers Boy. Mais je vais te laisser parler avec.. Ce machin. Il piaffe dâimpatience, câest assez drĂŽle.
Ce machin, câĂ©tait Aiden.Â
La soeur dâAiden sauta du lit gracieusement, enfila les Louboutin blanches qui traĂźnaient prĂšs du siĂšge de son frĂšre, rĂ©cupĂ©ra ses croquis dans son sac Prada hors de prix et embrassa la tempe du blond. Elle lui laissa juste le dessin de la robe quâil tenait encore entre ses mains.
- Je te laisse celui-lĂ . Repose-toi. Je reviens demain, et on continue tout ça au calme. Cyntia passera avec moi, pour rĂ©cupĂ©rer le dessin de son tatouage.Â
Cyrius hocha la tĂȘte et sourit tendrement Ă sa soeur. Il ignorait toujours totalement Aiden, qui palissait Ă vue dâoeil.
Enfin, la soeur de Cyrius sortit de la piĂšce. Non sans se tourner une derniĂšre fois vers les deux jeunes hommes qui commençaient dĂ©jĂ Ă se combattre du regard.Â
- Un mois, Millers Boy. Elle fixa Aiden avec un sourire Ă©trange. Moins de trois semaines si tu tây prends bien.
Si les bip de la machine sâemballĂšrent brusquement au rythme de la pulsation cardiaque de Cyrius, ils furent couverts par son brusque Ă©clat de rire.Â
- Quant Ă toi.. Cyndelle plissa les yeux face au brun. Tu devrais apprendre que la couleur de t-shirt est passĂ©e de mode depuis au moins deux saisons, tu es.. Jâose mĂȘme pas dire combien tu crains. Si un jour tu veux ĂȘtre digne de mon frĂšre, va falloir faire des efforts.
Elle sâen alla la tĂȘte haute sous les rires encore plus forts de son frĂšre cadet.Â
Cyrius hoquetait carrĂ©ment sur place, les yeux pĂ©tillants dâune joie rarement affichĂ©e en prĂ©sence dâAiden. Il se força Ă respirer doucement, secouant ses cheveux blonds non coiffĂ©s qui partaient dans tous les sens.
Puis, il se laissa retomber dans son fauteuil, nâĂ©vitant pas le regard sombre. Il ne lui laissa mĂȘme pas le temps de reformuler sa question.
"Moins de trois semaines si tu tây prends bien."
- Alors.. Des explications ? Pourquoi je tâai embrassé ? Parce que jâen avais envie. Si jâai aimĂ© ça ? Oui, parce que jâai recommencĂ©. .. Si jâai envie de recommencer ? Ăa, je ne te le dirais pas. A toi de voir.
Sa voix vibrait de défi. Et son sourire en coin ne faiblissait pas.
Comment planter son entrée de façon royale en dix leçons. Par Aiden Lending.
Leçon numĂ©ro 1: Rentrez dans la chambre dâhĂŽpital de la personne qui a le moins envie de vous voir du monde.
Leçon numĂ©ro 2: Lancez un speech dâentrĂ©e que vous voulez convaincant mais qui ne lâest pas du tout, puisque votre voix tremble.
Leçon numĂ©ro 3: Ne vĂ©rifiez surtout pas que votre interlocuteur a de la compagnieâŠ
Et merde.
Non seulement Cyrius nâĂ©tait pas seul dans cette chambre - ce qui en soi Ă©tait dĂ©jĂ plus quâembarrassant - mais le visiteur Ă©tait une deuxiĂšme Millers.Â
Est-ce que jâai vraiment mĂ©ritĂ© de me fourrer dans un tel bordel?Â
Ouais, et pas quâun peu.
Ta gueule.
Deux contre un. Aiden ne pouvait rien faire. Rien, Ă part attendre que le duo ait fini de sâamuser Ă ses dĂ©pens. Il ne put cependant sâempĂȘcher de rĂ©pondreÂ
- Fais donc fais donc. Je ne voudrais pas faire de tort Ă un handicapĂ©.Â
Le visage de Cyrius perdit soudainement lâindiffĂ©rence qui le caractĂ©risait pour se faire suspicieux. Que voulait dire Aiden par lĂ ? Etait-ce de la compassion, ou leur ancienne rivalitĂ© refaisait-elle surface?
En rĂ©alitĂ©, Aide montrait par cette pique quâil nâavait plus lâintention de voir Cyrius diffĂ©remment parce quâil Ă©tait malade. DĂ©sormais, il le voyait diffĂ©remment pour dâautres raisons.
Des raisons qui nâavaient rien Ă voir avec ses reins. Mais plutĂŽt avec ses lĂšvres.
Hum.
Finalement, le regard gris se fit plus doux, et Aiden vit que Cyrius avec comprit le message. Et quâil en Ă©tait satisfait.
Aiden quitta - difficilement - les yeux de Cyrius pour se plonger dans ceux de sa soeur, qui lâobservait avec une drĂŽle dâexpression un peu moqueuse.Â
Le californien Ă©couta Ă peine les mots du blond, car il affrontait la fille Millers du regard. Il avait lâimpression que chaque partie de son ĂȘtre Ă©tait passĂ©e au radar, comme si Cyndelle lui faisait passer un examen pour dĂ©terminer il ne savait quoi.
Quâimporte la nature de ce test, Aiden avait bien lâintention de le rĂ©ussir. Alors il garda son regard plongĂ© dans ceux de la blonde, sans rĂ©ussir pour autant Ă masquer les lĂ©gers tremblements qui faisaient tressauter sa lĂšvre supĂ©rieure.
Enfin, au bout dâun temps qui parut durer une Ă©ternitĂ© au petit brun, Cyndelle coupa tout contact visuel avant de se tourner vers son frĂšre. Aiden retint difficilement un soupir de soulagement en entendant quâelle sâen allait, le traitant au passage de âmachinâ.
Bah, il avait connu pire.Â
Aiden recroisa le regard du blond, pour ne plus le lĂącher cette fois. Sauf lorsque la fille Millers sortit une phrase incomprĂ©hensible qui rĂ©sonna Ă©trangement aux oreilles de lâacteur. Il ne savait pas de quoi il retournait, mais il avait la dĂ©sagrĂ©able impression que cela le concernait.
Impression renforcĂ©e par la derniĂšre phrase de Cyndelle Ă son Ă©gard. "Si un jour tu veux ĂȘtre digne de mon frĂšre, va falloir faire des efforts."
- Mais quâest-ce que tu raconâŠÂ commença-t-il. Trop tard, la blonde Ă©tait dĂ©jĂ partie dans le couloir, emportant dans son sillage un Ă©clat de rire.Â
Rire qui se rĂ©percuta dans la gorge de Cyrius, et Aiden fronça les sourcils. Quâest-ce quâil y avait de si drĂŽle? Aiden ne comprenait pas ce quâil se passait, et cela commençait Ă le faire tourner en bourrique.Â
Alors il se tourna vers Cyrius, fermement dĂ©cidĂ© Ă lui demander dâexpliquer le pourquoi du comment, quand le blond commença Ă parler.
Les mots rĂ©sonnĂšrent dans la tĂȘte du brun. Longtemps. Peut-ĂȘtre mĂȘme un peu trop. Il fut prit dâun lĂ©ger vertige et partit sâasseoir dans le lit de Cyrius pour ne pas perdre lâĂ©quilibre.
 Pourquoi je tâai embrassé ? Parce que jâen avais envie.Â
Il y avait donc quelque chose de plus profond que la haine quâils avaient ressentis ces derniĂšres annĂ©es chez Cyrius aussi. Le sentiment Ă©tait rĂ©ciproque.
Si jâai aimĂ© ça ? Oui, parce que jâai recommencĂ©. .. Â
Un fin sourire vint prendre place sur les lĂšvres de lâacteur. Ainsi, Cyrius nâĂ©tait pas indiffĂ©rent Ă Aiden. Mais le sourire mourut lorsque le visage de Pearl sâafficha dans son esprit. Pas bon, pas bon du tout.
Si jâai envie de recommencer ? Ăa, je ne te le dirais pas. A toi de voir.
Aiden nâĂ©tait pas sĂ»r de bien comprendre oĂč Cyrius voulait en venir. Cette phrase le perdit dâailleurs plus quâautre chose.
En pleine réflexion, Aiden garda le silence de longues minutes, analysant chaque mot prononcé par le blond. Finalement, il se tourna vers Cyrius et déclara.
- A mon tour dâĂȘtre honnĂȘte. Tâes pas le seul Ă avoir aimĂ© ces baisers. Le premier est gravĂ© dans ma tĂȘte, et il repasse en boucle lorsque je ne fais rien. Le deuxiĂšme, je pense pouvoir dire que jâai aimĂ© aussi, vu que la seule chose dont je me souviens ou presque de cette soirĂ©e, ce sont tes lĂšvres collĂ©es contre les miennesâŠ
Direct et franc. Un peu trop peut-ĂȘtre?Â
Il sâinterrompit, car une sensation bizarre venait dâenvahir son ventre. Un lĂ©ger engourdissement dont il ne parvenait pas Ă dĂ©terminer lâorigine.
- Mais voilĂ . Je suis avec Pearl. Je suis bien avec elle. Je lui ai fait du mal. Beaucoup de mal. Et je mâen veux. Je veux pas la perdreâŠ
Il se tut Ă nouveau, conscient quâil se perdait dans ses propos.
- Sauf que tâes lĂ , que tu mâas embrassĂ©, que jâai aimĂ© ça. Je suis perdu. Et câest idiot. Le plus simple aurait Ă©tĂ© que je te parle plus, et quâon se croise plus du tout. Sauf que je me suis rendu compte dâune chose.
Il plongea ses yeux dans ceux de Cyrius.
Je ne peux pas te dĂ©tester.Â
Il y avait toujours leurs regards. Ce combat perpĂ©tuel entre lâocĂ©an gris et les profondeurs de la couleur sombre de leurs homologues. Un regard faisait passer tellement de chose, que Cyrius se surprit Ă ressentir un Ă©lan de douceur vers Aiden. Chose Ă©trange. Parce quâil comprit que sa pique, rien quâavec son regard, nâavait rien de blĂąmable. Une maniĂšre de lui dire quâil le considĂ©rerait toujours de la mĂȘme façon. Et quelque part, ça soulageait le jeune homme blond de savoir ça.
Et surtout, quâil ne laissait pas le brun indiffĂ©rent.
Il fallait ĂȘtre aveugle pour ne pas percevoir son hĂ©sitation, ni les tremblements de ses mains ou des ses lĂšvres. Ses lĂšvres.
Cyrius avait envie de hurler. Il se sentait tout dâun coup comme lâhomme le plus puissant du monde. Certes il avait Ă©tĂ© aveugle deux longues annĂ©es, mais maintenant, il lui semblait que tout Ă©tait dĂ©sormais possible.
JusquâĂ lâinstant oĂč Aiden Ă©voqua Pearl. Douche froide. Il ne voulait pas la perdre.. Et ça voulait tout dire pour Cyrius.. Que câĂ©tait lui qui le perdait. Mais câĂ©tait lâautre qui signait la fin de toute discussion, sans le savoir.
Lui qui venait tout juste de comprendre la réelle nature de ses sentiments à son égard..
La rage explosa de nouveau au fond de lui. Plus douce et plus tenue quâauparavant. Plus acide et foudroyante aussi. Elle portait le nom de jalousie. Et câĂ©tait sa premiĂšre rencontre avec Cyrius Millers.
Cyrius se mit Ă sourire encore plus. Mais ses mains aux traces encore bleuĂątres sous la peau fine se crispĂšrent sur les accoudoirs de son siĂšge.Â
Si Aiden avait fait attention, il aurait pu voir la lueur Ă©trange aux fonds des yeux ocĂ©ans, qui sâassombrissaient un peu trop vite.
La voix pourtant, Ă©tait douce. Amicale.Â
- Je comprends. AprĂšs tout, tu viens te faire rouler une pelle, enfin plus dâune, par ton pire ennemi. Tu aimes Pearl. Reste avec elle ! Pour moi ça ne comptait pas plus que ça. Nâimporte quel humain se sentirait perdu, Aiden. Alors.. Je comprends. On est jeunes, câĂ©tait une expĂ©rience comme une autre non ? Moi non plus je ne peux pas et je ne veux pas te perdre. On repart sur de bonnes bases ? Je ne veux pas dire quâon sera tout de suite amis mais.. On peut tenter ?Â
Il lui tendit sa main droite avec un sourire, tirant sur la perfusion reliée à son bras.
Cyrius nâĂ©tait pas stupide. Il vit bien que ses paroles contentaient dâun cĂŽtĂ© Aiden, et de lâautre le bouleversait. Mais le brun serra sa main, trop content de se sortir de cette histoire aussi rapidement et aussi proprement.
La main de Cyrius était glaciale. Sa voix brisée.
-Â Idiot.Â
Il le lĂącha. Se renfonçant dans son fauteuil sans plus aucun sourire. Juste un ocĂ©an de gris dĂ©nuĂ© dâexpression dans son regard accrocheur.
- Câest ce que tu voulais entendre non ? Mais je ne pense pas ça du tout. Jâen ai rien Ă foutre de Pearl. Je vais mĂȘme te dire un truc, je lâai dĂ©jĂ draguĂ©e. Et elle a acceptĂ© de venir boire un verre avec moi âsi tu me promets, Cyrius, que jamais Aiden ne sera au courantâ. Je suis ce quâon appelle couramment.. Un fouteur de merde.Â
Lâart de dĂ©stabiliser son adversaire, version Cyriusienne.Â
Cyrius croisa ses longs doigts fins sous son menton, le jaugeant du regard.Â
- Câest ça la vĂ©ritĂ© Aiden, et tu es pitoyable Ă croire que je veux vraiment renouer un semblant de dialogue ou dâamitiĂ© avec toi. Pourquoi ? Câest simple pourtant..Â
Fixer son regard au fond des yeux de lâhomme Ă abattre. Sourire comme si tout allait bien, dâun sourire paisible, un peu charmeur, trop persuasif.Â
- On sâest toujours dĂ©testĂ© depuis.. Depuis que tâas dĂ©cidĂ© de mâexpĂ©dier de ta vie sans aucun remord. Sans aucune explication. CâĂ©tait plus simple ainsi. Tu es pitoyable pour ça .. A toujours vouloir la facilitĂ©. Quand on affronte pas ses problĂšmes, ils nâexistent plus, nâest-ce pas Aiden ?
Laisser le contraste sâopĂ©rer, entre un sourire trop doux, et des paroles trop acides.Â
- Se battre câĂ©tait facile. Jâai jouĂ© le jeu. Se battre, câĂ©tait te dominer encore un peu. Tâappartenir. Inconsciemment. Jâai compris ça quand je tâai embrassĂ© dans la chambre de lâinternat. Ce nâĂ©tait pas vraiment de la haine finalement, tu ne crois pas ?Â
Voir les premiĂšres barriĂšres sâĂ©crouler, et le masque dâargile du visage se fissurer. Les mains de lâadversaire tremblent, essayant de se raccrocher Ă quelque chose.Â
- .. Jâai Ă©tĂ© clair pourtant dans mes messages Aiden. Je ne veux plus jamais te voir, et je ne change toujours pas dâavis. Toi, moi, câest de lâhistoire ancienne. Un truc qui appartient au passĂ©. Las Vegas et toute cette - trĂšs - agrĂ©able sĂ©ance de pelotage dans le couloir aurait eut lieu en premiĂšre annĂ©e, je me serais certainement mis Ă genoux devant toi. Pas pour sĂ©cher tes larmes pendant que tu me supplies de rester Ă©ternellement Ă tes cĂŽtĂ©s, comme tu as si bien su le faire au casino, mais pour te tailler une pipe digne de ce nom et te faire comprendre que je te veux. LĂ , maintenant, tout de suite.Â
ArrĂȘter de sourire et se contenter de voir lâennemi nager dans la plus jubilante des incomprĂ©hensions. Le voir se noyer dans un verre dâeau, et les murs de cartes Ă jouer de son chĂąteau dâillusion sâĂ©crouler sous une brise dâair.Â
- Tu ne peux pas me dĂ©tester ? Câest beau Aiden, tu manies trĂšs bien les mots. Moi non plus je ne peux pas. Tu ne veux pas la perdre Aiden ? Pearl. Tu as des sentiments pour elle. Câest.. Mignon ? Adorable, vraiment.
Laisser tomber une bombe sur le champs de ruines. Explosion. DĂ©composition.Â
- Je ne battrais pas pour tes beaux yeux Aiden. Pas envie. Pas le courage. Pas le temps. Jâai dâautres combats Ă mener, dont un contre mon propre corps. Câest dĂ©jĂ bien assez Ă©puisant pour que je te rajoute sur la liste de mes problĂšmes.Â
Apporter le coup fatal.Â
- Mais.. Si tu veux une explication Ă tout ça, je vais tâen donner une toute simple. Qui rĂ©sume tout.
Vraiment fatal.
-Â Je suis amoureux de toi.
La version Cyriusienne était kamikaze.
Aiden Ă©tait loin de se douter de la tempĂȘte qui sâapprĂȘtait Ă lui tomber sur le coin de la figure. Sâil avait su, probablement quâil serait parti en courant, et quâau lieu de changer dâEtat, il aurait changĂ© de continent.Â
Tout commença pourtant plutĂŽt calmement. Cyrius se mit Ă sourire Ă Aiden. Un sourire un peu Ă©trange, certes, mais le blond souriait. Par naĂŻvetĂ©, le brun mit la drĂŽle de sensation que lui procurait ce sourire sur le fait quâaucun des deux ne sâĂ©taient adressĂ© un signe amical depuis deux ans maintenant.Â
Les mains. Les mains de Cyrius auraient du ĂȘtre un premier signe alertant Aiden que quelque chose clochait. Mais les mots qui sortaient de la bouche du rĂ©alisateur ressemblaient tellement au Cyrius quâil avait rencontrĂ© en premiĂšre annĂ©e quâil voulait y croire.Â
ObnubilĂ© par le discours parfait que lui servait le blond, Aiden en oublia de scruter attentivement le regard gris de ce dernier. Il en oublia de vĂ©rifier si ses yeux confirmaient ses dires. Sâil avait eu un peu plus les pieds sur Terre, Aiden aurait vu lâombre emplir le regard orage de Cyrius.
Au lieu de quoi, Aiden buvait les paroles de son ancien/nouvel ami. Oh bien entendu, il ne comprit pas trĂšs bien pourquoi Cyrius changa si brutalement de cap, annonçant que leurs baisers ne comptaient pas plus que ça. Mais lâentendre dire quâil devait rester avec Pearl, et surtout quâil nâavait pas non plus envie de le perdre⊠et bien câĂ©tait suffisant aux yeux du troisiĂšme.Â
Si bien quâil serra la main que lui tendait le blond avec plaisir. Enfin, ils allaient pouvoir recommencer quelque chose tous les deux, quâimporte le temps que cela prendrait. Une poignĂ©e de main pour un nouveau dĂ©but en somme.
GrossiĂšre erreur.
Câest lorsque Cyrius le traita dâidiot quâAiden comprit quâil venait de se faire berner. Ce dont il ne se doutait pas, câĂ©tait la violence des propos que le blond assĂ©nerait.
Il commença par aborder le sujet de Pearl, annonçant quâil nâen avait rien Ă faire de la jeune femme. Trop surpris pour rĂ©agir sur le coup, Aiden apprit aussi quâelle avait acceptĂ© de boire un verre avec le blond Ă la seule condition que lui ne soit jamais mit au courant. Machinalement, son poing se crispa et de dĂ©crispa.Â
- Putain, et elle ose me parler de confiance, dit-il, plus pour lui-mĂȘme que pour Cyrius.
Loin de lui lâidĂ©e de minimiser ses actes, mais cette information apportait tout de mĂȘme une nouvelle perspective Ă la situation. Cyrius ne sâen Ă©tait peut-ĂȘtre pas rendu compte dans sa hĂąte de descendre Aiden, mais il venait de lui donner une balle Ă tirer contre la jeune femme.Â
A dĂ©terminer sâil sâen servirait ou non contre elle lors de leur discussion.Â
Mais Cyrius Ă©tait loin dâavoir terminĂ© de rĂ©gler ses comptes. Le blond croisa ses doigts sous son menton, et jugea Aiden pitoyable de croire quâil voulait renouer avec lui. Le brun ne rĂ©pondit pas, et attendit lâexplication. Qui arriva aussitĂŽt, accompagnĂ©e dâun sourire qui donna Ă Aiden lâenvie de lui arracher le visage.
- Tâas vraiment rien compris, rĂ©pondit-il. Vraiment rien. Je tâai demandĂ© une chose. Une. De me laisser du temps pour rĂ©flĂ©chir. Mais ça tu lâas pas compris, hein. CâĂ©tait plus facile de rejeter la faute sur moi. Eviter les problĂšmes? Quel problĂšme? Celui que tu tâĂ©tais créé avec moi?
Aiden sâĂ©tait levĂ© Ă prĂ©sent. Il Ă©coutait toujours Cyrius, mais refusait de rester silencieux face Ă ces accusations qui nâĂ©tait pas toutes justifiĂ©es.
- A ton avis, pourquoi tu crois que je veux renouer avec toi? Par charitĂ©? Il renifla. Nan. Simplement parce que jâai rĂ©flĂ©chi, et affrontĂ© le problĂšme comme tu dis. Mais ça, tu le vois pas, parce que ça signifierait te remettre en cause.
Sa bile dĂ©versĂ©e, Aiden se rassit, et laissa Cyrius reprendre son rĂŽle de bourreau. Toujours avec son sourire exĂ©crable. Le brun tressaillit lorsque le new-yorkais analysa leurs affrontements.Â
Ainsi, câest comme cela que Cyrius voyait leur relation haineuse longue de deux ans. Comme un moyen de dominer Aiden. De le laisser lui appartenir. Comme sâil Ă©tait trop gentil, et quâil laissait son os Ă un chien un peu trop capricieux?Â
Les mains de lâacteur se mirent Ă trembler lĂ©gĂšrement sans quâil nây puisse rien. Les paroles de Cyrius se gravaient au fer rouge dans son coeur, et oui, câĂ©tait douloureux. Mais le pire arriva quelques secondes plus tard.Â
Le choc des mots fut si violent quâAiden ressentit un vertige le prendre, et il sâaccrocha Ă la barre du lit pour ne pas sâĂ©crouler.
Je ne veux plus jamais te voir, et je ne change toujours pas dâavis. Toi, moi, câest de lâhistoire ancienne. Un truc qui appartient au passĂ©.
- Menteur, dit Aiden. Tu mens. Sinon tu serais pas en train de me déballer tout ça⊠Menteur, répéta-t-il.
Aiden avait besoin de croire que Cyrius mentait. Quâil disait cela uniquement pour tester Aiden, ou Ă la rigueur pour le blesser. Il Ă©tait impossible que le blond raconte tout ça uniquement pour couper un Ă un les liens qui les unissaient.
La suite donna presque la nausĂ©e au jeune californien. Cyrius se servait de son blackout pour lâhumilier. Et bien comme il fallait. En entendant la façon dont il sâĂ©tait comportĂ© ce soir lĂ , Aiden aurait tout donnĂ© contre une pelle capable de lâemmener au trente-sixiĂšme dessous.
Malheureusement, Cyrius avait dâautres projets.
Dont celui de faire naĂźtre une incomprĂ©hension complĂšte chez son interlocuteur. Pourquoi le rĂ©alisateur sortait-il des choses pareilles? Quâavait-il envie quâAiden pense, exactement? CâĂ©tait une question Ă laquelle le brun nâavait aucune rĂ©ponse Ă apporter pour le moment.Â
Cyrius venait-il vraiment de lui dire que lors de leur premiÚre année, il avait eu envie de coucher avec lui?
Aiden secoua la tĂȘte, se promettant de revenir sur le sujet plus tard. Avant tout, il devait se concentrer sur les propos de Cyrius, qui nâen avait apparemment toujours pas terminĂ©.Â
AprĂšs tout, aprĂšs deux ans de silenceâŠ
Cyrius reparla rapidement de Pearl, et de lâenvie quâavait Aiden de faire ce quâil fallait pour la garder prĂšs de lui. Son ton Ă©tait moqueur, Ă©videmment, mais puisquâil avait avouĂ© nâen avoir rien Ă faire dâelle, Aiden ne sâen formalisa pas.Â
La suite fit lâeffet dâune bombe sur Aiden. Cyrius avait, semble-t-il, vraiment lâintention de couper les points avec le brun. Expliquant quâil avait dâautres problĂšmes Ă gĂ©rer que leur relation chaotique. Aiden pouvait comprendre, mais ne lâacceptait pas.
- Et câest moi quâon dit pitoyable, commença-t-il.Â
Il nâacheva pas sa pensĂ©e car Cyrius lui proposa une explication. Qui rĂ©sumerait tout ce quâil venait de dire. Aiden ouvrit grand ses oreilles, attendant la sentence.
-Â Je suis amoureux de toi.
Autour dâAiden, le temps sâarrĂȘta. Tout restait immobile, et seul Aiden pouvait bouger. Du moins Ă©tait-ce la sensation quâil avait actuellement.
-Â Je suis amoureux de toi.
Cyrius se foutait de lui. Il nây avait pas dâautre solution. CâĂ©tait encore une horrible pique quâil lui jetait Ă la figure. Oui câĂ©tait ça. Obligatoirement.
-Â Je suis amoureux de toi.
Et si Cyrius ne mentait pas? Sâil disait la vĂ©ritĂ©? AprĂšs tout, lâintĂ©gralitĂ© de ce quâil venait de dire Ă©tait sincĂšre non?
-Â Je suis amoureux de toi.
Aiden eut lâimpression dâentendre du verre se briser autour de lui. Il tourna la tĂȘte pour voir dâoĂč venait le bruit mais se rendit compte quâil Ă©tait en train de rĂȘver.
-Â Je suis amoureux de toi.
Aiden pouvait-il envisager cette possibilitĂ©? MalgrĂ© Pearl, malgrĂ© sa volontĂ© de tout arranger? Avait-il envie dâenvisager la possibilitĂ© que toute la rancoeur quâĂ©prouvait Cyrius Ă son Ă©gard Ă©tait due Ă lâamour?
-Â Je suis amoureux de toi.
Oui, Aiden Ă©tait prĂȘt Ă cela. Il le sut au moment mĂȘme oĂč il se posa la question. Comment pourrait-il y faire face? Aucune idĂ©e. Que se passerait-il avec Pearl? Bonne question. Mais ça nâavait plus dâimportance.
Il Ă©tait temps dâarrĂȘter de se poser des questions sans arrĂȘt, et dâagir. Au moins pour cette fois. DâarrĂȘter de penser aux consĂ©quences, et de vivre lâinstant prĂ©sent.
-Â Je suis amoureux de toi.
- Je te prĂ©viens. Je dĂ©teste les menteurs. Alors jâespĂšre pour toi que tu as dis la vĂ©ritĂ©.
Sans attendre de rĂ©ponse de la part de Cyrius, Aiden se leva hors du lit, et sâagenouilla devant la chaise du blond. Et sans se poser de questions, Aiden colla ses lĂšvres sur celles de Cyrius.
Ce baiser Ă©tait un test. Un moyen de vĂ©rifier si Cyrius lui disait la vĂ©ritĂ©, ou sâil se moquait de lui.
Pour Aiden, ce baiser quâil initiait signifiait quâil abandonnait toute la sĂ©curitĂ© dont il jouissait jusquâĂ prĂ©sent. Il nâaurait plus dâexcuses, ni auprĂšs de Pearl, ni auprĂšs de Cyrius.Â
Les deux premiĂšres secondes furent atroces pour le californien, car il ne sentit aucun retour de la part du blond. Aiden commençait Ă croire quâil sâagissait dâune immense erreur, et quâil Ă©tait bon pour fuir sur une Ăźle dĂ©serte, oĂč personne ne le retrouverait jamais.
Aiden ou la vie sauvage. Ăa sonnait plutĂŽt bien.
Enfin, Cyrius rendit son baiser Ă Aiden. Une nouvelle fois, le temps sâarrĂȘta autour dâeux. Il nây avait plus quâeux deux, en train de sâembrasser. Plus aucune barriĂšre nâexistait.Â
Aiden se mit complĂštement Ă nu dans ce baiser. Il sây jeta tout entier, et cette fois-ci, rien ne lâempĂȘcha de ressentir chaque instant. Pas dâalcool, pas de coup de sang, juste deux jeunes hommes partageant un moment unique.
Le baiser ne dura pas longtemps, mais cela avait été suffisant pour Aiden. Il se recula pour observer le blond dans son ensemble, et dit
- Tu es amoureux de moi.
Il nâajouta rien sur lâinstant, car il ne trouva rien Ă dire. Annoncer que lui aussi Ă©tait amoureux Ă©tait un mensonge, car il nâen savait rien. A vrai dire, on lui aurait demandĂ© dâadditionner deux et deux, il aurait Ă©tĂ© capable de rĂ©pondre trois.
Petit Ă petit, il sentit son ventre sâengourdir de nouveau, et une sensation dâeuphorie sâempara de lui. Un sourire vint Ă©clairer son visage et un petit rire lui Ă©chappa des lĂšvres.
- Tu es amoureux de moi, répéta-t-il. Et je pense que ça me plaßt.
Cyrius nâajouta jamais rien aux rĂ©ponses dâAiden. MĂȘme pas un sourire, ni un haussement de sourcil. Il le laissa le traiter de menteur, dĂ©verser la rage que lui aussi accumulait. Parce quâil voulait mener la danse. Et oui, câest lui qui gagnerait ce dernier combat.
Parce quâun combat, câen Ă©tait bien un qui se jouait Ă cet instant. Cyrius espĂ©rait bien le remporter, mĂȘme si cela signifiait perdre toute dignitĂ© et toutes ses barriĂšres.Â
La technique de dĂ©sarmement final Cyriusienne semblait marcher. Le visage dâAiden passa par toutes les couleurs de lâarc en ciel. Du blanc, au verdĂątre, du jaune au rouge. Ses mains tremblaient, son regard se faisait fuyant.Â
Cyrius Ă©tait le parfait maĂźtre de la situation.Â
Du moins, tant quâAiden restait assis et se noyait dans lâincomprĂ©hension.
AprĂšs, tout dĂ©rapa. La situation lui Ă©chappa⊠ComplĂštement.Â
Parce quâAiden bondit du lit pour poser ses lĂšvres contre les siennes.
Tous les sentiments du brun passait dans cette caresse. Mais Cyrius ne réagissait pas, trop surpris, trop sous le choc. Il serrait juste les poings, inerte, les yeux écarquillés. Vissé dans son fauteuil.
CâĂ©tait ça sa rĂ©action ? Un baiser ? Seulement un putain de baiser ? Cyrius avait tout imaginĂ© pendant les quelques minutes de son speech dĂ©vastateur. Plein de raisons de retourner Ă la haine. Aiden aurait pu sâenfuir, il aurait Ă©tĂ© lĂąche. Il aurait pu lâinsulter, il aurait Ă©tĂ© odieux. Il aurait pu Ă©clater de rire, il aurait Ă©tĂ© inconscient. Mais le rĂ©sultat final Ă©tait le mĂȘme : chacun retournait Ă dĂ©tester lâautre. Simplement.
Sauf que la caresse de ses lĂšvres sur les siennes nâavait rien dâune insulte. Que la lueur dans le regard sombre nâavait rien dâune fuite. Que le rire prĂ©cĂ©dant son baiser nâavait rien de moqueur.
Deux secondes de vide total dans lâesprit de Cyrius.Â
Deux secondes et il sâavoua battu. A plate couture. Il venait de perdre le dernier combat Cyden. Et il en Ă©tait heureux.
La technique Cyriusienne avait des failles. Aiden en Ă©tait lâune dâentre elle.
RĂ©pondant au baiser, les bips incessants des machines sâemballĂšrent autour dâeux.Â
Tu es amoureux de moi. Et je pense que ça me plait.Â
Cyrius ne souriait pas. CâĂ©taient ses yeux qui le faisaient.Â
- Tâes con Lending, et tu resteras toujours un con. Un petit Nain chieur et puant. Et je te dĂ©teste, je te dĂ©teste, je te dĂ©teste.. Je tâaime mais je te dĂ©teste !
Il lâattira brusquement Ă lui, laissant tomber le croquis quâil tenait toujours entre ses mains au sol, sâenfonçant dans le fauteuil. Tenant Aiden par le cou, Cyrius lâembrassa comme si sa vie en dĂ©pendait, le forçant ainsi Ă grimper sans cĂ©rĂ©monie sur ses cuisses pour pouvoir se perdre avec lui.Â
- Je te dĂ©teste..Â
Cyrius avait de nouveau chaud, trop chaud, mais ça nâavait rien Ă voir avec la fiĂšvre. Ou alors elle Ă©tait dâune bien autre nature.Â
Sans pour autant rompre les baisers qui se succĂ©daient les uns Ă la suite des autres, les mains Ă la fois glaciales et brĂ»lantes du blond se perdirent dans les cheveux bruns de son ennemi, puis, sans aucune pudeur sous son t-shirt.Â
Et il tira dessus pour le lui enlever. Plongeant son regard orage dans celui dâAiden, dans une supplique muette.
Il nâĂ©tait plus à ça prĂšs.
Aiden nâentendit quâĂ moitiĂ© le bruit des machines. Il avait Ă peine conscience de lâemballement de ces derniĂšres. Il ne voyait quâune chose.Â
Cyrius.Â
Le blond ne souriait pas, et dâautres quâAiden auraient eu lâimpression quâil Ă©tait indiffĂ©rent Ă ce quâil venait de se passer. Que rien dâextraordinaire ne venait de se produire. Mais le brun, lui, voyait trĂšs clairement que Cyrius Ă©tait affectĂ© par le baiser quâils venaient dâĂ©changer.
Ses yeux riaient. Et brillaient plus que dâordinaire.Â
Cyrius parla ensuite. TrĂšs vite, comme sâil avait envie de passer Ă autre chose, ou quâil se sentait nerveux. Aiden ne put sâempĂȘcher de sourire. Son coeur battait plus vite, et tout son corps Ă©tait parcouru de frissons. Il posa doucement la paume de sa main sur la joue du rĂ©alisateur et rĂ©pondit.
- Je sais que tu me dĂ©testes. Câest ce qui fait que tu mâaimes si fort⊠Et qui me donne autant envie de rester iciâŠ
Aiden nâeut pas le temps dâajouter quoi que ce soit, Cyrius lâattirant Ă lui en lui attrapant les poignets. Perdant le contrĂŽle de ses mouvements, le californien perdit lâĂ©quilibre et se retrouva perchĂ© sur les genoux de son amant.
Lâacteur sentit une main lui attraper le coup, et les baisers se firent plus intenses. Plus passionnĂ©s aussi. Aiden peinait Ă retrouver son souffle, mais il nâen avait rien Ă faire. Les lĂšvres de Cyrius Ă©taient devenues son oxygĂšne, et il comptait bien sây approvisionner encore longtemps.
Aiden sentit Cyrius rire et rĂ©pĂ©ter quâil le dĂ©testait, sans pour autant interrompre leurs baisers. Le brun sourit lui aussi et commença Ă prendre les devants, comme pour montrer que non, Cyrius ne le dĂ©testait pas.Â
Ce stratagĂšme fit apparemment ses preuves car les mains du blond se perdirent dans les cheveux bruns de lâĂ©tudiant, tandis que les lĂšvres du rĂ©alisateur quittaient celles dâAiden pour sâattaquer Ă son coup.
AussitĂŽt, Aiden sentit tout contrĂŽle lâabandonner. Inconsciemment, Cyrius avait commencĂ© Ă embrasser lâune des zones les plus Ă©rogĂšnes de son anatomie. FĂ©brile, Aiden passa une main derriĂšre la nuque de celui qui lâaimait pour lâencourager Ă continuer.Â
Cyrius sâoccupa consciencieusement de son cou, et Ă chaque nouvelle zone quâil embrassait, Aiden ne pouvait sâempĂȘcher de gĂ©mir de plaisir. CâĂ©tait plus fort que lui. Il ne maĂźtrisait plus rien, et nâavait plus conscience que dâune chose. Les lĂšvres et la langue de Cyrius sâamusant sur sa peau nue.
Soudain, les mains de Cyrius abandonnĂšrent son crĂąne pour se plaquer sous le T-shirt dâAiden, sans aucune retenue. Le brun frissonna de plaisir en sentant les deux mains glacĂ©es du troisiĂšme annĂ©e se poser sur son torse, le ramenant Ă une rĂ©alitĂ© un peu plus terrestreâŠ
Aiden aurait continuĂ© sur sa lancĂ©e, prĂȘt Ă se dĂ©barrasser de son haut, sâil nâavait pas entendu un bruit suspect prĂȘt de la porte. Un bruit de chaussures Ă talons. Lâinformation mit une seconde Ă parvenir Ă son cerveau, mais une fois comprit ce quâil se passait, Aiden se releva prĂ©cipitamment, sous le regard surpris de Cyrius.
A lâinstant prĂ©cis oĂč Aiden se remit sur ses pieds, la porte de la chambre sâouvrit, laissant place Ă une infirmiĂšre affolĂ©e. Il ne sâagissait pas de celle qui lâavait accueillie, mais Aiden put sentir lâinquiĂ©tude poindre dans sa voix.
- Tout se passe bien ici? Les machines auxquelles vous ĂȘtes reliĂ©es se sont subitement emballĂ©es et votre rythme cardiaque est grimpĂ© en flĂšche!
- Tout va bien, ne vous en faites pas, rĂ©pondit Aiden lorsquâil vit que Cyrius ne sâĂ©tait pas encore remis de leurs baisers prĂ©cĂ©dents. On a discutĂ© et ça sâest emballĂ©. Ne vous inquiĂ©tez pas, je suis sĂ»r que tout va bien. Pas vrai Cyrius?
Lâutilisation de son prĂ©nom sembla sortir le blond de sa lĂ©thargie. Il regarda successivement Aiden, puis lâinfirmiĂšre, avant de hocher la tĂȘte. La femme observa les deux Ă©tudiants, mĂ©fiante, avant de soupirer.
- TrĂšs bien. Mais allez-y doucement quand vous discutez tout les deux, compris?
Aiden rĂ©pondit par lâaffirmative et attendit le dĂ©part de lâinfirmiĂšre pour se tourner de nouveau vers Cyrius.
- Heureusement quâelle a rien vu. Ăa lâaurait mal fait que je me fasse virer de lâhĂŽpital tu crois pas?
Cyrius acquiesça rapidement avant dâattraper Ă nouveau Aiden et de lâembrasser Ă nouveau. Mais la fiĂšvre Ă©tait retombĂ©e du cĂŽtĂ© du brun, et il avait Ă prĂ©sent une autre idĂ©e en tĂȘte. Il accepta un dernier baiser avant de se dĂ©tacher du blond. Il se leva et alla attraper une chaise quâil plaça Ă cĂŽtĂ© de celle de Cyrius.
- Attend. Sâil te plaĂźt. Il vit le regard surpris du blond et lui attrapa la main, comme pour lui montrer quâil ne sâen allait pas. Je⊠Je sais que tâas dit que tâen avais rien Ă faire de Pearl, mais je suis encore avec elle⊠Officiellement. Cyrius haussa les sourcils dâun air moqueur, aussi Aiden continua-t-il son explication. Ecoute, câest une fille bien. Vraiment. Elle mĂ©rite que je lui parle avant⊠avant que ça nâaille encore plus loin.
Doucement il commença Ă caresser la main de Cyrius. En silence. Pour la premiĂšre fois, Aiden prit le temps dâobserver la main du blond. De longs doigts fins, une peau trĂšs fine mais trĂšs douce Ă la fois. Aiden glissa ses doigts dans les siens.
Leurs doigts se mĂȘlĂšrent parfaitement, et Aiden apprĂ©cia la sensation de tenir la main de Cyrius.
Comme un couple.
- Je peux te poser une question? demanda soudain le brun. Devant le regard interrogateur que lui adressa Cyrius, Aiden se jeta Ă lâeau. Depuis quand est-ce que tu sais que⊠que tu mâaimes?
En attendant la rĂ©ponse, il plongea ses deux yeux sombres dans ceux, gris, de Cyrius, et se dit que sây noyer ne serait peut-ĂȘtre pas la plus mauvaise chose quâil pourrait lui arriver.
Cyrius se noyait. Il se noyait Ă chaque baiser avec Aiden, vissĂ© dans son siĂšge, le tenant serrĂ© contre lui. Le contact brĂ»lait sa peau et sa tĂȘte lui tournait. Mais il ne sâĂ©tait pas senti aussi vivant depuis longtemps.Â
Il en oublia totalement le lieu, ses longues journĂ©es de convalescence, les machines auxquelles il Ă©tait reliĂ©, toute la haine de deux annĂ©es bafouĂ©es.Â
Finalement, il nây avait que cet ĂȘtre collĂ© Ă lui. Que les lĂšvres contre les siennes, puis le cou quâil embrassait et les gĂ©missements quâil tirait dâAiden. Vraiment, le reste nâavait aucune importance.
Quant il tira sur le t-shirt du brun, un peu trop empressĂ©, il se retrouva dâun coup seul. Aiden avait quittĂ© ses genoux, en se passant une main dans les cheveux pour se rasseoir sur le lit.
Dâabord mĂ©content, Cyrius comprit trĂšs vite la nĂ©cessitĂ© de ne pas protester quant une infirmiĂšre au regard affolĂ© entra prĂ©cipitamment dans la piĂšce. Pourtant, il continua de fixer Aiden, sans faire attention Ă celle qui vĂ©rifiait ses machines et son rythme cardiaque. LĂ non plus, il nâen avait pas grand chose Ă faire. La frustration la plus totale se lisait dans ses yeux.Â
Une fois lâinfirmiĂšre partie - et il nâavait aucune idĂ©e de ce quâelle avait dit et avait hochĂ© la tĂȘte trop mĂ©caniquement Ă lâentente de son prĂ©nom -, le blond attira de nouveau Aiden Ă lui. Si Cyrius tenta bien dâĂȘtre encore un peu insistant, il se heurta rapidement au calme du brun.Â
Aiden prit une chaise et vient sâasseoir Ă cĂŽtĂ© de lui. Il osa mĂȘme lui prendre la main, et trĂšs rapidement leurs doigts se mĂȘlĂšrent ensemble. Le geste Ă©tait Ă©trange pour Cyrius, et il regarda lâunion de leurs mains dâun oeil un peu surpris. Ce nâĂ©tait pas dĂ©sagrĂ©able, bien au contraire. Et ça ne faisait pas se calmer le rythme archaĂŻque de son coeur.Â
Aiden Ă©voqua une nouvelle fois Pearl. Le regard du blond se fit plus moqueur, alors quâil commença Ă jouer avec sa main dans la sienne.Â
Sa voix Ă©tait tout aussi amusĂ©e que son regard quand il sâexprima enfin :Â
- âAvant que ça aille plus loinâ ? .. Tu veux que ça aille plus loin ? Mais Lending, je te veux maintenant moi.. Il effleura ses lĂšvres des siennes. Sâenhardit de la lumiĂšre de surprise dans le regard sombre. Resta tellement proche de lui que leurs souffles se mĂȘlaient. Maintenant. Sâil te plait..
Cyrius jugeait avoir assez attendu pour ne pas profiter de son ennemi tout de suite. Il pensait aussi, quâune relation sĂ©rieuse nâavait pas sa place entre eux deux. Ou du moins pas pour tout de suite. Il ressentait juste le besoin de rattraper le temps perdu.. Ou de réécrire ce qui avait Ă©tĂ© dĂ©truit deux ans plus tĂŽt. Et il ne gardait Ă lâesprit que les soupirs dâAiden quelques minutes plus tĂŽt.Â
- Tu vas la quitter ?Â
Ce nâĂ©tait pas tout Ă fait une question. Une bulle dâespoir pris place dans le ventre de Cyrius, quâil tenta dâĂ©touffer.Â
Les yeux clairs se fixĂšrent ensuite dans ceux dâAiden, tandis que ses doigts dessinaient des cercles sur la paume de sa main.Â
Il nâhĂ©sita pas vraiment pour rĂ©pondre Ă sa question. Ce fĂ»t plutĂŽt un automatisme.  Une Ă©vidence.Â
- Vegas. Jâai compris ça Ă Vegas.Â
Aiden dut se retenir pour ne pas se perdre Ă nouveau dans le doux baiser que dĂ©posa Cyrius sur ses lĂšvres. Pour ne pas presser un peu plus ses lĂšvres sur les celles du blond, et recommencer la mĂȘme folie que les minutes prĂ©cĂ©dentes.
Surtout lorsquâil entendit ce que lui dit le rĂ©alisateur. Le brun frissonna Ă lâentente de ces quelques mots. Cyrius le voulait maintenant⊠Aiden aussi, mais il savait quâĂ lâheure actuelle, câĂ©tait plus le dĂ©sir physique que le dĂ©sir amoureux qui parlait. La volontĂ© de rattraper deux ans de distance avec lâĂȘtre qui au final, nâaurait jamais pu rester son pire ennemi.
Leurs doigts parfaitement entremĂȘlĂ©s le prouvaient. Il y avait quelque chose entre eux qui dĂ©passait la simple compatibilitĂ© physique. Et Aiden comptait bien creuser dans cette voie.
Aussi tenta-t-il de se concentrer sur la main de Cyrius dans la sienne pour ne pas flancher. Dur, trĂšs dur. Le visage du blond Ă©tait si proche du sien⊠Ces deux yeux gris, si beaux, si attirants⊠Les deux Ă©tudiants Ă©taient si proches que leur souffle se mĂ©langeait.Â
Sans mĂȘme sâen rendre compte, il succomba une nouvelle fois Ă la tentation. Il embrassa Cyrius. Tendrement, Aiden partagea son air avec le blond. Il sentit tout ses poils se hĂ©risser, et son corps frisonner de plaisir. Par ce simple contact, Aiden comprit que oui, il voulait aller plus loin avec Cyrius.
Et il comptait bien parvenir Ă ses fins. Cyrius lâaimait. Il le lui avait dit. Et rĂ©pĂ©tĂ©. Aiden, quant Ă lui, savait que son coeur battait plus vite lorsquâil tenait la main du blond. Alors, pourquoi ne pas tenter quelque chose avec le troisiĂšme annĂ©e? Bien entendu, une fois, quâil aurait tout avouĂ© Ă Pearl.
Câest lĂ que lâaffaire se corsait.
Aiden prolongea le baiser jusquâĂ ne plus du tout pouvoir respirer. Ce nâest quâensuite quâil dĂ©colla ses lĂšvres de celles de Cyrius. Mais il conserva sa main enlacĂ©e dans celle du blond. Sentir les doigts du new-yorkais tracer des cercles sur le dos de sa main faisait battre le coeur dâAiden un peu plus fort encore.
- Oui Cyri⊠Oui, je veux que ça aille plus loin. Tous les deux. Parce que ce je nâai pas ressenti ça depuis trĂšs longtemps. Il commença Ă caresser Ă son tour la main de Cyrius. Et que je ne veux pas gĂącher une occasion comme celle-ci.Â
Il sâinterrompit, et embrassa la main de Cyrius. Un simple baiser du bout des lĂšvres. Il nâavait pas la moindre idĂ©e de la raison de son geste. Il lui avait juste semblĂ© que câĂ©tait le bon moment pour faire ça.
- Mais avant, je dois lui parler, ajouta-t-il en parlant de Pearl. Je ne mĂ©riterai personne si je vais plus loin avec toi sans rompre avec elle. Parce que oui, câest clair maintenant que je vais la quitter. Je me sens dĂ©gueulasse mais oui, il nây a pas dâautre choix. Pas dâautre choix qui me donne envie en tout cas.
Il plongea son regard dans celui de Cyrius, les yeux bruns rencontrant les yeux gris. Le jeune acteur vit sa vision se troubler un peu et sut que ses yeux brillaient un peu plus que dâordinaire. Les raisons Ă©taient multiples.Â
Il sâen voulait dâabord, de faire une telle chose Ă Pearl aprĂšs tout ce quâelle lui avait confiĂ©. CâĂ©tait odieux, et il le savait. Mais que faire dâautre, alors que devant lui, le propriĂ©taire de ces deux grands yeux gris lui avait dit quâil lâaimait.Â
Aiden avait fait son choix en tout cas.
Le brun baissa les yeux quelques instants Ă la suite de sa question. Il se sentait un peu Ă©goĂŻste de demander Ă Cyrius quand il avait dĂ©couvert ses sentiments pour lui alors que lui-mĂȘme nâavait pas dit Ă Cyrius quâil lâaimait.Â
Mais lorsquâil croisa de nouveau le regard orageux, Aiden put y lire de la douceur, et il nâen fut que plus Ă©mu. Un peu moins lorsque Cyrius avoua quâil avait tout comprit Ă Vegas.
Fronçant les sourcils, Aiden scruta le regard du blond, tentant dây dĂ©celer la moindre trace de malice et de moquerie. Mais il nây avait rien dâautre que de la sincĂ©ritĂ©. Alors Aiden resserra un peu plus sa prise sur le main de Cyrius et demanda.
- Pourquoi Vegas? JâĂ©tais complĂštement fracassé⊠Comment tu peux tâĂȘtre dit Ă ce moment lĂ âLui je lâaimeâ ? Il dĂ©glutit avant de continuer. Et dâailleurs quâest-ce qui sâest passĂ© ce soir lĂ ? Je me souviens de rien⊠à part dâun baiser. Qui me retourne toujours quand jây pense.Â
Il ferma les yeux et serra la main de Cyrius un peu plus fort, comme pour ĂȘtre sĂ»r quâil ne le lĂącherait pas et quâil serait toujours lĂ .
Cyrius crĂ»t quâil avait gagnĂ© le combat en sentant quâAiden lĂąchait prise et rĂ©pondait Ă son baiser. Il sâenhardit un peu, se penchant un peu vers lui, tentant une nouvelle fois de lâentraĂźner vers un vice encore plus passionnĂ©.Â
Mais une nouvelle fois, lâautre rĂ©sista et prĂ©fĂ©ra centrer son attention sur leur deux mains enlacĂ©es. Un sourire presque agacĂ© Ă©chappa Ă Cyrius.Â
- Je suis frustrĂ©. Ăa y est. Tâes chiant.
Il ne dit pourtant rien de plus, serrant encore un peu la main dans la sienne.Â
- .. Je ne veux pas gĂącher un moment aussi.. Cyrius ouvrit la bouche pour sortir un mot quâil ne trouva pas. Ses yeux brillaient de douceur. Et dâinquiĂ©tude aussi, peut-ĂȘtre. Mais, je ne veux pas.. Pas que tu rompes avec Pearl si tu ne le veux pas. Tu as des sentiments pour elle, jâen suis conscient. Et il nây a peut-ĂȘtre pas de place pour un truc entre nous. Pas tout de suite. Il vit la douleur passer furtivement sur le visage du brun et secoua brusquement la tĂȘte. Sans lĂącher sa main.Pas que je ne veux pas de quelque chose de plus que.. Ca serait trop tĂŽt. MĂȘme si.. Son regard glissa sur ses Ă©paules. .. Hm. Jâai besoin de temps. Toi aussi. Tu vois ce que je veux dire ?
Et Cyrius se mordit la lĂšvre, sous le baiser dâAiden sur sa main. Â Â
Il essaya de se rappeler exactement comment il sâĂ©tait dit quâil aimait Aiden, plus quâil ne le pensait. Aucun moment prĂ©cis ne lui revint Ă lâesprit, Ă part le goĂ»t de lâalcool des lĂšvres dâAiden sur ses lĂšvres.
- Je tâai trouvĂ© dans les escaliers du casino, entrain de ramasser les jetons que tu venais de faire tomber. Je tâai aidĂ©, au dĂ©but, parce que je ne te reconnaissais pas. Et puis tu mâas dit.. Des choses que je ne pensais pas tâentendre dire. Et je ne sais plus bien comment et quand, mais ça a dĂ©rapĂ©. .. Je te soupçonne mĂȘme dâavoir un peu trop apprĂ©ciĂ© quand jâai dĂ» te fouiller pour trouver le pass de ta chambre quand je tâai raccompagnĂ© aprĂšs. .. Tu as des fesses trĂšs.. Quoi ? Me regarde pas comme ça ! Il eut un petit rire.  .. Mais jâai compris que.. La haine nâavait pas sa place, quand je tâai vu complĂštement bourrĂ©. Tu Ă©tais tellement implorant, tellement.. Jâaurai dĂ» ĂȘtre.. Je ne sais pas ? Pour une fois, Cyrius Millers ne trouvait pas ses mots correctement. Jâaurai dĂ» ĂȘtre dĂ©gouttĂ© de ton comportement. Je lâĂ©tais dans un sens. Mais jâavais surtout mal. Pour toi.
Aiden ne put retenir un petit rire lorsque Cyrius abandonna enfin lâidĂ©e de dĂ©shabiller entiĂšrement le brun. Pas que cette idĂ©e le dĂ©plaise non⊠mais ce nâĂ©tait dĂ©finitivement pas le bon moment.
Pas encore.
- FrustrĂ©? Cyri arrĂȘte⊠Tâas jamais couchĂ© avec un mec⊠Tâas connu que les femmes, je me trompe? Alors avant de vouloir te jeter sur ma braguette, attends au moins un petit peu. Et si dâici lĂ , tu restes sageâŠ,dit-il en murmurant prĂšs de son oreille, je te montrerai comment on la taille cette pipe que tu sembles tant vouloir me tailler depuis la premiĂšre annĂ©e.
Aiden Ă©clata de rire. Apparemment, le blond ne semblait pas sâĂȘtre attendu Ă une telle rĂ©action de la part de son ancien ennemi. Toujours hilare, il posa sa seconde main sur celle de Cyrius qui venait de resserer un peu plus fort son emprise.
Le brun perdit son sourire et Ă©couta le raisonnement du rĂ©alisateur. Sans jamais arrĂȘter de tenir cette main, ou plonger son regard brun dans les prunelles grises du blond. Les mots quâil prononça touchĂšrent beaucoup Aiden.Â
Il rĂ©alisa que la dĂ©claration dâamour que lui avait faite Cyrius nâavait rien de paroles en lâair. Il Ă©tait prĂȘt Ă sâeffacer pour quâAiden puisse recoller les morceaux avec Pearl. Le californien sourit faiblement en entendant ces mots qui rĂ©chauffaient son coeur.
La suite le refroidit un peu. Pourquoi Cyrius ne disait-il pas quâil nâexistait peut-ĂȘtre rien Ă construire entre eux? Alors quâil lui avait dit quâil lâaimait? Aiden Ă©tait perdu, et commençait Ă se poser des questions. Tout ce quâil venait de se passer nâĂ©tait-il en fait quâune immense mascarade?
Non, Ă©videmment que non, et Cyrius sâempressa de sâexpliquer. Dâinsister sur la nĂ©cessitĂ© de leur laisser du temps. Aiden ne put sâempĂȘcher de sourire Ă nouveau. Puis de dĂ©poser un baiser sur la joue mal rasĂ©e de Cyrius.Â
DĂ©cidĂ©ment, il Ă©tait en train de devenir trĂšs tactile. Cette sensation, bien que nouvelle, nâĂ©tait pas pour lui dĂ©plaire. Il caressa un instant la main du blond, ses yeux rivĂ©s sur celle-ci, avant de rĂ©pondre.
- Ecoute⊠Ce quâil vient de se passer lĂ , jamais je lâaurais imaginĂ©. Mais vraiment jamais. Tout est allĂ© trop vite. Mais jâai ressenti des choses que jâavais jamais ressenti. Des choses qui mâont fait me sentir bien. Et vivant. Et que jâai envie de ressentir encore. Et ces choses là ⊠y a que toi qui me les as donnĂ©es. En quelques minutes. Ces baisers, ces⊠caresses sur ta main⊠ça mâa fait comprendre un truc. Que Pearl ne mâapporte pas çaâŠ
Il se tut, acceptant lui aussi la rĂ©alitĂ©. Dure, mais aussi tellement douceâŠ
- Une relation est si difficile à construire, et si facile à détruire,murmura-t-il, regardant le mur de la chambre.
Aiden acquiesça doucement ensuite, avant de reprendre sa réponse.
- Je dois, non je veux rompre avec Pearl. Câest horrible ce que je dis, je mâen rends bien compte. Elle mĂ©rite pas ça la pauvre. Mais câest la vĂ©ritĂ©. Il se mordit les lĂšvres, et sentit la seconde main de Cyrius lui caresser lâavant bras. Et bien sĂ»r quâon a besoin de temps. Je te demande pas quâon se mette ensemble ici et maintenant. Ăa serait une connerie. Mais je pense quâon peut essayer de voir dans quelle direction on peut aller tous les deux non?
Son ton Ă©tait devenu un peu suppliant malgrĂ© lui, comme sâil ne supporterait pas un nouveau rejet de la part du blond. Il lâĂ©couta ensuite raconter leur nuit Ă Vegas, soulevant un sourcil lorsque Cyrius parla de ses fesses.Â
Mais câest la suite qui interpella le californien. Il avait Ă©tĂ© implorant? Mais de quoi parlait Cyrius? Et surtout, quâavait-il pu bien lui dire pour quâil en soit autant retournĂ©?
- Alors comme ça on te supplie et tu craques, commença Aiden, essayant lâhumour pour masquer sa nervositĂ©. Il comprit que cela ne servait Ă rien de mentir lorsquâil croisa le regard de Cyrius. Plus sĂ©rieusement⊠je ne me souviens de rien. Je sais pas ce que je tâai dit, ce que jâai fait⊠CâĂ©tait si terrible que ça ce que je tâai sorti.Â
Sentant soudainement le rouge lui monter aux joues, il baissa la tĂȘte vers ses genoux, respirant un peu plus difficilement.Â
- Je⊠je suis dĂ©solĂ© pour ce quâil sâest passĂ© ce soir lĂ . Vraiment.
Il garda les yeux obstinĂ©ment baissĂ©s, par honte de croiser Ă nouveau celui de Cyrius. JusquâĂ ce quâil sente un main lui remonter le menton, et quâil se noie Ă nouveau dans ce regard.
Cyrius se tortilla un peu sur sa geste, plus pour masquer le rire qui naissait dans sa gorge quâautre chose. La situation ne lui paraissait pas seulement Ă©trange : elle Ă©tait surrĂ©aliste.Â
La main dâAiden ne quittait pas la sienne. Source de chaleur et de rĂ©confort. Mais il y avait autre chose.. Autre chose qui le ramenait deux annĂ©es en arriĂšre. Quand tout allait bien. Quand tout allait pour le mieux.
Mais les paroles dâAiden le firent brusquement se figer. Il ouvrit la bouche, surpris, et bafouilla un mot incomprĂ©hensible. Non, cet autre chose ne le ramenait pas deux annĂ©es en arriĂšre. Elle lâamenait vers un futur quâil nâosait pas encore imaginer.
Et elle avait une essence physique, entre autre.Â
- Intéressant comme proposition.
Il retient un rire, quâil perdit un peu Ă la suite des paroles dâAiden. Lentement, il enleva sa main de la sienne.Â
- Non.. Non, tu ne comprends pas. Ăa va trop vite Lending. On sâest dĂ©testĂ©s. Longtemps, avec des coups, avec des mots qui blessent encore plus. .. MĂȘme si il y a un truc entre nous.. Enfin, quâil y a un truc de moi vers toi. On ne peut pas. .. Je ne peux pas.Â
Peut-ĂȘtre que Cyrius Ă©tait terrifiĂ© en rĂ©alitĂ©.
- Tu vas trop vite. Je ne tâaurais rien dit, lĂ , tu serais reparti aprĂšs des paroles encore trop acides. Peut-ĂȘtre que tu mâaurais frappĂ©, et jâaurai fait pareil. Tu serais ensuite voir Pearl, et tout aurait continuĂ©. Et je ne tâen veux pas pour Vegas. Tu Ă©tais bourrĂ©.
Le visage dâAiden se dĂ©composait. Et quelque part, ça faisait mal Ă Cyrius. TrĂšs mal. Mais il souriait, parce quâil souriait toujours.Â
-Â Je ne pourrais jamais ĂȘtre simplement ton ami, Aiden. Parce quâil aura toujours plus. Et beaucoup de passif. Mais je ne peux pas encore ĂȘtre.. Plus. MĂȘme imaginer ĂȘtre plus.Â
Le blond palissait Ă vue dâoeil depuis quelques minutes. Peut-ĂȘtre Ă cause de ses paroles, peut-ĂȘtre Ă cause de la fatigue qui le rattrapait aussi.Â
- Je.. Je ne veux pas que ça aille trop vite.Â
Son ton Ă©tait presque suppliant. La fatigue lâemportait. La machine mesurant son pouls sâemballa trĂšs rapidement pendant une demie seconde.Â
Et ses mots Ă©taient en totale contradiction avec les gestes quâil avait pu avoir prĂ©cĂ©demment envers Aiden. Preuves de lâincomprĂ©hension totale oĂč nageait le blond.
Lentement, Cyrius dĂ©tacha sa main de celle dâAiden. Le visage du brun se ferma lĂ©gĂšrement, mais il laissa faire sans rien dire. Et Ă©couta ce quâavait Ă lui dire le blond, les yeux baissĂ©s sur cette main quâil tenait quelques secondes plus tĂŽt.
En silence, il laissa les paroles du troisiĂšme annĂ©e le traverser. Evidemment quâil avait raison. Que tout allait trop vite, et que ce nâĂ©tait pas normal, vu lâĂ©tat de leur relation. De plus, cela ne ressemblait pas Ă Aiden de dire des choses pareilles si vite. Lui qui avait toujours besoin de temps.
Alors pourquoi se montrait-il si entreprenant avec Cyrius? Pourquoi les paroles, si raisonnables et logiques, transperçaient Aiden comme autant dâaiguilles?Â
Pour ne pas effrayer le blond, le californien choisit soigneusement ses mots, mais il ne put sâempĂȘcher de lui faire partager le fond de sa pensĂ©e.
- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas? Devant les sourcils froncĂ©s du jeune blond, il poursuivit. A lâheure actuelle, je ne te demande pas de te mettre en couple avec moi. Je ne te demande pas non plus de le faire demain, ou dans la semaine. Je tâai dit quâon pouvait essayer dâavancer ensemble dans une direction. Alors tu ne peux pas ou tu ne veux pas? Sois clair, que je sache si je perds mon temps ou si je reste encore un peu.
Il Ă©tait dur dans ses paroles, mais sa voix tremblante montrait quâil nâavait pas envie de partir. Quâil avait envie que Cyrius rĂ©ussisse le test quâil venait de lui proposer.
Aiden sentit son visage sâaffaisser lorsque Cyrius dĂ©veloppa sa pensĂ©e. Le brun nâapprĂ©cia pas la situation que dĂ©crivit le blond dans lâhypothĂšse oĂč il se serait tut.Â
- Câest peut-ĂȘtre vrai. SĂ»rement mĂȘme, sans te mentir. Mais pas sĂ»r. Tâaurais pas dit que tu mâaimais je⊠dĂ©jà ça aurait Ă©tĂ© con de ta part, parce que tâaurais manquĂ© le resteâŠÂ il sourit faiblement et vit quâil avait arrachĂ© Ă©galement un sourire Ă Cyrius. Mais surtout, je crois que je serais ressorti dâici encore plus mal quâen y entrant. Et jâaurais Ă©tĂ© exĂ©crable avec Pearl.Â
Il ferma les yeux, sâapprĂȘtant Ă livrer Ă Cyrius une chose quâil nâavait jamais osĂ© prononcer Ă voix haute.
- Tu ne tâen es peut-ĂȘtre jamais aperçu, mais tu as toujours eu plus ou moins le contrĂŽle sur mes Ă©motions, et ma façon dâagir. Si on sâĂ©tait battu dans la semaine, tu peux ĂȘtre sĂ»r que jâĂ©tais mal pour le reste du temps. Et avec ce que tu venais de me dire⊠je pense que jâaurais envoyĂ© chier tout le monde.
Aiden laissa passer lâallusion Ă Vegas, profitant du reste de la conversation pour passer Ă autre chose.
- Non, vraiment, câest mieux que tu me lâaies dit. Et ça nous permet de discuter, enfin.
Cyrius souriait, mais son sourire Ă©tait faux, et au plus profond de ses yeux, se lisaient des Ă©motions contradictoires quâAiden nâarrivait Ă lire entiĂšrement. Mais sa voix, elle trahissait de la peur. Une peur qui envahit lâacteur jusquâaux tripes.
A son tour, il attrapa Cyrius par le menton, et lâobligea Ă le regarder. Dans son regard brun, il nây avait que de la douceur, de la gentillesse, et surtout une volontĂ© de mettre le blond Ă lâaise.
- HĂ© CyriâŠÂ dit-il doucement. De quoi tu as peur en rĂ©alitĂ©?Â
Cyrius sentit la dĂ©tresse dans la voix de Lending. Il lâa vit aussi se peindre sur son visage. Et ça lui brisait le coeur.Â
Mais il ne pouvait pas faire mieux pour lâinstant. Il avait Ă©tĂ© plus sincĂšre avec le brun quâil ne lâavait Ă©tĂ© depuis deux annĂ©es. Il lui avait tout avouĂ© comme on dĂ©balle un objet explosif quâon veut impĂ©rativement faire sauter. Et il sâĂ©tait perdu dans un contact trop tentant.
Cyrius avait de quoi se sentir perdu.Â
Et le lieu ainsi que la rĂ©alitĂ© nâĂ©taient jamais loin. Les machines reprenaient le contrĂŽle sur son Ă©tat, et la fatigue gouvernait de nouveau son royaume.Â
- Je.. Le blond hésita. Je ne peux pas. Pas encore. Mais.. Reste.
Il ferma les yeux, sans rien rĂ©pondre de plus. Parce que rester dans la rĂ©alitĂ©, câĂ©tait de nouveau faire face Ă la couleur sombre des yeux dâAiden. Et cette soudaine impression dâavoir avancĂ© de quelques pas, mais dâavoir reculĂ© par la suite, Ă©tait tenace. ImmĂ©diatement. Par peur.
Un sourire passa sur son visage Ă la suite des paroles dâAiden. Puis il ouvrit brusquement lâocĂ©an glacĂ© de son regard.Â
Avait-il toujours eu un tel impact sur le jeune homme ? Voulait-il dire que dâune certaine maniĂšre, un lien avait toujours perdurer entre eux ?Â
Le coeur de Cyrius sâemballa, pulsation traduite une Ă©niĂšme fois sur les machines de la chambre.
- .. Câest le truc le plus dĂ©ment que tu mâait jamais dit.Â
Aiden saisit le menton de Cyrius et le força Ă plonger son regard dans le sien. Le blond y lu un nombre incalculable de sentiments et dâaveux informulĂ©s, qui lui firent des fourmillements dans le creux du ventre.Â
Plongé dans le regard sombre, il répondit du tac au tac à sa question. Sans réfléchir.
De quoi avait-il peur ?Â
- De moi. De ça.Â
CâĂ©tait tout ce quâAiden pouvait espĂ©rer tirer du jeune homme blond aujourdâhui. Avec douceur, les lĂšvres de Cyrius se posĂšrent Ă©phĂ©mĂšrement sur celles du brun. A peine un contact, juste une lĂ©gĂšre caresse dans un souffle.Â
- Tu devrais y aller.. Lâheure des visites est bientĂŽt passĂ©e.Â
CâĂ©tait dĂ©jĂ beaucoup pour Cyrius. Ses paupiĂšres se dĂ©battaient pour ne pas se fermer devant le brun.
La journĂ©e avait Ă©tĂ© riche. Un aveu, de nouvelles sensations, et de lâespoir dans la peur.Â
Cyrius hĂ©sita avant de rĂ©pondre, signe quâil ne prenait pas la question dâAiden Ă la lĂ©gĂšre. Evidemment, Aiden aurait aimĂ© quâil rĂ©ponde sans avoir besoin de rĂ©flĂ©chir, mais lui qui passait son temps à ça ne pouvait dĂ©cemment pas lui en tenir rigueur.
Son coeur fit une petite envolĂ©e lorsque Cyrius rĂ©pondit enfin, annonçant quâil ne pouvait pas. En soi, ces paroles constituaient dĂ©jĂ une victoire. Le blond ne refusait pas, il avait juste besoin de temps.
Et du temps, Aiden Ă©tait prĂȘt Ă lui en donner, tant que la porte ne se fermait pas devant lui.Â
Mais visiblement, Cyrius nâavait pas lâintention de claquer la porte au nez du californien. Puisquâil lui demanda, non le supplia de rester. Avant de fermer les yeux, perdu dans on ne savait trop quelles pensĂ©es.Â
Doucement, Aiden posa sa main sur la joue du blond. Comme ça, sans aucune demande implicite. Juste pour montrer Ă Cyrius quâil Ă©tait lĂ , quâil restait auprĂšs de lui.
Apparemment, lâaveu de lâacteur surprit lâautre troisiĂšme annĂ©e, au vu du regard Ă©tonnĂ© quâAiden reçut en Ă©change de ses paroles. Le bruit des machines indiqua autre chose qui fit plaisir Ă Aiden. Le coeur de Cyrius avait battu plus vite, signe que cela ne le laissait pas indiffĂ©rent. Il sourit avant de rĂ©pondre.
- Je sais. Je mâen suis rendu compte le jour oĂč tu tâes Ă©croulĂ© devant moi. JâĂ©tait au plus bas le reste du temps. Alors que jâaurais du mâen balancer. Mais non. Je mâinquiĂ©tais⊠Comique hein?
Non, ça ne lâĂ©tait pas. Mais Aiden prĂ©fĂ©rait cacher ses aveux par de lâhumour, que Cyrius ne se rende pas compte Ă quel point il commençait Ă se sentir effrayĂ© par ce quâil disait.
Parce quâAiden recommençait Ă se poser des questions sur ce quâil Ă©tait en train de se passer. Lui qui Ă©tait subitement redevenu spontanĂ© faisait machine arriĂšre.
Lorsque Cyrius avoua quâil avait peur de lui-mĂȘme, Aiden ne put sâempĂȘcher de hausser lĂ©gĂšrement les Ă©paules. Parce quâil ne pouvait rien faire face à ça. CâĂ©tait au blond de se retrouver, et de savoir ce dont il avait envie.
MĂȘme si les lĂšvres du californien semblaient lâattirer comme un aimant. Le baiser mit fin Ă la visite avant mĂȘme que Cyrius ne le dise. Ce baiser volĂ© dans un souffle montrait quâil Ă©tait temps pour Aiden de partir.
Il se leva, et embrassa lĂ©gĂšrement Cyrius sur le front. Parce quâil en avait eu envie, tout simplement.
- Jây vais. Repose toi bien et reviens en forme. Tu vas avoir des culs Ă botter en rentrant. Et je compte sur toi.Â
Il sortit ensuite sans se retourner sur Cyrius. Une fois dans lâascenseur, il se regarda dans le miroir. Quelque chose avait changĂ© dans son regard. Il le trouvait un peu plus lumineux.
Sûrement un effet des néons.
Mais quand il passa deux doigts sur ses lĂšvres, il sentit encore la saveur du dernier baiser.Â
Qui nâĂ©tait rien dâautre quâun prĂ©lude Ă leur histoire.




