Avant tout ça, il y a eu elle.
Ma plus belle mais aussi ma pire rencontre. Une amitié qui a vu le jour grâce à un plan de classe pas très malin et la chaleur du radiateur derrière nos chaises qui nous a couvée.
Elle a été mon coup de foudre amical, mon âme sœur, m’a moitié pendant l’espace d’une année.
Ce qui est tragique c’est qu’une amitié toxique, on ne se rend compte que trop tard qu’elle était malsaine, que la passion était trop forte pour ne pas laisser de séquelles. Elle a été exigeante mais je l’ai été bien plus qu’elle... Le plus triste c’est qu’à la fin de l’histoire, elle s’en tire mieux que moi.
J’aime à me dire que la cassure est survenue par sa faute, ça me rassure et me fait du bien... Pourtant je sais bien que dans un couple, même si celui ci est amical, il faut être 2 pour tout construire et il faut aussi être 2 pour tout casser.
J’ai fait tellement pour elle, je me suis tellement dépensée, qu’elle ne pouvait pas me rendre le change, elle n’en avait pas les capacités. Je me soupçonne même d’avoir fait exprès de mettre la barre très haute tout en sachant qu’elle ne pourrait l’atteindre, juste pour lui reprocher si un jour tout tournait au vinaigre. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé malheureusement.
Elle est la première personne à qui j’ai dit « Je t’aime », une marque d’affection à cette petite sœur que je n’avais jamais eu, une marque d’affection à mon double qui n’avait de différent de moi que la provenance du sang qui coulait dans ses veines. Nos pensées ne formaient qu’un, nos mouvements étaient coordonnés, je la connaissais par cœur et j’étais capable de prédire les réactions qu’elle allait avoir.
Cette relation m’a permis de sortir de ma zone de confort, de toujours aller plus loin pour lui faire plaisir, d’avoir toujours des challenges plus grands.
Après la « rupture », elle est devenue mon obsession. Je scrutais le moindre de ses faits et gestes sur les réseaux sociaux où elle a toujours été très active chaque jour et même plusieurs fois pendant la journée. Je stalkais le moindre de ses déplacements grâce à sa localisation et je la haïssais du plus profond de mon cœur. En écrivant c’est mots, j’ai vraiment l’impression qu’à cette époque j’avais de graves problèmes mentaux et que je me rapprochais dangereusement d’une psychopathe. En même temps j’ai l’impression que c’est justifié (même si ça ne l’est absolument pas), je souffrais tellement et elle était la cause de ce malheur que je ne méritais pas. Je n’étais que Jalousie, Haine et Envie. J’avais l’impression constante que je souffrais mais que elle, ça ne lui faisait rien de ne plus me voir.
Après cette rupture, il y a eu un vide dans ma vie. Une place vacante. Un trou béant.
Je ressentais la folle envie qu’elle revienne vers moi, je me sentais pathétique de vouloir quémander son attention mais en même temps cela me semblait vitale. Je me remercie aujourd’hui d’avoir eu assez de fierté pour ne pas me montrer si pathétique à vouloir m’attacher alors que tout était terminé.
J’étais exactement le cliché du mec bourré en soirée qui rappelle son ex pour lui dire qu’il l’aimait encore même s’il n’y a aucune chance qu’elle le reprenne. J’en avais conscience, ma parole avait dépassé ma pensée (enfin tout ce que je me retenais de lui dire était enfin sorti), rien ne serait plus comme avant.
Il m’a fallut plus d’un an pour accepter qu’on ne redeviendrait plus jamais amie. Ce qui est bizarre c’est que je ne souhaitais pas que ça redevienne comme avant, c’était impossible, je ne voulais pas reprendre contact mais en même temps je n’arrivais pas à passer à autre chose...
Je pense que le plus dur à été de surmonter la peur d’être seule, apparue à la fin de notre dernière conversation. Cette peur infondée d’être seule alors qu’on est très bien entourée. Cette peur qui nous fait nous dire « Je suis seule et je le resterai toute ma vie »
Aujourd’hui je me sens plus sage vis à vis de cette histoire. Cela fait plusieurs année maintenant que tout est terminé entre nous deux et en y repensant je ne ressens plus grand chose. Il m’arrive encore de temps en temps de checker son Instagram pour comparer sa vie à la mienne, de vouloir lui faire ressentir de l’envie face à ma situation... mais ca va mieux quand même. J’ai vraiment accepté la situation, je suis calme quand j’y pense et tous les mauvais sentiments ne m’habitent plus.
Je n’ai jamais touché aux photos de nous deux accrochées dans ma chambre. Elles sont là, reliques d’une époque où nous étions heureuses ensemble, où nous étions amies. Cette fille et toute sa famille ont fait partie de ma vie et on une place dans mes années lycées. Lorsque j’aurai des enfants, je leur parlerai d’elle, de ce que j’ai vécu, ce que cela m’a appris et comment j’en suis ressortie.
J’aimerai dire « ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort » mais après s’être moqué de cet adage avec ma psy, je préfère dire « ce qui ne nous tue pas, nous fait quand même bien mal sa mère ».