Facebook Atlas : le ciblage Facebook Ă la disposition des annonceurs
Il y a 1 an et demi, Facebook rachetait à Microsoft l'adserveur Atlas. Pour délivrer la publicité sur internet (desktop, mobile, tablettes) et mesurer la performance de ses campagnes (display, search), les annonceurs utilisent un adserveur annonceur. Cet outil ne se contente pas de diffuser des bannières publicitaires et de mesurer des impressions ou des clics, il fournit par exemple des modèles d'attributions (si plusieurs points de contact avant achat, comment rétribuer ceux-ci?), ou une brique DSP (Demand-side platform) pour acheter et optimiser les achats sur les ad-exchanges.
Le leader mondial sur ce marché est Doubleclick (racheté en 2007 par Google) : il propose une suite pour les annonceurs appelé Doubleclick Campaign Manager. Atlas est un lointain second, Facebook a donc travaillé d'arrache-pied pour moderniser Atlas et y incorporer sa botte secrète : les données de ses utilisateurs.
La vidéo promotionnelle de Facebook Atlas
Quels sont les avantages concurrentiels d'Atlas?
Atlas permet de faire du capping cross-device. Quesako? Le capping est le nombre maximum d'impressions publicitaires auquel un utilisateur sera exposé lors d'une campagne (défini par l'annonceur, par exemple 3). Jusqu'à présent, il dépendait exclusivement des cookies, il était donc restreint à un navigateur (si tant est que l'internaute accepte les cookies tiers, et ne les efface pas). Vous pouviez donc voir la publicité Adidas 3 fois sur votre PC du bureau, 2 fois sur votre tablette et 2 fois sur votre PC personnel (c'est à dire 7 fois, le capping étant pourtant réglé à 3 mais l'adserveur ne pouvait vous reconnaitre personnellement sur vos différents devices, les 3 cookies correspondants à vos devices étant anonymes et n'ayant aucun liens entre eux). La plupart des internautes étant connectés à Facebook sur tous leurs devices (smartphone, tablette, PC de bureau, personnel...), celui-ci les reconnait et peut donc réellement limiter le capping à 3 ; exemple 2 fois sur votre PC du bureau et 1 fois sur votre tablette.
Au-delà du capping cross-device, Atlas permet de séquencer les créations en cross-device : vous pourrez par exemple être exposé à la création teasing sur votre smartphone, et à la création reveal sur votre tablette (lorsque vous surfez sur votre tablette, Atlas connait votre historique d'exposition sur votre smartphone).
Atlas permet de faire le lien entre une impression publicitaire et un achat Offline : c'est une extension de ce que propose Facebook sur son propre site. Via Atlas, Facebook sait si vous avez été exposé à une publicité, il fait ensuite le lien avec les bases de données d'achats de son partenaire Datalogix.
Atlas permet de cibler les utilisateurs Facebook selon leurs informations d'âge et de sexe. Ici Facebook aurait pu proposer plus d'options, mais cela aurait pu dévaluer son trésor de guerre (et risquer d'alarmer les utilisateurs si la publicité est trop ciblée).
Atlas permet de recibler les utilisateurs Facebook quelque-soit leur device : si vous surfez depuis votre PC personnel sur la page produit d'un annonceur, vous pourrez être reciblé sur votre smartphone ou tablette (joie...).
Le reporting proposé par Atlas est basé sur les personnes (et non les cookies) : il est à ce titre beaucoup plus fiable.
La promesse de Facebook Atlas pour le marketeur est donc très forte et constitue bien une menace pour Google et sa suite Doubleclick Campaign Manager. Chez Google, la frontière entre données de tracking publicitaire (rattachées à un cookie ID stocké sur le nom de domaine doubleclick.net), de webanalyse (rattachées à un cookie ID 1st party stocké sur le nom de domaine du site utilisant Google Analytics), et données personnelles (rattachées à un compte Google) est restée assez hermétique. Facebook ne s'embarrasse pas de ces cloisons : toutes les informations qu'il tracke sont rattachées à votre profil Facebook, même si vous n'avez pas idée de l'existence de ce tracking (exemple lors du surf sur l'appli Lemonde.fr). Esperons donc que Google ne s'engage pas sur cette voie...
Pour diffuser de la publicité, Atlas utilise des tags ayant comme nom de domaine atdmt.com (historique, déjà utilisé par Atlas avant le rachat de Facebook) : comment fait-il le lien avec votre compte Facebook? Ce lien n'est pas bien documenté par Facebook mais il est fort à parier que lorsque vous vous connectez à Facebook, celui-ci appelle un tag Atlas en lui passant en paramètre un hash de votre ID Facebook (documentation : "Atlas collects the following information via its cookies: Unique Identifiers (identifiers associated with a specific browser or device or derived from a user’s Facebook ID) [...]". Atlas peut alors stocker la table de correspondance.
Y-a-t-il un opt-out? Oui, mais comme chez les autres adserveurs du marché, on peut regretter qu'il soit très limité, surtout que Facebook ne respecte pas le signal "Do Not Track". L'Opt-Out n'est pas vraiment un opt-out : c'est un cookie rattaché à votre navigateur (il faut donc l'installer sur chaque navigateur utilisé, sur chaque device), qui vous permet de ne plus recevoir de publicité ciblé (mais qui n'empêche pas Atlas de continuer à vous tracker). Il n'est également pas fait mention d'un quelconque respect du signal de limitation de tracking sur les applications, signal disponible sur iOS et Android.














