Back together. (Aiden & Cyrius)
Après avoir appris que Cyrius était enfin sorti du coma, Aiden n'a qu'une seule idée, le retrouver, et pouvoir enfin de nouveau lui parler. Après des retrouvailles plutôt mouvementées, Cyrius annonce la vérité à l'acteur. Vérité qui n'est ni bonne à dire, ni bonne à entendre.
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Après quelques jours de rétablissement forcé, Aiden fut de nouveau capable de tenir sur ses jambes. Grâce à l’aide d’Isabelle et du personnel médical, il avait rapidement reprit des forces.
Tout le monde le traitait avec sympathie, visiblement heureux qu’il s’en soit sorti à peu près correctement. A part la vilaine cicatrice qu’il garderait à vie à l’épaule, et la rééducation nécessaire pour ne pas risquer de séquelles, rien n’indiquait qu’il avait survécu à une fusillade, ni qu’il sortait tout juste du coma.
Oui, Aiden paraissait fort. Il souriait beaucoup, discutait avec tout le monde avec gentillesse, et ne montrait aucun signe de détresse émotionnelle, même avec la psychologue venue évaluer son état.
Pourtant, en son for intérieur, il ne rêvait que d’une choser. Hurler sa douleur. Hurler contre les images qui l’assaillaient une fois les yeux clos. Hurler contre tout ceux venus lui exprimer leur joie de le revoir parmi eux, alors qu’il ne les connaissait presque pas.
La seule personne qu’il avait réellement besoin de voir n’était pas en état de quitter sa chambre. A peine sorti du coma, comme lui, Cyrius était forcé de garder le lit, et malgré ses nombreuses demandes, Aiden n’avait pas obtenu l’autorisation de se rendre à son chevet.
Au bout du vingtième élève de son cours de dramaturgie venu lui offrir des fleurs - sa chambre ressemblait maintenant à une tombe qu’on aurait ornée de gerbes florales - reçu avec le sourire, Aiden décida qu’il était temps de sortir, et d’aller rendre visite à son petit-ami, avec ou sans l’accord de l’équipe médical.
Armé de sa perfusion sur roulettes, et de ses jambes un peu tremblotantes, le californien sortit dans le couloir, évitant soigneusement les infirmières. Enfin, les infirmières évitèrent soigneusement de croiser le chemin d’Aiden. Lent comme il était, il n’aurait pu éviter personne.
Parvenant enfin devant la chambre de Cyrius, l’acteur s’apprêta à frapper, lorsqu’il décida qu’une entrée fracassante serait plus amusante. Il ouvrit la porte à la volée, prêt à voir la réaction du blond… lorsqu’il le trouva profondément endormi.
- Pour l’entrée fracassante, on repassera, marmonna Aiden.
Il songea un instant à s’en aller, revenant lorsque Cyrius serait réveillé, mais la chaise posée au chevet du blond semblait absolument confortable, et il n’avait aucune envie de retourner dans sa chambre tombale recevoir la visite d’un énième camarade de classe dont il n’avait strictement rien à faire.
Alors, il partir s’installer sur cette chaise située près du visage de Cyrius. Aiden avait beau savoir qu’il était sorti du coma, et qu’il dormait simplement, le coeur du californien se serra d’inquiétude. Son petit ami avait fait le con, et il voulait savoir pourquoi.
Cyrius était vraiment beau lorsqu’il dormait. Encore plus que lorsqu’il était réveillé. Sans son regard gris si expressif, il semblait… paisible. Doucement, le troisième année passa le revers de sa main sur le visage de son amoureux, avant de lui déposer un doux baiser sur les lèvres.
- Sympa…, dit Aiden, amusé de voir combien le sommeil de Cyrius était profond.
Il prit la main du blond dans la sienne, et se mit à attendre, perdant petit à petit le fil du temps. Ce genre de perte de la réalité lui arrivait de temps en temps. Il pouvait alors rester une heure dans la même position et agir comme si une simple minute venait de s’écouler.
L’étudiant ne se rendit compte qu’il s’était endormi qu’au moment où la main de Cyrius passa dans ses cheveux, le réveillant par la même occasion.
Il ouvrit les yeux, et vit que le blond l’observait en souriant, et le brun fit de même, se rendant compte que pour la première fois depuis son retour dans le monde des vivants, il avait dormi sans subir de cauchemars.
- Hey… dit-il simplement.
Depuis son rĂ©veil, Cyrius se demandait parfois s’il pouvait ouvrir les yeux sans voir quelqu’un Ă ses cĂ´tĂ©s. La nuit, il se rĂ©veillait des fois en sursaut, quand son sommeil le plus lourd ne l’engourdissait pas. Il y avait alors toujours une infirmière pour passer alors sa tĂŞte dans l’entrebâillement de la porte. La journĂ©e, il piquait du nez frĂ©quemment. Quand il ouvrait les yeux, c’était toujours pour voir l’une de ses soeurs Ă ses cĂ´tĂ©s (jamais  Cyann pourtant) ou une connaissance de la NYADA.Â
Ce jour lĂ , Cyrius Ă©tait allĂ© faire un tour dans le service de pĂ©diatrie. Le contact des enfants - de ses petits patients comme il les appelait - lui faisait un bien fou. Il ne pouvait le nier. C’était mĂŞme visible Ă la lecture de ses expressions. Petit Ă petit, le blond se remettait Ă sourire plus franchement. Ses yeux Ă©taient moins cernĂ©s, sa peau moins pâle. MĂŞme les doses de calmants en tout genre et de somnifère qu’il prenait diminuait progressivement.Â
Les premiers jours, Cyrius avait eu l’interdiction formelle de recevoir des visites, ou de sortir de sa chambre. S’il n’avait pas bravĂ© cet ordre en allant voir le Dr Sanchez, il savait qu’il moisirait toujours dans le fond de son lit. Maintenant, il pouvait aller et venir Ă sa guise en pĂ©diatrie, et mĂŞme dans le service qui prenait soin de lui. Les infirmières commençaient Ă ĂŞtre habituĂ©es Ă le voir arriver tout sourire dans leur salle de repos. Il s’asseyait alors Ă leur cĂ´tĂ©, bavardant joyeusement Ă certains moments, se contentant d’écouter presque paisiblement Ă d’autres.Â
Ce jour lĂ , donc, Cyrius avait passĂ© une petite heure de la matinĂ©e avec ses petits patients, essayant de leur apprendre - non sans mal - une chanson de Britney Spears. Le choix s’était rĂ©vĂ©lĂ© dĂ©sastreux, et le vacarme assourdissant.Â
Après le repas, pris dans sa chambre, Cyrius n’avait pas pu empĂŞcher ses yeux de se clore sous le coup de la fatigue.Â
Il n’eut pas Ă lutter bien longtemps avant de s’endormir.Â
Une nouvelle fois, quand il ouvrit les yeux,  Cyrius se rendit compte qu’il n’était pas seul. La tĂŞte de cheveux bruns appuyĂ©s sur son lit le firent dans un premier temps se figer. Puis, il comprit qui venait lui rendre visite.Â
Un sourire un peu flottant passa sur ses lèvres tandis qu’il l’observa dormir. Il entendait presque un lĂ©ger ronflement s’échapper des lèvres de son petit ami.Â
Bien entendu, Crystal avait mit Cyrius au courant du rĂ©veil d’Aiden. Un soulagement indescriptible l’avait saisit Ă cette nouvelle. Mais rapidement, la culpabilitĂ© de ne pas avoir Ă©tĂ© lĂ , d’avoir faillit Ă son propre courage en se droguant, et aussi le fait d’avoir trompĂ© le jeune homme avec Lily, avait saisit Cyrius Ă la gorge. Et il n’avait rien fait pour accĂ©lĂ©rer le moment de leurs retrouvailles. A croire qu’il Ă©tait vraiment un lâche.Â
Mais son absence le rongeait de plus en plus. Comme de l’acide dans son ventre.Â
Avec plus de douceur qu’il ne l’aurait souhaitĂ©, la main de Cyrius effleura la joue du dormeur, remontant prĂ©cautionneusement le long de sa tempe. Puis elle se perdit dans les cheveux d’Aiden.Â
Le contact réveilla le comédien. Cyrius se figea une nouvelle fois, avant de sourire en croisant le regard sombre.
Il enleva sa main, sans pour autant cesser un seul instant de le regarder. Pupilles grises contre brunes.Â
Il y eut un silence entre eux deux. Un simple salut, puis un silence.Â
Que Cyrius finit par briser, son sourire moqueur revenant à la charge. Ses yeux fixèrent pendant quelques secondes les lèvres du brun.
- C’est cool que t’ais arrêté de te la jouer Belle aux Bois Dormant. Pire interprétation de toute ta vie.
Enfin, il pouvait parler.. Lui mĂŞme avait dĂ©cidĂ© de se couper de la rĂ©alitĂ© pendant quelques heures - quelques jours ?.Â
- Au moins t’es pas devenu amnĂ©sique. ParaĂ®t qu’il y a une Ă©lève du professeur Adler qui l’est depuis.. Depuis.. VoilĂ .Â
Retour sur les lèvres d’Aiden. Cyrius sentit quelque chose se briser en lui.
-Â Redresse toi. lui ordonna le blond.Â
Dès qu’Aiden se rapprocha involontairement de lui dans l’amorce de son geste, le rĂ©alisateur se pencha vers lui, saisissant son menton, et colla ses lèvres presque violemment sur les siennes.Â
Retrouver le regard de Cyrius. Plonger Ă nouveau dans ces prunelles grises. Aiden accueillait ces retrouvailles avec un soulagement palpable. Il se laissa submerger par le regard orageux du blond, souriant, silencieusement.
Cyrius le salua, et Aiden ne rĂ©pondit pas, battant simplement des cils. Le silence qui s’installa n’avait rien de gĂŞnĂ©. Les deux Ă©tudiants n’avaient tout simplement pas besoin de parler.Â
Cependant, Aiden ne put s’empêcher de se pince la lèvre inférieure. Il ressentait à l’encontre de Cyrius une pulsion qu’il n’avait pas vraiment eu le temps de ressentir pendant la fusillade.
Il avait envie de Cyrius. Ici, et maintenant. Et pour se rendre désirable, Aiden comptait bien séduire le beau blond.
Sans quitter le regard du réalisateur, il passa sa main sur son avant-bras, laissant ses doigts glisser doucement. Le frisson qu’il sentit traverser Cyrius le fit sourire doucement.
Autant que le coup d’oeil bien voyant qu’il jeta aux lèvres du brun.
Aiden rit doucement face à la remarque moqueuse de son petit-ami. Il ne répondit pas tout de suite, continuant son manège comme si de rien n’était. L’étudiant se sentait brûlant de fièvre et de désir, et il espérait qu’il communiquerait cette flamme à Cyrius.
- Faudrait que tu te rases. Tu fais négligé là , répondit-il finalement, un sourire en coin sur le visage. Oh mon Prince, ajouta-t-il, haussant les sourcils.
L’acteur n’avait pas oubliĂ© la raison de sa venue. Demander des comptes au blond. Lui demander pourquoi il avait fait le con. Lui faire promettre qu’il ne recommencerait plus.Â
Mais Cyrius était tellement séduisant, dans sa fine tenue hospitalière…
- En mĂŞme temps… comment oublier ça? demanda-t-il, embrassant doucement la main du blond. Il ajouta dans un souffle. PlutĂ´t mourir que de t’oublier…Â
Il se racla la gorge, sans savoir s’il avait envie ou non que Cyrius l’ait entendu. Il n’eut pas le temps d’y penser longtemps que le blond lui ordonna de se lever.Â
Surpris par l’intensitĂ© de la demande, Aiden se releva aussitĂ´t, et sentit les lèvres de Cyrius se coller contre les siennes. Le brun n’en demanda pas plus, et rĂ©pondit aussitĂ´t au baiser.Â
Le baiser était intense, presque violent. Le souvenir d’une chambre de l’internat renforça un peu plus le désir qui brûlait en lui. Ses lèvres toujours rivées sur celle du troisième année, Aiden prit place sur le lit, ses jambes disposées de part et autre du corps de Cyrius.
De sa main droite, il attrapa la tignasse blonde du rĂ©alisateur, tandis que la gauche explorait le torse musclĂ© de son amoureux. Quittant les lèvres de Cyrius, Aiden s’attaqua Ă son cou, n’épargnant aucun centimètre carrĂ© de ses baisers fiĂ©vreux.Â
- Tu m’as manqué… souffla-t-il entre deux baisers
Une brĂ»lure. VoilĂ ce que ressentait Cyrius Ă cet instant. Une immense brĂ»lure qui s’insinuait en lui, et le consumait. Elle partie du bas de son ventre, ahurissante de fougue, envenimant ses veines, son coeur, avant d’atteindre son cerveau.Â
Mais un désir réveillé par les doux soins d’Aiden. Qui apparu avec la caresse de ses doigts sur son avant bras, se propagea en lui à la lecture de la flamme dans ses yeux sombres, explosa sous ses baisers.
Il n’avait jamais ressenti ça. Jamais aussi fort. Jamais aussi violemment.Â
Il le voulait. Maintenant.Â
Tant pis pour le lieu, tant pis pour ce qu’il avait fait, tant pis pour les circonstances, tant pis pour tout. Ce qui le rongeait Ă©tait beaucoup trop puissant.Â
Aiden s’attaqua Ă son cou. Instinctivement, Cyrius rejeta la tĂŞte en arrière, s’accrochant aux Ă©paules de son petit ami.Â
Des flash d’une rencontre au dĂ©tour d’un couloir, de baisers Ă©changĂ©s Ă Las Vegas ou mĂŞme du Lending souriant de première annĂ©e marquaient ses pupilles.Â
Un rire rauque Ă©chappa Ă Cyrius en entendant la voix d’Aiden.Â
Tu m’as manquĂ©. Oh.. Il n’en doutait pas.Â
- J’vois ça. … Mais..Â
Sans prĂ©venir, Cyrius le repoussa, joueur. Il cherchait ses lèvres sans vraiment l’embrasser, avançant de plus en plus en se redressant. Jusqu’à ce qu’Aiden se retrouve sous lui, la tĂŞte Ă l’opposĂ© de l’oreiller.Â
- Si tu continues comme ça..
C’était maintenant au tour de Cyrius de jouer. Ses mains se firent un plaisir de glisser sans retenue sous la fine couche de sa tenue d’hôpital sans pourtant la lui ôter. Encore et encore. De plus en plus bas.
Son regard Ă©tait dĂ©jĂ fiĂ©vreux.Â
- .. Je ne réponds plus de rien.
Cyrius appréciait visiblement le moment. Il rejeta la tête en arrière, offrant l’intégralité de son cou en pâture aux baisers enfiévrés d’Aiden. Qui s’en donnait à coeur joie, remontant parfois le long du visage pour embrasser le blond à pleine bouche.
Le blond se laissa faire jusqu’au moment où Aiden prit la parole. Le rapport de force s’inversa aussitôt. Les deux mains qui s’agrippaient auparavant à ses épaules le repoussèrent, et l’acteur se retrouva en peu de temps assis sur les genoux de Cyrius…
Avant de se retrouver sur le dos, le visage de son petit-ami au-dessus du sien. Aiden ne put s’empĂŞcher de sourire, et releva la tĂŞte pour voler un long baiser Ă Cyrius, avant de se mordre les lèvres alors que le blond parlait.Â
Il s’apprêtait à répondre lorsqu’il sentit deux mains brûlantes se glisser sous sa tenue. Il ne put s’empêcher de frissonner, et de laisser échapper un léger gémissement. Il avait toujours été à fleur de peau, et sentir ces deux mains glisser sur son corps en était trop pour lui.
Les doigts de Cyrius glissèrent de plus en plus bas, et Aiden releva les yeux vers le blond, qui le regardait, brĂ»lant de dĂ©sir.Â
Je ne réponds plus de rien.
- Tu  m’en diras tant… Cyrius continua sa descente, et Aiden se mordit la lèvre, prêt à montrer son intimité la plus totale au réalisateur lorsqu’un éclair de lucidité traversa son esprit. Cy… Ahh, Cyrius, attend une seconde.
Surpris par la réaction brutale du brun, Cyrius libéra Aiden, qui l’embrassa vivement avant de se lever hors du lit. Il se dirigea à toute vitesse vers la porte, et enclencha le verrou. Qu’ils ne revivent pas la mésaventure de la dernière fois.
- Cette fois… On sera plus tranquille, dit-il en souriant, se retournant vers Cyrius. Maintenant… à l’attaque.
Joignant le geste Ă la parole, Aiden se dĂ©barrassa de son haut, qu’il abandonna au sol. Il retrouva Cyrius sur le lit et prit de nouveau les commandes. Il fit enlever le haut de Cyrius et commença Ă s’amuser avec le torse parfait de son petit-ami.Â
Aiden Ă©tait parti pour aller jusqu’au bout des choses mais il sentit rapidement que quelque chose clochait. Cyrius ne rĂ©pondait plus Ă ses baisers, comme s’il Ă©tait prĂ©occupĂ© par quelque chose d’autre. Ce qui se rĂ©vĂ©lait ĂŞtre lĂ©gèrement vexant.Â
Bien décidé à passer à l’acte avec un Cyrius totalement avec lui ou pas du tout, Aiden s’assit sur les cuisses du blond et croisa les bras.
- Bon, qu’est-ce qu’il se passe? Et pas la peine de me dire que ce n’est rien. Personne n’est aussi indifférent quand je l’embrasse. Et j’embrasse très bien! prévint Aiden, souriant, ne s’attendant pas à ce qui suivrait quelques instants après.
Cyrius perdait complètement la tĂŞte, collĂ© Ă Aiden. Ses baisers ne lui suffisaient clairement plus, et ses mains se faisaient de plus en plus insistantes.Â
Il aurait peut-ĂŞtre pu se refrĂ©ner s’il ne sentait pas son petit ami aussi rĂ©ceptif. S’il n’avait pas la sensation qu’il voulait ça autant que lui.Â
Comme si.. Comme si chaque seconde comptait encore plus que la prĂ©cĂ©dente.Â
Avec un sourire, il lui laissa se dĂ©tacher, et aller fermer la porte avec empressement. Cyrius Ă´ta de lui mĂŞme le haut de sa tenue, restant ainsi torse nu.Â
C’est lĂ qu’il aperçu, encore lĂ©gèrement visible, le bleu presque disparu dans le creux de son cou.Â
Il Ă©tait allongĂ© sur un lit dĂ©fait depuis plusieurs heures, encore chaud de leurs instants prĂ©cĂ©dents. Les cheveux de Lily lui caressaient le visage, pendant qu’elle mettait toute sa sensualitĂ© dans cet ultime baiser. Son corps nu, collait au sien.Â
- Jamais.. Jamais Cyrius. Â
Il entendait de nouveau son rire trop rauque. Trop douloureux.Â
- Je suis Ă toi. A jamais.Â
La sensation dans l’aiguille dans son bras lui arracha alors un frisson de plaisir anticipĂ©.Â
Aiden n’était pas un prince. Pas un de ceux des contes. Ses baisers n’arrivaient pas Ă enlever le goĂ»t de sang et d’amertume qui se rĂ©pandait dans la bouche de Cyrius.Â
Il essaya pourtant, de ressentir une nouvelle fois le dĂ©sir. Il serra Aiden dans ses bras, mais il mourait de nouveau.Â
Ses souvenirs revenaient. Comment.. Comment avait-il pu faire ça ?
Aiden finit par percevoir le manque de vivacitĂ© de Cyrius. Il s’assit sur ses cuisses, lui souriant toujours avec la mĂŞme douceur. Le coeur du blond lui faisait mal.Â
Il ne pouvait tout simplement pas faire ça. Le laisser s’offrir Ă lui.Â
Avec de la douceur, mais aussi beaucoup de douleur, Cyrius repoussa Aiden. Ne pouvant atteindre le sol, il prit son propre haut pour en revêtir le torse nu de son petit ami. A son regard perdu, il comprit qu’il allait vraiment, vraiment, tout gâcher.
- On peut pas faire ça.Â
Cyrius laissa un temps s’écouler. La douleur s’attĂ©nuait petit Ă petit. Pour laisser une rage immense se dĂ©verser Ă l’intĂ©rieur de lui. Une rage contre lui mĂŞme.Â
- Je peux pas te faire ça.Â
Et il balança la vĂ©ritĂ©, comme une bombe, comme un tabou rĂ©vĂ©lĂ©, entre eux deux, sur le lit de l’hĂ´pital :Â
Cyrius se crû même obligé de préciser :
- Avec Lily, mon ex. Elle.. Elle me piquait avec ses seringues d’hĂ©roĂŻne. Et.. Et on faisait l’amour quand on Ă©tait dĂ©chirĂ©s. Entre deux prises. .. Je sais mĂŞme plus combien de fois.. On.. J’ai.. J’ai dĂ©crochĂ© au bout d’un moment.. Je.. Aid..Â
Il se prit la tĂŞte entre les mains, incapable de regarder plus longtemps les grands yeux sombres de son petit ami.Â
- Je suis qu’un connard.Â
L’ambiance se refroidit immédiatement. Aiden aurait presque pu palper le changement d’atmosphère. Néanmoins, il ne pensa pas une seule seconde à ce qui allait arriver. Il perdit malgré tout son sourire lorsque Cyrius le rhabilla. Il ne comprenait pas du tout ce qu’il était en train de se passer sous ses yeux. Mais une chose était sûr, cela ne lui plaisait pas du tout.
On ne peut pas faire ça.
Aiden se sentit encore plus perdu. Pourquoi ne pouvaient-ils pas faire ça. Pour ne pas perdre la face, le brun prit le parti de sourire et de se moquer de Cyrius.
- Quoi, tu as peur? demanda-t-il, un sourire en coin. Ne t’en fais pas, ça va très bien se passer… ajouta-t-il, se dirigeant à nouveau vers le cou si appétissant de son petit ami.
L’acteur n’eut pas l’occasion d’avancer son visage que Cyrius l’attrapait Ă nouveau par les Ă©paules. Sans brusquerie mais assez fermement pour qu’il comprenne qu’il Ă©tait inutile de tenter de reprendre lĂ oĂą ils en Ă©taient.Â
Je ne peux pas te faire ça.
L’inquiĂ©tude s’inscrivit sur le visage d’Aiden. Il Ă©tait vraiment perdu. Et il commençait Ă se poser des questions. Cyrius voulait-il rompre avec lui? Avait-il finalement compris qu’il ne voulait pas de lui dans sa vie?Â
Le coeur du californien se serra. Lui qui avait tant redouté ce moment… Il ne pouvait pas se laisser faire sans combattre. Sans tenter au moins de retenir le blond.
- Qu’est-ce que tu racontes? Je comprends rien. Me faire quoi? Je… j’ai fait quelque chose de mal?
Cyrius rĂ©pondit finalement, donnant la vĂ©ritable raison d’un seul coup, sans qu’Aiden n’y soit prĂ©parĂ©.Â
Aiden faillit perdre l’équilibre sous le choc de l’annonce. Il avait mal compris. Il avait forcément mal compris. Aiden s’apprêta à le lui demander lorsque Cyrius lui donna des explications complémentaires.
Plusieurs émotions s’emparèrent d’Aiden. La colère, pour commencer. Qu’il ne put contenir en lui, sifflant entre ses dents
- Cette salope… Si je l’attrape… Il vit que Cyrius ouvrait la bouche pour parler, mais il l’en empĂŞcha. Tais toi. Il leva une main vers lui, l’intimant au silence par le geste Ă©galement. S’il te plaĂ®t. C’est Ă cause d’elle que t’es dans cet Ă©tat. Putain, comment t’as pu…Â
Il ne termina pas sa phrase, se rendant compte qu’il Ă©tait toujours sur les cuisses de son… de son quoi? Pouvait-il dire de son amoureux au vu des Ă©vĂ©nements actuels?Â
Le dĂ©goĂ»t s’était lui aussi insinuĂ© en Aiden. Il se dĂ©gagea lentement du lit, se remettant debout, refusant pour la première fois depuis longtemps de croiser le regard de Cyrius. Il se sentait trahi, sali par la personne qu’il aimait. Il se dĂ©barrassa du haut du blond pour remettre le sien qui traĂ®nait sur le sol.Â
- Je… je croyais que tu m’aimais. J’y ai cru. Vraiment. Je… je me suis jetĂ© dans tes bras. Plus rapidement que je l’ai jamais fait. Et tu m’annonces… ça.Â
Il se retourna, prenant de longues inspirations pour refouler les larmes involontaires qui menaçaient de couler le long de ses joues. Il ne voulait pas se montrer faible devant Cyrius. Lui montrer qu’il Ă©tait anĂ©anti par ce qu’il venait d’entendre.Â
- Je suis revenu pour toi putain… marmonna-t-il, assez fort pour que Cyrius entende qu’il parle sans comprendre le sens de ses mots.
Peine perdue. Les larmes commencèrent à tomber toutes seules, énervant un peu plus le troisième année.
- Comment j’ai pu être assez con pour croire que tu m’aimais? Après tout, ça tombe sous le sens, non? T’as fait ça pour m’humilier un peu plus après ces deux ans? Pour changer un peu? Aiden mima des applaudissements, son coeur s’émiettant un peu plus à chaque frappe de ses mains. Bravo… Tu fais un acteur extraordinaire. Je te reconnais au moins ça.
Il se mordit l’intérieur de la joue pour ne rien ajouter qu’il pourrait regretter plus tard. Il sentit le regard du blond peser sur lui mais il refusa toujours de le regarder. Aiden ne voulait pas prendre le risque de se perdre dans les prunelles orageuses de Cyrius. De se perdre dans les yeux de celui qui lui avait menti.
Qui l’avait trompé. Et qui en plus, avait le culot de lui avouer avoir arrêté de compter le nombre de fois où lui et cette… cette salope l’avaient fait.
- Oh merci de préciser. J’espère que t’as prit ton pied? J’avais tort de m’inquiéter pour toi… Apparemment tu t’amuses bien avec elle. Continue. Je t’en prie.
- Je confirme, dit Aiden, mĂŞme s’il ne le pensait qu’à moitiĂ©, une partie de lui toujours accrochĂ©e aux quelques moments qu’il avait passĂ© avec Cyrius. Dans cette salle de classe plus particulièrement, avant qu’il ne se prenne une balle dans l’épaule.Â
Il se dirigea vers la porte et mit la main sur la poignĂ©e. Mais il ne put se rĂ©soudre Ă partir tout de suite. Il avait encore trop de questions Ă lui poser. Cependant, une seule sortit de sa bouche.Â
Il s’apprêta à ouvrir la porte, certain que Cyrius ne répondrait pas, lorsque la voix du blond s’éleva derrière lui.
Cyrius savait qu’il allait faire de la peine Ă Aiden, en lui avouant tout. Il savait qu’il allait devoir faire face Ă sa douleur. A sa rage. Il s’y Ă©tait prĂ©parĂ©. Mais pourtant, rien ne lui fit plus mal que de voir tout ce qu’il avait prĂ©dit se peindre sur son visage.Â
Il ne se sentait pas mal de lui avoir gâcher ses espĂ©rances. Non. Il se dĂ©testait.Â
Chaque geste d’Aiden lui faisait mal. Chaque regard blessé, où les larmes étaient présentes sans pourtant couler, lui fendait l’âme. Il aurait bien anticipé un geste pour le retenir. Mais le blond n’y arrivait pas. Ses mains tremblaient trop.
Alors il les serra en deux poings.
Et il se prit comme une Ă©norme gifle ce qu’il ne pensait jamais plus entendre. Aiden pensait qu’il le dĂ©testait. Qu’il avait jouĂ© avec lui.Â
Se doutait-il une seule seconde que si Lily et lui, ça s’était terminĂ©, c’était sous les cendres mĂŞme de son nom ? Se doutait-il une seule seconde de tout ce que Cyrius avait endurĂ© pour lui ? De la mauvaise manière, certes, mais sans jamais remettre en cause ce qu’il ressentait ?Â
Visiblement non. Visiblement Aiden ne s’enfermait que dans sa propre douleur. Incapable de voir tous les remords dans les yeux gris.Â
La rage contre lui mĂŞme se mua alors en une nouvelle rage contre celui qu’il avait pourtant fini par ne plus dĂ©tester.Â
- … Lily n’est pas une salope. Elle a crû bien faire.
Cyrius s’obligea Ă souffler. Une fois. Deux fois.Â
Puis il enfonça, encore, encore, le couteau dans la plaie. Au moins se sentait-il vivant. Encore un peu. MĂŞme s’il regrettait dĂ©jĂ tout ça.Â
- J’ai embrassĂ© Lee. Aussi. Ton pote. Complètement dĂ©chirĂ©. Il paraĂ®t. Pas de souvenir. Gossip est venu fouiner son nez dans ce qui la regardait pas.Â
La douleur d’Aiden. Y faire face, encore et encore. Utiliser l’ironie ?
- Mais bien sûr Lending.. J’ai pris mon pied à te faire croire que j’avais des possibles sentiments pour toi. T’as sauté droit dans le panneau. T’étais tellement en manque d’amour ?  Ou de sexe ? Dis-moi tu t’es branlé combien de fois en pensant qu’on était ensemble ?
Cyrius se sentait dĂ©bile. Complètement idiot. Mais il faisait tout pour garder encore un peu, un tout petit peu, sa prestance. MĂŞme si ses mains tremblaient avec violence.Â
Il s’était décidé à le laisser partir. Peut-être que c’était ça, cette douleur énorme, dans sa poitrine. C’était ça la sensation de se faire plaquer, d’avoir perdu quelqu’un, de souffrir. Ce qu’il n’avait jamais ressenti avec Lily.
Mais le “pourquoi ?” raisonna dans la pièce.Â
Cyrius n’y rĂ©pondit pas. Pas dans un premier temps. Le temps que la question monte Ă son cerveau, qu’il l’analyse, et que la rĂ©ponse vienne le plus naturellement Ă ses lèvres.Â
En attĂ©nuant la douleur et la rage contre Aiden.Â
- Parce que je te hais Lending. Je ne t’ai jamais autant haĂŻs que maintenant. C’était moi qui devait me prendre cette balle. Pas toi. Tu n’avais pas le droit…Â
Et enfin, le regard clair rencontra de nouveau les yeux sombres. La voix se termina dans un seul souffle.
- Il s’est Ă©croulĂ©. Paf. Une balle dans sa cage thoracique, juste après toi. C’est moi qui ai tirĂ© cette fois-ci. C’est moi qui l’ai tuĂ©. .. Je peux pas vivre avec ça. Je peux pas vivre en sachant que je l’ai tuĂ©. Et que j’ai faillit pas te louper non plus. Je peux pas Aiden ! Je peux pas. .. Alors oui, je suis allĂ© voir ailleurs, mais c’était pas volontaire. J’arrivais pas.. J’arrivais pas Ă entrer dans ta chambre. Pour voir quoi ? Toi inconscient ? J’en ai rien Ă faire de toi inconscient ! Je te veux toi en entier, toi en un seul morceau, toi vivant ! Ton sourire, ton rire, tes yeux. Tout. Je veux tout de toi. Tout, toi en entier. Je veux t’avoir pour moi seul. Vivant. Pas mort, pas raide, pas dĂ©jĂ froid ! Je pouvais pas ! Je peux pas… Lily je l’ai croisĂ©e par hasard. Je l’ai suivi par hasard. Je l’ai baisĂ© par hasard. Mais je ressentais rien, tellement rien. MĂŞme avec la drogue. Mais c’était tellement plus facile Aiden. T’existais plus. J’existais plus. Et il y avait plus de mec mort, plus de toi inconscient, plus de moi pathĂ©tique, plus de ma putain de maladie, plus de tout ça. Plus de nous. Plus rien.Â
Cyrius savait que son discours Ă©tait anarchique. Sans vraiment de sens. Ses yeux se perdaient dans le vide. Il se prit de nouveau la tĂŞte dans les mains, tremblant des pieds Ă la pointe de ses cheveux dĂ©faits.Â
- T’étais mort, j’étais mort. Point.
Il était bon à interner, il le savait.
Cyrius enfonça le couteau dans la plaie, remuant bien la lame, élargissant la blessure qui faisait saigner son coeur depuis que Cyrius lui avait dit l’avoir trompé avec Lily.
- Bien, sĂ»r, rĂ©pondit-il en hochant la tĂŞte. Quelle personne admirable, Lily. Fais-moi penser Ă aller la remercier comme il faut. Il se frappa le front du plat de la main, avant de reprendre. C’est vrai je suis vraiment con. J’avais oubliĂ©. La prochaine fois que je croise une ex un peu triste, je l’emmène avec moi, je la saute je sais pas trop combien de fois, et je la pique. Il offrit un grand sourire Ă Cyrius. Et je dirai que je pensais bien faire.Â
Son sourire s’effaça, et un air colérique prit place sur le visage du brun. Il fronça les sourcils, et son ton se fit dur, cherchant à enfoncer Cyrius dans la culpabilité qu’il semblait afficher.
- Non. Lily reste et restera une salope irresponsable. Qui a failli te tuer. Et tu es un connard irresponsable. D’avoir fait ça.Â
C’était dit. Les mots qu’il retenait depuis que Crystal lui avait annoncĂ© l’overdose de Cyrius. Il avait tenu bon devant la petite soeur du blond mais il avait du pour cela user de toute son jeu d’acteur, car tout en lui bouillait.Â
- Je me réveille, et j’apprends quoi? continua Aiden devant l’air offensé du réalisateur, j’apprends que t’as failli te foutre en l’air à cause de l’héro. Tu m’as fait peur, espèce d’enfoiré!
La dernière phrase aurait du être violente, mais l’effet ne fut pas au rendez-vous, la voix du troisième année se brisant d’un seul coup. Il se reprit rapidement, refusant de donner l’impression à Cyrius qu’il craquerait devant lui. Il se jeta sur l’aveu suivant du blond, commençant à rire.
- Pauvre Lee, ça a du le surprendre. Il s’interrompit, hésitant sur la réaction à avoir face à ce baiser. Après tout, il avait bien embrassé Cyrius alors qu’il était en couple avec Pearl… Aiden choisit d’être honnête. Tu sais quoi? A la limite, ce baiser, je m’en fous. T’étais déchiré, tu t’en souviens pas, et j’ai fait pire. Et je sais que Lee ne t’intéresse pas. Et surtout, tu ne l’intéresses pas. Non, ce que je ne supporte pas, c’est…
Il ne termina pas ses explications, conscient qu’elles Ă©taient inutiles. Cyrius savait pertinemment pourquoi Aiden Ă©tait blessĂ© et en colère. Pourtant, il enfonça le clou, se moquant cruellement de ce qu’Aiden pensait de son comportement.Â
Une flamme de rage passa dans le regard auburn de l’acteur. Il serra les poings, les dents, mais offrit un sourire immense au blond avant de déclarer, acerbe.
- Excuse, moi, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me branler ces derniers temps… Tu comprends, une balle dans l’épaule, un coma prolongĂ©, tout ça tout ça…Â
Aiden sut tout de suite qu’il avait frappé fort. Trop fort. Une partie de lui s’en voulut immédiatement, car il ne voulait pas rendre Cyrius responsable de ce qu’il s’était passé. Une autre était ravie de la souffrance qu’il lui infligeait. Un combat intérieur s’engagea entre ces deux parties, et c’est finalement la culpabilité qui l’emporta.
- Désolé, c’est pas ce que je voulais dire…
La main sur la poignée, Aiden écouta Cyrius déclarer qu’il le détestait. Il le détestait parce qu’il s’était pris cette balle à la place du blond. Aiden se tourna lentement, avant de simplement dire.
Il accepta enfin de croiser le regard du blond. De nouveau leurs prunelles se mĂ©langèrent, et seuls ces deux yeux gris existaient pour Aiden.Â
Et cette voix. Qui lui expliquait tant bien que mal ce qu’il avait ressenti. Ce qu’il ressentait. Qu’il avait tuĂ© celui qui l’avait presque tuĂ©. Qu’il n’avait pas pu venir le voir dans son Ă©tat. Que Lily n’était pas un acte volontaire. Que la drogue ne l’était pas non plus. Aiden Ă©couta Cyrius dire qu’il avait choisi la solution de facilitĂ© pour ne plus penser Ă rien.Â
Aiden vit sa vision se troubler et il comprit que des larmes de douleur s’apprêtaient à couler. Il prenait une partie du poids de la douleur du blond sur ses épaules et se sentait écrasé. La partie raisonnable de sa personne comprenait pourquoi Cyrius avait craqué. Mais l’autre était trop blessée pour le pardonner.
Il Ă©tait perdu. Devait-il s’en aller, et rĂ©flĂ©chir de son cĂ´tĂ© Ă ce que Cyrius venait de dire, ou rester, et s’exprimer Ă son tour. La dĂ©cision fut vite prise.Â
Il mit de nouveau la main sur la poignée, prêt à rentrer dans sa chambre, lorsque Cyrius ajouta quelque chose qui fit hoqueter Aiden.
T’étais mort. J’étais mort. Point.
Cyrius Ă©tait-il sĂ©rieux? Ressentait-il rĂ©ellement ce qu’il venait de dire? Son amour pour Aiden Ă©tait-il aussi fort. Il se retourna doucement vers le lit pour voir que le blond avait enfoui son visage dans ses mains.Â
Dire qu’il Ă©tait surpris n’était pas suffisant. Aiden Ă©tait estomaquĂ© parce qu’il venait d’entendre. Mais aussi touchĂ©, et profondĂ©ment Ă©mu. Jamais il ne se serait attendu Ă cela de la part de celui qu’il avait haĂŻ si longtemps.Â
Doucement, il reprit sa place sur le lit du blond, et attendit que Cyrius ne se calme, ce qui lui laissa le temps de penser à ses prochaines paroles. Finalement, son petit-ami releva la tête, et offrit un visage surpris à Aiden. Visiblement, il ne s’était pas attendu à ce que le brun ne reste.
- Cyrius… Tu… te rends compte de ce que tu viens de dire? Parce que… Parce que…
Parce que ça change tout, voulut dire Aiden, sans y parvenir cependant.Â
A la place, il soupira profondĂ©ment, et attrapa machinalement une des mains de Cyrius.Â
- Qu’est-ce qu’on va faire?
La question était sincère, et Aiden espérait vraiment que Cyrius lui apporterait une réponse. Parce que de son côté, c’était le flou total.
Il y avait cette impression. Trop présente, trop marquante, trop pesante. Cette impression d’être de nouveau dans la moiteur étouffante du stress d’un vendredi étouffé dans ses souvenirs. Une arme à la main. Le corps d’Aiden. Cette sensation d’être de nouveau plus de quatre ans avant, dans une salle de ce même hôpital. Perfusion dans le bras. Diagnostic affolant devant lui. Cette monstruosité d’un déjà vu d’abandon. Comme dix ans auparavant. Quand il était revenu à la vie après être passé sous une voiture. Ou quand il avait appris que l’autre Millers n’avait, elle, pas survécu à ce qui le rongeait.
Tourbillon de vie encore en lui.
Mais pour combien de temps ?
Cyrius avait cette impression, impensable. Indéchiffrable. Celle d’avoir tout perdu.
Aiden murmura des choses qu’il n’entendit pas. Il tremblait trop peut-ĂŞtre. Cyann avait raison. Il Ă©tait Ă©goĂŻste. Il n’y avait plus qu’une seule chose qui lui importait : sa propre douleur.Â
Le reste ? Rien Ă foutre.Â
Alors, quand Cyrius releva lentement la tĂŞte, il fĂ»t plus que surpris. Aiden Ă©tait revenu s’asseoir, le regardait presque avec douceur, avait saisi sa main dans la sienne. Sa question resta en suspend, entre eux, pendant de longues minutes.Â
Cyrius se sentait comme un enfant. Il n’avait plus que des sensations Ă fleurs de peau. Comme Ă chaque fois qu’il se trouvait en prĂ©sence de son ancien ennemi.Â
Inconsciemment, le blond entremêla ses doigts aux siens. Serrant fort. Il l’aimait plus que tout.
Il ne voulait pas le supplier. Mais il le fit quand mĂŞme, d’une certaine manière.Â
- J’en sais rien. Mais me laisse pas Aiden. J’peux pas.
Et puis, une nouvelle fois, sans réfléchir et avec impulsivité, Cyrius le saisit dans ses bras forts, le ramenant contre lui. Il ne l’embrassa pas, ne laissa pas glisser ses mains sur son torse, comme il l’avait fait auparavant. Il se contenta de le tenir contre lui, son souffle se perdant dans le creux de son cou.
Aiden avait arrêté de penser à autre chose qu’à cette question. Qu’allaient-ils devenir. Cyrius. Lui. Leur couple. Il se posait vraiment la question. Peut-être que leur couple n’était pas fait pour exister. Aiden n’avait-il pas avoué à Cyrius qu’il l’aimait juste avant de mourir? L’avait-il dit simplement pour partir plus léger?
La réponse lui apparut rapidement. Non. Il était réellement amoureux de Cyrius. Il le sentait, tout au fond de lui. Jamais il ne s’était senti aussi malheureux, ou n’avait eu envie de faire quelque chose pour améliorer les choses.
Il y avait bien eu Pearl, mais Aiden se rendait compte qu’à côté de ce qu’il ressentait pour le blond, les sentiments qu’il avait éprouvé pour la jeune femme n’avait jamais été amoureux.
Pouvait-il pour autant pardonner à Cyrius d’un seul coup, au nom de ses sentiments? Non, bien entendu. Non seulement l’orgueil et les sentiments d’Aiden avaient été meurtris, mais Cyrius s’était drogué. Et avait failli en mourir. Et Aiden avait énormément de mal avec la drogue, et avec ses habitués.
Oui, le brun en voulait au blond. Si jamais il décidait de pardonner ses actes à Cyrius, il était certain qu’il ne les oublierait pas de sitôt. Et que le réalisateur allait devoir faire ses preuves.
Mais ils n’en étaient pas là . A l’heure actuelle, les cartes étaient dans les mains de Cyrius, et Aiden attendait de voir ce que le réalisateur allait répondre à sa question. Voir si leur couple valait vraiment la peine de se battre pour lui aussi.
Le silence s’installa. Longuement. Aiden ne fit aucune mouvement, ni en faveur, ni contre Cyrius. Il n’était pas fâchĂ© de cette lenteur, au contraire. Plus Cyrius rĂ©flĂ©chirait, plus il serait convaincu de sa rĂ©ponse, et Aiden n’aurait pas Ă lui tirer les vers du nez.Â
Il ne put toutefois s’empêcher de répondre à la pression des doigts de Cyrius lorsqu’il entremêla leurs doigts. Même blessé, même en colère, ce simple contact faisait battre son coeur un peu plus fort.
Cette faiblesse l’exaspĂ©rait. S’il n’était pas capable de rĂ©sister Ă la simple liaison de leurs mains, comment pouvait-il rĂ©sister Ă Cyrius tout entier?Â
Il Ă©couta attentivement la supplique Ă peine voilĂ©e du blond, un peu surpris. Visiblement, Cyrius ne plaisantait pas tout Ă l’heure. Aiden se mordit la lèvre, se retenant de sourire de plaisir, en mĂŞme temps qu’un plan germait dans son esprit.Â
Il n’en Ă©tait pas très fier, de ce plan. Mettre en pratique le pouvoir qu’il semblait dĂ©tenir sur Cyrius. Mais cela lui permettrait de vĂ©rifier si les actes de Cyrius Ă©taient au niveau de ses paroles.Â
Néanmoins, les jeux n’étaient pas encore fait. Aiden ne savait toujours pas si Cyrius méritait sa seconde chance. Et même si ses derniers gestes emplirent l’acteur de sentiments amoureux, son cerveau lui ordonnait de faire marche arrière. C’est pourquoi il se détacha du blond, et prit la parole.
- Tu veux vivre… Mais est-ce que tu veux vivre avec moi? Je veux dire, est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous? Qui me dit que la prochaine fois, tu ne vas pas recommencer?Â
Il s’interrompit, et plongea son regard dans celui de Cyrius. Au contraire des autres fois, il ne s’y noya pas, et resta en retrait, sondant les prunelles grises. Il posa une ultime question, peut-être la plus importante à ses yeux.
- Pourquoi j’aurai de nouveau confiance en toi?
Aiden restait sans bouger dans les bras de Cyrius. Et ses nouvelles questions restaient en suspend entre eux deux, une nouvelle fois. Le blond ne les comprenait pas vraiment.Â
Mais est-ce que tu veux vivre avec moi ? Est-ce que tu as vraiment envie de ça, de nous ? Tu ne vas pas recommencer ?Â
Et la plus douloureuse :
Pourquoi j’aurai de nouveau confiance en toi ?Â
Le regard gris rencontra le regard brun. Longuement, pendant un temps interminable.Â
Et Cyrius ne répondit rien. Parce qu’il ne savait pas.
Il lâcha Aiden, doucement, glissant cette fois-ci ses mains le long de ses bras, de ses avant-bras, jusqu’à que ses doigts viennent une nouvelle fois s’entremêler aux siens. Lentement, très lentement, il se pencha vers lui, toujours silencieux, incapable en réalité d’émettre le moindre son.
Il ne pouvait pas le rassurer. Pas tout de suite. Pas comme ça. Pas maintenant. Il n’était pas près à de telles promesses.
Avec lenteur, il embrassa Aiden dans le cou, profitant de sa surprise pour y tracer un sillon de baisers. Et puis, il l’embrassa Ă pleine bouche pour Ă©touffer les paroles qui naissaient sur ses lèvres. Avec la mĂŞme douceur, et presque la mĂŞme douleur, que celle utilisĂ©e quelques semaines auparavant. Au casino de Las Vegas.Â
Le blond se redressa un peu brusquement, se tournant vers le Dr Sanchez qui venait de faire son apparition dans la petite chambre de l’hĂ´pital. Ses yeux sombres brillaient d’une lueur nouvelle, entre mĂ©contentement face Ă son patient, et un amusement presque maternel.Â
- Combien de fois vais-je devoir vous dire que les relations sexuelles sont interdites dans mon service ?Â
Elle regarda Aiden et leva les yeux au ciel. Cyrius ne protesta mĂŞme pas, profitant de cette distraction pour se relever et se positionner Ă bonne distance de son petit ami.
- Je sais que vous êtes certainement très heureux de retrouver votre.. Votre compagnon, mais …
- Je sais, j’arrive. C’est bon, je suis prĂŞt.Â
- Les enfants vous attendent Cyrius. Et s’il vous plait, s’il vous plait, pas de chanson de Britney Spears cette fois-ci. Ils sont en âge d’apprendre des comptines..
Le mĂ©decin reparti aussi rapidement qu’elle Ă©tait venu, non sans avoir adressĂ© un sourire confiant Ă Aiden. Cyrius, lui, ne le regardait dĂ©jĂ plus.Â
Aucun rĂ©ponse pour ses questions prĂ©cĂ©dentes. Aiden ne bougea pas. Le blond haussa les Ă©paules, et ne se gĂŞna pas le moins du monde pour se dĂ©shabiller entièrement et enfiler des vĂŞtements propres juste sous son nez.Â
Un silence un peu Ă©trange s’installa entre eux. Cyrius finit par le briser.Â
-Â Je ne sais pas. Si tu peux me faire encore confiance.
Et c’est lui qui quitta la pièce, sans un regard.
Les deux étudiants se regardèrent. Longtemps. Regard clair contre regard sombre. Une question en attente d’une réponse. Qui ne vint jamais. Aiden eut beau attendre de Cyrius qu’il ouvre la bouche, qu’il essaie de faire un effort pour répondre, rien ne vint.
Aiden fut infiniment déçu. Lui qui pensait sincèrement que Cyrius se battrait pour eux, il se rendait compte que ce ne serait probablement jamais le cas. Et que si le blond prenait enfin conscience qu’il fallait qu’il réagisse, il serait peut-être trop tard, et l’acteur ne savait pas s’il serait capable d’ouvrir à nouveau la porte.
Le californien perdit tout intérêt pour le présent, et laissa ses yeux voguer dans le vide, préférant arrêter de penser à ce qu’il vivait. Mettre sa douleur et sa déception sur pause était pour le moment préférable à les laisser l’envahir. Il ne voulait pas provoquer de réaction qu’il regretterait par la suite.
Comme mettre son poing dans la figure de Cyrius par exemple. Pour lui faire comprendre physiquement le mal-être qu’il venait de lui faire ressentir émotionnellement.
Mais il ne fit rien de tout cela, et laissa Cyrius glisser ses doigts le long de ses bras, jusqu’à entremêler leurs deux mains. A l’heure actuelle, il ne ressentait plus rien. Les doigts de Cyrius auraient très bien pu être ceux d’un inconnu qu’il aurait eu la même réaction.
Aiden ne s’aperçut pas que le réalisateur s’approchait de lui. Tout en lui s’était arrêté un instant, et il avait perdu conscience de la réalité. Réaction post traumatique disaient les médecins. Son corps et son cerveau préféraient le déconnecter un instant du monde, lui évitant ainsi de sombrer dans la folie ou dans des crises d’humeur excessives.
Il sentit à peine les lèvres de Cyrius se poser sur son cou, comme un simple frôlement sur sa peau. Lorsque le blond l’embrassa directement, l’acteur répondit machinalement au baiser, sans pour autant y mettre de passion, ni même aucune émotion.
Pour l’heure, il était devenu une machine, incapable d’éprouver la moindre émotion. Et c’était peut-être pour le mieux, vu la situation.
Le brun n’écouta pas ce qu’il se passa ensuite. Il se rendit simplement compte que plus rien n’entravait sa respiration par la bouche, et qu’il était maintenant tranquille de ce côté-là . Il entendit vaguement une discussion à côté, mais n’y prêta aucune espèce d’attention.
La voix de Cyrius lui apparut cependant très clairement lorsqu’il annonça qu’il ne savait pas s’il pouvait encore lui faire confiance. Sans s’en rendre compte, Aiden fronça les sourcils et serra les poings, tandis qu’une larme solitaire coula le long de sa joue.
Un temps indéterminé plus tard, il sortit de la chambre occupée par Cyrius, et se rendit de nouveau de sa chambre, refusant de voir quiconque tant qu’il ne serait pas capable de faire semblant que tout allait bien pour lui.
Alors que rien n’était plus faux.Â