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Présidentielle au Bénin : près de huit millions d'électeurs décident de l'après-Talon ce 12 avril 2026
Près de huit millions d'électeurs béninois se rendent aux urnes ce dimanche 12 avril 2026 pour désigner le prochain président de la République du Bénin. Cette présidentielle marque un tournant historique pour ce pays d'Afrique de l'Ouest, puisque Patrice Talon quitte le pouvoir après deux mandats consécutifs, respectant ainsi la limite constitutionnelle. Deux tickets s'affrontent dans un scrutin scruté par la communauté internationale, avec en toile de fond une décennie de transformations économiques majeures. Le Bénin vit aujourd'hui une échéance démocratique majeure. Alors que la participation électorale est en recul ces dernières années dans le pays, la question de la mobilisation citoyenne se pose avec acuité. Par la rédaction | 12 avril 2026 Le vote a démarré, le verdict est attendu Les 17 462 bureaux de vote au Bénin ont ouvert leurs portes ce dimanche 12 avril 2026 à 7 heures heure locale, soit 6 heures GMT. Les urnes et les bulletins de vote ont été mis en place à temps dans la majorité des centres, permettant une ouverture à l'heure réglementaire. Le scrutin doit s'achever à 16 heures heure locale. Selon les données communiquées par la CENA, 7 897 287 électeurs sont appelés à voter à travers le pays. Son président, Sacca Lafia, a rappelé que ce scrutin constitue la huitième consultation présidentielle organisée depuis le renouveau démocratique engagé au début des années 1990. Sur le terrain, les premières heures donnent une image contrastée. À Parakou, les premières opérations se sont déroulées sans incident signalé dès l'ouverture. Le premier votant enregistré dans le centre de l'EPP Assagbinin Baka, Alassane Idrissou, agriculteur, a déclaré : "C'est une fierté pour moi d'être le premier à voter ce matin. J'invite tous les citoyens à sortir massivement pour voter, dans la paix." À Abomey-Calavi, l'organisation a été jugée exemplaire dès les premières heures, avec des postes de vote ouverts simultanément à 7 heures. Dans certains centres de Toffo, quelques retards ont été enregistrés, certains bureaux n'ouvrant qu'à 7h22. Dans les grands centres urbains, la mobilisation est décrite comme forte sans être exceptionnelle. Les files d'attente s'étendent parfois sur plusieurs mètres, dans un climat jugé apaisé. Un agent électoral sur le terrain résume : "Les électeurs sortent massivement, et les files d'attente se forment dans le calme." Romuald Wadagni a accompli son devoir civique aux alentours de 8h20 à Lokossa, accompagné de son épouse, dans un environnement organisé selon les premières observations. Les résultats provisoires du premier tour sont attendus le 14 avril. Si aucun duo de candidats n'obtient la majorité absolue, un second tour est prévu le 10 mai 2026. sera le vrai verdict de ce scrutin. Ce qui se passe dans les urnes ce dimanche est moins décisif que le chiffre que la CENA annoncera demain. Un taux faible dirait ce que la liste des candidats ne peut pas dire. Wadagni : le dauphin sans masque Romuald Wadagni, adoubé par Patrice Talon et soutenu par les deux partis de la majorité, a voté en début de matinée dans sa ville natale à Lokossa. Tout le contraire du président sortant Patrice Talon, entouré d'une nuée de caméras à Cotonou, qui a déclaré après avoir voté vouloir aller à la "retraite" tout en reconnaissant qu'il est "illusoire de penser qu'on peut s'effacer". Cette dernière formule dit tout. Talon ne se présente pas. Talon ne part pas. Paul Hounkpè doit lui-même la validation de sa candidature à son rapprochement avec la mouvance présidentielle, qui lui a permis de réunir les parrainages nécessaires. Ce qui ne manque pas de faire jaser au Bénin, où d'aucuns le voient plus en accompagnateur qu'en véritable challenger. Paul Hounkpè lui-même a déclaré depuis Dantokpa : "La continuité n'est qu'un troisième mandat déguisé." La formule est cinglante. Elle est aussi involontairement autobiographique, puisque sa propre candidature n'existe que parce que le pouvoir l'a tolérée. L'expert en processus électoral Rufin Godjo résume la situation sans détour : "Les mécontents n'ont pas disparu. La tension et la frustration restent fortes, on a égorgé leurs espoirs électoraux et on leur offre une palette dans laquelle ils ne se retrouvent pas." Wadagni porte le programme "Plus loin, ensemble", qui promet la suppression des frais de scolarité pour les filles jusqu'en terminale, des projets d'infrastructure et un pôle technologique à Dangbo. Des mesures concrètes, certes. Mais présentées dans un scrutin dont la concurrence a été neutralisée avant même l'ouverture des bureaux de vote. Deux duos candidats aux visions contrastées Le favori de cette présidentielle béninoise est Romuald Wadagni, ministre des Finances sortant et architecte des réformes économiques menées sous la présidence Talon. Wadagni incarne la continuité et la consolidation des acquis de la dernière décennie. Sa colistière, Mariam Chabi Talata, actuelle vice-présidente de la République du Bénin, apporte une expérience institutionnelle considérable au ticket. Leur programme mise sur la poursuite de la modernisation économique et le renforcement des infrastructures dans l'ensemble du pays. Face à ce duo de la majorité présidentielle, le ticket d'opposition réunit Paul Hounkpè, enseignant et ancien ministre, et Judicaël Hounwanou. Paul Hounkpè se positionne comme le candidat d'une opposition qu'il qualifie lui-même de « constructive ». Son programme met l'accent sur une répartition plus équitable des fruits de la croissance économique et un dialogue politique renouvelé avec l'ensemble des forces vives de la nation béninoise. Critère Ticket Wadagni – Chabi Talata Ticket Hounkpè – Hounwanou Positionnement Continuité, majorité présidentielle Opposition constructive Profil principal Ministre des Finances, technocrate Enseignant, ex-ministre Axe programme Modernisation économique, infrastructures Redistribution, dialogue politique Colistier(e) Mariam Chabi Talata, vice-présidente sortante Judicaël Hounwanou Dix ans de Talon : le bilan qui dérange Sur le plan économique, le Bénin a connu une croissance soutenue sous Talon, portée par les grands travaux d'infrastructure. Mais une partie de la population attend des réponses sur le chômage des jeunes, le coût de la vie et l'accès aux services de base dans les zones rurales. Le PIB a doublé en dix ans. La croissance dépasse 6 % par an. Le port de Cotonou s'est modernisé. Le tourisme autour du patrimoine du royaume du Dahomey a décollé. Ces chiffres sont réels. Ils sont aussi insuffisants comme bilan d'une décennie de gouvernance, parce qu'ils ne disent rien de la distribution de cette richesse. Pour les plus durs des contempteurs de Talon, l'homme d'affaires devenu président n'aura pas apporté en dix ans une plus-value à la démocratie béninoise. Même s'il a le mérite de n'avoir pas succombé à la tentation du troisième mandat, contrairement à certains de ses pairs africains. Ce mérite minimal ne devrait pas être présenté comme un accomplissement démocratique exceptionnel. Respecter la Constitution est une obligation, non un geste de générosité. Ce que Talon laisse derrière lui, c'est un système électoral réformé de telle façon que son successeur désigné affronte une opposition affaiblie structurellement et non politiquement. Le 7 décembre 2025, une tentative de coup d'État menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri a été repoussée en quelques heures grâce à la résistance des forces loyalistes, soutenues par le Nigeria, la CEDEAO et un appui technique de la France. Dans les jours suivants, les autorités ont procédé à une vague d'arrestations visant des figures de l'opposition, dont l'ancien ministre Candide Azannaï et l'activiste Kémi Séba. La question de l'instrumentalisation de cet épisode pour disqualifier des voix critiques reste posée. L'Afrique de l'Ouest au miroir béninois Le Bénin était le modèle démocratique de référence en Afrique de l'Ouest depuis la Conférence nationale de 1990. Ce statut est aujourd'hui sérieusement écorné, et la communauté internationale le sait sans toujours le dire. L'ONU avait mis en garde contre des "réformes excluantes" après l'élimination de la candidature des Démocrates. La CEDEAO a déployé une mission d'observation électorale, mais son action reste limitée face à des exclusions construites dans le cadre juridique interne. La comparaison régionale est instructive. En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara a brisé la limitation de ses mandats en 2020 au nom d'un "nouveau mandat" créé par une nouvelle Constitution. Au Sénégal, Macky Sall a renoncé au troisième mandat sous pression populaire massive. Au Togo, le passage au régime parlementaire en 2024 a permis à Faure Gnassingbé de se maintenir sans élection présidentielle. Chaque système trouve sa propre méthode pour neutraliser l'alternance réelle. Au Bénin, la méthode retenue est celle du verrouillage par les parrainages et les seuils électoraux. Dans ce contexte, le fait que la CEDEAO et l'Union africaine supervisent le scrutin sans remettre en cause son architecture est révélateur de l'impuissance des mécanismes régionaux face aux dérives institutionnelles habillées en légalité. La participation dira tout "La démocratie, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple", Abraham Lincoln, 1863. le taux de participation s'impose comme l'unique indicateur déterminant de ce scrutin. Pour la première fois depuis l'ère du renouveau démocratique des années 1990, une élection présidentielle béninoise se caractérise par une offre politique singulièrement restreinte. Dans ce contexte, si les huit millions d'électeurs inscrits choisissent l'abstention, le futur chef de l'État se retrouvera dépourvu de véritable assise populaire, nonobstant la régularité juridique de son élection. Le successeur du président Talon prendra les rênes d'un pays à l'économie dynamique, mais il devra simultanément faire face à une pression jihadiste croissante dans le Nord et répondre à une dette sociale profonde envers les citoyens exclus des bénéfices de la croissance. La pérennité de son mandat dépendra également de sa capacité à restaurer un pluralisme politique aujourd'hui fragilisé. Dès lors, il appartient aux organisations de la société civile et aux partenaires internationaux de veiller rigoureusement à la transparence des chiffres et des conditions de vote, car la légitimité réelle du prochain président se cristallisera autour de ce taux de mobilisation plus qu'autour de tout autre résultat. Suivez l'évolution de cette situation sur DB News, votre source d'information fiable sur l'actualité africaine et du monde. DBNews Sources : - AFP via Boursorama et La Libre (12 avril 2026) - Agence Xinhua (12 avril 2026) - AfrikMag (mars-avril 2026) - AllAfrica/Le Pays (9-10 avril 2026) - NEEMA Media (mars 2026) - Bénin Web TV (avril 2026) - Jeune Afrique (2025-2026) - Africa24 TV (octobre 2025) - La Nouvelle Tribune (mars 2026) - Agence Anadolu (octobre 2025) - KOACI (octobre 2025) - Wikipedia Élection présidentielle béninoise 2026 (mis à jour le 12 avril 2026) © DB News 2026 — Tous droits réservés Read the full article
Présidentielle au Bénin : près de huit millions d'électeurs décident de l'après-Talon ce 12 avril 2026
Près de huit millions d'électeurs béninois se rendent aux urnes ce dimanche 12 avril 2026 pour désigner le prochain président de la République du Bénin. Cette présidentielle marque un tournant historique pour ce pays d'Afrique de l'Ouest, puisque Patrice Talon quitte le pouvoir après deux mandats consécutifs, respectant ainsi la limite constitutionnelle. Deux tickets s'affrontent dans un scrutin scruté par la communauté internationale, avec en toile de fond une décennie de transformations économiques majeures. Le Bénin vit aujourd'hui une échéance démocratique majeure. Alors que la participation électorale est en recul ces dernières années dans le pays, la question de la mobilisation citoyenne se pose avec acuité. Par la rédaction | 12 avril 2026 Le vote a démarré, le verdict est attendu Les 17 462 bureaux de vote au Bénin ont ouvert leurs portes ce dimanche 12 avril 2026 à 7 heures heure locale, soit 6 heures GMT. Les urnes et les bulletins de vote ont été mis en place à temps dans la majorité des centres, permettant une ouverture à l'heure réglementaire. Le scrutin doit s'achever à 16 heures heure locale. Selon les données communiquées par la CENA, 7 897 287 électeurs sont appelés à voter à travers le pays. Son président, Sacca Lafia, a rappelé que ce scrutin constitue la huitième consultation présidentielle organisée depuis le renouveau démocratique engagé au début des années 1990. Sur le terrain, les premières heures donnent une image contrastée. À Parakou, les premières opérations se sont déroulées sans incident signalé dès l'ouverture. Le premier votant enregistré dans le centre de l'EPP Assagbinin Baka, Alassane Idrissou, agriculteur, a déclaré : "C'est une fierté pour moi d'être le premier à voter ce matin. J'invite tous les citoyens à sortir massivement pour voter, dans la paix." À Abomey-Calavi, l'organisation a été jugée exemplaire dès les premières heures, avec des postes de vote ouverts simultanément à 7 heures. Dans certains centres de Toffo, quelques retards ont été enregistrés, certains bureaux n'ouvrant qu'à 7h22. Dans les grands centres urbains, la mobilisation est décrite comme forte sans être exceptionnelle. Les files d'attente s'étendent parfois sur plusieurs mètres, dans un climat jugé apaisé. Un agent électoral sur le terrain résume : "Les électeurs sortent massivement, et les files d'attente se forment dans le calme." Romuald Wadagni a accompli son devoir civique aux alentours de 8h20 à Lokossa, accompagné de son épouse, dans un environnement organisé selon les premières observations. Les résultats provisoires du premier tour sont attendus le 14 avril. Si aucun duo de candidats n'obtient la majorité absolue, un second tour est prévu le 10 mai 2026. sera le vrai verdict de ce scrutin. Ce qui se passe dans les urnes ce dimanche est moins décisif que le chiffre que la CENA annoncera demain. Un taux faible dirait ce que la liste des candidats ne peut pas dire. Wadagni : le dauphin sans masque Romuald Wadagni, adoubé par Patrice Talon et soutenu par les deux partis de la majorité, a voté en début de matinée dans sa ville natale à Lokossa. Tout le contraire du président sortant Patrice Talon, entouré d'une nuée de caméras à Cotonou, qui a déclaré après avoir voté vouloir aller à la "retraite" tout en reconnaissant qu'il est "illusoire de penser qu'on peut s'effacer". Cette dernière formule dit tout. Talon ne se présente pas. Talon ne part pas. Paul Hounkpè doit lui-même la validation de sa candidature à son rapprochement avec la mouvance présidentielle, qui lui a permis de réunir les parrainages nécessaires. Ce qui ne manque pas de faire jaser au Bénin, où d'aucuns le voient plus en accompagnateur qu'en véritable challenger. Paul Hounkpè lui-même a déclaré depuis Dantokpa : "La continuité n'est qu'un troisième mandat déguisé." La formule est cinglante. Elle est aussi involontairement autobiographique, puisque sa propre candidature n'existe que parce que le pouvoir l'a tolérée. L'expert en processus électoral Rufin Godjo résume la situation sans détour : "Les mécontents n'ont pas disparu. La tension et la frustration restent fortes, on a égorgé leurs espoirs électoraux et on leur offre une palette dans laquelle ils ne se retrouvent pas." Wadagni porte le programme "Plus loin, ensemble", qui promet la suppression des frais de scolarité pour les filles jusqu'en terminale, des projets d'infrastructure et un pôle technologique à Dangbo. Des mesures concrètes, certes. Mais présentées dans un scrutin dont la concurrence a été neutralisée avant même l'ouverture des bureaux de vote. Deux duos candidats aux visions contrastées Le favori de cette présidentielle béninoise est Romuald Wadagni, ministre des Finances sortant et architecte des réformes économiques menées sous la présidence Talon. Wadagni incarne la continuité et la consolidation des acquis de la dernière décennie. Sa colistière, Mariam Chabi Talata, actuelle vice-présidente de la République du Bénin, apporte une expérience institutionnelle considérable au ticket. Leur programme mise sur la poursuite de la modernisation économique et le renforcement des infrastructures dans l'ensemble du pays. Face à ce duo de la majorité présidentielle, le ticket d'opposition réunit Paul Hounkpè, enseignant et ancien ministre, et Judicaël Hounwanou. Paul Hounkpè se positionne comme le candidat d'une opposition qu'il qualifie lui-même de « constructive ». Son programme met l'accent sur une répartition plus équitable des fruits de la croissance économique et un dialogue politique renouvelé avec l'ensemble des forces vives de la nation béninoise. Critère Ticket Wadagni – Chabi Talata Ticket Hounkpè – Hounwanou Positionnement Continuité, majorité présidentielle Opposition constructive Profil principal Ministre des Finances, technocrate Enseignant, ex-ministre Axe programme Modernisation économique, infrastructures Redistribution, dialogue politique Colistier(e) Mariam Chabi Talata, vice-présidente sortante Judicaël Hounwanou Dix ans de Talon : le bilan qui dérange Sur le plan économique, le Bénin a connu une croissance soutenue sous Talon, portée par les grands travaux d'infrastructure. Mais une partie de la population attend des réponses sur le chômage des jeunes, le coût de la vie et l'accès aux services de base dans les zones rurales. Le PIB a doublé en dix ans. La croissance dépasse 6 % par an. Le port de Cotonou s'est modernisé. Le tourisme autour du patrimoine du royaume du Dahomey a décollé. Ces chiffres sont réels. Ils sont aussi insuffisants comme bilan d'une décennie de gouvernance, parce qu'ils ne disent rien de la distribution de cette richesse. Pour les plus durs des contempteurs de Talon, l'homme d'affaires devenu président n'aura pas apporté en dix ans une plus-value à la démocratie béninoise. Même s'il a le mérite de n'avoir pas succombé à la tentation du troisième mandat, contrairement à certains de ses pairs africains. Ce mérite minimal ne devrait pas être présenté comme un accomplissement démocratique exceptionnel. Respecter la Constitution est une obligation, non un geste de générosité. Ce que Talon laisse derrière lui, c'est un système électoral réformé de telle façon que son successeur désigné affronte une opposition affaiblie structurellement et non politiquement. Le 7 décembre 2025, une tentative de coup d'État menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri a été repoussée en quelques heures grâce à la résistance des forces loyalistes, soutenues par le Nigeria, la CEDEAO et un appui technique de la France. Dans les jours suivants, les autorités ont procédé à une vague d'arrestations visant des figures de l'opposition, dont l'ancien ministre Candide Azannaï et l'activiste Kémi Séba. La question de l'instrumentalisation de cet épisode pour disqualifier des voix critiques reste posée. L'Afrique de l'Ouest au miroir béninois Le Bénin était le modèle démocratique de référence en Afrique de l'Ouest depuis la Conférence nationale de 1990. Ce statut est aujourd'hui sérieusement écorné, et la communauté internationale le sait sans toujours le dire. L'ONU avait mis en garde contre des "réformes excluantes" après l'élimination de la candidature des Démocrates. La CEDEAO a déployé une mission d'observation électorale, mais son action reste limitée face à des exclusions construites dans le cadre juridique interne. La comparaison régionale est instructive. En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara a brisé la limitation de ses mandats en 2020 au nom d'un "nouveau mandat" créé par une nouvelle Constitution. Au Sénégal, Macky Sall a renoncé au troisième mandat sous pression populaire massive. Au Togo, le passage au régime parlementaire en 2024 a permis à Faure Gnassingbé de se maintenir sans élection présidentielle. Chaque système trouve sa propre méthode pour neutraliser l'alternance réelle. Au Bénin, la méthode retenue est celle du verrouillage par les parrainages et les seuils électoraux. Dans ce contexte, le fait que la CEDEAO et l'Union africaine supervisent le scrutin sans remettre en cause son architecture est révélateur de l'impuissance des mécanismes régionaux face aux dérives institutionnelles habillées en légalité. La participation dira tout "La démocratie, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple", Abraham Lincoln, 1863. le taux de participation s'impose comme l'unique indicateur déterminant de ce scrutin. Pour la première fois depuis l'ère du renouveau démocratique des années 1990, une élection présidentielle béninoise se caractérise par une offre politique singulièrement restreinte. Dans ce contexte, si les huit millions d'électeurs inscrits choisissent l'abstention, le futur chef de l'État se retrouvera dépourvu de véritable assise populaire, nonobstant la régularité juridique de son élection. Le successeur du président Talon prendra les rênes d'un pays à l'économie dynamique, mais il devra simultanément faire face à une pression jihadiste croissante dans le Nord et répondre à une dette sociale profonde envers les citoyens exclus des bénéfices de la croissance. La pérennité de son mandat dépendra également de sa capacité à restaurer un pluralisme politique aujourd'hui fragilisé. Dès lors, il appartient aux organisations de la société civile et aux partenaires internationaux de veiller rigoureusement à la transparence des chiffres et des conditions de vote, car la légitimité réelle du prochain président se cristallisera autour de ce taux de mobilisation plus qu'autour de tout autre résultat. Suivez l'évolution de cette situation sur DB News, votre source d'information fiable sur l'actualité africaine et du monde. DBNews Sources : © DB News 2026 — Tous droits réservés Read the full article
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