“Passion clip” discussion avec BSLPRD
Ashwin, Théo et Rayane se rencontrent au lycée dans le 14ème arrondissement de Paris. Ensemble ils fondent le collectif Baïsela, vendent des tshirts dessinés par leurs soins et réalisent quelques clips. Le projet évolue, Baïsela c’est désormais BSLPRD mais l’équipe reste inchangée. Le collectif ne fait plus de textile et reste focus sur le visuel. Leur relation avec le groupe l’Ordre du Periph, les premiers clips, Paris. Nombreuses sont les thèmes abordées dans cette discussion. Rencontre.
Parmi les différents noms que l'on retrouve sur Internet (Baïsela, Paris South Records, BSLPRD) on a tendance à se perdre et ne pas suivre la ligne directrice du projet...
A l'unisson:Â BSLPRDÂ !
Ashwin: Maintenant le nom officiel c'est BSLPRD. Paris South Records c'était un nom posé sur un t-shirt qu'on a placé pour un clip de ZIDI. J'avais trop envie de le placer mais au final il n'y avait pas de réel objectif. C'était un projet, qui reviendra surement. Cela nous ferait envie, un jour ou l'autre...
Est-ce que vos productions pourraient se diversifier ? Passer su street-clip au court-métrage par exemple...
Théo: Il faut savoir que dès que tu veux réaliser un clip scénarisé, il faut forcement des moyens...
A: Tu n'es pas obligé non plus ! Il y a toujours un minimum à avoir si tu veux qu ton clip tienne la route mais les moyens permettent de te diversifier et de passer du street clip à quelque chose de plus propre.
Vos réalisations les plus nombreuses sont des productions pour le groupe l'Ordre du Periph, comment s'est déroulée la rencontre ?
A: on se suivait mutuellement avec Jamal (ndlr : Youv Dee), on avait échangé au sujet d'un clip mais c'était nos débuts à tout les deux dans nos domaines respectifs. Puis on s'est rencontré à un événement Grünt, on a repris contact lorsque Assy a sorti un projet où il y avait un extrait de Youv Dee qui rappait, j'ai trouvé ça lourd et la rencontre s'est faite. Donc notre premier clip ensemble c'était le morceau « Sans Effort », il y a bientôt deux ans.
Parlons de MTH, premier clip de l'Ordre du Periph, responsable de leur succès et clippé par vos soins.
Rayane: on ne pensait pas que le son aurait de telles retombées dans un premier temps.
A: Le son est lourd mais le spot a contribué à l'ambiance du clip et c'est une des causes de son succès.
Tout cela grâce au spot alors ?
T: la plupart des spots oĂą on filme ne valent rien le jour. Tu peux passer de jour et ne rien remarquer, alors pour MTH tout marchait mieux de nuit.
A: On s'est d'ailleurs étonné qu'un spot comme celui-ci n'ait pas été utilisé par d'autres rappeurs ! J'habitais pas loin et je passais souvent devant. Un jour je me suis dis c'est improbable qu'un lieu comme celui-ci existe sur Paris. Il faut qu'on fasse quelque chose là bas.
Est-ce que la relation proche entre ODP et vous impose une exclusivité sur la totalité de leurs clips ?
R: Comme on disait, on marche ensemble avec ODP. Que ce soit eux dans la musique, ou nous dans la musique l’évolution en même temps. On grandit soudés donc pour l'instant on est ensemble.
A: T'as l'impression qu'on est un couple en disant ça (rires). Il n'est même pas question qu'on « marche » ensemble, c'est les potos donc c'est de l'ordre de l'évidence.
Quel est, pour vous, l'artiste que vous aimeriez le plus clipper ?
A: Ça se balance de fou, mais Booba c'est une évidence. Après il roule avec Chris Macari et c'est impossible de travailler avec lui mais dans l'idéal Booba. Après réflexion je dirais Alpha Wann. Ne serait-ce que pour le fait qu'on vient tous du 14ème comme lui. Nekfeu aussi évidement..
T: Je dirais Asap Rocky, il a un univers particulier. J'ai lu une interview du clippeur français du Mob qui racontait l'ambiance etc... ça a l'air dingue !
R: Kendrick pour ma part.
T & A : Kendrick c'est des films même !
Entre concurence et collaborations, comment se passe l’univers du clip sur Paris?
T: les collaborations c'est rare..
A: C'est rare mais ça devrait arriver je pense. Je trouve qu'à Panam, aucun clippeur ne se calcule. On peut se suivre sur les réseaux mais y'a pas de rencontre... C'est pas de la concurrence mais quand je vois le travail de certain gars j'ai le seum parce que c'est lourd. Puis ça me donne envie de faire mieux et je suis motivé.
Vous n'avez pas fait d'études dans l'audiovisuel, cela ne vous a jamais freiné dans votre travail ?
A: On est pas professionnels comme tu dis. Parfois j'ai l'impression qu'on est confronté à des obstacles juste parce qu'on ne savait pas, par exemple les tournages de nuit... Au final ces petites erreurs sont vite corrigées.
R: Ne serait-ce que les réglages sur la caméra aussi.
Qui étaient vos influences avant de vous lancer dans le clip ?
A: j'ai toujours eu un attrait pour la vidéo. Ça commençait jeune avec Windows Movie Maker, quelques projets scolaire.
T: Notre première vidĂ©o ensemble c'Ă©tait Ă la GoPro pour mon projet de TPE. On parlait des transports dans Panam, donc on a fait quelques plans dans Montmarte, on est montĂ©s sur la 12 dans la cabine du conducteur ça nous a enjaillĂ©... j'ai eu une bonne note (rires) ! Il n'y avait aucun but mais c'est notre première vidĂ©o ensemble. Notre premier vrai clip tous ensemble c’était des mouvements gauche/droite, supprimĂ© depuis (rires).Â
Quelle est votre référence ultime en terme de clip ?
T: Un clip qui m'a beaucoup marqué c'est « 1,2,3 » de Alpha Wann. La colorisation, la réal'... Tout.
A: «Les Pensées de Phall », ce clip avec les photos qui défilent. En 2012 ça m'avait beaucoup marqué.
T: Brodinski et le clip de « Can't Help Myself »...
A: Mais d'une manière générale, Cole Bennett c'est une référence. Quand on a réalisé « Freestyle Nitro » avec Youv Dee, il nous a dit « je veux des effets comme ça ».
Si je vous dis Perspective Parisienne vous pensez à quoi ?
T: Premièrement je dirais la vision de la ville. Une personne étrangère qui ne vit pas à Paris n'aura pas la même vision qu'un parisien. Dans la tête de beaucoup de monde, Paris c'est le mal.
R: T'as tout ici. C'est la ville qui donne ça.
A: C'est la plus belle ville du monde, c'est pas pour rien. Tu as tout ici et tu peux aller partout dans le monde mais tu as envie de retourner Ă Paris.
T: On revient Ă Asap mais dans ses sons il parle tout le temps de Paris, c'est qu'il y a quelque chose.
Pour terminer, si un lieux interdit au public ouvre ses portes pour un clip, lequel choisissez-vous ?
T: Je kifferais l'opéra Garnier. C'est énorme, totalement interdit mais énorme.
A: L'Elysée pour le concept ce serait très sympa !
R: Les Grands Magasins, Le Louvre, des lieux symboliques...
A: Le Parc des Princes ! Cliché mais à faire...









