Un article sur lâInstitut Français de la Mode dans Madame Figaro (22/23 fĂ©vrier 2019, page 106, auteur : Marion Dupuis).

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Un article sur lâInstitut Français de la Mode dans Madame Figaro (22/23 fĂ©vrier 2019, page 106, auteur : Marion Dupuis).

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Art et mode (Nuit des DĂ©bats Ă lâIFM, 7 dĂ©cembre 2018)
Vendredi 7 dĂ©cembre 2018, l'IFM a participĂ© Ă la Nuit des DĂ©bats, avec un premier dĂ©bat sur le dĂ©veloppement durable ("comment dĂ©passer la collapsologie", avec JĂ©rĂŽme Cohen, fondateur et prĂ©sident d'Engage), suivi dâĂ©changes sur les relations actuelles entre mode et fĂ©minisme (avec Marion Herbaut, IFM/Management 2018) et enfin dâune table-ronde sur l'actualitĂ© des relations entre art et mode, avec Marie Delas (Paris Gallery Week-end + IFM/Entrepreneurs 2019), en conversation avec Jean-Paul Robin (galeriste) et Sarah Nefissa Belhadjali, artiste.
https://debat.paris.fr/home/2424/rencontre/7968
Ci-aprÚs un résumé de la table-ronde sur les relations entre art et mode en 2018, par Marie Delas.
Depuis une quinzaine dâannĂ©es, le dialogue de toujours entre lâart et la mode sâest illustrĂ© par un phĂ©nomĂšne croissant : les collaborations entre les artistes et les marques.Â
Comment expliquer cette dĂ©multiplication incessante?Â
Prenant le risque dâhypothĂšses simplistes, la mode veut-elle sâapproprier la crĂ©ativitĂ© que lâon trouve dans lâart contemporain ? Sâacheter une caution artistique ? Une authenticitĂ© ? Lâartiste garde-t-il son entiĂšre libertĂ© dâexpression dans cet exercice de style ?Â
En conversation avec Jean-Paul Robin, galeriste et Sarah Nefissa Belhadjali, artiste dont le travail porte en grande partie sur la mode et son systĂšme, Marie Delas (IFM/Entrepreneurs 2019) a passĂ© en revue certains exemples de collaborations et essayĂ© de cerner les risques des associations Ă outrance entre marques et artistes.Â
Quâil sâagisse de Jeff Koons ou Takashi Murakami chez Vuitton, Jean-Michel Othoniel chez Swatch, des carrĂ©s HermĂšs par divers artistes (Julio le Parc, BurenâŠ), de François Morellet chez Uniqlo et bien dâautres (liste non exhaustive ici), plusieurs remarques similaires surgissent : il semble que ce soient les stars du marchĂ© de lâart qui retiennent lâattention des marques et que ces collaborations ressemblent davantage Ă lâapposition dâune signature dâartiste sur des produits plutĂŽt quâĂ un vĂ©ritable travail de co-crĂ©ation. Au-delĂ de lâapplication facile, Ă©vidente, attendue du âmotifâ artistique, vient la question de la pertinence de telles productions, tirĂ©es en petit nombre dâexemplaires, et visiblement peu rentables. Le luxe, et la mode par extension, cherchent-ils donc simplement Ă couvrir leur image dâun vernis artistique, voire dans le meilleur des cas Ă sâimproviser en galeries dâart ?Â
Pour leur dĂ©fense, remarque un auditeur, les marques permettent Ă©galement dâamener lâart au plus grand nombre Ă travers de tels projets; pourquoi critiquer ?Â
Il est vrai, par la force de communication, lâampleur de leur moyens, les marques offrent aussi aux artistes un terrain de jeu inĂ©dit. En 2018, Jon Rafman sâest vu confier la scĂ©nographie du dernier dĂ©filĂ© Balenciaga, lâopportunitĂ© dâune Ćuvre marquante.Â
Bien que contraint, cet exercice composĂ© est aussi et souvent fait en bonne intelligence entre crĂ©ateurs de la mode et des arts visuels souligne une personne prĂ©sente dans lâassistance: Agnes B, Martin Margiela... le dialogue entre deux univers crĂ©atifs proches a naturellement Ă©tĂ© fĂ©cond. Rappelons Schiaparelli ou Yves Saint Laurent en leur temps...Â
Aujourdâhui sous dâautres formes aussi, les marques sâimpliquent auprĂšs des artistes avec des initiatives plus discrĂštes mais trĂšs engagĂ©es : la rĂ©sidence LVMH MĂ©tiers dâArt menĂ©e avec commissaire LĂ©a Chauvel-LĂ©vy pour soutenir la crĂ©ation Ă©mergente ou encore la maison Camille Fournet qui invite les artistes Ă utiliser le cuir, savoir-faire de la maison, comme mĂ©dium pour crĂ©er des oeuvres originales.Â
Autre approche, autre regard : les artistes sâemparent Ă©galement de la mode dans leur travail. Distance critique, analyse du systĂšme, dĂ©tournement, Sarah Nefissa Belhadjali avec Nouvelle Collection comme Tom Sachs avec ses plateaux de McDo HermĂšs et ses guillotines Chanel (1998) trouve dans la mode un vivier dâinspiration pour pousser la collusion art et mode Ă son maximum. Les pistes sont rĂ©ellement brouillĂ©es lorsque Nouvelle Collection vend des t-shirts pour financer une performance ou lorsque Tom Sachs accepte de signer des baskets pour Nike.
Quand Gagosian entreprend de vendre des skis siglĂ©s Jean-Michel Basquiat et sâapproprie Ă son tour le rĂŽle dâune marque de mode, il sâĂ©loigne du monde de lâart (sans aborder la question du respect du travail de lâartiste).Â
A force dâemprunts, dâironie et dâhumour, il semblerait donc que les deux univers se mĂȘlent de façon inextricable au point de ne plus pouvoir en dĂ©mĂȘler les fils. Qui utilise qui? La marque est-elle Jeff Koons ou Louis Vuitton?Â
De la gestion des images en e-commerce
Mardi 19 juin 2018, Thierry Maillet (Ooshot), Martin Gentil (Diatly) et VĂ©ronique Dahan (cabinet dâavocats August & Debouzy) sont intervenus Ă lâIFM sur les bonnes pratiques en matiĂšre de gestion des images dans le e-commerce, tant du point de vue technique que juridique.
Extraits de cette intervention :
« La France compte 220 000 sites marchands en 2018, et le marchĂ© français du e-commerce nâest pas tenu par Amazon ou eBay comme le sont lâAllemagne, le Royaume-Uni ou lâItalie » (Martin Gentil).
« Les marketplaces permettent aux gros opérateurs (comme les Galeries Lafayette ou La Redoute) de tester des marchés, sans stock, et permettent à de petites marques d'exister sans gros investissements » (Martin Gentil).
« Les marketplaces représentent 28% du volume d'affaires des sites qui les hébergent » (Martin Gentil).
« Le nombre de marketplaces en France augmente de +30% par depuis 8 ou 9 ans et ce nâest pas terminĂ© » (Martin Gentil).
« Aujourd'hui les frais de port doivent ĂȘtre gratuits dans le e-commerce (et bientĂŽt les frais de retour, comme en Allemagne, oĂč il y a en moyenne 50% de retours) » (Martin Gentil).
« Il y a une relation étroite entre e-réputation et qualité des images publiées sur les sites, sur Instagram et en e-commerce » (Thierry Maillet).
« Trop de marques de mode nâinvestissent pas (ou pas assez) dans la photo sur le e-commerce. Or il y a une corrĂ©lation trĂšs grande entre la qualitĂ© de la photo et les ventes » (Thierry Maillet).
« Une marque comme Sézane a pu se construire exclusivement sur deux piliers = Instagram et sa boutique du Sentier » (Thierry Maillet).
« On Ă©tait exposĂ© Ă 2000 messages publicitaires par jour (annĂ©es 1990) aujourdâhui on est sans doute plus proche de 10 000 » (Thierry Maillet).
« La photographie, un des derniers domaines des industries créatives en retard dans son industrialisation »... (Thierry Maillet).
« Une photo avec visage coĂ»te plus cher quâune photo sans visage » (Thierry Maillet).
« Est-ce que jâai acquis les droits dâauteurs de la photo ? Une des premiĂšres questions Ă se poser quand on fait du e-commerce » (VĂ©ronique Dahan).
A savoir : « le mannequin, en e-commerce, a un droit Ă lâimage » (VĂ©ronique Dahan).
« Il est possible d'utiliser des images avec la mention « creative commons » en taguant le nom du photographe » (Véronique Dahan).
« Un enjeu juridique important et Ă connaĂźtre : des marques rĂ©cupĂšrent des photos qui parlent dâelles sur les rĂ©seaux sociaux et les utilisent sans autorisation (et sans tags) pour leur propre communication » (VĂ©ronique Dahan).
A savoir : en matiĂšre de propriĂ©tĂ© intellectuelle, la crĂ©ation est protĂ©gĂ©e au nom de « l'empreinte de la personnalitĂ© de l'auteur » (VĂ©ronique Dahan). « Ne pas confondre droit patrimonial (droit dâexploiter une photo) et droit moral (droit de modifier une image) » (VĂ©ronique Dahan).
FESTIVAL IFM 2018 : « PLANETE MARS »
Vendredi 29/06 + samedi 30/06 2018 Au programme : des confĂ©rences, des rencontres, des performances, des expositions... Le thĂšme du festival, « planĂšte Mars », est un prĂ©texte pour parler de sujets et de figures relevant dâunivers et horizons lointains, surprenants, inĂ©dits, profondsâŠÂ Ce sera surtout lâoccasion dâaller chercher des idĂ©es un peu folles ou dĂ©rangeantes et de partir le plus loin possible pour mieux « penser le rĂ©el ». Les sujets abordĂ©s relĂšveront tout autant de lâart, de la musique, de la mode, de lâhistoire, que du domaine spatial et de lâastrophysique.
Inscriptions : https://www.eventbrite.fr/e/billets-festival-ifm-2018-planete-mars-46980048590
          Vendredi 29 juin
9h/9h30 Introduction : Damien Monnerie (IFM/Management 2018), LĂŻa Carrier-Thabaret (IFM/Management 2018), Lucas Delattre (IFM)âŠ
1Úre partie : marges et périphéries
9h30/10h30 Introduction au « BoP » (bottom of the pyramid) = pratiques et mĂ©thodes visant Ă permettre aux populations les plus pauvres (4 milliards de personnes vivent avec moins de 8 dollars par jour) de vivre mieux dans un monde dominĂ© par le capitalisme financier : https://www.novethic.fr/lexique/detail/bop.html Avec David Menasce, un Ă©conomiste qui a créé Azao, agence spĂ©cialisĂ©e dans l'Ă©conomie sociale et solidaire http://azao-consulting.com/ 10h30/12h Couture et psychiatrie Avec Gilles Marais, un comĂ©dien-costumier formĂ© en haute couture qui a travaillĂ© avec des malades psychiatriques dans diffĂ©rentes institutions (notamment Ă la clinique de La Borde) ainsi qu'au Samu social et au LHSS de Nanterre (lieu d'accueil pour SDF). 12h15/12h45 Gosha Rubchinskiy, « ovni de la mode » Camille Bolender (IFM/Management 2017) viendra parler de Gosha Rubchinskiy (nĂ© en 1984 Ă Moscou), un crĂ©ateur de mode et photographe qui sĂ©duit lâOccident et qui permet de poser des questions intĂ©ressantes sur lâesthĂ©tique « post-soviĂ©tique ».
2Ăšme partie : explorations spatiales 13h15/14h Mode et espace Les relations entre la mode et lâespace sont trĂšs riches, au moins depuis Apollo 11 (1969). Exploration par Yvane Jacob (IFM/Management 2012), et Gabrielle Moussafir (IFM/Management 2017). 14h/15h Mars, les enjeux d'une exploration future Les enjeux de l'exploration martienne depuis « Mars primitif », pĂ©riode durant laquelle la vie aurait pu apparaĂźtre jusquâaux enjeux actuels autour de Mars et l'exploration future de Mars. Avec Sylvain Bouley, planĂ©tologue et spĂ©cialiste de la planĂšte Mars, maĂźtre de confĂ©rences au dĂ©partement GĂ©osciences de l'UniversitĂ© Paris Sud/Orsay. http://geops.geol.u-psud.fr/spip.php?article709
15h/16h Prendre en compte lâunivers des « seniors ». Avec Catherine Marcadier-Saflix, fondatrice et dirigeante de « En Mode CrĂ©ation(s) », spĂ©cialiste de lâaccompagnement stratĂ©gique des marques de mode en matiĂšre de « silver-Ă©conomie »  Â
3e partie : tentatives dâalignement des planĂštes
16h/17h Du « bouillonnement crĂ©atif » en entreprise Comment provoquer et entretenir un « bouillonnement crĂ©atif » dans les entreprises ? Avec Anne ThĂ©venet-Abitbol, directrice Prospective et Nouveaux Concepts de Danone, dont le job est dâempĂȘcher le groupe Danone de tourner en rond, de jouer les Ă©lectrons libres et dâapporter des idĂ©es nouvelles dans tous les domaines. https://www.eveprogramme.com/10006/anne-thevenet-abitbol-femme-solaire/ PrĂ©sentation suivie dâun dĂ©bat avec BĂ©atrice Lecerf, consultante spĂ©cialiste de la transformation culturelle des organisations (https://www.workissime.com/)
 17h/18h Citoyens et consommateurs, mĂȘme combat ? Avec Xavier Romatet (ex-PDG de CondĂ© Nast France), qui explorera les contradictions entre notre statut de consommateurs et nos aspirations de citoyens.
4e partie : nouvelles frontiĂšres et nouveaux acteurs de lâespace
18h/19h Un « nouvel Ăąge spatial » (« New Space ») On assiste Ă un abaissement du prix de lâaccĂšs Ă lâespace et Ă une accumulation de projets spatiaux notamment sur la cĂŽte Ouest des Etats-Unis, autour de SpaceX (Elon Musk), de Blue Origin (Amazon/Jeff Bezos), et bien sĂ»r aussi de Google (Google Lunar X Prize et Constellation Starlink avec SpaceX) mais aussi de bien dâautres entreprises dont beaucoup de startups... Un nouvel Ă©cosystĂšme de lâespace est en train de se mettre en place, avec un environnement entrepreneurial dynamique. Quels sont les grands enjeux du « New Space » ? Avec HĂ©lĂšne Huby, qui a lancĂ©, avec deux ex-piliers de SpaceX, le fonds de capital-risque Global Space Ventures, dĂ©diĂ© aux start-up du spatial : https://www.challenges.fr/entreprise/aeronautique/helene-huby-la-tete-chercheuse-du-futur-spacex_580602 Julien Cantegreil, entrepreneur, ancien directeur juridique adjoint de Kering, fondateur et CEO de OurSpace Labs Ă Paris (technologies de rupture dans le domaine spatial), et prĂ©sident du collectif AsterIdea dĂ©diĂ© Ă la promotion des questions spatiales.
5e partie : galaxies créatives
19h/20h Christelle Kocher La créatrice de mode Christelle Kocher viendra avec plusieurs personnes de son entourage (membres de son « collectif », en particulier des artistes), dans l'esprit d'une « galaxie créative » ou de « plusieurs galaxies qui se rencontrent » sur tel ou tel projet. http://magazineantidote.com/mode/qui-est-christelle-kocher-releve-de-la-jeune-creation-parisienne/
20h15/21h15 Michel Gaubert Illustrateur sonore des plus grands dĂ©filĂ©s de mode. « Michel Gaubert est aujourdâhui le plus cĂ©lĂšbre illustrateur sonore de la mode, suivi par prĂšs de 200.000 followers sur Instagram - son « passe-temps ». Le mĂ©lomane fait dialoguer la musique avec les silhouettes qui dĂ©filent, dĂ©code la force dâun vĂȘtement, maĂźtrise lâimpact du son quand il est bien choisi » (Madame Figaro, septembre 2016). https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Gaubert
A partir de 21h15 : Une performance de Shibaura Sound System (sounds from Japan) https://soundcloud.com/shibaura-sound-system https://www.facebook.com/shibaurasounds
 Samedi 30 juin
1Úre partie : planÚtes sonores et musicales
10h/11h « Lâharmonie des sphĂšres » aux origines de la musique. Selon la thĂ©orie de l'harmonie des sphĂšres dĂ©fendue par Pythagore, «les planĂštes en tournant autour de la Terre gĂ©nĂšrent chacune un son d'autant plus aigu que la planĂšte est plus Ă©loignĂ©e de la Terre et que son mouvement est donc plus rapide. L'ensemble Ă©met une musique trĂšs douce que nous n'entendons pas en raison d'une inadaptation de nos sens» (source : Umberto Eco). Avec Violaine Anger, musicologue (CNSM + Ecole Polytechnique + UniversitĂ© dâEvry),: http://cercc.ens-lyon.fr/spip.php?article175 https://fr.wikipedia.org/wiki/Harmonie_des_sph%C3%A8res
11h/12h Composer de la musique Ă l'Ăšre de l'intelligence artificielle. Avec François Pachet, scientifique et musicologue, directeur du Creator Technology Research Lab chez Spotify https://bit.ly/2HpI7o4 https://www.francoispachet.fr/Â
12h/12h45 Lâ« intelligence artificielle Ă©motionnelle » au service de la curiositĂ© partagĂ©e PrĂ©sentation de Panodyssey, une nouvelle plate-forme de partage de contenus et de passions au service dâ« affinitĂ©s inattendues » : https://panodyssey.com/ Avec les co-fondateurs de Panodyssey : Alexandre Leforestier, CEO de Panodyssey (anciennement fondateur de Qobuz), Yann Rigo, CTO de Meetic, Emmanuelle Cotte, Head of Brand & Communications chez Panodyssey, Eric Denut, directeur artistique musique classique (Ensemble Modern, Universal Music, Radio France), contents advisor chez Panodyssey.Â
13h/13h20 PrĂ©sentation dâune installation sonore de Paul Emilieu Marchesseau, artiste et designer. Chaque personne est invitĂ©e Ă rencontrer lâartiste avec un morceau de musique dans son smartphone. GrĂące Ă un dispositif imaginĂ© par lui, les morceaux de chaque personne fusionneront et crĂ©eront une musique nouvelle. http://paulemilieu.com/
  2e partie : espaces artistiques
13h30/14h Lâespace comme « horizon littĂ©raire » Avec Christine Montalbetti, romanciĂšre, auteur notamment dâun roman « spatial », La vie est faite de ces toutes petites choses (Ă©ditions P.O.L., 2016) http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-3993-9Â
 De 14h Ă 19h : Might, un   collectif dâartistes numĂ©riques : vidĂ©o mapping, scĂ©nographie, sound   design, clip, illustrations visuelles et sonores :    https://www.instagram.com/might.digital/   On pourra visiter lâinstallation pendant les confĂ©rences ou pendant   les pauses, en particulier entre 17h et 17h30.
 14h/15h DĂ©lires crĂ©atifs en tous genres Avec CĂ©line du ChĂ©nĂ© (France Culture), auteure dâune EncyclopĂ©die Pratique des Mauvais Genres (Nada Editions, 2017), et qui rassemble ses chroniques sur France Culture, dans l'Ă©mission « Mauvais Genres » le samedi soir : cette EncyclopĂ©die constitue un abĂ©cĂ©daire illustrĂ© avec 26 portraits dâartistes « underground », explorant toutes sortes d'univers dĂ©lirants et poĂ©tiques. http://www.nada-editions.fr/?product=encyclopedie-pratique-des-mauvais-genres
3e partie : Mars = violence et « forces vives »
15h/16h Le « retour de la guerre » (ou retour du « dieu Mars ») Avec Jacques Audibert, ancien conseiller diplomatique de l'Elysée sous François Hollande et ancien directeur politique du Quai d'Orsay, avec Alain Frachon, ancien directeur du Monde et éditorialiste du journal spécialiste des questions internationales : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Audibert https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Frachon
16h/17h Voyager pour se trouver Avec Marine BarnĂ©rias, atteinte dâune sclĂ©rose en plaques, qui est partie seule, pendant huit mois au bout du monde, pour apprendre Ă se connaĂźtre et trouver un sens Ă sa vie. Elle a fait le rĂ©cit de ce voyage intĂ©rieur dans un livre de tĂ©moignage intitulĂ© Seper Hero (Ă©d. Flammarion). https://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/psychologie-et-developpement-personnel/seper-hero
 4e partie : Mars = Marseille
17h30/18h Marseille, ville créative Avec Lisa Mestre (IFM/Management 2018) et Marion GoutiÚre (IFM/Management 2013). Pourquoi Marseille ? Parce que « planÚte Mars » : https://fr.wikipedia.org/wiki/..._De_la_plan%C3%A8te_Mars
 5e partie : rencontre avec deux extraterrestres de la mode
18h/19h Afterhomework Pierre Kaczmarek (19 ans) et Elena Mottola (21 ans) ont lancĂ© la marque de prĂȘt-Ă -porter Afterhomework il y a quatre ans
Concert/conclusion
19h/20h Concert Avec Margaux Poser (IFM/Management 2018) Etienne Stoffel (IFM/Management 2018)

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Sophie Abriat (IFM/Management 2013) est la nouvelle rédactrice en chef du magazine EXHIBITION (parution deux fois par an) dont les co-fondateurs sont Edwin Sberro et Boris Ovini.
https://www.exhibition-magazine.com/
Avec 185 pages de photos, cartes blanches, sĂ©ries mode, rĂ©cits intimes et interviews fleuve, EXHIBITION mĂȘle la mode et la culture, lâart et le cinĂ©ma, le texte et lâimage. A lâoccasion de sa 10Ăšme publication EXHIBITION prĂ©sente un numĂ©ro âspĂ©cial familleâ : en exclusivitĂ© pour le magazine, Riccardo Tisci a photographiĂ© sa famille et son clan dans une sĂ©rie de 15 polaroĂŻds : sa mĂšre Elmerinda, sa muse Mariacarla Boscono, ses amis Carine Roitfeld, Irina Shayk ou encore Lea T. Dans une interview signĂ©e Jessica Michault, le designer raconte son annĂ©e de pause, aprĂšs douze ans passĂ©s Ă la direction artistique de Givenchy, et annonce son dĂ©sir de revenir le devant de la scĂšne. Dans le mĂȘme numĂ©ro, Valeria Bruni Tedeschi raconte Ă Pierre Lescure (âeditor at largeâ du magazine) ses souvenirs dâenfance. LâĂ©crivaine Anne Berest a confiĂ© en exclusivitĂ© Ă EXHIBITION un dessin de son arriĂšre-grand-pĂšre, le peintre Francis Picabia, baptisĂ© « La Famille ». Lâoccasion pour lâauteur de sâinterroger sur les liens entre vie de famille et crĂ©ation. Sophie Fontanel, icĂŽne dâInstagram aux 150 000 abonnĂ©s raconte pour la premiĂšre fois comment, au fil dâun long processus, ses âfollowersâ sont devenus comme ses âenfantsâ. Sophie Abriat a rencontrĂ© Robin Meason qui, avec son bureau de presse Ritual Projects, est Ă la tĂȘte dâune famille de douze marques qui renouvellent les codes de la mode (dont Vetements et Y/Project)... Collaborateurs rĂ©guliers du magazine : Pierre Debuschere, Dan Tobin Smith, Suzie + Leo, Thomas Lhor, Peter Philips. Nouveaux venus : Sophie Fontanel, Anne Berest, Greta Ilieva, Marcus Schaeffer, Monique Baumann, Marie Schiele.
Moriba-Maurice KonĂ© (IFM/Management 2012) interviewĂ© dans "Le Monde" (rubrique "L'Epoque") avec son associĂ© Steven Alexis, co-fondateur avec lui de la marque AppleCore ("une marque qui incarne la relĂšve du streetwear" selon Le Monde), sur le thĂšme du survĂȘtement. 14 octobre 2017
Hommage à Pierre Bergé
Mort de Pierre BergĂ©, mĂ©cĂšne et mentor, homme dâaffaires et dâengagements Le prĂ©sident du conseil de surveillance du « Monde » est mort vendredi, Ă Saint-RĂ©my-de-Provence, Ă lâĂąge de 86 ans. Le Monde | 08.09.2017 Par RaphaĂ«lle BacquĂ© Il est rare quâun homme dĂ©cide entiĂšrement de sa vie. Pierre BergĂ© sây est pourtant attelĂ© dĂšs lâadolescence. Il a voulu sortir de son milieu, croiser les Ă©crivains et les peintres en vue de son temps, devenir riche et user de son argent pour bĂątir sa propre aventure. Ces derniĂšres annĂ©es, lâhomme dâaffaires avait mĂȘme caressĂ© lâidĂ©e de dĂ©cider de lâinstant de sa propre fin. Militant de lâAssociation pour le droit de mourir dans la dignitĂ©, ce grand lecteur sâimaginait disparaĂźtre « Ă lâantique », en choisissant le moment, aprĂšs avoir vendu ses Ćuvres dâart et rĂ©digĂ© avec soin son testament. A la fin mars 2017, il sâĂ©tait mariĂ© avec le paysagiste Madison Cox, Ă©galement dĂ©signĂ© comme son exĂ©cuteur testamentaire, afin dâĂȘtre certain que ses derniĂšres volontĂ©s soient respectĂ©es. Une union dans la stricte intimitĂ© Ă la mairie de Benerville-sur-mer, et un dĂźner avec dix-huit invitĂ©s dans cette maison du Calvados quâil avait imaginĂ© comme une datcha donnant sur la Manche. Depuis, il avait consacrĂ© beaucoup de son temps Ă prĂ©parer chaque dĂ©tail des deux musĂ©es dĂ©diĂ©s Ă Yves Saint Laurent, Ă Paris et Ă Marrakech, quâil comptait inaugurer en octobre. La maladie aura pris ces projets de vitesse. Pierre BergĂ© est mort, vendredi 8 septembre, Ă lâĂąge de 86 ans, Ă Saint-RĂ©my-de-Provence (Bouches-du-RhĂŽne). Au Monde, dont il Ă©tait devenu en 2010 lâun des actionnaires, avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse, et dont il assurait la prĂ©sidence du conseil de surveillance, on ne le voyait quâexceptionnellement. Les chroniqueurs de mode, les critiques dâart et quelques journalistes politiques lâavaient parfois croisĂ©, au dĂ©tour de sa vie professionnelle ou de ses engagements. Mais Pierre BergĂ© sâĂ©tait rĂ©solu Ă exprimer ses avis de lecteur sur son compte Twitter, tour Ă tour colĂ©rique puis charmant, dur et gĂ©nĂ©reux, dâune culture trĂšs raffinĂ©e mais capable dâassĂ©ner des jugements Ă lâemporte-piĂšce. « Je suis un artiste manquĂ© », disait-il souvent, avant dâajouter : « On sây fait trĂšs bien⊠» Plonger dans sa vie Ă©quivaut pourtant Ă suivre un parcours follement romanesque, commencĂ© le 14 novembre 1930 Ă Saint-Pierre-dâOlĂ©ron (Charente-Maritime). Le pĂšre du jeune Pierre est fonctionnaire aux impĂŽts, sa mĂšre institutrice, soprano amateur et adepte de la mĂ©thode Montessori pour Ă©duquer ce fils unique auquel on laisse facilement la bride sur le cou. A La Rochelle, oĂč la famille sâest installĂ©e en 1940, lâadolescent sâest dĂ©jĂ fait exclure du lycĂ©e Fromentin. Le voilĂ qui quitte les Ă©preuves le jour du baccalaurĂ©at. « Ce sujet ne vaut rien, cela ne mâintĂ©resse pas du tout », a-t-il dĂ©crĂ©tĂ© en dĂ©chirant sa copie. A 17 ans, sans diplĂŽme, il a dĂ©jĂ dĂ©cidĂ© de changer de vie. Depuis des mois, passionnĂ© de littĂ©rature, il a Ă©crit Ă Giono et Ă Gide qui, dira-t-il plus tard, « a permis Ă beaucoup de gens, dont moi, de respirer un peu mieux et dâassumer ses choix ». Il est homosexuel et pressent dĂ©jĂ quâil lui faudra rompre avec sa jeunesse provinciale sâil veut mener son existence librement. Le voilĂ Ă Paris pour devenir journaliste. Premiers pas vers la vie rĂȘvĂ©e Il faut lâimaginer, jeune Rastignac, dĂ©couvrant la capitale. En octobre 1948, la foule acclame sur les Champs-ElysĂ©es le retour dâAmĂ©rique du boxeur Marcel Cerdan, et le jeune Pierre sâest mĂȘlĂ© Ă la liesse. Soudain, un homme tombe du ciel devant lui. Câest le poĂšte Jacques PrĂ©vert, qui vient de chuter accidentellement, par la fenĂȘtre dâun immeuble. Câest le dĂ©but de la lĂ©gende que va se construire Pierre BergĂ© : « Jâai toujours considĂ©rĂ© que câĂ©tait un signe du destin quâun poĂšte me tombe sur la tĂȘte Ă mon arrivĂ©e Ă Paris. » La France entame ses « trente glorieuses »  dans la gaietĂ© et lâoptimisme. Grand danseur, le jeune homme hante les boĂźtes de Saint-Germain-des-PrĂ©s en compagnie dâun ami, Guy Marchand. Le duo sâest avisĂ© de soutenir le combat de Garry Davis, ancien pilote de lâUS Air Force, qui vient de rendre son passeport amĂ©ricain pour se dĂ©clarer « citoyen du monde ». Au sein du comitĂ© de soutien, Pierre BergĂ© croise Albert Camus, AndrĂ© Breton, Vercors (pseudonyme de Jean Bruller), Jean Paulhan, et cet arĂ©opage brillant est dĂ©jĂ un premier pas vers la vie Ă laquelle il aspire. Il devient rĂ©dacteur en chef de La Patrie mondiale, un journal fondĂ© pour soutenir le combat de Garry Davis. Ce nâest quâun petit journal qui ne dĂ©passera jamais les deux numĂ©ros, mais les signatures sont celles de pigistes de luxe, Albert Camus, le poĂšte Maurice Rostand, ou le militant pacifiste Robert Jospin, pĂšre du futur premier ministre socialiste. François Mauriac peut bien fustiger ce mouvement, qui ne combat que dâun cĂŽtĂ© du rideau de fer et « enrichit le jeu de Staline dâune carte inespĂ©rĂ©e », Pierre BergĂ© lui rĂ©pond avec arrogance : « Cette classe dont vous faites partie (âŠ), qui a acceptĂ© 1914 et a prĂ©parĂ© 1939, cette classe, enfin, qui a tuĂ© JaurĂšs, Salengro et Gandhi, cette classe nous dĂ©goĂ»te ! » BergĂ© nâa que 19 ans et lâon reconnaĂźt dĂ©jĂ son style⊠Vie de couple avec Bernard Buffet Il faut bien, pourtant, gagner sa vie. Le jeune Pierre trouve un emploi de courtier Ă la librairie AnacrĂ©on, rue de Seine. Le jour, le jeune homme court les bouquinistes pour dĂ©nicher des Ă©ditions rares. Le soir, il accompagne son patron dans les boĂźtes de nuit. De La Rochelle, sa mĂšre sâinquiĂšte. Elle voudrait savoir : son fils est-il homosexuel par inclination, ce quâelle admettrait parfaitement, ou lâest-il par snobisme, pour mieux frĂ©quenter ce milieu dâartistes oĂč lâhomosexualitĂ© est frĂ©quente ? Il lui rĂ©pond en amoureux : un soir dâavril 1950, dans la galerie dâart de Maurice Garnier, presque voisine de la librairie, il a croisĂ© un jeune peintre, Bernard Buffet. « Il avait 20 ans, jâen avais 18 et, comme tous les coups de foudre, le nĂŽtre frappa Ă la vitesse de lâĂ©clair », Ă©crira-t-il plus tard. Le couple a dĂ©cidĂ© de sâinstaller en Provence, lĂ oĂč la lumiĂšre est plus vive. Le vieux mas quâils ont dĂ©nichĂ© Ă SĂ©guret est rustique, mais on voit les dentelles de Montmirail et, lâĂ©tĂ©, il est facile de rejoindre Orange et ses ChorĂ©gies. Buffet travaille dâarrache-pied, Pierre se charge des tĂąches domestiques, gĂšre les relations avec les marchands dâart. Quand il fait doux, ils partent en moto Ă lâassaut du mont Ventoux. Un jour, Pierre ose pousser jusquâĂ Manosque, oĂč rĂ©side Jean Giono, lu et admirĂ© depuis longtemps. LâĂ©crivain sâest plongĂ© depuis quatre ans dans la rĂ©daction du Hussard sur le toit, mais Gallimard lui a proposĂ© de publier sa biographie. Giono propose aux jeunes gens une idĂ©e : ils nâauront quâĂ sâinstaller chez lui, partageant les repas familiaux du dimanche, pendant que Pierre rĂ©digera le fameux livre. Ils y restent un an. Bernard peint. Pierre, lui, ne parvient pas Ă Ă©crire. Mais il pioche chaque jour dans lâimpressionnante bibliothĂšque de lâĂ©crivain. « Nous ne nous sommes jamais quittĂ©s, mĂȘme le temps dâun dĂ©jeuner, pendant huit ans », dira plus tard Pierre BergĂ© de sa relation avec Buffet. Sans doute est-ce lĂ quâil forge pour la premiĂšre fois sa personnalitĂ© de mentor. Les soirs de vernissage, lorsque le peintre est assailli par les critiques dâart, les admirateurs, câest Pierre qui rĂ©pond, entretient les conversations et organise les ventes des tableaux de son amant auprĂšs des acheteurs qui affluent du monde entier. Avec le succĂšs vient lâargent. On achĂšte un yacht que Pierre pilote. Avec le succĂšs viennent aussi les relations. Ils sont conviĂ©s au chĂąteau de La Colle Noire, la splendide propriĂ©tĂ© de Christian Dior, dans le Var, louent un appartement Ă Paris, dans le 16e arrondissement, et achĂštent bientĂŽt une maison Ă 20 km de la capitale, baptisĂ©e Manines. Les revoici Ă Paris, oĂč ils frĂ©quentent les clubs chics et le monde de la nuit. La rencontre avec Saint Laurent Toujours, Pierre BergĂ© a rĂȘvĂ© de mener une vie luxueuse de chĂątelain, comme celle que mĂšnent encore les derniĂšres grandes familles aristocratiques. A Manines, les dĂźners sont servis par des valets, la Rolls est conduite par un chauffeur en livrĂ©e et un jardinier sâoccupe Ă demeure des fleurs et pelouses. La presse et les admirateurs de Buffet tordent le nez. On juge quâil produit trop et que BergĂ© est en passe de transformer « un peintre de gĂ©nie en affaire commerciale ». De mauvais jeux de mots courent Paris sur « Buffet et sa commode » fleurant la jalousie et une mĂ©chante aversion pour ce que lâon appelle encore « la pĂ©dĂ©rastie ». Fuyant ce vent mauvais, le couple repart en Provence, oĂč il a achetĂ© une splendide bastide du XVIIe siĂšcle, dont les façades blondes donnent sur la montagne Sainte-Victoire. Le jour de la crĂ©maillĂšre, trois cents invitĂ©s se pressent autour dâeux, parmi lesquels les amis Cocteau, Giono et Roger Martin du Gard. Pierre BergĂ© nâa jamais Ă©tĂ© aussi riche, entourĂ©, admirĂ©. A peine a-t-il remarquĂ©, lors des obsĂšques de son ami Christian Dior, le 24 octobre 1957, un jeune homme fin et timide, entourĂ© de lâĂ©tat-major de la maison de couture en deuil. Yves Saint Laurent vient de prendre la succession de Christian Dior, et ni Bernard Buffet ni Pierre BergĂ© nâont vraiment entendu parler de lui avant dâĂȘtre conviĂ©s Ă son premier dĂ©filĂ©. Pierre ignore parfaitement ce quâest la mode, quâil tient pour une activitĂ© frivole. Mais la clientĂšle de la haute couture est parfois la mĂȘme que celle des marchands dâart, et le hasard a fait que la correspondante du Harperâs Bazaar convie le couple afin de leur prĂ©senter ce jeune couturier qui admire tant la peinture de Buffet. Faut-il que leur amour soit usĂ© pour que les deux compagnons dâautrefois regardent ailleurs en mĂȘme temps ? Pendant que Pierre succombe au charme dâYves, Bernard est tombĂ© fou amoureux dâune femme, Annabel May Schwob de Lure, mannequin et amie de Juliette GrĂ©co. Au mois dâaoĂ»t 1958, la rupture est consommĂ©e. Pierre BergĂ© sâinstalle Ă Paris avec Yves Saint Laurent, et Bernard Buffet Ă©pouse Annabel Ă Ramatuelle. Des annĂ©es aprĂšs le suicide de son ancien amant, BergĂ© le jugera sĂ©vĂšrement : « Un peu avant 30 ans, il avait abdiquĂ© (âŠ). Il aurait voulu revenir Ă la peinture telle quâil lâavait aimĂ©e dans son enfance. CâĂ©tait trop tard. Jâavais Ă©tĂ© complice, probablement coupable. Jâavais tant cru Ă son gĂ©nie »(Les jours sâen vont je demeure, Gallimard, 2003). Yves Saint Laurent, lui, nâa que 21 ans, et il doit assumer la succession de Dior. Câest une tĂąche Ă©crasante, mais Pierre BergĂ© a tout de suite pris Ă cĆur de jouer auprĂšs de lui son rĂŽle favori : celui de super-agent. Yves est timide. Pierre exige quâon le traite en star. Yves est harassĂ© de travail. Pierre se mĂȘle de toute la chaĂźne de fabrication de haute couture. Yves est souvent irascible, angoissĂ©, volage. Pierre se montre rassurant et inĂ©branlable. Il nâentendait rien Ă la mode jusque-lĂ , mais a dĂ©couvert un milieu raffinĂ© autant quâune industrie, et cela lui plaĂźt. Actif en coulisses La guerre dâAlgĂ©rie fait rage, cependant, et le jeune couturier est appelĂ© sous les drapeaux, comme tous les Français de son Ăąge. A la seule idĂ©e de rejoindre lâarmĂ©e, Saint Laurent sombre dans une dĂ©pression nerveuse. DĂ©jĂ , le propriĂ©taire de Dior, Marcel Boussac, cherche une parade. Si son couturier vedette est incapable de partir se battre tout autant que de travailler, il faut lui trouver un remplaçant, et Marc Bohan paraĂźt prĂȘt Ă la relĂšve. Dans la coulisse, pourtant, BergĂ© sâactive. Il a chargĂ© un jeune et brillant avocat, Jean-Denis Bredin, dâattaquer la maison Dior pour rupture abusive de contrat. Mais comment annoncer Ă Yves ce licenciement, lui qui paraĂźt si fragile ? Il sâattendait Ă voir son compagnon sâeffondrer, câest tout le contraire. « Nous allons fonder notre maison ensemble. Je dessinerai les collections, et tu la dirigeras ! », annonce Yves soudain ragaillardi. Encore faut-il trouver de lâargent. AprĂšs avoir fait le tour de toutes leurs relations, Pierre BergĂ© nâa dĂ©nichĂ© quâun homme dâaffaires amĂ©ricain ayant fait fortune dans les assurances, Jesse Mack Robinson, pour investir. Il faut aussi prĂ©parer le retour mĂ©diatique, comme on ne dit pas encore, dâYves Saint Laurent. Cette fois, câest le mannequin favori et amie, Victoire, justement mariĂ©e Ă Roger ThĂ©rond, le mythique patron de Paris Match, qui sâen charge. Le 7 octobre 1961, lâhebdomadaire annonce le lancement de la maison Saint Laurent. Lors de la soirĂ©e qui suit, une petite foule dâinvitĂ©s brillants, parmi lesquels Jean Cocteau et Françoise Sagan, se presse dans le nouvel appartement du couple, place Vauban. BientĂŽt, la maison Saint Laurent sâinstallera rue Spontini. Un Ă©crin pour abriter leur amour, le gĂ©nie de lâun, et le sens des affaires de lâautre. « Nos plus belles annĂ©es » Lorsquâil parlait de cette Ă©poque, Pierre BergĂ© disait volontiers: « Cela a Ă©tĂ© nos plus belles annĂ©es. » Ce sont en tout cas les annĂ©es qui ont le mieux inspirĂ© les biographes, les cinĂ©astes, les journalistes tant ce nouveau couple paraĂźt complĂ©mentaire, tumultueux, et pour tout dire romanesque. DĂšs sa premiĂšre collection, Yves Saint Laurent a Ă©tĂ© sacrĂ© comme un nouveau grand maĂźtre de la mode. De Liliane Bettencourt Ă la baronne Guy de Rothschild, les anciennes riches clientes de Dior accourent chez ce gĂ©nie des couleurs et de la coupe qui fait dâelles des femmes modernes, Ă©lĂ©gantes et apparemment libres. DâemblĂ©e, Pierre BergĂ© a fixĂ© les prix des robes et des manteaux : ils seront alignĂ©s sur ceux de Dior, comme si le dĂ©butant Ă©galait dĂ©jĂ son ancien mentor. Les annĂ©es 1960 voient la sociĂ©tĂ© de consommation exploser dans tous les domaines. Il faut moderniser, internationaliser, diversifier. Se lancer dans le prĂȘt-Ă -porter, aussi, et dĂ©velopper les licences. Pierre BergĂ© a eu lâidĂ©e de lancer un parfum, baptisĂ© Y, et ce succĂšs apporte aussitĂŽt de lâargent frais. Pour rĂ©pondre Ă CourrĂšges et Cardin qui habillent les femmes comme des hĂ©roĂŻnes de science-fiction, Saint Laurent rĂ©plique avec une collection inspirĂ©e de deux peintres abstraits, Mondrian et Poliakoff. Cette fois, les ventes sâenvolent. PremiĂšre boutique de prĂȘt-Ă -porter En 1966, les voilĂ qui ouvrent leur premiĂšre boutique de prĂȘt-Ă -porter, Saint Laurent Rive gauche. Ils ont voulu un endroit Ă©lĂ©gant et une ligne trĂšs chic, dont la marraine nâest autre que Catherine Deneuve, quâYves a entiĂšrement habillĂ©e pour le tournage de Belle de jour, de Luis Buñuel. Toutes les femmes en vue de lâĂ©poque, de Françoise Giroud Ă Jeanne Moreau, lui emboĂźtent le pas. La rĂ©partition des tĂąches au sein du couple BergĂ©-Saint Laurent est la mĂȘme quâau temps du couple BergĂ©-Buffet. A Yves, la crĂ©ation. A Pierre, les relations avec les grands critiques et la conduite de lâentreprise. Leur complĂ©mentaritĂ© est parfaite. Yves est un inquiet, fragile, angoissĂ©. Pierre est dĂ©terminĂ©, autoritaire, souvent colĂ©rique. Mais ce sont tous deux des Ă©rudits, passionnĂ©s de peinture, de littĂ©rature et dâopĂ©ra. Pour se reposer de la fatigue des collections, ils ont achetĂ© Ă Marrakech une trĂšs belle maison, quâYves a aussitĂŽt baptisĂ©e « la maison du serpent », et quâil a peinte et meublĂ©e avec un goĂ»t exquis. Ils y mĂšnent une vie trĂšs libre, entourĂ©e dâamis riches et cultivĂ©s qui viennent dans ce nouveau Saint-Tropez nord-africain. Pierre BergĂ© a renouĂ© avec ce train de vie dispendieux et Ă©lĂ©gant auquel il a toujours aspirĂ© et frĂ©quente ces grands noms de lâaristocratie qui mĂšnent une existence oisive et sâhabillent en Saint Laurent. Lui qui lit peu les magazines ne manque jamais, chaque mois, LâIntermĂ©diaire des chercheurs et curieux, et ses notices nobiliaires et gĂ©nĂ©alogiques. A Marrakech, il frĂ©quente lâincroyable riad de la comtesse Charles de Breteuil, donne des fĂȘtes oĂč se pressent les Krupp von Bohlen und Halbach, HĂ©lĂšne Rochas, ThadĂ©e Klossowski, Loulou de la Falaise, Adolfo de Velasco. En France, les bals proustiens que donnent Guy et Marie-HĂ©lĂšne de Rothschild lâenchantent. Rien ne le ravit plus que dâaller en week-end dans ces chĂąteaux de lâaristocratie française oĂč les convives arrivent avec leur personnel et oĂč les parties de chasse ressemblent Ă celle de La RĂšgle du jeu, de Jean Renoir. Cela nâempĂȘche nullement BergĂ© de tenir la maison dâune main de fer. Certains critiques â dont Nathalie Mont-Servan, du Monde â nâont pas aimĂ© la collection LibĂ©ration dâYves en 1971 ? Il leur interdit lâentrĂ©e du dĂ©filĂ©, lâannĂ©e suivante. La diversification Il nâempĂȘche, la haute couture est menacĂ©e. Coco Chanel est morte en 1971. Les femmes actives jurent bien plus par les jeunes crĂ©ateurs et devant la menace, Pierre BergĂ© imagine en 1973 un regroupement qui deviendra bientĂŽt la Chambre syndicale du prĂȘt-Ă -porter des couturiers et des crĂ©ateurs de mode dont il prend la prĂ©sidence. Rue de Babylone, le couple a emmĂ©nagĂ© dans un superbe appartement dĂ©corĂ© Ă grands frais par Jacques Grange, dont ils ont fait un incroyable musĂ©e. Dans le salon, une toile de Fernand LĂ©ger cĂŽtoie un GĂ©ricault et un Mondrian. Des chandeliers du XVIIe siĂšcle entourent une sculpture de Brancusi. Sur des tables arts dĂ©co de Jean-Michel Franck ont Ă©tĂ© disposĂ©s des bronzes Renaissance. Le salon de musique, laquĂ© de rouge, a des allures de fumerie dâopium. Opium, câest justement le nom quâYves a choisi de donner au nouveau parfum que la maison entend lancer. Dans certains pays, dont les Etats-Unis, cela fait scandale. Nâest-ce pas faire lâapologie de la drogue ? Mais BergĂ© tient bon. Tout juste admet-il de modifier le slogan publicitaire â « Pour celles qui sâadonnent Ă Yves Saint Laurent » â pour le marchĂ© amĂ©ricain. Câest un immense succĂšs. DĂ©sormais, sous lâimpulsion de son PDG, qui a compris lâimportance de la diversification, la marque YSL ne fait plus seulement des vĂȘtements, mais aussi des fragrances, du maquillage et des produits de beautĂ©. Vie commune infernale Le soir, le couple hante les soirĂ©es du Sept, au 7 de la rue Sainte-Anne, dont le propriĂ©taire Fabrice Emaer, 1,92 m et la mĂšche blond platine, accueille toute la faune Ă©lectrisĂ©e des nuits parisiennes dâun « Bonsoir, bĂ©bĂ© dâamour ! » Yves se perd dans ces nuits blanches. Au cours dâune soirĂ©e, il a rencontrĂ© Jacques de Bascher, jeune favori de Karl Lagerfeld Ă la beautĂ© magnĂ©tique. Câest un dandy vĂ©nĂ©neux qui tourne les cĆurs. Amoureux, le gĂ©nie de la haute couture multiplie avec lui les orgies dâalcool et de drogue. A plusieurs reprises, il a fallu lâhospitaliser pour de longues pĂ©riodes qui le laissent exsangue. Pour prĂ©server lâentreprise, Pierre BergĂ© donne le change. Mais la vie commune est devenue infernale. Le 3 mars 1976, BergĂ© dĂ©cide de quitter lâappartement de la rue de Babylone aprĂšs dix-huit annĂ©es de vie commune et sâinstalle dans une suite de lâHĂŽtel Lutetia. Cela ne lâempĂȘche pas de continuer Ă protĂ©ger le crĂ©ateur de ses dĂ©mons. Câest lui qui trouve les mĂ©decins, paye les factures, organise la vie quotidienne, veille Ă sa tranquillitĂ© lorsque le couturier crĂ©e ses somptueuses collections. « Il enferme Yves », murmurent ses dĂ©tracteurs, prompts Ă le dĂ©crire en despote. En vĂ©ritĂ©, Pierre BergĂ© continue dâadmirer et dâaimer son ancien compagnon. Il multiplie Ă travers le monde de grandes expositions rĂ©trospectives autour des crĂ©ations Saint Laurent. Au Metropolitan Museum de New York, au MusĂ©e des beaux-arts de PĂ©kin, Ă lâErmitage de Leningrad, des millions de personnes peuvent admirer lâartiste ainsi exposĂ© de son vivant. Entretenir la lĂ©gende de leur couple Veut-il entretenir la lĂ©gende de leur couple ? Pierre BergĂ© continue dâacheter des propriĂ©tĂ©s oĂč le duo pose ensemble pour les magazines : la villa Majorelle Ă Marrakech, le chĂąteau Gabriel en Normandie oĂč Jacques Grange a reconstituĂ© une charmante datcha russe, la villa LĂ©on lâAfricain Ă Tanger, entre la MĂ©diterranĂ©e, qui rappellera au couturier son enfance Ă Oran, et lâAtlantique, chĂšre Ă lâancien natif dâOlĂ©ron. BergĂ© a appris Ă piloter hĂ©licoptĂšres et avions et emmĂšne Yves dans son bimoteur Agusta rejoindre ces retraites somptueuses. Câest aussi lĂ , dans les jardins redessinĂ©s par le paysagiste Madison Cox devenu le plus proche ami de lâhomme dâaffaires et aujourdâhui son exĂ©cuteur testamentaire, que sont souvent photographiĂ©s les derniers modĂšles haute couture, dans un foisonnement de philodendrons gĂ©ants et de yuccas rappelant les tableaux du Douanier Rousseau. Le duo, de fait, est irrĂ©mĂ©diablement soudĂ©, et Yves Saint Laurent le dit sans dĂ©tour : « Sans toi, je ne serais peut-ĂȘtre pas celui que je suis. Sans moi, je ne lâespĂšre mais je le pense, tu ne serais pas ce que tu es. Ce grand aigle Ă deux tĂȘtes qui cingle les mers, dĂ©passe les frontiĂšres, envahit le monde de son envergure sans pareille, câest nous. » Aigle Ă deux tĂȘtes⊠Pendant quâYves multiplie les collections Ă©blouissantes, Pierre BergĂ© sâattache Ă assurer lâavenir de la maison. Bien conscient que le marchĂ© de la haute couture dĂ©croĂźt inexorablement, Pierre BergĂ© entend racheter Charles of the Ritz, qui garde le contrĂŽle des parfums stars signĂ©s Saint Laurent. Il y parvient grĂące Ă Alain Minc, qui lui apporte un nouveau partenaire, Carlo De Benedetti, par lâintermĂ©diaire de sa holding française Cerus. En 1987, le groupe est dĂ©sormais lâun des gĂ©ants du luxe de 2,5 milliards de francs et 2 600 salariĂ©s. Deux ans plus tard, le groupe est introduit avec succĂšs en Bourse. SĂ©duit par François Mitterrand Cela ne suffit par Ă Pierre BergĂ©. Jusque-lĂ , lâhomme dâaffaires est restĂ© classiquement un Ă©lecteur de la droite bourgeoise. Mais il aime ĂȘtre au cĆur du pouvoir, et depuis que la gauche est arrivĂ©e aux affaires, il nâa pas Ă se plaindre des socialistes. Le ministre de la culture Jack Lang a permis dĂšs 1982 aux crĂ©ateurs de dĂ©filer dans la Cour carrĂ©e du Louvre, Danielle Mitterrand porte souvent du Saint Laurent, et BergĂ© est devenu lâun des donateurs de la Fondation France LibertĂ©s lancĂ©e par la premiĂšre dame. François Mitterrand, surtout, le sĂ©duit. Devenu le principal actionnaire de Globe, un nouveau magazine lancĂ© par Georges-Marc Benamou avec Bernard-Henri LĂ©vy, il met le journal au service de la réélection du prĂ©sident socialiste. Les vieux mitterrandistes tordent le nez devant les flatteries trop appuyĂ©es de ce patron qui offre des Ă©ditions rares au chef de lâEtat. Mais Ă peine réélu, Mitterrand le fait nommer Ă la tĂȘte de lâOpĂ©ra de Paris. Est-ce parce quâil veut y rĂ©gner sans partage ? Quelques mois aprĂšs son arrivĂ©e, Pierre BergĂ© provoque un scandale en renvoyant le chef dâorchestre Daniel BarenboĂŻm. Celui-ci est le plus fameux chef du moment. Il nâa pas cachĂ© son mĂ©pris Ă lâĂ©gard de BergĂ©, quâil tient tout juste pour un amateur Ă©clairĂ©, et nâa pas lâintention de se laisser dicter le programme de la saison par un patron de la haute couture. Mais Pierre BergĂ© a sans doute sous-estimĂ© la force de la renommĂ©e du chef de lĂ©gende. Câest un tollĂ© international. Les critiques contre son arrogance et son autoritarisme qui, jusque-lĂ ne dĂ©passaient pas le petit monde de la mode sont dĂ©sormais publiques. BergĂ© tient bon. Il parvient Ă ouvrir le nouvel OpĂ©ra Bastille Ă temps pour les cĂ©lĂ©brations du bicentenaire de la RĂ©volution française, en 1989, mais termine son mandat, en 1994, dans un climat social tendu. Son amitiĂ© avec François Mitterrand nâen finit pas, cependant, de susciter les polĂ©miques. Le rachat, le 19 janvier 1993, du groupe Saint Laurent par Sanofi, filiale du groupe Elf dirigĂ© par LoĂŻk Le Floch-Prigent, un affidĂ© du prĂ©sident, pour 3,6 milliards de francs soulĂšve tous les soupçons. Ce rachat en pleine crise, pour un prix Ă©quivalent Ă dix-huit fois les bĂ©nĂ©fices dâYSL, nâest-il pas une bonne maniĂšre de Mitterrand Ă lâĂ©gard de celui qui a financĂ© ses campagnes ? BergĂ©, fin nĂ©gociateur, est de plus parvenu Ă obtenir que les nouveaux acquĂ©reurs rachĂštent sa commandite contre le versement de 350 millions de francs Ă chacun des fondateurs, Yves Saint Laurent et lui-mĂȘme. DĂ©fenseur de la lutte contre le sida Voici venu le temps du Pierre BergĂ© mĂ©cĂšne. PropriĂ©taire de la brasserie de luxe Prunier, dâune sociĂ©tĂ© de vente dâart, du magazine militant gay TĂȘtu, lâhomme dâaffaires prend la prĂ©sidence du comitĂ© Mac Orlan qui gĂšre les autorisations dâexploitation de lâĆuvre de lâĂ©crivain, celle du comitĂ© Cocteau, finance la restauration de la maison dâEmile Zola Ă MĂ©dan (Yvelines). La lutte contre le sida tient en lui un de ses plus fervents et riches dĂ©fenseurs et il soutient une partie importante de la recherche et de lâaccompagnement des malades. Il avait rĂ©cemment donnĂ© un prolongement artistique Ă cet engagement en produisant 120 battements par minutes, le film de Robin Campillo sur lâaventure dâAct Up, Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 2017, saluĂ© par toute la critique, qui vient de sortir en salles. Il continue aussi de financer des campagnes Ă©lectorales, soutient Bertrand DelanoĂ« en campagne pour la Mairie de Paris en 2001, SĂ©golĂšne Royal, lors de la prĂ©sidentielle de 2007, le courant de Vincent Peillon en 2009, jusquâĂ Emmanuel Macron, en 2017. En 2009, il a choisi de vendre une grande partie de sa collection dâĆuvres dâart et use de son argent pour militer en faveur du mariage pour tous, soutenir la procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e et la gestation pour autrui pour les couples homosexuels, financer des mises en scĂšne théùtrales, des expositions, des festivals. Et des journaux. En 2010, il Ă©tait devenu actionnaire du Groupe Le Monde en clamant avec ironie : « Je nâai pas eu le bac, mais jâai achetĂ© Le Monde. » Il lisait le journal avec attention, comme les autres publications du groupe (LâObs, Courrier international, TĂ©lĂ©rama, La Vie), contestant tel article, dĂ©sapprouvant telle critique publiquement tout en se fĂ©licitant que « les journalistes continuent de nâen faire quâĂ leur tĂȘte ». Il continuait aussi dâaider, dâentretenir mĂȘme, une dizaine dâamis, assistants, compagnons qui lâaccompagnaient Ă lâOpĂ©ra, au théùtre, Ă des lectures publiques. Depuis 2009, il avait dĂ©clarĂ© publiquement ĂȘtre atteint de myopathie. Depuis, il combattait crĂąnement la maladie. Avec arrogance, ironie et profondeur, comme il avait menĂ© sa vie.
A Shanghai, Jia Cheng (IFM/Management 2015), a créé avec deux associĂ©s la marque âZowooâ, qui propose des objets dâartisanat en bois. Une boutique-atelier de la marque se trouve au grand magasin âRĂ©elâ (mĂ©tro : Jingan Temple), Ă lâĂ©tage âDo It Yourselfâ oĂč dâautres marques proposent Ă tout un chacun de mettre la main Ă la pĂąte et de produire ses propres objets (cuir, cĂ©ramique, peinture...). Cette formule rencontre visiblement un grand succĂšs, les ateliers ne dĂ©semplissent pas.
Franck Delpal a soutenu aujourd'hui (mercredi 28 juin 2017) avec succĂšs sa thĂšse en sciences Ă©conomiques Ă l'UniversitĂ© Paris-Dauphine. Sujet de la thĂšse : "Analyse des pratiques dâintĂ©gration verticale par les entreprises du luxe en France et en Italie. Illustration dans le secteur textile-habillement-cuir". RĂ©alisĂ©e sous la direction de Sophie MĂ©ritet Ă lâUniversitĂ© Paris-Dauphine. Le jury Ă©tait composĂ© de : William James Adams, Professeur - UniversitĂ© du Michigan, Rapporteur Olivier Bouba Olga, Professeur - UniversitĂ© de Poitiers, Rapporteur Anna Creti, Professeur - UniversitĂ© Paris-Dauphine Dominique Jacomet, Directeur GĂ©nĂ©ral de lâIFM Sophie MĂ©ritet, MaĂźtre de confĂ©rences - UniversitĂ© Paris-Dauphine, Directrice de ThĂšse Pascal Morand, PrĂ©sident ExĂ©cutif de la FĂ©dĂ©ration de la haute couture et de la mode
RĂ©sumĂ© de la thĂšse : "Contrairement au mouvement dâexternalisation constatĂ© depuis plusieurs dĂ©cennies dans le secteur textile-habillement-cuir, les entreprises appartenant au segment du luxe affichent un degrĂ© dâintĂ©gration verticale de plus en plus poussĂ©. Ce travail de thĂšse sâattache Ă mettre en lumiĂšre les causes et les consĂ©quences de cette stratĂ©gie en mobilisant les concepts et les mĂ©thodes de lâĂ©conomie industrielle. Le fonctionnement spĂ©cifique de lâindustrie du luxe nous amĂšne Ă privilĂ©gier une approche micro-Ă©conomique basĂ©e sur des donnĂ©es qualitatives et quantitatives recueillies sur 21 entreprises, ainsi que des modĂšles Ă©conomĂ©triques menĂ©es sur 18 dâentre elles. Cette thĂšse montre que la stratĂ©gie dâintĂ©gration verticale mise en Ćuvre par les entreprises rĂ©pond en premier lieu Ă une recherche dâefficience productive et de captation de rente. Elle a eu pour effet de renforcer les barriĂšres Ă lâentrĂ©e existantes sur le segment du luxe et contribuĂ© Ă accroĂźtre les performances des acteurs installĂ©s".

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"Modes, Ă la ville, Ă la scĂšne" : une exposition Ă voir au Centre National du Costume de Moulins (jusquâau 17 septembre 2017).
Petit compte-rendu dâune visite de lâexposition avec des Ă©tudiants IFM (vendredi 19 mai 2017) en prĂ©sence de la commissaire de l'exposition Catherine Join-DiĂ©terle, ancienne directrice du MusĂ©e Galliera qui a Ă©galement créé, en 2007, la chaire de la mode et du costume Ă lâEcole du Louvre. http://www.cncs.fr/modes-%C3%A0-la-ville-%C3%A0-la-sc%C3%A8ne
Ă partir des collections du CNCS et de prĂȘts extĂ©rieurs, lâexposition prĂ©sente les influences rĂ©ciproques de la mode et du costume de scĂšne, du XVIIIe siĂšcle aux annĂ©es 2000.
Trois figures de comédiens célÚbres permettent de résumer le propos de cette exposition :
1) Justine Favart (née en 1727, morte en 1772). https://fr.wikipedia.org/wiki/Justine_Favart
« Plus de vĂ©ritĂ©, plus de couleur locale » : telle fut lâidĂ©e de Justine Favart.
En 1753, Justine Favart a parodiĂ© « Le Devin du village », un opĂ©ra de J.-J. Rousseau, et en a fait une piĂšce, « Bastien et Bastienne », oĂč elle a provoquĂ© une rĂ©volution dans le costume parce qu'elle y apparaissait « en habit de laine, telle que les villageoises en portent; une chevelure plate, une simple croix d'or, les bras nus et des sabots ». Cette nouveautĂ© dĂ©plut Ă quelques critiques. Mais un autre les fit taire en disant : « Messieurs, ces sabots-lĂ donneront des souliers aux comĂ©diens ».
Dans une autre piÚce, la « Comédie des Sultanes », on vit pour la premiÚre fois de « véritables habits des dames turques », les costumes ayant été fabriqués à Constantinople.
A partir notamment de lâexemple de Justine Favart, on constate que le théùtre du XVIIIe siĂšcle a permis de faire triompher trois phĂ©nomĂšnes de mode : -La mode des « turqueries » -La mode du « bon vieux temps » (« Ă la Valois », « Ă l'espagnole »...) -La mode de la « paysannerie ».
A connaĂźtre : -Madame de Pompadour en jardiniĂšre et en sultane : deux tableaux de Charles AndrĂ© van Loo (1747). https://fr.wikipedia.org/âŠ/Fichier:Charles_Andr%C3%A9_Van_L⊠http://www.madamedepompadour.com/âŠ/galâŠ/pittura/loo/loo1.htm -Le tableau « Ă la sultane » ornait la « Chambre turque » de la marquise de Pompadour au ChĂąteau de Bellevue, Ă Meudon. -Les tableaux « turcs » de Jean-Etienne Liotard https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-%C3%89tienne_Liotard
A savoir : -Au XVIIIe siĂšcle, on constate une « folie de théùtre » partout dans les classes aisĂ©es, avec 300.000 personnes qui sont Ă la fois passionnĂ©es de mode et de théùtre (vers 1720). -Se rĂ©pand vers 1780 la mode des « robes Ă la turque », avec Ă©charpes et ceintures. -On s'habille « Ă la turque » mĂȘme pour jouer des piĂšces comme « L'Orphelin de la Chine » (Melle Clairon).
2) François-Joseph Talma (1763-1826), dit « Talma », trÚs célÚbre comédien du début du XIXe siÚcle. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Joseph_Talma
Lâexposition parle notamment du rĂŽle de Talma (Titus) dans la piĂšce "Brutus" de Voltaire. La toge quâil porta dans ce rĂŽle crĂ©a un scandale (pour la premiĂšre fois, on voyait les jambes nues dâun comĂ©dien sur scĂšne). Cette toge, trĂšs dans lâesprit des tableaux de David Ă©galement contemporain, inspira celle du Conseil des Cinq-Cents, sous le Directoire. https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_Cinq-Cents Sa « coiffure Ă la Titus » inspira hommes et femmes de lâĂ©poque. http://www.tetue.net/coiffure-a-la-titus
3) Sarah Bernhardt (1844-1923) A la fin du XIXe siĂšcle, le rĂŽle de Sarah Bernhardt sur la mode fut considĂ©rable : elle inventa le collet (façon Renaissance) qui se rĂ©pand trĂšs largement grĂące Ă elle autour de 1900 (cf les tableaux de BĂ©raud). Sarah Bernhardt a popularisĂ© le corset muni d'une proĂ©minence factice (« ligne mĂ©tro » ou « ligne en S », autour de 1900). Origine : la dĂ©formation de la taille de Sarah Bernhardt pour raisons de santĂ© (le ballonnement de son estomac, dont elle souffrit Ă partir de lâĂąge de 40 ans). Cette mode a Ă©tĂ© adoptĂ©e par tous les couturiers.
A noter : -A partir de Sarah Bernhardt, un triangle de mode sâĂ©tablit durablement, celui qui relie (toujours aujourd'hui) les actrices, la couture et les journaux de mode. -Sarah Bernhardt a popularisĂ© le kimono en France. -Au XIXe siĂšcle, les bals costumĂ©s ont Ă©tĂ© des lieux de transition entre la scĂšne et la vie quotidienne, autrement dit un moyen de « tester » les modes inspirĂ©es du théùtre. -Sarah Bernhardt, ClĂ©o de MĂ©rode et bien dâautres comĂ©diennes de la fin du XIXe et du dĂ©but du XXe siĂšcle ont Ă©tĂ© des « icĂŽnes de mode » pour des marques de mode ou de cosmĂ©tiques.
SoirĂ©e rock Ă lâIFM vendredi 10 mars 2017 : confĂ©rences + du son et des images. EntrĂ©e libre sur inscription ([email protected]).
Au programme :
Au cours de la soirée, des illustrations musicales seront délivrées en "live" par Gilles Coronado (guitare solo). https://www.youtube.com/watch?v=KygmyrXbiik
19h à 19h45 Brice Partouche, créateur de la marque April 77 et expert pointu de musique rock, parlera des relations entre mode et rock (conversation avec Jeff Gaudinet, graphiste).
20h Ă 20h45 L'extraordinaire histoire de Roger Rossmeisl, « stradivarius » du rock, sera racontĂ©e par Luc Quelin, qui rĂ©alise en ce moment-mĂȘme un film sur lui. https://en.wikipedia.org/wiki/Roger_Rossmeisl A propos de Roger Rossmeisl : des Beatles aux Who, de GĂ©nĂ©sis Ă Clash, ses guitares et ses basses ont fait la lĂ©gende du rock. Et pourtant ce crĂ©ateur de gĂ©nie est mort dans la misĂšre et lâanonymat⊠Allemand Ă©migrĂ© aux US en 1953, il mĂ©riterait dâĂȘtre aussi cĂ©lĂšbre que Stradivarius. Berlin, Chicago, New York, lâaprĂšs-guerre, lâAllemagne en ruines, New York, la passion de la lutherie, la rĂ©volution rock des 60âsâŠ
21h à 21h45 Frank Zappa, par Gero von Randow, ancien correspondant de Die Zeit à Paris, passionné de rock et de Zappa en particulier.
22h Ă 22h45 Dominic Lamblin, producteur historique et ami des Rolling Stones, viendra parler de ses souvenirs personnels de Mick Jagger, Keith Richards, Ron Wood, Charlie Watts et mĂȘme Brian Jones. Dominic Lamblin a traversĂ© en tant que producteur (notamment Ă la Warner) plusieurs dĂ©cennies du rock et de pop auprĂšs d'artistes comme Led Zeppelin, Donna Summer, Michel Berger, VĂ©ronique Sanson, Neil Young, Rod Stewart et surtout les Rolling Stones. Il vient de publier chez Larousse Satisfaction - Comment j'ai survĂ©cu 40 ans aux cĂŽtĂ©s des Rolling Stones (octobre 2016), un ouvrage co-Ă©crit avec François SalaĂŒn. http://www.editions-larousse.fr/satisfaction-comment-jai-survecu-40-ans-aux-cotes-des-rolling-stones-9782035931344
Photo : Paul Simonon en train de démolir sa basse au Palladium de New York, septembre 1979 (photo : Pennie Smith).
Louise Van den Bogaert (IFM/Management 2011) among the 30 most promising people in the Belgian fashion scene, according to Knaack Weekend (February 2017). http://weekend.knack.be/lifestyle/magazine/30-onder-30/article-normal-817989.html
Pour une école doctorale dédiée à la mode, par Dominique Jacomet (IFM)
"En France, paradoxalement, la mode a Ă©tĂ© longtemps considĂ©rĂ©e comme un impensĂ©. LâuniversitĂ© ne sâen est jamais saisie", dĂ©plore Dominique Jacomet, directeur de lâIFM (Institut français de la mode), dans une interview Ă AEF (26/10/2016).
"Nous avons du mal Ă considĂ©rer la mode et le luxe comme un secteur industriel majeur. Pourtant, la France est leader mondial et câest 600 000 emplois directs. Câest un atout : les Ătats-Unis ont Hollywood, nous, nous avons la mode, câest notre soft power."
Dominique Jacomet plaide ainsi pour que "Paris se dote dâune Ă©cole doctorale dĂ©diĂ©e Ă la mode", car "tous ceux qui nous sollicitent et ne trouvent pas de rĂ©ponse adĂ©quate se tournent vers Londres", et pour faire Ă©voluer "le dispositif de mastĂ©risation". "Nous devons nous adapter, et il faut aussi que le monde acadĂ©mique accepte de sâadapter Ă ce que nous sommes", dit-il.
AEF : Pouvez-vous nous dresser succinctement un panorama de lâenseignement supĂ©rieur français en matiĂšre de mode, et la place quây occupe lâIFM ?
Dominique Jacomet : Le paysage français est fragmentĂ©. Câest le rĂ©sultat de notre histoire. En dehors de rares cursus universitaires (Lyon et Marseille), il existe un Ă©tablissement dâenseignement supĂ©rieur, lâEnsad, aux effectifs limitĂ©s, et un Ă©tablissement de la Ville de Paris, lâĂcole DuperrĂ©, qui prĂ©pare notamment au DiplĂŽme SupĂ©rieur dâArts AppliquĂ©s (DSAA). Nombre dâĂ©tablissements sont privĂ©s. Certains sont des associations Ă but non lucratif et reconnues par lâĂtat, comme lâIFM, créé par les professionnels et le ministĂšre chargĂ© de lâIndustrie. LâIFM et lâĂcole de la Chambre syndicale de la Couture Parisienne ont dĂ©cidĂ© de se rapprocher pour constituer un nouvel ensemble dont les formations (niveaux Bachelor et Master) seront opĂ©rationnelles Ă la rentrĂ©e 2018. Dâautres Ă©tablissements privĂ©s sont Ă but lucratif comme Esmod ou lâInstituto Marangoni et bien dâautres.
AEF : Pourquoi lâoffre publique est-elle si pauvre dans ce secteur ?
Dominique Jacomet : En France, paradoxalement, la mode a Ă©tĂ© longtemps considĂ©rĂ©e comme un impensĂ©. LâuniversitĂ© ne sâen est jamais saisie. Nous avons un rapport trĂšs ambivalent Ă la mode et au luxe, entre reconnaissance (Voltaire) et critique (Rousseau) - la mode serait superflue, frivole. Ce dĂ©bat du XVIIIe siĂšcle a laissĂ© des traces. Nous avons du mal Ă considĂ©rer la mode et le luxe comme un secteur industriel majeur. Pourtant, la France est leader mondial et câest 60 0000 emplois directs. Câest un atout : les Ătats-Unis ont Hollywood, nous, nous avons la mode, Câest notre âsoft powerâ.
Câest pour cela quâil faut absolument que Paris se dote dâune Ă©cole doctorale dĂ©diĂ©e Ă la mode, comme cela existe dans le monde anglo-saxon dans le domaine des "fashion studies". Beaucoup de doctorants sâintĂ©ressent Ă ce secteur. Il faut crĂ©er une communautĂ© de recherche, et le faire rapidement, car tous ceux qui nous sollicitent et ne trouvent pas de rĂ©ponse adĂ©quate se tournent vers LondresâŠ
AEF : Les choses semblent un peu Ă©voluer cependant, avec la constitution de deux pĂŽles "mode" Ă Paris, celui que vous construisez autour de lâIFM et lâĂcole de la Chambre Syndicale dâune part, et celui qui est en train de naĂźtre au sein de PSL, portĂ© par lâEnsad, Dauphine et Mines ParisTech. Pourquoi cela bouge-t-il maintenant ?
Dominique Jacomet : Dâabord il y a le poids des grandes marques françaises et celui de "Paris capitale de la mode", qui rayonne. LâĂ©cosystĂšme français de la mode est trĂšs ouvert sur lâinternational. La haute couture, fondĂ©e par un Anglais (Charles-Frederick Worth), a toujours Ă©tĂ© cosmopolite. Ă Paris dĂ©filent pendant la Fashion Week 50 % de marques Ă©trangĂšres. Et Ă lâinternational, Chanel ou Dior font rĂȘver⊠Il y a une prise de conscience.
Mais il reste deux trous bĂ©ants : le doctorat, comme je viens de le souligner, et le dispositif de mastĂ©risation. Avec le processus de Bologne qui a Ă©tabli partout le systĂšme LMD, les Ă©tudiants sont attentifs aux diplĂŽmes de Bachelor et de Master. La concurrence internationale est rude. Nous devons nous adapter, et il faut aussi que le monde acadĂ©mique accepte de sâadapter Ă ce que nous sommes. La situation Ă©volue positivement. LâIFM, qui accueille 40 % de boursiers et dĂ©livre des diplĂŽmes visĂ©s par lâĂtat, fait dĂ©sormais partie dâune CommunautĂ© d'universitĂ©s et Ă©tablissements [Comue] (hĂ©Sam). Je suis en poste depuis 2007 et je peux tĂ©moigner que le regard a changĂ©.
AEF : Quel type de diplÎmes délivrez-vous actuellement ?
Dominique Jacomet : Depuis le 1er septembre 2012, le Programme Postgraduate de Management Mode, Design et Luxe a reçu le visa du MinistĂšre de lâEnseignement SupĂ©rieur et de la Recherche pour son diplĂŽme de niveau bac + 5 pour une durĂ©e de 6 ans. Et nous venons dâobtenir Ă©galement le visa pour le diplĂŽme de notre Programme Postgraduate de CrĂ©ation de Mode, qui accueille une trentaine dâĂ©tudiants. Par le rapprochement avec lâĂcole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, nous allons couvrir tout le spectre du CAP au niveau Master, en passant par le Bachelor - pour lequel la question de lâattribution des grades aux Ă©tablissements privĂ©s devra aussi ĂȘtre posĂ©e - et, jâespĂšre, le doctorat, avec trois piliers : design, savoir-faire technique et management.
Savoir-faire textile et territoire : lâexemple de Pantin
Extraits dâune discussion entre Pascal Gautrand et AurĂ©lie Lorriaux, designer textile), dans le cadre de la Biennale Emergences (jeudi 13 octobre 2016, Centre National de la Danse, Pantin).
Extraits de la présentation (compte-rendu : Perrine Sprimont).
Pascal Gautrand : Pantin, un territoire en profonde mutation => d'une société trÚs industrialisée aux frontiÚres de Paris à une société plus artisanale et surtout trÚs créative qui entre dans un rapport trÚs fort avec le consommateur. Exemple : les métiers d'art de Chanel et la manufacture HermÚs.
Aurélie Lorriaux : On rencontre plein d'artisans et d'artistes installés à Pantin maintenant. Cette émulation est trÚs agréable. Cela crée une communauté de personnes, avec une vraie sensibilité produit, qui se comprennent tout en faisant des choses différentes. Il y a une proximité qui permet d'aller trÚs vite.
Aujourd'hui on assiste à un engouement pour le savoir-faire aprÚs quelques années de minimalisme. On apprécie le fait main, les matiÚres trÚs texturées, le toucher. On reconnait la patience et le travail. Certains directeurs artistiques sont plus sensibles à l'ennoblissement des matiÚres que d'autres. Dans cette optique on a besoin de gens à moitié artisans et à moitié créatifs pour dialoguer avec eux et répondre à leurs attentes. D'autres DA, au contraire, ne s'intéressent qu'à l'uni et à la coupe. Certains DA sont conscients de tout le travail de recherche technique en amont pour proposer des échantillons à point.
L'ennoblissement touche à la teinture, à la broderie, à la sérigraphie, etc. C'est en quelque sorte un laboratoire de recherche trÚs créatif au niveau du design mais aussi au niveau technique. Il s'agit de trouver de nouvelles maniÚres de faire et de toujours s'adapter au client.

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La nature de la couleur : enjeux actuels de la couleur naturelle
âAujourd'hui on est tellement envahi par les molĂ©cules de synthĂšse que l'on ne se rend plus compte que la couleur est un luxeâ.
Extraits dâune confĂ©rence dans le cadre de la Biennale Emergences sur le renouveau de la teinture naturelle (jeudi 13 octobre 2016, Centre National de la Danse, Pantin). En marge dâune exposition sur âla nature de la couleurâ, dont il est commissaire, Pascal Gautrand (IFM/Management 1999) a animĂ© une table-ronde avec Isabelle Rodier et ClĂ©ment Bottier, designers textile (Ki fabrik), ClĂ©mence Genestar (CdeG), Isabelle Castel Brenac (Greenâing), Elodie PĂ©tel (Tinteus). Compte-rendu : Perrine Sprimont (IFM/Management 2011).
Pascal Gautrand : L'industrialisation de la couleur naturelle, quels enjeux ? Pourquoi les colorants naturels sont intéressants pour les designers ?
Isabelle Rodier : L'enjeu c'est de convaincre les designers et les industriels qu'il y a d'autres maniĂšres de produire. Avec les colorants naturels on peut proposer au consommateur des produits locaux, Ă©cologiques et Ă©thiques. Il y a tout Ă faire pour dĂ©velopper cette thĂ©matique. Beaucoup d'expertises doivent converger. Cela nĂ©cessite de travailler Ă la fois sur les colorants et sur de nouvelles machines. Les designers ont beaucoup Ă apporter pour dĂ©poussiĂ©rer cette image vieillotte des colorants naturels et encourager une dĂ©marche vers l'industrialisation. Pour un designer, d'un point de vue chromatique, les colorants naturels ont la capacitĂ© de faire vibrer les couleurs et donc les tissus de maniĂšre exceptionnelle. On a envie que cette justesse existe en tant que produit. On a besoin d'avoir des circuits autres, Ă cĂŽtĂ© de la production de masse. On a besoin de produits qui ont plus de sens. Mais il y a des freins Ă l'utilisation industrielle de colorants naturels. Les industriels sont rĂ©ticents Ă l'utilisation de colorants naturels car ces derniers sont plus sensibles Ă la qualitĂ© de l'eau et Ă son PH. Les colorants chimiques sont plus stables et donc plus faciles d'usage. L'industrie textile s'est formĂ©e et a progressĂ©  parallĂšlement avec les colorants de synthĂšse. La technique des colorants naturels en est restĂ©e oĂč elle en Ă©tait au XIXĂšme siĂšcle. Il y a tout un travail Ă faire.
Clémence Genestar : Je me suis tournée vers les teintures naturelles car elles sont en lien avec une vision d'excellence. La beauté des couleurs est incomparable. Cette excellence a un prix, il faut que les clients l'acceptent. Il faut justifier le coût en racontant l'histoire de toute la chaßne. Il y a un effort de communication à faire vis à vis du consommateur.
Clément Bottier : Les colorants naturels coûtent cher, certes, mais cela ne représente au final qu'une petite partie du coup de la production.
Clémence Genestar : Le problÚme c'est qu'il n'existe pas de budget teinture chez les créateurs. Le couleur est un ennoblissement. Il semble étonnant qu'on ne le paye pas. Il faut que cela reprenne une place. Aujourd'hui on est tellement envahi par les molécules de synthÚse que l'on ne se rend plus compte que la couleur est un luxe. Pour les industriels, le coût des colorants est anecdotique et pourtant c'est lui qui coûte le plus cher en termes humains et environnementaux.
ClĂ©ment Bottier : Il faut cependant bien comprendre que les colorants naturels ne sont pas travaillĂ©s pour remplacer les produits de synthĂšse. Ă cette Ă©chelle de masse, cela ruinerait la planĂšte. L'intĂ©rĂȘt est spĂ©cifiquement dans relocalisation, dans le travail Ă façon. Il s'agit d'imaginer des consommations avec d'avantage de sens.
Voici les startups et jeunes marques créatives de la Fashion Tech qui ont exposé leurs produits ou services cet aprÚs-midi (13/10/2016) à l'IFM (2/2).
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