FACT CHECKING : APRES LE CESSEZ-LE-FEU
par Jean-François Strouf, Président de JudaïQual-Réparons Le Monde
A lâissue du conflit entre dâune part, le Hamas et le Djihad islamique, dâautre part lâEtat dâIsraĂ«l, des organisations plus anti-israĂ©liennes que propalestiniennes ont manifestĂ© leur haine. Tous les poncifs de la propagande antisioniste sont au-rendez-vous. Et ils osent cette comparaison infĂąme qui consiste Ă mettre en parallĂšle la confrontation entre IsraĂ«l et le Hamas Ă lâextermination systĂ©matique des Juifs par les Nazis, en se donnant des airs de libĂ©rateurs avec le slogan « free-Palestine ». Nous ne pouvons laisser sans rĂ©agir lâinculture historique fondĂ©e sur la banalisation de la Shoah, ajoutĂ©e Ă celle de lâApartheid en Afrique du sud et une dose au mieux dâabsence dâempathie pour les victimes juives, au pire dâantisĂ©mitisme. FACT-CHECKING
Les faits, câest dâabord lâHistoire. Suivant la pĂ©riode Ă laquelle on la fait remonter, câest une Histoire diffĂ©rente qui peut sâĂ©crire. Le 2 novembre 1917, câest la dĂ©claration de Lord Arthur Balfour, SecrĂ©taire dâEtat aux Affaires Ă©trangĂšres de lâEmpire britannique, alors mĂȘme que Londres installe son mandat sur la Palestine, qui sâengage Ă donner « un foyer national au peuple juif ». en Palestine. La carte de la Palestine mandataire sâĂ©tend alors de la MĂ©diterranĂ©e aux limites de lâIrak (comprenant ce qui est aujourdâhui lâEtat dâIsraĂ«l, le territoire de lâAutoritĂ© palestinienne et la Jordanie).
RognĂ© ensuite pour donner « la « Transjordanie », un royaume aux BĂ©douins hachĂ©mites chassĂ©s dâArabie, la Palestine dont la frontiĂšre est se limite dĂ©sormais au Jourdain, fait lâobjet dâune partition entre un Etat juif de Palestine (IsraĂ«l) et un Etat arabe de Palestine. Le 29 novembre 1947, le plan de partage des Nations-Unies est acceptĂ© par IsraĂ«l seul. Les pays arabes le rejettent. Le 14 mai 1948 quand est proclamĂ©e lâindĂ©pendance dâIsraĂ«l (Etat juif de Palestine), les armĂ©es arabes de tous les pays de la rĂ©gion envahissent la partie arabe de la Palestine et attaquent IsraĂ«l. En 1949, au moment de lâarmistice, Gaza est occupĂ©e par lâEgypte, la Cisjordanie est purement et simplement annexĂ©e par la Transjordanie qui occupe JĂ©rusalem, viole son statut de « Corpus separatum », dĂ©truit systĂ©matiquement les Lieux saints juifs, chasse manu militari les Juifs qui sây trouvent et installe des Arabes palestiniens dans les maisons juives.
Lâinterdiction de se rendre Ă JĂ©rusalem-est, et notamment au Mur occidental transformĂ© en dĂ©potoir, a concernĂ© tous les Juifs du monde. A telle enseigne que lâArchevĂȘchĂ© de Paris propose, au Grand-Rabbin de France, Jacob Kaplan, pour quâil puisse se rendre Ă JĂ©rusalem-est, un certificat de baptĂȘme de complaisance quâil refusera. La violation avĂ©rĂ©e du statut historique de JĂ©rusalem avec une mesure dâantisĂ©mitisme, non moins avĂ©rĂ©e est donc jordanienne et non israĂ©lienne.
A la suite de cette guerre dâagression des pays arabes contre IsraĂ«l, survient en 1956 lâĂ©pisode de la crise de Suez, le blocage du canal de Suez, voie internationale, par les putschistes du gĂ©nĂ©ral Nasser. AprĂšs la dĂ©faite Ă©gyptienne, des Casques bleus de lâONU sont implantĂ©s dans le SinaĂŻ pour faire respecter la libre circulation des voies navigables que sont le canal de Suez et le dĂ©troit de Tiran.
Le 23 mai 1967, chassant les Casques bleus, le dictateur Ă©gyptien viole les accords internationaux, bloque le dĂ©troit de Tiran aux navires israĂ©liens. Pour IsraĂ«l, cette agression Ă©gyptienne accompagnĂ©e de lâavancĂ©e des chars syriens sur le Golan et de lâimplication de derniĂšre minute de la Jordanie venue en renfort dâune victoire annoncĂ©e par lâEgypte, est lâoccasion, en une guerre Ă©clair, de desserrer lâĂ©tau et de libĂ©rer JĂ©rusalem de lâoccupation jordanienne. Cela faisait 19 ans que les snipers de lâarmĂ©e syrienne sur le Golan faisaient vivre un enfer quotidien aux Kibboutzim de GalilĂ©e en contrebas, que les terroristes du Fatah entrainĂ©s par lâarmĂ©e Ă©gyptienne se servaient de la bande de Gaza comme base de sabotage des infrastructures civiles israĂ©liennes, que la barriĂšre infranchissable de la porte Mandelbaum rendait JĂ©rusalem-est, la capitale historique du seul peuple juif, interdite aux Juifs.
Pendant ces 19 ans, y avait-il des territoires « occupĂ©s » par IsraĂ«l ? NON et pourtant, ses voisins arabes refusaient de reconnaĂźtre son droit Ă lâexistence. Aucun Etat nâa jamais condamnĂ© les agressions commises par lâEgypte et la Syrie contre ses citoyens, ni protestĂ© contre la destruction de des Lieux saints juifs et lâĂ©puration ethnique commises par la Jordanie.
En juin 1967, aprĂšs la libĂ©ration de JĂ©rusalem, le ministre de la dĂ©fense dâIsraĂ«l, MoshĂ© Dayan, dans un souci de rĂ©tablir le libre accĂšs aux Lieux saints de la Ville, aux fidĂšles de toutes les religions, laisse lâadministration du Mont du Temple, qui est aussi lâesplanade dite « des MosquĂ©es » au Waqf jordanien.
Ceux qui affirment aujourdâhui que le statu quo Ă JĂ©rusalem est menacĂ©, ont donc 72 ans de retard, devraient ranger leurs fake news dans leur boite Ă propagande et se condamner au silence.
En 1967, la victoire israĂ©lienne sur lâEgypte transfĂšre lâoccupation de Gaza par lâarmĂ©e Ă©gyptienne Ă une administration militaire israĂ©lienne. En 1993, suite aux accords dâOslo, la bande de Gaza est placĂ©e sous lâadministration intĂ©rimaire de lâAutoritĂ© palestinienne. En 2005, les derniers IsraĂ©liens installĂ©s dans la bande de Gaza sont Ă©vacuĂ©s. En juin 2007, lâorganisation terroriste islamiste Hamas fait un putsch dans la Bande de Gaza, massacrant les reprĂ©sentants civils et militaires de lâAutoritĂ© palestinienne, achevant les blessĂ©s dans les hĂŽpitaux. VoilĂ comment le Hamas et dâautres groupes armĂ©s ont « libĂ©rĂ© » la bande cĂŽtiĂšre. Ils y appliquent la Charia intĂ©grale, ont aboli les droits des femmes, transforment les Arabes chrĂ©tiens en citoyens de seconde zone, exĂ©cutent les homosexuelsâŠ
Du 10 au 21 mai 2021, le lancement de roquettes de la bande de Gaza vers les agglomĂ©rations civiles israĂ©liennes du sud dâIsraĂ«l jusquâĂ des villes Ă©loignĂ©es de cette rĂ©gion au-delĂ de Tel-Aviv et du centre dâIsraĂ«l a dĂ©passĂ© le nombre de 4360 dont 680 tombĂ©es sur Gaza. Les roquettes puis la technologie pour les fabriquer sont fournies par l'Iran Ă qui le Hamas a prĂȘtĂ© allĂ©geance :
« Notre technologie est une technologie iranienne grĂące Ă nos frĂšres des gardiens de la rĂ©volution » (Le Monde â 19/05/2021). Cette allĂ©geance fait du Hamas un groupe supplĂ©tif du rĂ©gime des Mollahs comme le Hezbollah et les autres milices terroristes qui ont contribuĂ© au massacre de 388 000 civils et Ă provoquer lâexode de plus de 10 millions de Syriens.
Les partisans de la campagne « Free Palestine » falsifient les faits en appliquant ce slogan Ă des terroristes islamistes et des oppresseurs. Câest la population qui est sous leur joug quâil faut libĂ©rer. A ceux qui parlent de disproportion du nombre des victimes entre la Bande de Gaza et IsraĂ«l, il faut rappeler les faits :
Dâun cĂŽtĂ©, le Hamas, le Djihad islamique et autres cellules terroristes ont implantĂ© leurs rampes de lancement au cĆur de la population civile gazaouie, la prenant en otage. Ils sont donc coupables des morts et des blessĂ©s de part et dâautre. Les infrastructures de la bande cĂŽtiĂšre sont essentiellement militaires et rien nâest fait pour la population civile
CĂŽtĂ© israĂ©lien, le nombre relativement faible de victimes Ă dĂ©plorer est dĂ» Ă lâextraordinaire efficacitĂ© du dispositif du « DĂŽme de fer » qui a pulvĂ©risĂ© 90% des roquettes.
A dr : salves massives de roquettes tirĂ©es de Gaza, Ă g. âDĂŽme de ferâ qui les arrĂȘte (prĂ©sentĂ© par Rowan Dean de SkyNews Australia)
Les cibles sur lesquelles se concentre lâarmĂ©e israĂ©lienne Ă Gaza sont des objectifs militaires. Ils ont littĂ©ralement Ă©crasĂ© 100 km de tunnels offensifs dâun rĂ©seau appelĂ© « le mĂ©tro de Gaza ». Au regard de lâimbrication entre les cellules terroristes et la population civile gazaouie, le nombre de morts civils hĂ©las trop Ă©levĂ©, aurait pu ĂȘtre bien plus catastrophique, si Tsahal nâavait pris la prĂ©caution de prĂ©venir les habitants avant de bombarder les infrastructures militaires.
Ceux qui appellent Israël à retrouver le chemin du processus de paix ont raison sur le principe mais il y a des obstacles qui nécessitent que ces Etats velléitaires (les « Yakafonkon » de la géopolitique) prennent leur courage à deux mains et leurs responsabilités.
Car IsraĂ«l nâa pas Ă sa frontiĂšre nord, la Belgique, mais un Liban sous la fĂ©rule du Hezbollah hostile, une milice paramilitaire surarmĂ©e par lâIran (plus de 100 00 missiles et roquettes), terroriste et criminelle qui a commis des attentats sanglants partout dans le monde, dont le plus significatif est celui de lâAmia, une institution juive sociale, le 18 juillet 1994 Ă Buenos Aires, avec un bilan de 84 morts et 230 blessĂ©s. Les rĂ©solutions du Conseil de SĂ©curitĂ© (notamment la 1559) nâont jamais abouti au dĂ©sarmement du Hezbollah Nous voyons bien l'absence de soutien au Premier ministre libanais, Saad Hariri, quand il se bat encore aujourdâhui mĂȘme pour rĂ©tablir la souverainetĂ© de son pays et refuse de cĂ©der au Hezbollah et au « PrĂ©sident » Michel Aoun, « collabo » et marionnette de TĂ©hĂ©ran. Au nord-est dâIsraĂ«l, ce nâest pas le Luxembourg, câest la Syrie dâAssad, qui, en 10 ans de guerre, a connu plus de morts et de dĂ©placĂ©s que lâensemble du conflit israĂ©lo-arabe en 73 ans.
Au sud-ouest dâIsraĂ«l, ce nâest pas le pays basque, câest Gaza, une entitĂ© hostile qui dĂ©tient en otages deux civils israĂ©liens et les corps de deux soldats morts, Oron Shaul et Hadar Goldin.
Si IsraĂ«l signait un traitĂ© de paix avec lâAutoritĂ© palestinienne de Mahmoud Abbas et se retirait de Cisjordanie, combien faudrait-il de jours aux terroristes pour faire connaĂźtre Ă ce territoire le sort de Gaza en juin 2007 ? IsraĂ«l aurait alors Ă sa frontiĂšre est, non pas la Suisse, mais une autre entitĂ© hostile, une Cisjordanie passĂ©e entre les mains dâune organisation terroriste.
A ceux qui disent quâIsraĂ«l a un interlocuteur qui sâappelle le Hamas, nous disons :
Le Hamas ne cherche pas Ă construire un Etat, il ne cherche quâĂ dĂ©truire. Le traitement des ĂȘtres humains, de la faune et de la flore en dit long sur leurs intentions. Les ballons incendiaires et les cerfs-volants lancĂ©s de Gaza qui brĂ»lent les champs et les forĂȘts, asphyxient autant les IsraĂ©liens juifs et arabes que les Gazaouis. Les verts qui soutiennent cette politique de la terre brĂ»lĂ©e sont les premiers « Greenwashers » de la politique française.
La solution au Proche-Orient ne viendra pas dâune victoire militaire mais de la volontĂ© de part et dâautre de faire advenir un processus de paix bĂ©nĂ©fique pour toutes les populations.
Ce ne sera applicable que si lâAutoritĂ© palestinienne accepte de mettre en place des Ă©lections dĂ©mocratiques mais avant tout doit cesser de faire de ses manuels scolaires des brĂ»lots antisĂ©mites et sâengage Ă une Ă©ducation Ă la paix, arrĂȘte de confĂ©rer aux auteurs dâattentats, le statut de martyrs dont les familles sont grassement rĂ©munĂ©rĂ©es sur le dos des Palestiniens et des organisations internationales. Il appartient Ă tous les Etats de sâengager formellement Ă dĂ©sarmer les terroristes du Hamas et du Hezbollah, Ă aider lâAutoritĂ© palestinienne Ă reprendre pied Ă Gaza.
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