[PROJET] Conte de fées - La Princesse fantÎme
Ceux qui me connaissent savent que j'ai deux passions dans la vie, les contes de fées, et les femmes. La preuve en est, j'ai écrit deux mémoires sur le sujet. L'un sur l'écriture de contes de fées par les femmes et l'autre sur les amours entre femmes dans les contes de fées du XVIIe siÚcle.
Avant de me lancer dans ce projet d'étude, j'ai réfléchit à cette question qu'on s'est sans doute tous posé : qu'est-ce qui a façonné la personne que je suis aujourd'hui ? Les livres, sans hésitation. Mais plus encore, quels ouvrages ont défini ma personnalité et m'ont donné, à mon tour, envie d'écrire, en particulier des récits imaginaires et merveilleux ? Les contes de fées. Comme beaucoup d'enfants avant moi, j'ai grandi avec les contes de fées, majoritairement Perrault et Grimm. Ils ont modélisé mes peurs, mes angoisses, mon courage, ma soif d'aventure et mes idéaux.
Mais les femmes dans tout ça ?
TrĂšs vite, je me suis rendue compte qu'Ă part Mlle Le Prince de Beaumont (qui a Ă©crit La Belle et la BĂȘte, mais on ne se souvient que du Disney et pas du tout de son livre) elles n'apparaissaient nulle part. NĂ©ant. Silence radio, comme si elles n'avaient jamais Ă©tĂ© lĂ . Et pourtant ! Ce n'est pas Charles Perrault qui a Ă©crit le premier conte de fĂ©es, ce ne sont pas les frĂšres Grimm qui ont inventĂ© des histoires Ă n'en plus dormir le soir. Ce sont les femmes, aux veillĂ©es, dans les villages, mais aussi dans les salons et les cercles littĂ©raires de la haute sociĂ©tĂ©. Mais on les a oubliĂ©es, effacĂ©es,  bien qu'elles aient publiĂ© les plus grands best-sellers de leur temps (je pense Ă Mme d'Aulnoy ou Mlle de La Force).
Et ça m'a mise en colÚre.
Parce qu'encore une fois, j'ai eu l'impression qu'on nous arrachait ce que nous, les femmes, avions créé, portĂ©, loin du snobisme masculin, pour un public restreint et de plus en plus populaire. Parce que les hommes, ils le considĂ©raient comme bas ce genre, pas du tout Ă la hauteur de l'AcadĂ©mie française, du théùtre ou de la poĂ©sie lyrique. Mais puisqu'il Ă©tait Ă©crit par des femmes, et pire que ça, apprĂ©ciĂ©, il Ă©tait nĂ©cessaire qu'ils se crĂ©ent une place d'importance dans l'Ă©criture, jusqu'Ă en Ă©vincer les crĂ©atrices elles-mĂȘmes.
Donc j'ai travaillé sur Mme d'Aulnoy. J'ai découvert certains des plus beaux écrits de la langue française. J'ai retrouvé la magie, la délicatesse, la galanterie et l'amour pur que seuls peuvent dégager les contes de fées.
La deuxiĂšme annĂ©e, je me suis demandĂ© pourquoi on ne parlait jamais des amours fĂ©minines. Pas des amours de femmes pour des hommes, non, mais des amours entre femmes. Pas d'amitiĂ© non-plus, mais vraiment de l'amour, homosexuel. Parce qu'hĂ©tĂ©rosexuel, il Ă©tait acceptĂ©, Ă©tabli. Homosexuel, entre hommes, il Ă©tait le sujet de nombreuses thĂšses et le sous-texte de nombreux Ă©crits. Mais les femmes ? OubliĂ©es. Pourtant, des femmes qui s'aiment, il y en a toujours eu, elles ne sont pas arrivĂ©es au moment de Stonewall. Alors oĂč Ă©tait-elle ? Etait-il possible de les trouver dans ces contes, Ă©crits par des femmes, pour des femmes, Ă une Ă©poque oĂč tout Ă©tait contre elles, oĂč s'aimer diffĂ©remment Ă©tait tabou, et encore plus lorsqu'on Ă©tait du « deuxiĂšme sexe » ?
Oui, mais encore une fois, tout n'est que dĂ©tournement, figure de style, il faut deviner, lire entre les lignes, imaginer une sociĂ©tĂ© de femmes oĂč l'amour n'est pur qu'entre elles.
J'ai rĂ©alisĂ© qu'en grandissant, je n'avais lu que des contes Ă©crits par des hommes, et que des contes toujours hĂ©tĂ©rosexuels, oĂč la princesse finit avec le prince, parce que « c'est comme ça que les histoires sont sensĂ©es se finir », parce que l'homosexualitĂ© ne peut ĂȘtre qu'en sous-texte, effaçable si elle pose problĂšme, parce que deux hommes qui s'aiment ou deux femmes qui s'aiment, et bien cela dĂ©range. J'aurais sans doute Ă©tĂ© une personne bien diffĂ©rente si j'avais pu lire des contes qui m'Ă©taient destinĂ©s Ă©crits par des femmes et avec d'autres possibilitĂ©s d'aimer. Peut-ĂȘtre que j'aurais eu moins peur, peut-ĂȘtre que j'aurais Ă©tĂ© plus sĂ»re de moi.
Alors j'ai dĂ©cidĂ© dâĂ©crire un conte de fĂ©es.
Je sais ce que vous allez me dire. âMais Lucie, il y en a dĂ©jĂ plein, et puis plus personne ne s'intĂ©resse aux contes de fĂ©esâ. Mais moi je pense que si je peux aider une petite fille ou un petit garçon, une femme ou un homme, Ă se sentir mieux et Ă voir que le monde n'est pas que fille ou que garçon, n'est pas que filles et garçons, et bien peut-ĂȘtre qu'ils auront un peu moins peur, et qu'ils seront un peu plus sĂ»rs d'eux.
Alors j'ai décidé d'écrire un conte de fées. Un conte de fées sur un amour qui transcende le temps, qui transcende la vie et la mort, un conte de fées sur deux femmes qui s'aiment.
C'est ainsi qu'est nĂ©e Shana, princesse hĂ©ritiĂšre d'un royaume, destinĂ©e Ă Ă©pouser un homme qu'elle n'aime pas. D'ailleurs, elle n'aimera aucun homme. La nuit de ses noces, elle est assassinĂ©e par son Ă©poux, qui massacre les convives. Confuse, enragĂ©e, son fantĂŽme hante le chĂąteau en quĂȘte de vengeance. Quiconque cherchera Ă l'atteindre pĂ©rira.
Trois cents ans plus tard, le roi du royaume voisin décide d'offrir la main de sa fille aßnée à celui qui réussira à ramener la preuve de l'existence de la princesse fantÎme. Astrée, jeune paysanne restée au chevet de son pÚre souffrant, décide de tenter sa chance, pour payer les médicaments. Elle devra faire face à plusieurs épreuves, dont la plus ardue, sauver la princesse.
Mon objectif est donc d'Ă©crire le conte, maintenant que tout l'outline est prĂȘt, puis ensuite de l'illustrer moi-mĂȘme. Ce projet Ă©tant dans mes prioritĂ©s de l'annĂ©e, je vais dorĂ©navant poster majoritairement sur celui-ci, que ce soit des sketchs, des illustrations complĂštes, des chara-designs, des petits sketchs sur les personnages, des incorrect quotes, des informations sur les diffĂ©rents personnages, des extraits peut-ĂȘtre, des posts qui m'inspirent, etc.
N'hĂ©sitez pas Ă me poser des questions ou Ă interagir, ça me ferait trĂšs plaisir ! J'espĂšre que vous serez prĂ©sent pour soutenir ce projet, que j'ai commencĂ© il y a un peu plus de deux ans et qui me tient trĂšs Ă cĆur.