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Métro boulot dodo
Le cirque de lâoubli.
DerniĂšrement jâai vĂ©cu beaucoup de choses. Mon absence en tĂ©moigne. Virus respiratoire, insomnie, les Ă©lectros trop vieux qui lĂąchent.
La sensation de travailler dans le beurre parce quâil y a toujours qqch Ă payer.
MĂ©tro, boulot, dodo. Câest un rythme de vie et des situations qui arrivent Ă tout le monde.
Mon cheminement personnel est encore rĂ©cent et je suis en pĂ©riode dâadaptation. Et honnĂȘtement câest le cirque de lâoubli. Jâoublie doĂč je viens et oĂč je mâen vais parce que toutes ces choses mâĂ©puisent. Et câest lĂ le piĂšge, je retombe dans mes vieux patterns rapidement.
Ont se laisse convaincre que ce mĂ©tro, boulot, dodo câest ça la vie. Que non! Câest la routine ce nâest pas le tout. DerriĂšre je suis quand mĂȘme celle qui a fait un an de thĂ©rapie. Celle qui Ă©crit des confĂ©rences. La femme mariĂ©e.
Tout mon cheminement ne sâefface pas Ă cause de la fatigue de la routine.
Il faut impĂ©rativement ce le rappeler. Moi premiĂšre. Ont devient tellement obnubilĂ© par le Day to day quâon oublie tout le reste. Ăa peut ĂȘtre trĂšs lourd.
Quand on vit avec lâhypersensibilitĂ© et un diagnostic en santĂ© mentale, il faut parfois faire un effort conscient pour se rappeler que notre valeur ne se mesure pas Ă notre niveau dâĂ©nergie ou Ă notre productivitĂ©. Les journĂ©es oĂč lâon survit ne viennent pas effacer toutes celles oĂč lâon a grandi.
Alors aujourdâhui, je me fais une promesse. Celle de ne pas laisser le mĂ©tro, boulot, dodo me faire oublier qui je suis. Je suis bien plus que mes factures, mes horaires et mes Ă©lectromĂ©nagers qui rendent lâĂąme. Je suis une femme qui a appris Ă se relever. Une femme qui continue dâavancer, mĂȘme quand elle a lâimpression de piĂ©tiner.
Parce quâau fond, le vĂ©ritable danger nâest pas la routine. Câest dâoublier la personne que lâon est devenue. Et ça, je refuse que le cirque de lâoubli gagne.
Ce que lâon prend pour acquis
Il est Ă©trange de constater Ă quel point lâĂȘtre humain sâhabitue vite au bonheur.
Un emploi devient une routine.âšUne maison devient simplement « chez nous ».âšUne voiture devient un moyen de transport.âšLa santĂ© devient normale.âšLes personnes que lâon aime deviennent une prĂ©sence Ă©vidente.
Puis un jour, la vie nous rappelle que rien de tout cela nâest garanti.
Nous passons souvent notre temps Ă dĂ©sirer ce que nous nâavons pas, en oubliant tout ce que nous possĂ©dons dĂ©jĂ . Pourtant, il existe des personnes qui rĂȘveraient dâavoir un emploi oĂč se rendre le matin. Dâautres donneraient beaucoup pour avoir un toit sĂ©curitaire, une voiture fiable, un repas sur la table ou quelquâun qui les attend Ă la maison.
La gratitude ne consiste pas Ă nier les difficultĂ©s. Elle ne dit pas que tout est parfait. Elle nous invite simplement Ă reconnaĂźtre que, mĂȘme au milieu des dĂ©fis, il existe dĂ©jĂ des richesses dans notre vie.
Personnellement, jâapprends Ă voir autrement des choses que je considĂ©rais comme banales. Aller travailler. Pouvoir conduire. Rentrer chez moi. Partager un repas avec mon mari. Ces gestes paraissent ordinaires⊠jusquâau moment oĂč lâon rĂ©alise quâils sont en rĂ©alitĂ© des privilĂšges.
Prendre conscience de cela change notre regard. Nous cessons peu Ă peu de vivre dans le manque pour commencer Ă vivre dans lâapprĂ©ciation.
Aujourdâhui, je tâinvite Ă faire un exercice trĂšs simple. Regarde autour de toi et demande-toi : quelles sont les trois choses que je considĂšre comme normales, mais qui sont en rĂ©alitĂ© de vĂ©ritables cadeaux?
Tu seras peut-ĂȘtre surpris de dĂ©couvrir que le bonheur ne se cache pas toujours dans ce qui nous manque, mais bien dans ce que nous possĂ©dons dĂ©jĂ et que nous avions cessĂ© de voir.
La gratitude nâefface pas les Ă©preuves. En revanche, elle nous aide Ă traverser la vie avec un cĆur plus lĂ©ger et un regard plus riche.
LUI
Il y a des gens qui remplissent une piĂšce dĂšs quâils y entrent. Mon mari, lui, la remplit souvent⊠en musique.
Il est musicien. Chez lui, la musique nâest pas un passe-temps, câest une façon dâĂȘtre. Il Ă©coute constamment de la musique, mĂȘme pour dormir. Il chante en cuisinant, en conduisant. Il fredonne sans mĂȘme sâen rendre compte. Les mĂ©lodies lâaccompagnent partout, et avec les annĂ©es, elles sont devenues la bande sonore de notre vie.
Il est aussi incroyablement drĂŽle. Pas parce quâil cherche Ă faire rire Ă tout prix, mais parce quâil possĂšde ce talent rare de dĂ©dramatiser les choses. Nos chicanes sont rares, non pas parce que nous sommes toujours dâaccord, mais parce quâil trouve presque toujours une façon de transformer une tension en Ă©clat de rire. Câest une qualitĂ© que jâadmire profondĂ©ment.
Quand la vie me bouscule, et oui ça mâarrive đ il sait instinctivement quoi dire. Il ne prĂ©tend pas avoir toutes les rĂ©ponses. Il trouve simplement les mots qui apaisent, qui redonnent espoir et qui me rappellent que je ne suis jamais seule.
Je sais aussi quâil porte beaucoup sur ses Ă©paules. Je le vois. Pourtant, il avance avec une force tranquille, sans se plaindre. MĂȘme lorsque les journĂ©es sont plus lourdes, il choisit de sourire. Ce nâest pas de lâinsouciance; câest une forme de courage que jâadmire Ă©normĂ©ment.
Il est intelligent, charismatique, charmeur⊠mais ce sont ses qualitĂ©s de cĆur qui me touchent le plus. Sa patience, sa comprĂ©hension, sa bienveillance et cette capacitĂ© Ă rendre la vie plus lĂ©gĂšre simplement par sa prĂ©sence.
Je mesure chaque jour la chance que jâai de partager ma vie avec lui. Câest un mari extraordinaire. Et si on me demandait aujourdâhui si je voudrais encore lâĂ©pouser, ma rĂ©ponse serait exactement la mĂȘme quâil y a quatre ans.
Oui.
Et je le choisirais encore. Et encore. Sans la moindre hésitation.
Je tâaime Marc.
CHRONIQUE
Terrasse devant lâhĂŽpital
Mme Rose Bonbon
De mon observatoire, cette terrasse nichĂ©e au 3e Ă©tage jâai pu observer rĂ©cemment une dame. Elle porte toujours du rose, des montures rose un chandail rose et des accessoires de diffĂ©rentes teintesâŠde rose.
Elle mâa dĂ©jĂ accostĂ© pour me dire oh vous aimez les tattoos? Moi aussi jâai un tatouage en me montrant un papillon. Une autre fois alors que je partais pour le travail elle mâa de nouveau interpellĂ© pour me dire oh vous aimez le rose? Moi aussi! Jâai toujours du rose.
Tout ça est bien inoffensif mais cela la mise sur mon radar je la vois souvent passer et effectivement elle porte toujours du rose. Et ma curiositĂ© sâest enflammĂ©!
Pourquoi est-elle toujours Ă lâhĂŽpital? Pourquoi le rose? Vous commencez Ă me connaĂźtre chers lecteurs! Jâai bien sĂ»r continuĂ© lâobservation.
Puis un soir que je revenais du travail je lâai recroisĂ©e mais cette fois elle nâĂ©tait pas seule. Elle accompagnait un jeune homme qui avait une canne de basse vision! Oh?
Et je lâai revue plusieurs fois avec le mĂȘme jeune homme les soirs.
Vous vous demandez oĂč je mâen vais avec ça! Je vous entends dire mais ont sâen tamponne le coquillart! Voyez-vous câest exactement ça que jâoffreâŠde lâobservation!
Et ce fut comme une rĂ©vĂ©lation. Elle est si extravertie avec son rose mais derriĂšre la façade qui sait ce quâelle cache ?
Un enfant handicapĂ©? Du bĂ©nĂ©volat? Je ne sais pas et le simple fait de me dire quâelle aussi a une histoire rend la chose fascinante.
Ce que je veux dire par lĂ câest que cela anime chez moi ma compassion. Nous avons tous une histoire que lâon aille Ă lâhĂŽpital ou non.
Nous avons tous une histoire que nous aimions le rose ou mĂȘme que nous soyons marrons Ă pois vert. La chose humaine Ă faire câest de sâintĂ©resser aux autres histoires que la nĂŽtre. Madame rose bonbon est un exemple.
Du haut de ma terrasse jâobserve le monde et il tĂąche toujours de me rappeler que nous sommes tous connectĂ©s dâune maniĂšre ou dâune autre. Le temps dâune discussion ou mĂȘme lâinstant de se croiser dans la rue.
La bienveillance naĂźt dans notre capacitĂ© de connexion. Une seconde, un sourire! Ont ne sait jamais ce que lâautre personne vit et si elle mâaccoste comme ça câest quâelle aussi a besoin de connexion. Et câest absolument humain.
La prochaine fois que je vais croiser mme Rose Bonbon je vais lui demander comment elle va.
Je lui souhaite le meilleur et prendre soin de soi câest aussi prendre soin des autres. Parce quâils sont nous. Humain.

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Officiellement 38, officieusement je me fout du nombre. Il ne dĂ©fini pas la jeunesse de mon cĆur et le crunchy de ma personnalitĂ© đ
Câest mon anniversaireâŠ.mais je ne compte plus les annĂ©es.
Je pourrais te dire mon Ăąge. Je pourrais mĂȘme compter les chandelles sur le gĂąteau. Pourtant, depuis quelque temps, ce chiffre mâintĂ©resse beaucoup moins quâavant.
Pendant longtemps, les anniversaires semblaient ĂȘtre des points de repĂšre. Une nouvelle annĂ©e. Un bilan. Une occasion de regarder ce qui avait Ă©tĂ© accompli et ce qui ne lâavait pas Ă©tĂ©.
Aujourdâhui, je vois les choses autrement.
Je ne compte plus les annĂ©es parce que je compte les matins tranquilles avec un cafĂ©. Je compte les fous rires. Les promenades sans destination prĂ©cise. Les conversations qui font du bien. Les pages Ă©crites dans un carnet. Les moments oĂč je me suis sentie vivante.
Le temps passe, câest vrai. Il a toujours passĂ©. Mais Ă force de surveiller le calendrier, jâai parfois oubliĂ© de regarder la vie qui se dĂ©roulait juste devant moi.
Alors cette année, je ne célÚbre pas un nombre.
Je cĂ©lĂšbre les choses simples que jâai apprises.
Jâai appris que la paix dâesprit vaut plus que la performance.
Jâai appris que certaines blessures guĂ©rissent lentement, mais quâelles guĂ©rissent quand mĂȘme.
Jâai appris quâil nâest jamais trop tard pour recommencer Ă vivre au lieu de simplement survivre.
Je ne sais pas combien dâanniversaires il me reste. Personne ne le sait. Mais pour la premiĂšre fois depuis longtemps, cette idĂ©e ne mâinquiĂšte pas particuliĂšrement.
Parce que je suis ici.
Parce que je suis présente.
Parce que la vie nâest pas quelque chose qui mâattend dans le futur.
Elle est dĂ©jĂ en train dâarriver.
Alors oui, câest mon anniversaire.
Mais je ne compte plus les années.
Je compte les moments oĂč jâai vraiment vĂ©cu.
Une chose Ă la fois
Sâil existait un palmarĂšs des phrases que jâai le plus entendues dans ma vie, « une chose Ă la fois » figurerait sans aucun doute dans le top trois.
Je lâai entendue de mes parents, de mes enseignants, de mes collĂšgues, de mes amis et probablement de parfaits inconnus croisĂ©s dans une file dâattente. Pendant longtemps, je hochais la tĂȘte poliment en me disant : « Oui, oui, bien sĂ»r. » Puis je retournais immĂ©diatement Ă ma spĂ©cialitĂ© : penser Ă douze choses en mĂȘme temps.
Une chose Ă la fois? Quelle drĂŽle dâidĂ©e.
Pourquoi faire une seule chose quand on peut sâinquiĂ©ter de la pile de lavage, du souper de demain, du rendez-vous de la semaine prochaine, de son avenir professionnel et du bruit Ă©trange que fait le rĂ©frigĂ©rateur depuis trois jours?
LâanxiĂ©tĂ© possĂšde un talent remarquable : elle transforme une simple liste de tĂąches en montagne infranchissable. La pile de lavage nâest plus une pile de lavage. Elle devient le symbole de tout ce quâil reste Ă accomplir dans lâunivers.
Au travail, ce ne sont plus quelques boĂźtes Ă dĂ©faire. Ce sont des centaines de boĂźtes imaginaires qui semblent se multiplier dĂšs quâon dĂ©tourne le regard.
Quand jâai traversĂ© une pĂ©riode difficile de ma vie et que jâai commencĂ© Ă me reconstruire, jâai dĂ©couvert quelque chose dâĂ©trange : le temps nâĂ©tait pas mon ennemi.
Jâavais passĂ© des annĂ©es Ă vouloir aller plus vite. GuĂ©rir plus vite. Comprendre plus vite. RĂ©ussir plus vite. Me sentir mieux plus vite.
Comme si la vie était un projet à terminer avant vendredi.
Mais le rétablissement ne fonctionne pas ainsi.
Le rĂ©tablissement ressemble davantage Ă un jardin quâĂ une course. On plante, on arrose, on attend. Et surtout, on attend encore un peu.
Aucune fleur ne pousse parce quâon la fixe avec impatience.
Certaines choses ont besoin de leur propre rythme.
Jâai fini par comprendre que la fameuse phrase que tout le monde me rĂ©pĂ©tait depuis des dĂ©cennies nâĂ©tait pas un conseil pour ĂȘtre plus productive. CâĂ©tait une invitation Ă respirer.
*Une chose Ă la fois.*
Faire une brassée de lavage plutÎt que penser aux dix suivantes.
DĂ©faire une boĂźte plutĂŽt que sâinquiĂ©ter de toutes celles qui restent.
Traverser une journée plutÎt que de tenter de résoudre les six prochains mois avant le déjeuner.
Petit Ă petit, lâoppression diminue.
Les tĂąches restent les mĂȘmes. Le temps disponible reste le mĂȘme. Mais notre relation avec eux change complĂštement.
Aujourdâhui, je souris lorsque quelquâun me dit : « Une chose Ă la fois. »
Non pas parce que câest une phrase originale.
Au contraire.
Câest probablement la phrase la moins originale que jâaie entendue de toute ma vie.
Mais câest aussi lâune des plus vraies.
Il mâa fallu des annĂ©es pour la comprendre.
Une chose Ă la fois.
Puis une autre.
Et sans mĂȘme sâen rendre compte, on avance.
La reconstruction : qui sommes-nous aprĂšs la noirceur?
Quand on traverse un Ă©pisode de dĂ©pression majeure, on rĂȘve souvent du jour oĂč tout redeviendra comme avant.
On se dit quâun matin, on va se rĂ©veiller et retrouver la personne quâon Ă©tait. Celle qui avait de lâĂ©nergie, des projets, des envies. Celle qui semblait avancer sans effort.
Mais la rĂ©alitĂ© a Ă©tĂ© diffĂ©rente pour moi. Je ne suis pas redevenue la personne que jâĂ©tais avant.
Je me suis reconstruite.
Au dĂ©but, jâai cru que la reconstruction consistait Ă rĂ©parer ce qui Ă©tait brisĂ©. Ă remettre chaque morceau exactement Ă sa place. Ă retrouver lâancienne version de moi-mĂȘme.
Jâavais tort.
Parce que pendant que jâĂ©tais occupĂ©e Ă chercher qui jâĂ©tais avant, je ne voyais pas la personne que jâĂ©tais en train de devenir. Il Ă©tait mĂȘme pas envisageable de retourner en arriĂšre, pas aprĂšs tout ce que jâai traversĂ©.
La dĂ©pression mâa fait perdre beaucoup de choses. La confiance. LâĂ©nergie. Lâespoir parfois. Certaines certitudes aussi.
Tout ça Ă Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ© dans les profondeurs de mon espritâŠMais elle mâa forcĂ©e Ă me poser une question essentielle :
Qui suis-je vraiment lorsque je cesse dâessayer dâĂȘtre la personne que je pense devoir ĂȘtre?
Pendant longtemps, jâai poursuivi une version idĂ©alisĂ©e de moi-mĂȘme. Une version parfaite. Une version qui nâexistait que dans mon imagination. Une qui nâaurait aucun problĂšme Ă socialiser, Ă travailler et ĂȘtre stable.
Aujourdâhui, je ne cherche plus cette personne.
Jâapprends Ă connaĂźtre la vraie moi. Celle qui renaĂźt de ses cendres. La femme qui aime les petits plaisirs simples.
La femme qui apprécie le soleil sur la terrasse.
La femme qui aime écrire, rire, observer les gens et trouver du sens dans les choses ordinaires.
La femme qui aime les couleurs, les cerises, les projets un peu fous et les nouvelles découvertes.
La femme imparfaite, mais authentique.
La reconstruction nâest pas un retour en arriĂšre. Câest une rencontre. La rencontre avec soi-mĂȘme.
Et je crois que câest ce qui mâa le plus surprise dans tout ce processus. Je pensais reconstruire ma vie.
Finalement, jâĂ©tais en train de me dĂ©couvrir.
La noirceur a laissĂ© des traces. Certaines journĂ©es sont encore plus difficiles que dâautresâŠMais aujourdâhui, lorsque je regarde le chemin parcouru, je rĂ©alise quelque chose dâimportant :
Je ne suis pas redevenue moi.
Je suis enfin devenue moi.
Câest un processus qui fut long et ardu mais il est tellement bĂ©nĂ©fique. Câest un beau cadeau Ă sâoffrir Ă soi mĂȘme. La chance de sâaccomplir authentiquement.
La terrasse devant lâhĂŽpital
Il existe peu dâendroits aussi fascinants que la terrasse devant un hĂŽpital. Ă premiĂšre vue, il nây a rien Ă voir. Quelques tables de mĂ©tal, des gens qui fument malgrĂ© les affiches gĂ©antes qui leur rappellent quâils sont littĂ©ralement devant un Ă©tablissement consacrĂ© Ă la santĂ©, et une circulation constante de personnes qui entrent et sortentâŠ
Mais aprĂšs quelques heures dâobservation, on rĂ©alise quâon est assis devant le plus Ă©trange théùtre de la sociĂ©tĂ© moderne.
Prenons dâabord la catĂ©gorie des Marcheurs PressĂ©s.
On les reconnaĂźt facilement. Ils traversent le stationnement comme si leur mission Ă©tait de sauver le monde. Ils tiennent un cafĂ© gĂ©ant dans une main, leur tĂ©lĂ©phone dans lâautre et avancent Ă une vitesse qui dĂ©fie parfois les lois de la physique.
Je ne sais jamais sâils travaillent ici ou sâils sont simplement en retard depuis 2017.
Puis viennent les Chercheurs de Stationnement.
Ceux-là mériteraient leur propre documentaire animalier.
Ils tournent en rond pendant vingt minutes Ă la recherche dâune place situĂ©e exactement Ă trois mĂštres de lâentrĂ©e alors quâil en existe cinquante libres un peu plus loin.
Leur regard exprime la mĂȘme dĂ©termination quâun explorateur cherchant une citĂ© perdue.
Ensuite, il y a les Fumeurs Philosophiques.
Ce sont mes préférés.
Ils sortent, sâassoient, regardent lâhorizon et semblent soudain porter sur leurs Ă©paules tous les mystĂšres de lâunivers. Pendant cinq minutes, ils mĂ©ditent sur la condition humaine. Puis leur tĂ©lĂ©phone sonne.
« Oui, oui, jâarrive. »
Fin de la réflexion existentielle.
Ce qui me frappe surtout, câest Ă quel point tout le monde transporte une histoire invisible. La jeune femme qui rit au tĂ©lĂ©phone vient peut-ĂȘtre dâapprendre une bonne nouvelle.
Lâhomme qui fixe le sol attend peut-ĂȘtre un rĂ©sultat important.
La personne qui marche lentement vers la sortie est peut-ĂȘtre en train de tourner une page de sa vie.
Nous ne savons rien.
Et pourtant, nous passons les uns Ă cĂŽtĂ© des autres comme des figurants dans le film de quelquâun dâautre.
La terrasse devant lâhĂŽpital est un drĂŽle dâendroit.
On y voit lâimpatience, la peur, lâespoir, lâennui, lâamour, le soulagement et parfois mĂȘme la joie.
On y voit surtout des humains essayer de continuer leur journĂ©e pendant que la vie leur rappelle quâelle est fragile.
Câest peut-ĂȘtre pour ça que jâaime mây asseoir.
Parce quâentre deux ambulances, trois cafĂ©s et un monsieur qui cherche sa voiture depuis quarante-cinq minutes, on se rappelle une chose importante :
Nous sommes tous beaucoup plus semblables quâon le croitâŠ

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Pour comprendre les dĂ©tails de cette image lire lâarticle prĂ©cĂ©dant đ
Le jour oĂč jâai rĂ©alisĂ© que jâavais changĂ©e
Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez que jâai entrepris une annĂ©e complĂšte de thĂ©rapie il y a quelque temps.
Au fil des annĂ©es, jâai explorĂ© diffĂ©rentes approches pour lâanxiĂ©tĂ©, la dĂ©pression, la bipolaritĂ©, pour ne nommer que celles-lĂ . Puis un jour, je me suis retrouvĂ©e face Ă un mur.
Devant moi se trouvait une version de moi-mĂȘme confiante, rayonnante et tournĂ©e vers lâavenir. DerriĂšre moi se trouvait une personne remplie de doutes, de peurs et de nĂ©gativitĂ©.
Le plus difficile nâa pas Ă©tĂ© dâapprendre de nouvelles choses. Le plus difficile a Ă©tĂ© de laisser partir lâancienne version de moi.
Pendant longtemps, jâai cru quâelle me protĂ©geait. Je croyais que le doute mâempĂȘchait dâĂȘtre déçue. Je croyais que le pessimisme me prĂ©parait aux difficultĂ©s. Je croyais que rester dans ma zone de confort me gardait en sĂ©curitĂ©âŠ.Mais avec le temps, jâai rĂ©alisĂ© que ce qui me protĂ©geait autrefois mâempĂȘchait maintenant dâavancer.
Le changement nâest pas arrivĂ© du jour au lendemain. Il nây a pas eu de moment spectaculaire oĂč je me suis rĂ©veillĂ©e transformĂ©e. Il y a plutĂŽt eu une multitude de petites victoires.
Une sortie de plus.
Quelques minutes de conduite de plus.
Une nouvelle expérience.
Une pensée négative remise en question.
Une journĂ©e oĂč jâai choisi dâessayer plutĂŽt que dâabandonner.
Puis une autre.
Et encore une autre.
Ă chaque fois, ces petites victoires semblaient insignifiantes. Pourtant, elles sâaccumulaient tranquillement. Comme des gouttes dâeau qui finissent par remplir un vase.
Un jour, sans vraiment mâen rendre compte, jâai regardĂ© derriĂšre moi.
Et jâai rĂ©alisĂ© que jâavais changĂ©.
Pas parce que ma vie Ă©tait devenue parfaite. Pas parce que je nâavais plus peur ou plus de difficultĂ©s.
Mais parce que je nâĂ©tais plus la mĂȘme personne.
Aujourdâhui, je vois davantage le positif. Je me fais plus confiance. Jâose davantage. Je suis capable de reconnaĂźtre mes progrĂšs plutĂŽt que de me concentrer uniquement sur ce qui reste Ă accomplir.
Si je partage cela aujourdâhui, câest pour rappeler Ă ceux qui sont encore au dĂ©but du chemin que les petites victoires comptent.
MĂȘme lorsquâelles semblent insignifiantes.
Surtout quand elles semblent insignifiantes.
MĂȘme lorsquâon a lâimpression de ne pas avancer.
Parce quâun jour, vous regarderez derriĂšre vous et vous rĂ©aliserez peut-ĂȘtre, comme moi, que tous ces petits pas ont fini par vous emmener beaucoup plus loin que vous ne lâauriez cru.
Et une fois que la leçon sâintĂšgreâŠsky is the limit!
Les diffĂ©rentes façons de se reposerâŠVotre recette miracle!
Les diffĂ©rentes façons de se reposer (ou pourquoi la recette de votre voisin ne fonctionne pas toujours) Pendant longtemps, jâai cru quâil existait une bonne façon de se reposer. Vous savez, la version officielle. Celle des magazines, des rĂ©seaux sociaux et des personnes qui possĂšdent manifestement plus de plantes en santĂ© que moi. Selon cette thĂ©orie, pour rĂ©cupĂ©rer, il faut prendre un bain chaud, boire une tisane aux propriĂ©tĂ©s mystĂ©rieuses, mĂ©diter pendant vingt minutes et contempler un coucher de soleil avec gratitude.
Jâai essayĂ©.
Je me suis déjà retrouvée dans un bain avec une tisane à la main en regardant mentalement ma liste de tùches. Je pensais à mon épicerie, à mon ménage, à un courriel oublié et à une conversation embarrassante datant de 2017.
Bref, je nâĂ©tais pas dĂ©tendue. JâĂ©tais simplement stressĂ©e dans de lâeau chaude.
Câest Ă ce moment que jâai commencĂ© Ă soupçonner quelque chose : peut-ĂȘtre que le repos nâest pas une formule universelle. Peut-ĂȘtre que nous essayons tous dâutiliser la recette de quelquâun dâautre.
Le repos du paresseux professionnel
Certaines personnes rĂ©cupĂšrent en ne faisant absolument rien. Et quand je dis rien, je veux dire rien. Elles peuvent passer un aprĂšs-midi entier sous une couverture Ă regarder une sĂ©rie, Ă faire une sieste ou Ă contempler le plafond avec un niveau de satisfaction qui force lâadmiration.
Pour elles, le repos est simple. Moins elles font de choses, mieux elles se portent.
Je les envie parfois. Je les soupçonne aussi dâĂȘtre lĂ©gĂšrement magiques.
Le repos du hamster heureux
Dâautres personnes prĂ©tendent vouloir se reposer, puis passent leur journĂ©e Ă cuisiner, jardiner, tricoter, bricoler ou rĂ©organiser leur bibliothĂšque. Vu de lâextĂ©rieur, elles semblent travailler. Vu de lâintĂ©rieur, elles sont parfaitement dĂ©tendues.
Ces gens-lĂ ont besoin dâavoir les mains occupĂ©es pour permettre Ă leur cerveau de ralentir. Leur idĂ©e dâune journĂ©e reposante inclut souvent une liste de projets. Ce qui me semble lĂ©gĂšrement contradictoire, mais je respecte leur dĂ©marche.
Le repos de lâermite.
Elles aiment leurs amis. Elles aiment leur famille. Elles aiment mĂȘme leurs collĂšgues. Mais aprĂšs plusieurs heures en sociĂ©tĂ©, elles ressentent le besoin de disparaĂźtre momentanĂ©ment.
Leur phrase préférée ressemble souvent à ceci :
« Je tâapprĂ©cie Ă©normĂ©ment. Câest justement pour cette raison que jâai besoin que tu quittes la piĂšce pendant quelques heures. »
Pour elles, le silence nâest pas un vide. Câest une source dâĂ©nergie.
Le repos du papillon social
Ă lâopposĂ©, il existe des personnes qui se fanent lorsquâelles restent seules trop longtemps. Leur batterie sociale se recharge grĂące aux conversations, aux repas entre amis et aux sorties improvisĂ©es.
LĂ oĂč lâermite trouve son bonheur dans une maison tranquille, le papillon social trouve le sien autour dâune table remplie de gens. AprĂšs un dĂ©jeuner avec des amis, elles semblent revenir Ă la maison avec 100 % dâĂ©nergie.
Personnellement, je trouve cette capacitĂ© fascinanteâŠ.Comme une forme de photosynthĂšse, mais avec des ĂȘtres humains.
Le repos de lâexplorateur
Certaines personnes ne récupÚrent pas grùce au calme. Elles récupÚrent grùce à la nouveauté.
Une nouvelle route. Un nouveau café. Une nouvelle activité. Une petite aventure.
Elles nâont pas nĂ©cessairement besoin de partir Ă lâautre bout du monde. Parfois, un simple changement de dĂ©cor suffit. Leur cerveau adore dĂ©couvrir. La routine les fatigue davantage que lâeffort.
La découverte embarrassante
Le problĂšme commence lorsquâon essaie dâutiliser la mĂ©thode de quelquâun dâautre. Une amie mâa dĂ©jĂ expliquĂ© Ă quel point la mĂ©ditation avait changĂ© sa vie.
Jâai dĂ©cidĂ© dâessayer.
AprĂšs quatre minutes, jâavais mentalement rĂ©organisĂ© mes armoires, planifiĂ© les repas de la semaine, imaginĂ© trois scĂ©narios catastrophes improbables et réécrit une conversation datant de plusieurs annĂ©es. La mĂ©ditation Ă©tait terminĂ©eâŠMon activitĂ© mentale, elle, battait son plein.
Ă une autre Ă©poque, jâai essayĂ© de me reposer en restant complĂštement inactive. Me mettre Ă off 15 minutes fait des miracles. (SâĂ©tendre sans stimulation (bruits etc) )
AprĂšs environ une heure par contre, jâavais surtout rĂ©ussi Ă dĂ©velopper un sentiment de culpabilitĂ© trĂšs productif.
Ă lâinverse, certaines personnes trouveraient Ă©puisante lâidĂ©e de passer leur journĂ©e Ă cuisiner ou Ă bricoler.
Nous sommes tous diffĂ©rents. Et câest probablement une bonne chose.
Trouver sa propre recette
Avec le temps, jâai compris quelque chose de trĂšs simple. Le vrai repos nâest pas ce que les autres trouvent reposant . Le vrai repos est ce qui vous redonne de lâĂ©nergie.
Parfois, câest un bain. Parfois, câest une randonnĂ©e. Parfois, câest une journĂ©e entiĂšre Ă lire. Parfois, câest un dĂ©jeuner de crĂȘpes aux bananes nappĂ©es de sucre Ă la crĂšme avec quelquâun quâon aime.
Lâimportant nâest pas de suivre la recette parfaite. Lâimportant est de dĂ©couvrir la vĂŽtre. Parce quâau fond, le repos nâest pas une compĂ©tition.
Et heureusement, aucun rÚglement officiel ne nous oblige à méditer dans un bain en buvant une tisane.
Et toi câest quoi ta recette du repos ?
Lâimpermanence et la crĂšme glacĂ©e!
Lâautre jour, en mangeant une crĂšme glacĂ©e, je me suis surprise Ă penser Ă lâimpermanenceâŠoui je pense beaucoup!
Je nâai jamais vu quelquâun faire une crise existentielle parce que sa crĂšme glacĂ©e fondait đ Sauf peut-ĂȘtre mon neveu de 3 ans. SĂ©rieusementâŠPersonne ne tĂ©lĂ©phone au service Ă la clientĂšle pour exiger un remboursement parce que son cornet est devenu une flaque aprĂšs avoir passĂ© une heure au soleil. Nous savons tous que câest ce quâune crĂšme glacĂ©e fait : elle fond.
Nous acceptons sa nature telle quâelle est.
Au contraire, câest peut-ĂȘtre justement parce quâelle fond que nous lâapprĂ©cions autant. Nous la dĂ©gustons pendant quâelle est encore froide et crĂ©meuse. Nous profitons du moment parce que nous savons quâil ne durera pas Ă©ternellement.
Pourtant, dans le reste de notre vie, nous semblons oublier cette leçon.
Nous voulons que les bons moments durent toujours. Nous aimerions que nos vacances ne se terminent jamais, que nos proches restent les mĂȘmes, que notre corps ne vieillisse pas, que nos habitudes et nos repĂšres demeurent inchangĂ©s.
Et lorsque la vie suit son cours naturel, nous sommes parfois déçus, frustrĂ©s ou surpris. Comme si le changement Ă©tait une erreur. Comme si les choses avaient rompu un contrat dont nous ignorions nous-mĂȘmes lâexistence.
Lâimpermanence, un enseignement central du bouddhisme, nous rappelle pourtant une vĂ©ritĂ© toute simple : tout change.
Les saisons passent. Les Ă©motions vont et viennent. Les relations Ă©voluent. Les difficultĂ©s finissent par se transformer. MĂȘme les parties de nous-mĂȘmes que nous croyons immuables sont en constante Ă©volution.
Au fond, notre vie ressemble davantage Ă une crĂšme glacĂ©e quâĂ une statue de pierre.
Cela peut sembler inquiĂ©tant au premier abord, mais câest aussi une immense source de rĂ©confort. Car si les moments heureux ne durent pas Ă©ternellement, les moments difficiles non plus. La tristesse passe. LâanxiĂ©tĂ© change de forme. Les pĂ©riodes compliquĂ©es finissent par laisser place Ă autre chose.
Accepter lâimpermanence ne signifie pas devenir indiffĂ©rent. Cela signifie apprĂ©cier ce qui est lĂ pendant que câest lĂ . Comme lorsquâon savoure une crĂšme glacĂ©e par une chaude journĂ©e dâĂ©tĂ©, sans exiger quâelle reste parfaite pour toujours.
La prochaine fois que ma crĂšme glacĂ©e commencera Ă fondre, jâessaierai peut-ĂȘtre de voir autre chose quâun dessert en train de disparaĂźtre. Jây verrai un petit rappel de la vie elle-mĂȘme : prĂ©cieuse non pas malgrĂ© son caractĂšre Ă©phĂ©mĂšre, mais prĂ©cisĂ©ment Ă cause de lui.
Leçons spirituelles du Dollarama
En introduction, oui, ça semble tirĂ© par les cheveux de parler de spiritualitĂ© et du Dollarama dans la mĂȘme phrase.
Pourtant, pour moi, aller là -bas est presque une expérience méditative.
Lâautre jour, câest lâallĂ©e des soins personnels qui mâa inspirĂ©e. Oui, devant une panoplie de mascaras, de crĂšmes hydratantes et de produits de beautĂ© Ă petit prix. Je me suis alors rendu compte dâune chose : ça coĂ»te cher entretenir un hologramme de soi-mĂȘme.
Quelle pression aussi.
On nous vend constamment lâidĂ©e quâil faut corriger, amĂ©liorer, lifter, camoufler et perfectionner. Comme si notre valeur dĂ©pendait de notre capacitĂ© Ă prĂ©senter une version toujours plus brillante de nous-mĂȘmes. Et pourtant, devant ma petite crĂšme hydratante Ă 5 $, jâai compris le sens de lâexpression : dans les petits pots les meilleurs onguents. Parce quâau fond, ce nâest pas tant le contenant qui compte que le contenu.
Mon mascara coĂ»te 3 $. Ce nâest peut-ĂȘtre pas un lash lift, mais câest tout de mĂȘme un moment oĂč je prends soin de moi. Ce nâest pas une question de paraĂźtre parfaite. Câest une question de me rappeler que je mĂ©rite de lâattention et de la douceur.
Je ne suis peut-ĂȘtre pas Instagram worthy, mais comme dirait lâautre : je le vaux bien.
La vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation nâĂ©tait pas que le Dollarama vend de bons mascaras. La rĂ©vĂ©lation, câest que jâai passĂ© une partie de ma vie Ă croire que la valeur venait du prix, de lâapparence ou de lâimpression quâon laisse aux autres.
Aujourdâhui, je crois davantage Ă la richesse du contenu. Je prĂ©fĂšre une personne authentique Ă une image parfaite. Je prĂ©fĂšre une vie imparfaite mais sincĂšre Ă une façade impeccable. Je prĂ©fĂšre prendre soin de mon dedans et laisser mon dehors reflĂ©ter cette paix-lĂ .
Merci, mascara du Dollarama. Tu mâas rappelĂ© que ma vraie valeur ne se trouve pas dans mon reflet.
Et sĂ©rieusement⊠3 $ le mascara ? Câest quand mĂȘme une aubaine.

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Mon amour des livres fromagĂ©s âŠcheesy get it? đ
Pendant longtemps, je ne lisais presque que des livres de thérapie, de spiritualité et de développement personnel.
Jâapprenais Ă mieux me connaĂźtre. Je guĂ©rissais mon enfant intĂ©rieur. JâĂ©levais mon niveau de conscience.
Tout ça est bien utile maisâŠ
honnĂȘtement ?
Ă un moment donnĂ©, je nâavais plus de plaisir Ă lire.
Jâavais envie de quelque chose de lĂ©ger. Quelque chose qui ne me demande pas dâanalyser mes traumatismes ou de manifester lâabondance.
Jâavais envie de romance.
Jâai donc commencĂ© par Danielle Steel, qui Ă©crit de trĂšs belles histoires bien ficelĂ©es.
Puis un jour, tout a basculé.
Lors dâune sĂ©ance de thrifting, je suis tombĂ©e sur une Ă©tagĂšre remplie de romans Harlequin.
Je connaissais le nom.
Je connaissais la réputation.
Je savais que jâentrais en territoire dangereux.
Jâai achetĂ© un livre.
Et aujourdâhui, je suis obligĂ©e dâadmettre que jâadore ça.
Je bĂąti ma rĂ©serve. Jamais assez de lecture fromagĂšre đ§ dans ma vie!
Les Harlequin sont tellement prĂ©visibles que ça en devient un art. Câest pas nĂ©cessairement bon mais câest addictif!
On sait déjà ce qui va arriver.
On sait déjà qui va tomber amoureux.
On sait déjà que le mystérieux milliardaire grec cache un lourd secret.
Et pourtant, on continue de tourner les pages.
Parce quâon veut savoir jusquâĂ quel niveau de fromage lâauteur est prĂȘt Ă aller.
Par exemple :
Le prince grec qui tombe amoureux de la seule vétérinaire spécialisée du Montana.
Pourquoi ?
Aucune idée.
Mais je suis investie émotionnellement dans cette relation.
Et ce nâest mĂȘme pas le plus beau.
Jâai rĂ©cemment dĂ©couvert quâil existe plusieurs collections.
Oui.
Des collections.
Comme sâil sâagissait dâun domaine dâĂ©tude universitaire.
Black Rose pour le suspense romantique.
Historique pour les ducs, les chĂąteaux et les robes Ă corset.
Blanche pour les romances plus douces.
Guys, câest une vĂ©ritable mine dâor.
Et parlons des couvertures.
Les couvertures sont des chefs-dâĆuvre.
Un chĂąteau.
Un ranch.
Un coucher de soleil.
Un homme tĂ©nĂ©breux qui regarde lâhorizon comme sâil portait le poids du monde sur ses Ă©paules.
Tu sais exactement ce que tu achĂštes.
Aucune fausse publicité.
Et il y a quelque chose de profondément réconfortant là -dedans.
Quand jâouvre un Harlequin, je sais exactement ce que je vais trouver :
Une romance.
Une intrigue que jâaurai devinĂ©e avant la page 12.
Un héros émotionnellement indisponible.
Et une quantité de fromage qui ferait rougir une fondue suisse.
Un personnage qui sâappelle Esteban mais en fait câest Steve son vrai nom đ
Bref, la lecture parfaite pour dĂ©crocher et sâamuser.
Je vous laisse avec la photo de ma derniĂšre trouvaille de friperie : trois romans pour 2,99 $.
Vous comprendrez immĂ©diatement ce que je veux dire quand je parle dâĆuvres dâart en matiĂšre de couvertures.
Bonne lecture ! đđ§đ
L'équanimité au quotidien : rester au centre quand la vie bouge
Pendant longtemps, je croyais que l'Ă©quanimitĂ© signifiait ne rien ressentir. Ătre calme en tout temps. Ne jamais ĂȘtre dĂ©rangĂ©e. Ne jamais rĂ©agir.
Aujourd'hui, je comprends les choses autrement.
L'Ă©quanimitĂ© n'est pas l'absence d'Ă©motions. C'est la capacitĂ© de rester prĂ©sente Ă ce qui est, sans ĂȘtre constamment emportĂ©e par chaque vague qui traverse notre journĂ©e.
Dans la vraie vie, l'équanimité ressemble rarement à une image parfaite de sérénité. Elle ressemble plutÎt à quelqu'un qui reçoit une critique et qui choisit de réfléchir avant de réagir. à quelqu'un qui vit une déception sans conclure que tout est perdu. à quelqu'un qui connaßt une belle journée sans s'y accrocher désespérément.
La vie est faite de hauts et de bas. Certaines journées nous apportent des réussites, d'autres des imprévus. Certaines personnes nous apprécient, d'autres moins. Notre énergie varie. Notre humeur aussi.
L'équanimité nous rappelle que tout cela est normal.
Elle nous invite à accueillir les expériences agréables avec gratitude, sans nous y attacher, et les expériences difficiles avec ouverture, sans croire qu'elles dureront éternellement.
Depuis quelque temps, je remarque que l'équanimité se manifeste dans de petites situations trÚs ordinaires. Quand une journée de travail est plus exigeante que prévu. Quand un projet ne se déroule pas exactement comme je l'avais imaginé. Quand je manque de temps pour faire tout ce que j'aimerais faire.
Je ne rĂ©ussis pas toujours parfaitement. Mais je m'efforce de revenir Ă cet espace intĂ©rieur oĂč je peux observer ce qui se passe sans immĂ©diatement me laisser dĂ©finir par ce qui se passe.
L'équanimité n'est pas la perfection. C'est un retour constant à l'équilibre.
Peut-ĂȘtre que ce n'est pas une destination Ă atteindre, mais une pratique Ă cultiver, un jour Ă la fois.
Et parfois, la plus grande preuve d'équanimité consiste simplement à se rappeler que cette journée, qu'elle soit magnifique ou difficile, finira elle aussi par passer.